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27/09/2011

CÔTE D'IVOIRE : L'ARGENT DES NOUVEAUX CADAVRES !

16/09/2011 à 17h:28 Par Gwénaëlle Deboutte, en Allemagne
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André Degbeon cultive l'afro-optimisme en Allemagne. André Degbeon cultive l'afro-optimisme en Allemagne. © Maurice Weiss/Ostkreuz pour J.A.

Télévision, politique, cet Ivoirien fait tout pour changer l’image des Africains auprès des Allemands. Un combat difficile dans un pays où les clichés ont la vie dure.

Quand il évoque l’Afrique et le regard condescendant que les Européens portent parfois sur le continent, il s’emporte et sa voix monte soudain dans les aigus. C’est épidermique. Il faut dire qu’André Degbeon, Ivoirien de 53 ans, a fait de la lutte contre les clichés son cheval de bataille. Il veut changer l’image de l’Afrique, en particulier en Allemagne, terre où il a élu domicile voilà trente ans. Et la tâche est immense : ce pays connaît mal l’Afrique, et ses habitants restent perclus de préjugés. « L’image de l’Africain a peu changé depuis l’époque où on les parquait dans des zoos, analyse-t-il sans détour. Le continent est toujours associé aux animaux sauvages, à la savane. » Selon lui, rien n’est fait pour que cette vision change, surtout pas dans les médias. « La presse allemande ne relaie que des informations négatives, de misère, de maladie et de corruption. Comment voulez-vous qu’ensuite, lorsqu’un chef d’État africain vient rencontrer la chancelière, Angela Merkel, on lui parle d’égal à égal ? » Il aime à répéter ce proverbe africain qui dit que « la main qui donne est toujours au-dessus de la main qui reçoit ».

D’où son idée, en 2003, de créer en Allemagne une chaîne de télévision qui donnerait une image positive de l’Afrique. « Dès que j’ai commencé à parler de ce projet, j’ai reçu de nombreuses réactions favorables, il y avait une vraie demande », se souvient Degbeon, ému. Afro TV n’aborde guère les sujets qui fâchent (« je laisse ce soin aux médias occidentaux »), et préfère évoquer des initiatives réussies, diffuser des documentaires, présenter des entrepreneurs… Des thèmes « que les Allemands n’ont pas l’habitude de voir ». À l’origine diffusés sur le canal régional berlinois Spree Kanal, les programmes sont aujourd’hui en phase de migration sur internet « pour augmenter la visibilité ». Internet a aussi l’avantage d’être « moins cher ». Car les financements, pour l’heure, sont durs à trouver, et la publicité n’abonde pas. Tout, ou presque, est payé avec les deniers personnels de Degbeon.

Affable, l’homme au regard rieur n’abandonne pas. Dernièrement, il a eu l’idée de vendre les DVD de ses émissions en Afrique, afin d’augmenter les recettes d’Afro TV. La persévérance est un trait de son caractère, disent ceux qui le connaissent.

Pour les beaux yeux d'une Blanche

Né dans la région du Moyen-Comoé (à Agnibilékrou), Degbeon est arrivé à Berlin à l’âge de 23 ans. Pour les beaux yeux d’une Blanche, allemande, partie pour une mission de quatre ans en Afrique, avec qui il a un fils, également né en Côte d’Ivoire. En Allemagne, Degbeon apprend la langue, se forme au journalisme et à la télévision. En 1995, il fonde le premier jardin d’enfants germano-africain de Berlin. Dans cette ville, il sera souvent l’homme des premières fois. Comme en 2001, quand il est le premier Noir à se présenter à une élection municipale, dans le quartier très conservateur de Wilmersdorf-Charlottenburg. S’il n’obtient que 1,5 % des voix, ce geste symbolique lui permet de mettre en avant les Africains de Berlin, que beaucoup font semblant de ne pas voir. Après ce premier pas en politique, il en fait un second au sein du Parti social-démocrate (SPD), qui le contacte à la suite de sa candidature remarquée. L’expérience s’avère amère. Il déchante et se rend compte qu’à l’échelle d’un quartier on ne lui laisse pas sa chance. Il ne reçoit pas les invitations lors des décisions importantes, et se sent écarté du jeu. Il s’éloigne du parti, sans pour autant perdre le goût de l’action politique.

Depuis 2008, il est membre du Migrationsrat, le conseil consultatif des immigrés de Berlin, organe qui se charge d’aider les étrangers dans leurs démarches quotidiennes, intervient pour bloquer des demandes d’expulsion ou discute avec le Sénat des lois concernant les étrangers. Une forte responsabilité qu’il « assume avec plaisir ».

Né sous le signe du caméléon - belle métaphore pour un Africain vivant en Allemagne -, Degbeon ne baisse jamais la garde. Son dernier combat : la représentation des Africains en Allemagne. À l’origine, un discours dans lequel le président de la République fédérale, Christian Wulff, évoque une rencontre avec les représentants de la diaspora africaine. Mais quand André Degbeon veut en savoir plus, connaître qui sont ces représentants et comment ils ont été choisis, pas de réponse. « On ne veut plus que l’on parle à notre place. Ce sont aux Africains de décider qui les représente », s’insurge-t-il, au risque de passer pour un gêneur.



Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Côte d'Ivoire : André Degbeon, chasseur de préjugés | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique
06/09/2011 à 18h:30 Par Marie Villacèque
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Pour Issouf Sanogo, l'année 2011 a été bien compliquée. Pour Issouf Sanogo, l'année 2011 a été bien compliquée. © Benedicte Kurzen/VII Network pour JA.

Depuis dix ans, Issouf Sanogo photographie pour l’AFP les mutations de la vie politique ivoirienne. Il expose ses clichés, du 27 août au 11 septembre 2011, au festival international de photojournalisme Visa pour l’image.

