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31/08/2010

PORTRAIT DE MALCOM X ASSASSINE TROP TÔT PARCE QU'IL AVAIT RAISON AVANT TOUT LE MONDE

Malcolm X (1925-1965)
15/03/2003

Plus "radical" que Martin Luther King, Malcolm X est l'un des leaders noirs les plus importants de l'histoire contemporaine
Par Paul Yange

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Malcolm ''X''
Malcolm ''X''

Malcolm Little naît le 19 mai 1925 à Omaha, dans le Nebraska. Il est le septième enfant de la famille. Son père est un pasteur baptiste déjà très engagé dans le mouvement de libération des Noirs. Il est influencé par le leader noir panafricaniste, Marcus Garvey, qui exhortait les masses noires à retourner en Afrique.

L'enfance du petit Malcolm est difficile : son père est assassiné par une organisation suprémaciste blanche proche du Ku klux Klan dans des conditions épouvantables ( il fut poussé sous un tramway, son corps fut coupé en deux ). Sa mère, extrêmement marquée par la mort brutale de son mari, fait une dépression nerveuse quelques années plus tard, en 1939, et est internée dans un hôpital psychiatrique. Ses huit enfants sont séparés et envoyés dans différents foyers d’accueil et orphelinats.



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Le petit Malcolm Little
Le petit Malcolm Little

Malcolm se révèle être un bon étudiant au lycée, mais perd son intérêt pour les études quand un de ses professeurs préférés lui dit que ses ambitions de devenir avocat sont "irréalistes pour un nègre". Il fait l’école buissonnière et passe quelques temps chez sa sœur Ella à Boston où il effectue quelques petits boulots (cireur de chaussures, laveur d’assiettes…), puis déménage pour Harlem où il commence à commettre de petits délits. De 1942 à 1946, Malcolm est au centre de nombreux trafics (drogue, prostitution, paris clandestins…). Il repart pour Boston où lui et son compère "Shorty" Jarvis sont arrêtés pour cambriolage avec effraction et port d’armes illégal. La sentence est de huit à dix années de prison.

C’est le tournant de sa vie. En prison, il passe des journées et des nuits entières à lire des œuvres littéraires, philosophiques, historiques et améliore sa formation, sa culture et son éducation. Par l’intermédiaire de son frère récemment converti à l’islam et membre de la "Nation de l’Islam", Malcolm entend parler pour la première fois des Black Muslims et de leur leader Elijah Muhammad. A sa sortie de prison, en 1952, après six années de prison (au lieu des huit à dix initialement prévues), il rencontre Muhammad, se débarrasse de son ancien nom "Little", qu’il considère comme un nom d’esclave, le remplace par "X", qui correspond au nom africain perdu des noirs d’Amérique, et devient "ministre" et porte parole de la
"Nation de l’Islam."


Elijah Muhammad, fondateur de la ''Nation de l'Islam''
Elijah Muhammad, fondateur de la ''Nation de l'Islam''

Il utilise les journaux, la radio et la télévision pour propager le message de la "Nation de l’islam" à travers les Etats-Unis. Son charisme, sa dialectique caustique, son sens de la provocation et de la rhétorique attirent de plus en plus de personnes. Il est en grande partie responsable du succès croissant du mouvement (500 membres en 1952, 30 000 en 1963). L’audience et la controverse qu’il déclenche attire les médias, et un week-end spécial lui est consacré en 1959, ce qui marque son émergence comme un des leaders de la communauté noire, et lui fait prendre conscience que sa célébrité a éclipsé celle de son mentor Elijah Muhammad.

Les tensions raciales augmentent au début des années soixante, et en plus des médias, Malcolm X attire l’attention du gouvernement américain et du FBI, qui infiltre le mouvement pour en surveiller les activités. En 1963, il apprend que Muhammad aurait eu 6 maîtresses au sein du mouvement, et plusieurs enfants adultérins.Il en est profondément déçu, et se demande s’il n’a pas mené les masses noires vers un mouvement frauduleux. Cependant, il est lui même contesté au sein du mouvement et accusé de s’occuper plus de l’argent et de sa côte de popularité que de la cause qu’il doit défendre.


