Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

09/10/2011

CONGO/KINSHASA : IL Y AURA-T-IL SANS DOUTE DES OBSERVATEURS CONGOLAIS AUX ELECTIONS DE NOVEMBRE 2012 AUX USA ?

 
Elections 2011: la sous-secrétaire d’Etat américaine à la Démocratie et aux Affaires internationales à Kinshasa


Croisade ou chassé-croisé, c’est selon, se poursuit. Dans un sens comme dans l’autre. C’est-à-dire, en direction de la RDC, ou vers les pays d’Outre-mer. Pour preuve, une Américaine séjourne depuis 48 heures à Kinshasa pendant que des Congolais sont dans le sillage de l’Exécutif et du Congrès américains à Washington. En toile de fond, des élections transparentes et crédibles en République démocratique du Congo.

Mme Maria Otero, sous-secrétaire d’Etat américaine à la Démocratie et aux Affaires internationales, séjourne depuis 48 heures en République démocratique du Congo. Elle était porteuse d’un message spécial du gouvernement américain, particulièrement de Mme Hillary Clinton, aux dirigeants congolais à quelques semaines de l’organisation des élections 2011. Raison pour laquelle son séjour a été riche en activités diplomatiques tant elle s’est entretenue avec différentes personnalités politiques congolaises avant de se rendre au Kivu. La journée de jeudi 6 octobre a été marquée par une séance de travail avec les membres du bureau de la CENI, conduits par le rapporteur Mpita, en vue de faire un tour d’horizon du parcours électoral.

Qu’une aussi haute personnalité de l’Exécutif américain se déplace pour Kinshasa, souligne, si besoin en était encore, de l’attention que le gouvernement américain attache à l’organisation de deuxièmes élections en RDC. Mais aussi pour souligner ses préoccupations de manière à ce que ces élections soient crédibles, transparentes et qu’elles se déroulent sous un climat apaisé. Mme Maria Otero a ainsi répété le message de la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton que les Etats-Unis appuient l’organisation de ces élections et qu’ils sont aux côtés du peuple congolais pour qu’il exprime en toute quiétude et sérénité son choix de dirigeants.

Même message d’ailleurs, curieuse coïncidence, de la part de l’Union européenne. Elle appelle tous les acteurs concernés pour le processus électoral à «poursuivre un dialogue constructif en vue de promouvoir le consensus, de consolider la confiance et contribuer à affirmer la crédibilité des élections en préparation». Pour joindre l’acte à la parole, l’Union européenne vient de décaisser 15 millions d’euros de sa contribution au processus électoral. Ce qui porte à 47 millions d’euros, la contribution promise par l’Union européenne, dont 35 millions d’euros déjà décaissés. Elle a également promis de renforcer son assistance auprès de la MONUSCO pour la sécurisation des élections en plus de l’envoi des observateurs européens à partir du 8 octobre. C’est-à- dire, aujourd’hui.

DES CONGOLAIS A WASHINGTON

Comme s’il s’agissait d’un mouvement synchronisé, au même moment que l’Américaine s’entretenait avec le bureau de la CENI à Kinshasa, le président et le vice-président de cette organisation étaient reçus par les autorités américaines à Washington. Les entretiens ont porté sur les élections du 28 novembre 2011 ainsi que l’évaluation du processus électoral à ce jour, en plus de ce qui reste à faire. Il nous revient que les autorités américaines ont saisi cette opportunité pour souligner clairement le rôle combien éminent et crucial de la CENI quant à la réussite de ces élections qui auront un impact sur la région de l’Afrique centrale et des Grands Lacs, toujours en proie à l’insécurité. Partant, sur toute l’Afrique. Il a été rappelé à la CENI de prendre en compte les aspirations souveraines du peuple congolais pour qu’il choisisse ses dirigeants dans la stricte liberté d’un «vote libre», d’un «choix souverain».

