Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

15/01/2011

CONGO/KINSHASA : PATRICE-EMERY LUMUMBA ET LAURENT-DESIRE KABILA DEUX PATRIOTES DEUX NATIONALISTES MOURONT COMME EUX ET NON SEULEMENT CRITIQUER VOCIFERER SUR FOND DES SPIRINGS DE PORC !

Lumumba et L.D. Kabila ont eu quelque chose de commun dans leur combat politique. Tous les deux, ils ont défendu un idéal sans pour autant avoir les moyens de le concrétiser. Leur pensée s’est évanouie le plus souvent avec leur mort.

Quarante années séparent leur disparition. Malgré ce grand décalage, les deux hommes ont marqué l’histoire du Congo en particulier, et de l’Afrique, en général. Il s’agit de Laurent-Désiré Kabila et de Patrice Emery Lumumba.

Le destin a voulu qu’ils meurent dans des conditions presque similaires, livrés à leur bourreau par leurs plus proches collaborateurs. Les 16 et 17 janvier, le peuple s’en souvient.


En ce mois de janvier 2010, le peuple congolais se souvient ces 16 et 17 de ces deux héros nationaux, ces dignes fils, morts armes à la main, pour avoir défendu sans détours la seule cause de la République démocratique du Congo.

Que retenir du combat de l’un ou l’autre ? En effet, entre les deux hommes existe une similitude de personnalité, une similitude de politiques et enfin, une similitude de destins.

La pensée de Lumumba, ravivée depuis 1997 par Laurent-Désiré Lumumba, n’a pas perdu de sa saveur. Laurent-Désiré Kabila au pouvoir, Lumumba s’est trouvé un vrai successeur.

Le 30 juin 1960, en prononçant son célèbre discours qui décriait le système colonial, vaguant à contre-courant du Roi des Belges et du président Kasa-Vubu, Lumumba réalisait là le plus grand coup de sa brève carrière politique. Mais, surtout il signait son arrêt de mort - l’Occident ne pouvait pas supporter un tel affront. On retrouve le même reflexe chez Laurent-Désiré Kabila.

La RDC se cherche un « Josué »

Lorsque Lumumba prédisait que le temps est venu pour le Congolais d’écrire sa propre histoire, Kabila ne s’en est pas écarté. Au pouvoir, il cherche à imposer un style, un peu dans la lignée de Lumumba. Il inaugure une méthode de travail qui place le peuple au centre de l’action politique. Incompris, il est assassiné le 16 janvier 2001.

Lumumba et L.D. Kabila ont eu quelque chose de commun dans leur combat politique. Tous les deux, ils ont défendu un idéal sans pour autant avoir les moyens de le concrétiser. Leur pensée s’est évanouie le plus souvent avec leur mort. Comme Moise, ils n’ont pas accédé à la terre promise.

Mais, 49 ans après la mort de Lumumba et 9 ans après celle de L.D. Kabila, la RDC est à la recherche de son « Josué » pour l’amener dans un Congo « plus beau qu’avant », celui vanté dans l’hymne national.

Dans une note, présentée comme la dernière avant sa mort adressée à sa femme, Lumumba paraît prophétique.

En effet, il écrit : « Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux - qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi ces hauts fonctionnaires des Nations unies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance - ne l’ont jamais voulu. Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance. Que pourrai-je dire d’autre ? »

Comme Lumumba, que dire d’autre ? Sinon que la similitude des événements avec ce que vit actuellement la RDC étonne. Car, le Congo se retrouve dans un décor macabre, celui pour lequel Lumumba a consacré sa vie pour en éviter la survenance.

Aujourd’hui, la RDC est sous l’emprise des partenaires occidentaux si bien que rien ne peut se faire dans le pays sans qu’une main occidentale couvre le projet. Qu’on réhabilite une école, qu’on réfectionne une route, que l’on paie les décomptes finals des entreprises ou banques liquidées, qu’on organise des élections – et les exemples sont légion – c’est toujours l’Occident qui rythme la cadence.