Deux grandes figures de la lutte pour les droits des noirs
Deux grandes figures de la lutte pour les droits des noirs

La marche de Washington en 1963 le laisse sceptique. Il ne comprend pas comment les noirs sont "enthousiasmés par une manifestation dirigée par des blancs en face de la statue d’un président qui est mort depuis plus de 100 ans et qui n’appréciait pas les noirs de son vivant".

Ses déclarations à la suite de la mort de Kennedy (la violence de l’homme blanc a fini par se retourner contre lui, on récolte ce que l’on sème) lui valent des critiques et il est suspendu de son poste de porte parole de la "Nation de l’Islam" pendant 90 jours. Début 1964, il commence à travailler sur son autobiographie avec Alex Haley.En mars, il quitte le mouvement fondé par Elijah Muhammad et accompli un pèlerinage à la Mecque qui tempère son radicalisme, car il a l’occasion de rencontrer des gens d’origine diverses, y compris des blancs, réunis par l’islam. A la fin de son pèlerinage, sous le nom de Malik El Shabbaz, il entreprend plusieurs voyages en Afrique, qui le mèneront au Nigeria, Ghana, Liberia, Sénégal, Maroc et Algérie. Il y rencontre différents ambassadeurs, prend part à des réceptions et prononce plusieurs discours. Au Ghana, Malcolm X s'entretient avec Kwame Nkrumah (homme politique africain ayant contribué à la formation du Panafricanisme). Il replace le combat des noirs aux Etats-Unis dans le cadre plus vaste de la lutte de libération des peuples opprimés de l’Afrique et du tiers-monde.


A son retour aux Etats-Unis, ses relations avec la "Nation de l’Islam" continuent à se degrader. Il serait considéré comme homme à abattre. Après plusieurs tentatives d’assassinats commises à son encontre, il ne se déplace plus sans gardes du corps. Le 14 février 1965, un incendie criminel ravage sa maison, mais ne fait aucune victime.Le 21 février, alors qu’il s’apprête à prononcer un discours dans la salle des fêtes d’Audubon, à New-York, trois hommes armés, tous présumés membres de la "Nation de l’Islam" s’approchent de l’estrade et tirent à 15 reprises, ne laissant aucune chance à Malcolm X. Il est déclaré mort lors de son transport à l’hôpital.
A t-il été tué par "ses frères" ou les commanditaires étaient-ils bien plus puissants? Toujours est-il qu'il demeure avec Martin Luther
King l’un des leaders noirs les plus importants de l’histoire contemporaine.




Malcolm X electrisant la foule
Malcolm X electrisant la foule

A propos de Martin Luther King :

"Il a le prix Nobel de la paix, nous avons les problèmes. Nous suivons un général qui mène une bataille et l’ennemi a tendance à le récompenser et lui remettre des prix. Cela me rend soupçonneux. Particulièrement s’il reçoit un prix Nobel de la paix avant que la guerre ne soit terminée."

"Je ne dirai rien contre lui. Il fut une époque aux Etats-Unis où on le traitait d’extrêmiste, de raciste, et de communiste. Les Black Muslims sont arrivés, et les blancs ont remercié Dieu de l’existence de Martin Luther King."

"Je voudrais que le docteur King sache que je ne suis pas venu à Selma pour rendre sa tâche plus difficile. Je suis venu en pensant que je pourrais la rendre plus facile. Si les blancs réalisent quelle est l'alternative, peut-être écouteront-ils plus volontiers le docteur King."


Radical?

"Il n’y a pas de révolution pacifique (…). Il n’y a pas de révolution non-violente. La révolution est sanglante. La révolution est hostile. La révolution ne connaît pas de compromis. La révolution retourne et détruit tout ce qui se met en travers de son chemin. Si vous n’êtes pas prêts à user de la violence, alors effacez le mot révolution de vos dictionnaires !"

"Nous déclarons notre droit sur cette terre, à être des êtres humains, à être respectés en tant qu’êtres humains, à accéder aux droits des êtres humains dans cette société, sur cette terre, en ce jour, et nous comptons le mettre en oeuvre par tous les moyens nécessaires."






