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14/10/2011

CONGO/KINSHASA : ETIENNE TSHISEKEDI AURAIT-IL PU RENCONTRER LE MARECHAL MOBUTU SESE SEKO SANS COURIR LE RISQUE D’ÊTRE ACCUSE DE COLLABO MOBUTISTE VOIRE DE TRAÎTRE ?

ETIENNE TSHISEKEDI AURAIT-IL PU RENCONTRER LE MARECHAL MOBUTU SESE SEKO SANS COURIR LE RISQUE D’ÊTRE ACCUSE DE COLLABO MOBUTISTE VOIRE DE TRAÎTRE ?

Pour moi, la réponse a toujours été négative. Car, en effet, je pensais que Tshisekedi ne pouvait jamais parler avec Mobutu sans empocher des sommes d’argent importantes, et que cela se passait surtout la nuit du coffre de la voiture envoyée par le Maréchal Mobutu jusqu’à l’une de ses résidences de Gbadolite, de Kinshasa, ou de je ne sais encore où. Mais, il a fallu cependant attendre un sérieux revers d’ordre divin dans ma vie, le décès de ma vénérée maman, pour que quelqu’un me convainque du contraire. Or, ce quelqu’un n’était autre que Tatu JPF Ndaye psychologue de l’Université Catholique de Louvain, et comme chaque congolais qui se respecte analyste politicien au gré de vague.

Ce monsieur qui s’est toujours refusé à se prendre au sérieux tant ses qualités d’orateur dissuasif/passif suscite admiration, conviction, et compétence, m’a expliqué simplement devant d’autres témoins comment une distance sur cette question-là nous séparait beaucoup de l’homme blanc.

Il mit, pour ce faire sur la table, l’intérêt national au nom duquel l’homme blanc de l’opposition et du pouvoir s’y rassemble pour protéger son dû. Ainsi, m’a-t-il expliqué, comment ici en Occident lorsqu’il s’agissait de l’intérêt de la Belgique, par exemple, les hommes politiques se parlaient, discutaient ne-fût-ce que pour sauver les apparences, une mise nationale fût-elle et où qu’elle s’y trouve. Ils reviendront plus tard se critiquer.

Qu’aurait-il été, a-t-il interrogé, sur la crise institutionnelle, communautaire entre Flamands et Wallons en Belgique si l’intérêt national n’était pas vu comme quelque chose où il n’y devrait y avoir ni un vainqueur d’un côté, et ni un perdant de l’autre côté ? Ne s’y seraient-ils pas entretués comme les Africains savent bien le faire les uns contre les autres ? Je n’y ai fait qu’y acquiescer tellement l’argumentation me semblait trop évidente. Au point de me dire, alors que je n’aurais dû jamais attendre le deuil de ma maman pour m’en convaincre hélas effectivement, que Tshisekedi pouvait y aller rencontrer Mobutu et n’importe quel responsable politique du pouvoir ou non, au nom de l’intérêt national, sans qu’il n’ait été accusé de quoi que ce soit. Mais, le tout en m’interrogeant sur quelle est cette propension y consistant dans la suspicion qu’on observait à l’encontre de tout acteur politique ouvert au dialogue ?

Mais JPF ne s’était pas arrêté uniquement là. Il a, en effet, imputé cela à une forme de manque de civilisation  de l’homme noir et du congolais plus particulièrement voire, ajoutai-je en accord total avec son jugement, d’absence de modernisation conceptuelle de la politique. Car entre le pouvoir et l’opposition chez l’homme noir, c’est comme entre le diable et l’ange. Autrement dit aucune discussion n’est possible. C’est la guerre. Tout celui qu’on verrait d’un camp comme d’un autre camp en train de tailler bavette courait le risque de mettre sa vie en danger. Car chez les politiques noirs on n’est pas frères, mais au contraire des ennemis.

Pour étayer encore son argumentation, que j’ai beaucoup appréciée, monsieur Ndaye m’a demandé d’observer avec lui ce qui se passe en Afrique et chez nous au Congo/Kinshasa lorsque deux équipes de football renommées se disputaient un trophée. Et, plus particulièrement comment, en cas d’une défaite, un joueur qui s’était amusé à boire dans la même bouteille d’eau que le joueur adverse était passé à tabac tel un tambour. Alors qu’en Occident, il ne s’y passait rien du tout à l’encontre d’un joueur marseillais qui était allé boire dans la bouteille d’eau parisienne. Pour Tatu Ndaye, donc, c’est la preuve supplémentaire que quelque chose n’avance pas dans la mentalité noire et congolaise en particulier. C’était comme si, ajoutai-je, on en était réduit, comme disait Hegel dans sa « Raison dans l’histoire », au fétiche qui marquerait des buts à la place des joueurs et patati patata.