Comme dans les années 1960, la jeune République démocratique du Congo a recouru aux Nations unies pour sa survie en tant qu’Etat. L’appel a été entendu, mais l’apport des forces onusiennes n’a pas été à la dimension des espoirs placés en elles. Plus tard, elles se sont avérées complices dans le malheur qui s’abattait sur la RDC.

Actuellement, la RDC tient encore dans ses frontières par la présence des éléments de la Monusco (Ex Monuc). Mais, il y a bien des choses à redire à propos de la présence des forces de la Monuc en RDC.

Comme Lumumba, tout au long de son règne, Laurent-Désiré Kabila avait toujours redouté la présence des soldats onusiens. A l’un ou l’autre, l’histoire donne de plus en raison.

La commémoration du 49ème et du 9ème anniversaire des assassinats de Lumumba et de Kabila doit être mies à profit pour éveiller une conscience nationale en net essoufflement. En se souvenant ces 16 et 17 janvier de la mort de deux héros nationaux, le peuple congolais doit en même temps s’interroger, en cette année du cinquantenaire de son indépendance, sur son destin.

C’est l’occasion aussi d’élaborer des stratégies pour une plus grande unité entre eux en vue de s’ouvrir réellement la voie du progrès. Celle-ci passe par une prise de conscience collective de notre avenir en tant que peuple et Nation libre et indépendante.

Kabila et Lumumba sont morts prématurément pour avoir eu le courage d’affirmer cette indépendance, cette liberté de choix politique et économiques.

Au-delà de la question des responsabilités, leur assassinat pose la question de l’ingérence politique des pays occidentaux en Afrique et de la poursuite du projet colonial quant à la mainmise sur les ressources naturelles.

L’heure n’est-elle pas venue de faire revivre cette voix ? La RDC doit se créer d’autres Lumumba et Kabila pour se frayer un chemin dans la grande course vers le développement.

Et le salut ne viendra ni de l’Occident – comme avec les institutions de Bretton Woods – moins encore de l’Orient – alors que le pays ne vibre qu’au rythme des contrats chinois - mais il viendra sûrement de l’adversité de tout un peuple à vaincre ses frustrations et à s’épanouir réellement en toute liberté et indépendance.

C’est le meilleur cadeau d’anniversaire qu’on offrir à nos deux vaillants combattants, morts au front pour un seul combat : la liberté dans la dignité.

Faustin Kuediasala/Le Potentiel


(BTT/PKF)



Last edited: 15/01/2011 12:43:37

 

Mzée LD Kabila se fait connaître par ce qu’on a appelé les guerres Moba I et Moba II à partir de novembre 1984. Octobre 1996, il prend la tête de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo-Zaïre (AFDL). Il lance la guerre contre la dictature du Maréchal Mobutu. Il chasse le dictateur.

Patrice Lumumba est né à Onalua (territoire de Katako-Kombe, district du Sankuru dans la province du Kasaï-Oriental. Il est de la tribu Tetela. Elève brillant, il fréquente une école des missionnaires catholiques avant de rejoindre une école protestante tenue par des Suédois. En véritable autodidacte, Patrice Lumumba dévore des manuels d’histoire.

Il s’intéresse particulièrement à la Révolution française, à l’histoire d’Haïti, à celle des États-Unis et de la Russie. Il est employé de bureau dans une société minière au Kivu jusqu’en 1945.

Il se rend à Kinshasa où il exerce comme journaliste. Il offre ses services à plus d’un journal. Il compte parmi les « évolués ». Il obtient sa carte d’ « immatriculation » en 1954. Une carte de mérite civil dont seuls, 200 Congolais autochtones étaient bénéficiaires.

Il est déjà militant d’un Congo uni au moment où les tendances séparatistes étaient perceptibles. En 1955, il crée l’« APIC » (Association du personnel indigène de la colonie). Il a le privilège de s’entretenir avec le roi Baudouin 1er lors de son voyage au Congo.

Déjà, Lumumba se fait le porte-parole des Congolais en évoquant avec le roi des Belges la situation du pays. En 1956, il est emprisonné pour un an, mais libéré avant d’avoir apuré toute la peine. Il travaille comme directeur de ventes d’une brasserie (Polar).