Le pasteur Ngoy Mulunda et Jacques Djoli, respectivement président et vice-président de la CENI, ont été précédés dans la capitale politique américaine par une bonne brochette d’hommes politiques congolais. Principalement, des candidats à la présidentielle 2011. Allusion faite à Kengo wa Dondo, Vital Kamerhe, Etienne Tshisekedi et Mbusa Nyamwisi. Si le président de la République, Joseph Kabila Kabange, également candidat à sa propre succession, n’est pas arrivé à Washington, il a séjourné à New York dans le cadre de la 66ème session de l’Assemblée générale des Nations unies. Des contacts informels n’ont pas manqué d’avoir lieu avec des personnalités américaines de tous les horizons. Soit.

Du côté de l’Opposition, les candidats ont poursuivi les négociations de Kinshasa, entre leaders, à Washington, dans l’optique de parvenir à un consensus autour de la désignation d’un «candidat commun». Jean-Pierre Bemba qui a été abordé à ce sujet à La Haye par Kengo et Tshisekedi, leur a adressé un message dans ce sens.

Mais il nous revient, de sources crédibles, que les leaders congolais ont été également reçus par les hauts cadres de la secrétaire d’Etat américaine et ceux du Congrès. Ils ont échangé sur les élections avant d’évoquer les perspectives d’avenir de la RDC et de l’Afrique. Un «test» avant les élections, diraient certains.

Pendant ce temps, à Kinshasa, mercredi, au siège de la MONUSCO, les responsables de cette structure de l’ONU dirigée par Roger Meece, un Américain, ont reçu les délégués de la jeunesse PPRD et UDPS. Au cours de cette audience, les «deux» groupes de jeunes sont parvenus à un consensus pour des élections apaisées. Elles ont promis de ne plus s’affronter et la «jeunesse de l’UDPS» aurait promis de recevoir celle du PPRD à son siège, pour qu’elle dépose son mémorandum.

DES MINERAIS DE SANG

Que Washington délègue une aussi importante personnalité, ce n’est pas pour faire des choses à moitié. En plus du fait que les Etats-Unis disposent en Afrique d’une importante structure de sécurité, AFRICOM, Mme Maria Otero, chargée de la «démocratie» et des «relations internationales» est bien informée sur ce qui passe dans la sous-région des Grands Lacs africains. Elle sait, disons, le gouvernement américain sait pertinemment bien que la cause principale de l’insécurité en RDC est la vente illicite de «minerais de sang».

Pour ne pas faire des choses superficiellement, elle est venue avec des propositions concrètes. C’est-à-dire, contrôler effectivement la production et la vente de minerais de la RDC. Elle a annoncé séance tenante, la création de PPA, « Public-Private Alliance ». Alliance Public-Privé pour «le commerce responsable des minerais». Le but visé est de neutraliser les réseaux clandestins de la commercialisation des «minerais de sang», ce qui porterait un coup dur aux groupes armés et autres milices ainsi qu’aux Etats parias qui profitent largement de la vente illégale de ces minerais. Ensuite, soutenir aussi l’initiative de la «Certification des ressources naturelles», à l’exemple du processus de Kimberley avec le diamant.

La PPA contredit, dans une certaine mesure, les affirmations du ministre des Mines Martin Kabwebulu qui affirmait dernièrement que les «minerais de sang» n’existaient plus. Le ministre n’a jamais dévoilé la stratégie du gouvernement pour mettre fin à l’existence de ce commerce illégal ou encore le gain tiré par le gouvernement depuis que les «minerais de sang» n’existent plus. Mais à voir comment les forces négatives ont repris du poil de la bête dans les deux Kivu, il y a de quoi parier que le ministre des Mines a tenu des propos démagogiques pour des intérêts inavoués.

De ce qui précède, et à dire vrai, les élections 2011 sont maintenant à la croisée des chemins avec cette attention soutenue des partenaires extérieurs. Et ce avant la dernière ligne droite par le début de la campagne électorale. Dans exactement 20 jours.


Kinshasa, 8/10/2011 (LP / MCN, via mediacongo.net)
 

Les commentaires sont fermés.