Documentaire vidéo : l'assassinat de Malcolm X (partie 1)




Documentaire vidéo : l'assassinat de Malcolm X (partie 2)




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PORTRAIT COURT QUE SON AGE ET SA TAILLE MAIS HAUTE EN COULEUR DE STEVE BIKO

Steve Biko (1946-1977)
15/03/2003

Décédé alors qu'il avait à peine 30 ans, Steve Biko reste un symbole et un martyr de la lutte anti-apartheid
Par Paul Yange
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steve bantu biko
steve bantu biko

Steve Bantu Biko naît le 18 décembre 1946, à King Williams Town en Afrique du Sud.

Très tôt impliqué dans l’activisme politique, il est lycéen à la Roman Catholic Boarding, dans la province du Natal. Il poursuit ensuite des études de médecine à la faculté de médécine de la province du Natal(University of Natal Medical School), dans la section réservée aux noirs, et adhère à un mouvement étudiant (National Union of South African Students). Mais le mouvement est dirigé par des étudiants blancs et ne s’occupe guère des problèmes des étudiants noirs. Biko démissionne en 1969 et crée avec des camarades la SASO (South African Students’ Organization), un mouvement étudiant composé uniquement de noirs, qui assiste les communautés noires défavorisées et qui va contribuer au développement d’une nouvelle philosophie pour les masses noires sud-africaines.

La philosophie de Steve Biko appelée "Black Conciousness Movement" (mouvement pour la conscience noire) est que les noirs ne peuvent se libérer politiquement de l’apartheid que s’ils cessent de se sentir inférieurs aux blancs. Sa position, bien que d’inspiration non violente, est plus radicale que celle de l’ANC. Elle lui vaut une attention internationale et est considérée par beaucoup comme l’un des tournants de la lutte anti-apartheid. Biko avait perçu la nécessité de libérer les noirs de l’aliénation à la fois physique et mentale, en restaurant leur dignité et leur identité. Le mouvement qu’il mène prend de l’ampleur dans les années 70 lorsque la lutte de libération semble s’essouffler, et que beaucoup de leaders de l’ANC sont en prison ou en exil. Biko pense que les noirs ne doivent pas compter sur l’aide ou l’assistance des blancs et doivent de ce fait se retirer de tout mouvement incluant des partenariats avec les blancs. Ils doivent se libérer eux même faute de quoi l’idée selon laquelle les noirs ne sont pas capables de prendre eux mêmes leurs propres responsabilités va continuer d'être admise et répandue.

En 1972, Biko est également l’un des fondateurs de la "Black Peoples Convention" qui rassemble alors près de 70 mouvements et associations noires, adhérant à la philosophie de la "conscience noire", y compris certaines (par exemple le South african students’ movement) qui joueront un rôle important lors des émeutes de 1976 à Soweto. Biko est le premier président du BPC et est aussitôt exclu de l’université où il étudie la médecine. Il commence alors à travailler à plein temps dans des projets sociaux autour de Durban (cours du soir visant à développer l’éducation dans les quartiers noirs défavorisés…).

Le gouvernement sud-africain prend les premières mesures contre lui en 1973, en restreignant ses mouvements et lui interdit de pendre la parole en public. Il est surveillé et harcelé par la police durant les quatre années qui suivent subissant plusieurs arrestations. Le 18 août 1977, Steve Biko et un de ses amis, Peter Jones sont accusés d’acte de terrorisme, arrêtés par la police, et emmenés pour interrogatoire.



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Steve Biko meurt le 12 septembre 1977, après 16 jours de détention sans procès. Inconscient, le militant avait été transporté nu à l'arrière d'une fourgonnette de police sur une distance de plus de 1000 km. Six jours plus tard, cet homme de 30 ans qui jouissait d'une parfaite santé avant son arrestation, décédait des suites d'un traumatisme crânien et de blessures au foie, selon les rapports médicaux de l'époque. Le gouvernement raciste sud africain, qui accusait le mouvement mené par Biko d'abriter de dangereux "anarchistes" préparant un "climat révolutionnaire", finira par bannir le BCP en octobre 1977, un mois après la mort de son leader. Les déclarations du ministre de la justice sud africain, James Kruger, qui affirma que "la mort de Steve Biko ne lui faisait ni chaud ni froid", déclenchèrent un tollé général dans le monde, ce qui conduisit finalement les Nation Unies à prendre des sanctions contre l’Afrique du Sud.