En 1958, il participe à l’Exposition universelle de Bruxelles. Il en profite pour nouer des relations avec des anticolonialistes. Le 5 octobre 1958, il crée le Mouvement national congolais (MNC), participe à la Conférence panafricaine d’Accra.

Au retour d’Accra, au cours d’un meeting de restitution, il parle clairement de la nécessité de l’indépendance du Congo. En octobre 1959, le MNC aux côtés d’autres partis politiques indépendantistes tiennent une réunion à Stanleyville (Kisangani).

Les autorités belges qui prennent peur tentent d’arrêter Lumumba à cette occasion. Elles provoquent ainsi une émeute. Le bilan est lourd, une trentaine de morts. Lumumba est arrêté. Il est jugé en janvier 1960.

Le 21 janvier, il est condamné à 6 mois de prison. Il s’ouvre au courant de ce mois de janvier 1960 la Table-ronde politique de Bruxelles. Les politiciens congolais exigent la participation de Lumumba à cette Table-ronde comme préalable.

Le 26 janvier 1960, Lumumba est libéré pour participer à la Table-ronde qui fixe la date de l’indépendance du Congo le 30 juin 1960. Le jour de la proclamation de l’indépendance, Lumumba prononce un discours qui, aux yeux de beaucoup d’observateurs, était sa condamnation à mort.

Un discours qui a dénoncé de façon virulente les méfaits de la politique coloniale. Car, son parti, le Mnc, en coalition avec le PSA/Gizenga, le Balubakat/Sendwe, le CEREA/Kashamura avaient gagné les élections.

Le 23 juin 1960, après plusieurs tergiversations, les autorités belges laissent Patrice Émery Lumumba former le premier gouvernement du Congo indépendant. Sa carrière de dirigeant du Congo se passera en un éclair. Quelques faits sont caractéristiques de cette gestion.

L’africanisation des cadres militaires. Cette décision intervient après la mutinerie des soldats congolais à la suite de la provocation du général belge Jansens. En réaction, Bruxelles envoie des troupes pour protéger ses ressortissants particulièrement au Katanga. En réalité, c’est pour protéger l’Union minière du Haut Katanga.

Les milieux impérialistes influencent Joseph Kasa-Vubu qui, le 4 septembre 1960, annonce la révocation de Lumumba ainsi que des ministres nationalistes dont le vice-premier ministre Antoine Gizenga.

Il nomme Joseph Iléo en dépit de l’avis défavorable du parlement. A son tour, ayant reçu pleins pouvoirs du parlement, Lumumba révoque Kasa-Vubu. Mobutu fait son premier coup d’Etat. Il neutralise Lumumba et met en place un Collège des commissaires généraux composé de jeunes à peine sortis de l’université, dont Etienne Tshisekedi.

Lumumba assigné en résidence surveillée, donne l’ordre à Gizenga de délocaliser le gouvernement et le parlement à Kisangani. Ce qui sera fait.

Le gouvernement Gizenga à Kisangani déplace même les ambassades des pays de l’Est. S’étant échappé de sa résidence surveillée, Lumumba était en route pour rejoindre Gizenga à Kisangani lorsqu’il est arrêté. Envoyé au Katanga, il y sera assassiné.

Laurent-Désiré Kabila, soldat du peuple

Mzée Laurent-Désiré Kabila est né à Moba (ex-Baudouinville) le 27 novembre 1939. Originaire de la province du Katanga, il est de la tribu luba du Katanga. Il a fait des études de philologie romane.

A l’âge de 19 ans, il est déjà impliqué dans la lutte politique aux côtés des nationalistes qui soutiennent Patrice Emery Lumumba. Pendant la sécession katangaise, il combat aux côtés de Janson Sendwe au sein de la jeunesse Balubakat. (Jeubakat).

A partir du mois d’août 1960 à janvier 1961, il participe à la lutte contre la sécession. Il est nommé colonel de la jeunesse par Janson Sendwe qui remarque ses talents comme leader et meneur d’hommes.

Il entre dans le gouvernement provincial du Nord-Katanga installé à Manono. De 1961 à 1962, il reprend les études à Belgrade en ex-Yougoslavie. A partir de février 1962, il est chef de cabinet à l’Information au sein du gouvernement du Nord-Katanga, puis chef de cabinet aux Travaux Publics (octobre 1962).