« Pour moi, c’est important que la Côte d’Ivoire soit exposée à Perpignan cette année », lance Issouf Sanogo, photographe de l’Agence France-Presse (AFP). La ville du sud de la France qui accueille la 23e édition du festival international de photojournalisme Visa pour l’image met l’Afrique à l’honneur, après une année riche en actualité aussi bien dans le monde arabe qu’en Afrique subsaharienne.

Les clichés d’Issouf Sanogo retracent les coups d’État, élections et crises dont il est le témoin depuis 1999. « Si les Français connaissent peu l’Afrique, ils ont au moins entendu parler de la Côte d’Ivoire. Avant la crise, en bien. Ensuite, en moins bien », explique le photographe, qui participe à ce rendez-vous incontournable du photojournalisme pour la première fois. « Les conditions de travail ont été très dures pour l’agence cette année », reconnaît-il. Ainsi, le 31 mars dernier, il a quitté son bureau sans savoir qu’il ne pourrait pas y remettre les pieds durant un mois. Pourtant, malgré ce contexte souvent rude, les photos sont là.

Violence

Sur les murs du couvent des Minimes de Perpignan, des tenues aux couleurs chatoyantes et des visages de femmes côtoient les images de cette violence qui a longtemps hanté les rues d’Abidjan. Un Laurent Gbagbo tirant la langue précède un portrait de sa femme, Simone, tout sourire, mais c’est avec une photo de l’investiture d’Alassane Ouattara que s’achève l’exposition.

Né en 1964 à Agboville, à 80 km d’Abidjan, Issouf Sanogo a « appris la photo presque sur le tas », puis pris des cours au département photo des Beaux-Arts d’Abidjan en 1983-1984. Il a commencé à travailler comme pigiste pour plusieurs journaux locaux, dont Fraternité Matin et Ivoir’Soir, le premier quotidien du soir du pays. Ce n’est qu’en 1991 qu’il a enfin réussi à entrebâiller la porte du photojournalisme. La publication de ses images, au lendemain des soulèvements contre le président Félix Houphouët-Boigny, a attiré le regard de l’AFP et il a été embauché au bureau régional d’Abidjan. La Côte d’Ivoire n’est pas son seul terrain de prédilection car, depuis 2003, il est devenu coordinateur régional pour l’Afrique de l’Ouest et une partie de l’Afrique centrale, après avoir couvert la guerre civile au Liberia et celle au Sierra Leone.

À Perpignan, ce chasseur d’images a retrouvé des confrères du monde entier avec lesquels il partage bien des préoccupations – et en premier lieu la défense du photojournalisme. « Avec le numérique, internet, tout le monde est devenu photographe. Ce n’est plus comme avant, souligne-t-il. Mais ce n’est pas un métier qui va disparaître tout de suite. Il y a plus de concurrents, c’est tout. On aura toujours besoin d’images. »



Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Côte d'Ivoire : Issouf Sanogo, témoin oculaire | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

16/09/2011 à 12h:50 Par Jeune Afrique
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Le siège du Fonds Monétaire International le 5 juin 2011 à Washington. Le siège du Fonds Monétaire International le 5 juin 2011 à Washington. © AFP

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé jeudi 15 septembre qu'il allait accorder à la Côte d'Ivoire, qui sort d'une grave crise post-électorale, plus de 600 millions de dollars.  L’économie ivoirienne a profondément été affaiblie suite à  la crise postélectorale  qui  a éprouvé le pays de novembre 2010 à avril 2011. En contrepartie de cet appui financier, le FMI réclame la tenue des élections législatives promises pour le 15 décembre 2011.

Le FMI a annoncé hier qu’il allait accorder une aide à la nation ivoirienne, sous réserve de l'approbation du conseil d'administration du Fonds en novembre.

Reconstruire l’économie

Cet appui de 616 millions de dollars, au titre d'une Facilité élargie de crédit (FEC), devrait s'étendre jusqu'en 2014, a expliqué le FMI au terme d'une mission de deux semaines à Abidjan. Pour le FMI, le principal objectif est de « reconstruire l'économie après des années de crise intérieure, caractérisée par un faible niveau d'investissement, de croissance et d'emploi. »

La Banque mondiale  a également approuvé un appui budgétaire de 150 millions de dollars et un don de 50 millions pour le financement d'un projet en faveur de l'emploi des jeunes.

En juillet, le FMI avait repris son aide à la Côte d'Ivoire, suspendue pendant la sanglante crise postélectorale close avec l'arrestation de l'ex-président Laurent Gbagbo le 11 avril, en décaissant dans un premier temps 129 millions de dollars.

Redresssement progressif

Le ministre ivoirien de l'Économie, Charles Diby Koffi, a salué le redressement progressif de l'économie, avec un « niveau de récession qui a été ramené en 100 jours à -5,8%, contre -7,5% ». « La descente aux enfers a été freinée, notre économie réagit bien », a-t-il souligné.

« La reprise a été plus rapide que prévu, la production industrielle de juin ayant atteint 95% du niveau de l'année précédente, contre 50% en avril », s'est félicitée devant la presse Doris Ross, chef de la mission conjointe du FMI, de la Banque mondiale (BM) et de la Banque africaine de développement (BAD). « L'actuelle campagne agricole devrait être solide » chez le premier producteur mondial de cacao, a ajouté Mme Ross.

Toutefois, le gouvernement doit encore « améliorer l'environnement sécuritaire, notamment la circulation des biens et des personnes, et mener à bonne fin les élections législatives » prévues au plus tard le 15 décembre, a prévenu l'institution.

(Avec AFP)



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