En septembre 1997, cinq policiers qui ont reconnu avoir participé à l'assassinat de Steve Biko comparaissaient devant la commission Vérité et Réconciliation, présidée par Desmond Tutu. Ils admettent avoir frappé le prisonnier avec violence, avoir menti sur la date de sa mort mais gardent la même ligne de défense selon laquelle le décès était accidentel. Parmi les policiers, Gideon Nieuwoudt, qui a déjà reconnu avoir pratiqué la torture, l'enlèvement et l'assassinat de militants anti-apartheid. Un homme dont "la seule évocation du nom provoquait la terreur chez tous les prisonniers ", selon de nombreux témoignages recueillis. En novembre 1977, le magistrat chargé de l'instruction de l'affaire Biko avait déclaré : " à l'évidence, la mort du prisonnier ne peut être attribuée à un acte relevant d'une intention criminelle de la part de ses gardiens. "

Selon l’ANC, la position de Steve Biko se serait assouplie quelque temps avant sa mort, alors qu'il était plus confiant dans le possible triomphe de la cause noire. l'ANC a également révélé que l'arrestation de Steve Biko en 1977 n'avait pas permis la rencontre programmée avec Oliver Tambo, alors président de l'ANC et décédé depuis. Cette perspective de rapprochement inquiétait le régime d'apartheid et a sans doute précipité la mort du jeune leader noir.

25 ans après sa mort, Steve Biko reste un symbole et un des héros les plus incontestés de la lutte contre le régime pro-apartheid au pouvoir jusqu'en 1994. Sa vie a été immortalisée par le film "Cry Freedom" réalisé par Richard Attenborough (avec Denzel Washington dans le rôle de Steve Biko), salué par la critique internationale, et par une chanson du Britannique Peter Gabriel.



"Le mouvement de la conscience noire se réfère à l'homme noir et à sa situation, et je pense que l'homme noir est sujet à deux forces dans ce pays.

Il est tout d'abord oppréssé par une force externe qui s'exerce par l'intermédiaire d'une machinerie institutionnelle, au travers de lois qui l'empêchent de faire certaines choses, au travers de conditions de travail difficiles, à travers une éducation scolaire très faible, toutes choses qui lui sont extérieures. Il est ensuite oppréssé (et c'est ce que nous considérons comme le plus important) par une certaine forme d'aliénation qu'il a développée en lui, il se rejète précisément parcequ'il rattache au mot "blanc" à tout ce qui est bon".

Steve Biko








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afrique du sud apartheid

 

PORTRAIT DE MADIMBA NELSON MANDELA QUELLE LEGENDE VIVANTE ?

 

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Nelson Mandela (né en 1918)
22/05/2003

Né en 1918, leader politique, prix Nobel de la paix et chef d'Etat sud-africain, Nelson Rolihlahla Mandela est l'un des plus grands hommes d'Etat du 20è siècle
Par Paul Yange
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Nelson Mandela et Winnie Mandela le 11 février 1990
Nelson Mandela et Winnie Mandela le 11 février 1990

NELSON MANDELA (né en 1918)

Nelson Rolihlahla Mandela (Rohlilahla signifie "celui qui crée les problèmes" en langue courante Xhosa) est né le 18 juillet 1918 dans la province du Transkei en Afrique du Sud. Son père, Gadla Henry Mphakanyiswa est un conseiller en chef des Xhosa (plus précisément de la tribu des Thembus) qui décède alors que son fils est âgé de 9 ans. Mandela quitte sa région natale en compagnie de sa mère, Nongaphi Nosekeni Mandela. Il va vivre chez Jongitaba Dalyndiebo, régent du peuple Thembu qui s’est proposé de devenir le tuteur du petit Rohlilahla à la mort de son père.

Mandela poursuit ses études au collège de Clarkebury, puis au lycée de Healdtown (il est alors âgé de 19 ans en 1937) qui est à l’époque le plus grand lycée africain en dessous de l’Equateur (plus d’un millier de lycéens garçons et filles). Il est admis à l’université de Fort Hare (qui resta l’unique établissement d’enseignement supérieur pour les Noirs d’Afrique du Sud jusqu’au début des années 60) qui compte 150 étudiants à l’époque et qui est un phare pour les universitaires d’Afrique australe, centrale et de l’Est. Mandela étudie le droit à Fort Hare et manifeste déjà une indépendance d’esprit qui est la marque d’un futur leader.

Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. J’espère vivre assez longtemps pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir.
Nelson Mandela, procès de Rivonia, 1964



Au cours de sa seconde année d’études, il est élu membre du conseil représentatif des étudiants (CRE). A la suite des revendications des étudiants, Mandela et le reste du CRE demissionnent. Après la tenue de secondes elections, Mandela n’arrive pas à convaincre ses camarades de continuer le boycott et est le seul membre du CRE à demissioner une seconde fois. Il est convoqué par le directeur qui suspend ses études à Fort Hare, en lui permettant toutefois d'y revenir l'année suivante.



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Nelson Mandela au début des années 60
Nelson Mandela au début des années 60

Mandela retourne chez son tuteur. Quelques semaines après son retour, ce dernier lui annonce que son mariage est organisé et que sa future épouse a été trouvée. Ne voulant point subir un mariage forcé, Mandela s’enfuit pour Johannesburg. En compagnie de son cousin Justice, il travaille comme veilleur de nuit dans une mine, puis par l’intermédiaire d’un autre cousin, Garlick Mbekeni qui loge à Johannesurg et à qui il a confié son désir de devenir avocat, Mandela rencontre Walter Sisulu, âgé d’une trentaine d’années et qui dirige une agence immobilière spécialisée dans les propriétés pour africains. Ce dernier le met en relation avec un blanc libéral, Lazar Sidelsky, qui est avocat et possède un cabinet. Sidelsky accepte de prendre Mandela comme stagiaire et parallèlement, ce dernier étudie le soir à l’UNISA (University of South Africa) qui propose des cours par correspondance. Fin 42, Mandela obtient sa licence en droit.

En compagnie de Gaur Radebe, un autre noir africain travaillant dans le cabinet de Sidelsky, Mandela entre en contact pour la première fois avec un mouvement politique appelé ANC, "African National Congress" fondé en 1912. Début 43, Mandela s’inscrit à l’université de Witwatersrand pour préparer un LLB, diplôme menant au métier d’avocat. L’université de Witwatersrand était considérée comme la meilleure université de langue anglaise d’Afrique du Sud (les universités de langue anglaise étaient libérales et acceptaient des Noirs, ce qui n’était pas le cas des universités qui enseignaient en Afrikaans).

Mandela avait rejoint l’ANC à un moment où le mouvement était en crise. Les jeunes membres de l’ANC – parmi lesquels Anton Lembede, William Nkomo, Walter Sisulu, Oliver Tambo, Nelson Mandela, Ashby P Mda- s’étaient opposés à la participation des Noirs sud-africains à la seconde guerre mondiale. La vieille garde, menée par Alfred Batini Xuma était désireuse de ne pas embarrasser le gouvernement de Jan Smuts. Les jeunes de l’ANC désiraient dépoussiérer le parti qui était selon eux devenu le territoire d’une élite fatiguée, non militante et privilégiée. Fin 1943 la proposition de la création d’une ligue des jeunes de l’ANC est adoptée. La ligue des jeunes prone la mobilisation et les actions de masse, prenant en modèle les actions menées par Ghandi (le leader indien, avocat de formation a vécu 20 ans en Afrique du Sud avant de retourner en Inde. Sa philosophie influencera de nombreux membres de l’ANC parmi lesquels Albert John Lutuli, president du parti de 1952 à 1967 et prix Nobel en 1960). En 1945 et 1947, quatre membres de la ligue des jeunes de l’ANC sont élus au Comité National Exécutif de l’ANC (NEC), ce qui renforce le poids de la ligue des jeunes au sein de l’organisation.



Nelson Mandela à 19 ans, à Umtata, dans la province du Transkei
Nelson Mandela à 19 ans, à Umtata, dans la province du Transkei
© PKA Gaeshwe/Black Star

Après la seconde guerre mondiale, les élections générales blanches (les noirs n’ayant pas le droit de vote) de 1948 opposent l’United Party alors au pouvoir au National Party qui a publiquement soutenu l’Allemagne néo-nazie (1) pendant la seconde guerre mondiale. La campagne du National Party se concentre sur le "Swart Gevaar" (le "péril noir"). Les nationalistes sont dirigés par Daniel Malan et le programme de celui-ci est connu sous le nom d’Apartheid (terme qui signifie "séparation"). La base de l’apartheid consistait à affirmer que les Blancs étaient supérieurs aux Noirs, aux métis et aux Indiens, et sa fonction devait être de fixer pour toujours la suprématie blanche.