Fin novembre 1962, il est élu conseiller suppléant à l’Assemblée provinciale. C’est une année plus tard, en novembre 1963, qu’il se rend à Brazzaville où séjournent les leaders lumumbistes qui créent le Comité national de libération (CNL). C’est au cours de ce séjour à Brazzaville qu’il rencontre Yerodia Abdoulaye Ndombasi.

Il remet à ce dernier un texte intitulé « L’épée brisée » dans lequel il exprime sa préoccupation sur la mort de Patrice Emery Lumumba. Nommé secrétaire général aux Affaires sociales, à la Jeunesse et aux Sports, du CNL. En janvier 1964, il est envoyé à Bujumbura au Burundi avec Gaston Soumialot.

Ils ont pour mission de préparer le soulèvement des populations de la plaine de la Ruzizi et du Nord-Katanga contre le gouvernement usurpateur de Léopoldville (Kinshasa). Il rentre à Kalemie où en mai 1964, il participe à la première insurrection avec l’Armée Populaire de Libération (APL). Le 21 juillet, il est nommé vice-président chargé des Relations et du Commerce extérieur dans le gouvernement provisoire du CNL, section de l’Est (Kalemie).

A partir du mois d’août à novembre 1964, il séjourne à Nairobi, à Dar-es Salaam et à Paris. Il est nommé secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères du CNL et ministre plénipotentiaire en Tanzanie, au Kenya et en Ouganda.

Le 21 avril 1965, il est nommé deuxième vice-président du Conseil suprême de la révolution. En mai 1965, il se rend en Tanzanie pour diriger depuis Kigoma, la zone opérationnelle du Kivu et du Katanga. Face à un déploiement des armées occidentales qui soutiennent l’armée de Mobutu, la rébellion se replie.

Mzée LD Kabila se retire au Kenya avant de s’installer en Ouganda. Il aide Yoweri Museveni dans son maquis autour des années 1980. Le 24 décembre 1967, dans son exil à Nairobi, il fonde le Parti de la Révolution Populaire (PRP) dont la branche armée est nommée Forces Armées Populaires (FAP).

Il s’installe dans la région de Fizi où il entreprend une reprise en main idéologique. Il enseigne particulièrement les "sept erreurs" de la révolution Simba. C’est pour lui une façon d’évaluer le chemin parcouru par les mouvements rebelles congolais. Il s’agit de : 1) manque d’éducation politique ; 2) trop grande dépendance envers l’étranger ; 3) négligence du rôle des paysans ; 4) tribalisme ; 5) manque de discipline ; 6) manque de coopération entre les combattants et le peuple ; 7) absence d’un parti révolutionnaire.

Au plan militaire, il préconise la stratégie d’une longue guerre à la manière de la longue marche chinoise. Il s’agit d’une guerre populaire essentiellement ayant pour théâtre principal les milieux ruraux. Il a le soutien de Julius Nyerere qui ne cache pas son admiration pour le jeune leader nationaliste congolais.

Il se fait également signaler par l’enlèvement en 1975, en Tanzanie, de trois spécialistes américains. Autour de l’année 1977, il installe dans son maquis un mini-Etat socialiste avec ses champs collectifs, ses écoles et ses dispensaires.

Il jette les bases d’une économie de guerre afin de permettre au maquis de s’autofinancer. Il bat sa propre monnaie. Mzée LD Kabila se fait connaître par ce qu’on a appelé les guerres Moba I et Moba II à partir de novembre 1984.

Octobre 1996, il prend la tête de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo-Zaïre (AFDL). Il lance la guerre contre la dictature du Maréchal Mobutu. Il chasse le dictateur après sept mois de marche de l’Est à l’ouest. Le 17 mai 1997, l’AFDL entre dans Kinshasa, capitale de la Rdc. Le 16 janvier 2001, il est assassiné.

Joachim Diana Gipupa/L’Avenir


(BTT/PKF)



Last edited: 15/01/2011 12:18:18

Écrire un commentaire