Ainsi, si il faut revenir au plan de la politique politicienne, la zizanie ne change que de forme même si également la croyance aux fétiches y faisait rage. Car, on y allait souvent consulter des Marabouts ci et là pour avoir plus de chance d’y figurer dans le nouveau gouvernement. Pas pour le travail fait ou à faire, mais pour comme ça vu que c’est le secteur du pays qui payait très bien ses employés.

C’est ce que Tatu Fidèle appelle le sous-développement mental de l’homme noir et plus précisément de l’homme congolais. C’est-à-dire, tentai-je d’y suivre, l’incapacité qu’a un noir en tant que noir d’y conceptualiser l’abstrait, l’immatériel, mieux, le sacrifice. Celui qui a poussé les Lumumba à abandonner leurs enfants à 1 mois, deux ans, cinq ans. Ce disant, se sacrifier pour son pays, ce n’est ni haïr son adversaire, ni s’enrichir insolemment sur ou contre le dos du peuple, mais au contraire avoir une vision. Et la vision reste quelque chose d’immatériel tant que l’objectif de la lutte n’était pas encore atteint. Chez beaucoup de congolais, ai-je constaté sous l’impulsion de Tatu Ndaye, cet esprit de sacrifice était inexistant. Par contre, ils sont le seul peuple de la planète à penser, à croire encore à la manne du ciel : « Nzambe akosala » (Dieu viendra faire à sa place ») ; il viendra construire des maisons, des ponts, des chaussées, des routes, des autoroutes, des hopitaux, des universités, des écoles … Parce que Dieu n’avait que lui au monde, et qu’il l’aimait plus que les autres peuples. Et pour cause qu’il s’agisse des prêtres, des laïcs chacun voyant midi devant sa porte, on se dit que l’enfer c’était les autres, qu’il était temps de se sauver seul, et de préférence sans ses concitoyens. Lorsqu’un Noir s’enrichissait, il ne s’est jamais demandé de ce qu’il adviendra demain de sa richesse ? La donnera-il à sa famille ? à la nation ? à l’Etat ? aux ONG ? aux pauvres ? Non. Car demain ce n’était pas son affaire, mais celle des autres. Comment le futur le préoccuperait-il aussi longtemps qu’il était encore en vie ? Seul compte le temps présent. Autrement dit ce qu’il voit défiler devant son nez. Conséquence, il n’était hanté dans l’entre-temps que par une seule idée comment se viderait-il de sa richesse tant qu’il y est, dont plus de la moitié dans les culs des femmes, la bière, la musique et compagnies ?

Pour clore, cette réflexion de Tatu Fidèle m’a permis – même si encore une fois cela allait de soi, il suffit, une fois au moins d’être de bonne foi – de constater combien on a beau être docteur en machin et ceci cela, licencié, master de je ne sais quelle Sorbonne, habilité de philosophie de Poitiers, un Noir restait toujours un Noir. C’est-à-dire un individu qui reste perpétuellement courtisé par les démons de l’égoïsme, de la zizanie, de la division, du tribalisme, du clanisme, du népotisme, de régionalisme, de charlantisme … De telle sorte qu’il n’était nullement faux qand mon idole Johnny Hallyday chantât « Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir ».

C’est pourquoi, et comme je lui ai promis de reconnaître mon erreur et mon peu d’ouverture d’esprit sur cet aspect du problème qu’il souleva avec beaucoup de mérite, je manifeste mes regrets d’y avoir égratigné de méprise l’amnésique de la 12ème rue de Limete de Kinshasa, monsieur Etienne Tshisekedi wa Mulumba pour ne point le nommer, candidat perdant à l’élection présidentielle du 28/11/2011, si elles ont lieu, évidemment.

Chose promise, chose faite, donc. Car, je n’ai, Moi, qu’une parole, celle d’homme.

 

Antoine-Dover Osongo-Lukadi

Commentaires

kabila est rwandais, il doit partir. Ou est le 32000000 de dollars de la snel.

Écrit par : alda | 16/10/2011

kabila est rwandais, il doit partir. Ou est le 32000000 de dollars de la snel.

Écrit par : alda | 16/10/2011

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