L’apartheid représentait la codification dans un système oppressif de toutes les lois et de tous les règlements qui avaient maintenu les Noirs dans une position inférieure aux Blancs pendant des siècles. Ce qui existait plus ou moins de facto allait être juridiquement entériné. A la suite de la victoire du National Party, plusieurs lois pro-apartheid furent votées : la loi intedisant les mariages mixtes voit le jour en 1949, de même que l’Immorality Act qui rend illégal les relations sexuelles entre Blancs et Non Blancs. Le "Population and Registration Act" classe les sud-africains par "race" en fonction de leurs couleurs.

L’onde de choc creée par la victoire le parti national poussa la vieille garde de l’ANC a accepter le programme d’actions inspiré par la ligue des jeunes (ce programme préconisait d’utiliser le boycott, les grèves, la désobeissance civile et la non-coopération).

Mandela était devenu le président des ligues de jeunesse de l’ANC en 1951 et fit campagne pour l’abolition des lois discriminatoires. Il fut nommé volontaire en chef du mouvement de résistance, "la campagne de défi", que l’ANC mena en 1951-52 en protestation contre les lois racistes du gouvernement pro apartheid. La campagne de défi, organisée de façon conjointe par l’ANC et les politiciens indiens sud-africains progressistes fut un immense succès puisqu’il permis aux effectifs de l’ANC d’atteindre 100 000 membres.

A la suite de son action dans la campagne de défi, Mandela fut arrêté et condamné à une peine de prison avec sursis, puis un peu après la fin de la campagne, il fut confiné à Johannesburg et il lui fut interdit d’assister à des rassemblements publics pendant 6 mois. Ayant quitté l’Université du Witwaterstrand pour résultats insuffisants, Mandela se présenta néanmoins à l’examen du barreau et obtint son diplôme d’avocat pendant cette période. Il créa ensuite en compagnie d’Oliver Tambo le premier cabinet d’avocats noirs de Johannesburg en août 1952 (Tambo et Mandela n’étaient pas les seuls avocats noirs du pays, mais ils étaient les premiers à être associés dans leur propre cabinet).




Nelson Mandela dans le cabinet qu'il partageait avec Oliver Tambo
Nelson Mandela dans le cabinet qu'il partageait avec Oliver Tambo

Durant les années 50, Mandela se battit contre le "Bantu Education Act", contre l’instauration des pass laws (tout sud africain noir devait à partir de 1953 avoir un pass pour justifier son déplacement), contre la politique naissante des Bantoustans (qui consistait à regrouper la population noire dans des aires d’habitation spécifiques), contre l’Extension of University Education Act qui interdisait aux Non-blancs les Universités racialement "ouvertes".

Mandela fut l’un des leaders arrêté en compagnie de Luthuli et de 155 autres personnes lors du procès pour trahison en 1956. Il fut finalement acquitté ainsi que ses co-accusés en 1961. Le procès pour trahison s’était déroulé sur 5 années ce qui influa négativement sur les activités professionnelles de Mandela puisque ce dernier partageait son temps entre son cabinet et la cour où se tenait le procès.

Mandela fut de nouveau arrêté pendant l’état d’urgence qui suivit le massacre de Sharpeville en 1960 (69 personnes furent tuées et plus d'une centaine d’autres blessées par la police à la suite de manifestations pacifiques organisées contre l’existence des pass). Le congrès panafricain, qui avait organisé les manifestations à Sharpeville et l’ANC furent interdits à la suite des événements.

Après Sharpeville, il était devenu évident aux yeux de tous que la résistance non-violente n’était plus tenable. Mandela défendit la création d’une branche militaire au sein de l’ANC. En juin 1961, l’etat major de l’ANC examina la proposition d’utiliser également le sabotage et eventuellement la violence comme mode d’action. La conclusion fut que les membres de l’ANC qui voulaient s’impliquer dans des actions clandestines n’en seraient pas empêchés. Cette décision abouti à la création de Umkhonto we Sizwe encore appelé MK ("le fer de lance de la nation") qui allait devenir la branche armée de l’ANC.

Nelson Mandela en costume traditionnel Xhosa
Nelson Mandela en costume traditionnel Xhosa

La création d’Umkhonto we Sizwe marquait un tournant dans la politique de l’ANC car l’organisation avait toujours refusé de recourir à la violence et à la lutte armée. Mandela fut l’organisateur d’une grève générale mi-mai 1961 à la suite d’une proposition faite au gouvernement de Pretoria, à savoir organiser une nouvelle constitution prenant en compte tous les sud-africains et basée sur des principes démocratiques. Le gouvernement décida de réagir en effectuant la plus grande mobilisation militaire depuis la 2de guerre mondiale. Mandela (qui était parallèlement à ses activités professionnelles le commandant en chef de MK) devint recherché par les autorités.

Il entra dans la clandestinté, puis voyagea dans le reste de l’Afrique. Sa mission était de chercher de l’aide et de ensibiliser les dirigeants africains à la lutte anti-apartheid en leur expliquant ce qu’était l’ANC (Le PAC, panafrican Congress crée en 1959 par Robert Sobukwe, ancien membre de la ligue de la jeunesse de l’ANC était alors plus connu en Afrique que l’ANC du fait de son panafricanisme affirmé et de sa non mixité raciale; en effet et contrairement à l’ANC qui était ouvert à des personnes de toute origine ethnique, le PAC était un mouvement qui ne pratiquait pas la mixité raciale).

Mandela devait également trouver des possibilités d’entraînement pour les hommes de MK dans divers pays d’Afrique. Il se rendit clandestinement en Ethiopie afin d’assister à la conférence d’Addis Abeba organisée par le Mouvement panafricain de Liberation de l’Afrique Orientale, centrale et australe. Il eu l’occasion de rencontrer en Ethiopie Hailé Selassié. Il se rendit également en Tanzanie, au Maroc, au Senegal, en Angleterre et s’entretint au cours de ses voyages avec Kenneth Kaunda, Julius Nyerere , Sekou Touré et Leopold Sedar Senghor. En Ethiopie, Mandela suivit une formation militaire de 8 semaines, (prévue à l’origine pour 6 mois, mais le retour du chef de MK était attendu du fait de l’intensification de la lutte armée).

(1) Parmi les hommes qui allaient devenir des personnalités influentes du parti national et de l'Afrique du Sud après la seconde guerre mondiale figuraient John Balthazar Voerster, membre de l'organisation terroriste pro-nazie Ossew Brandwag et Henrik Verwoerd, antisémite et pro-nazi convaincu, ce qui ne l'empêchera pas de devenir ministre des affaires étrangères de 1950 à 1958, puis premier ministre de 1958 à 1966

Vous pouvez accéder à la seconde partie de la biographie de Nelson Mandela.


Vidéo : Aimé Césaire parle de Nelson Mandela

Vidéo : Nelson Mandela, au nom de la liberté (partie 1)


Nelson Mandela, au nom de la liberté (partie 1)
envoyé par Nzwamba. - L'actualité du moment en vidéo.

Vidéo : Nelson Mandela : Au nom de la liberté (partie 2)


Nelson Mandela, au nom de la liberté (partie 2)
envoyé par Nzwamba. - L'actualité du moment en vidéo.

Vidéo : Nelson Mandela : au nom de la liberté (partie 3)


Nelson Mandela, au nom de la liberté (partie 3)
envoyé par Nzwamba. - L'info video en direct.

Vidéo : Nelson Mandela : Au nom de la liberté (partie 4)


Nelson Mandela, au nom de la liberté (partie 4)
envoyé par Nzwamba. - L'info internationale vidéo.

Vidéo : Nelson Mandela : au nom de la liberté (5ème et dernière partie)


Nelson Mandela, au nom de la liberté (partie 5)
envoyé par Nzwamba. - L'info internationale vidéo.

Nelson Mandela : les jeunes années



Nelson Mandela interviewé pendant ses années de clandestinité





Dernière mise à jour : 5/03/2010

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