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08/11/2011

CONGO/KINSHASA : J'ECRIRAI UNE LETTRE AU NOUVEAU PRESIDENT JOSEPH KABILA KABANGE POUR NEUTRALISER POLITIQUEMENT LE RACISTE KYUNGU WA KUMUAZA PRODUIT FINI DE MOBUTU QUI L'A UTILISE CONTRE LES BALUBA PRINCIPALEMENT LORS DE L'EPURATIONN ETHNIQUE DE 1990

Elections au Katanga : Chasse à la sorcière, Kyungu contre des candidats non-originaires
(L'Avenir Quotidien 07/11/2011)


* Les élections qui auront lieu dans une vingtaine de jours seulement tendent vers une véritable chasse à la sorcière dans la province du Katanga. * Alors que Moïse Katumbi, gouverneur de province rassure quant à la tenue des élections apaisées, Kyungu wa Kumwanza, président de l’Assemblée provinciale du Katanga, doublé de celui de l’Unafec ne veut pas y entendre parler des candidats non originaires. * Si la hache de guerre entre Kasaïens et Katangais est déterrée, la Céni aura du pain sur la planche dans cette partie de la République ; à moins que le CSAC prenne à temps toutes ses responsabilités.

La notion de la nation congolaise est sérieusement menacée dans la province cuprifère, plus particulièrement en cette période de campagne électorale. Dans sa dernière sortie médiatique, sur une chaîne étrangère de surcroît, l’actuel président de l’Assemblée provinciale de cette région sud-ouest de la République, Gabriel Kyungu wa Kumwanza annonce sa volonté de ne voir que des candidats originaires aller aux élections et les gagner. Cela fait suite à des heurts enregistrés à Lubumbashi le samedi 5 novembre, entre les partisans de l’Udps, Union pour la démocratie et le progrès social d’Etienne Tshisekedi et ceux de l’Unafec, Union des nationalistes et des fédéralistes congolais du redoutable Gabriel Kyungu, faisant plusieurs blessés dans les rangs de l’opposition.

Une attitude contre la majorité

Mais ce que le détracteur des non-originaires semble ignorer, c’est que tout originaire du Katanga n’est pas nécessairement membre de l’opposition et vice-versa, tout Katangais n’est pas forcément de la majorité. S’en prendre à un candidat pour la simple raison qu’il est porteur d’un nom autre que celui réputé appartenir à son peuple, c’est une attitude contre la MP engagée résolument derrière Joseph Kabila dans cette Présidentielle 2011 ; une présidentielle où l’Unafec avait récemment réitéré son soutien au président sortant. Il se pourrait donc que de bonne foi Gabriel Kyungu dise une chose et son contraire. L’une des recommandations que l’Unafec avait prise au cours de son congrès national de trois jours, clôturé lundi 2 août dernier à Likasi, au Katanga, était de soutenir la candidature de Joseph Kabila à la magistrature suprême.

L’occasion faisant le larron, bien d’autres candidats députés de son état-major ont été présentés afin de se conforter en même temps d’une majorité parlementaire à la prochaine législature. Curieusement, le président Kyungu avait plaidé pour l’harmonie entre toutes les communautés vivant au Katanga pour des élections apaisées. Plusieurs membres de l’Unafec venus de toutes les provinces en sont témoins, comme pour dire que le parti est certes, national.

Unafec – Udps : éternels chiens de faïence ?

L’opposition ne cesse d’accuser le président Kyungu d’incitation à la haine. Sans remonter jusqu’au déluge, l’UDPS avait dernièrement accusé l’Unafec d’avoir attaqué son siège au Katanga. L’Assadho s’en était mêlée pour dénoncer cette intolérance politique. Cela, étant donné que la démocratie diffère bien de la xénophobie et de l’intimidation. A l’en croire, le parti cher à Kyungu wa Kumwanza prônerait ainsi le fédéralisme tribaliste, régionaliste, voire sécessionniste. Ce feuilleton a été relancé le lundi 1er août dernier avec les incidents entre les membres de deux formations politiques, alors que le lider maximo était en tournée au Katanga, en provenance de l’Afrique du Sud après l’Europe, les États Unis d’ Amérique et le Canada. Le président de l’Unafec avait déclaré que le Président de l’UDPS ne foulera pas ses pieds au Katanga pour sa campagne électorale, car cette province est acquise au Président sortant Joseph Kabila. C’était lors d’un meeting. Kyungu et Tshisekedi se regardent comme deux chiens de faïence depuis 1992-1993, après l’élection de Tshisekedi, à la CNS, en qualité de premier ministre le 15 août 1992. Mais, pour combien de temps cela va-t-il perdurer ?

Katumbi invite au calme et à l’unité

Toujours sur les antennes de cette même radio, Moïse Katumbi ne voit aucun mal qu’il n’y ait qu’environ que 32 % des candidats originaires du Katanga aux prochaines législatives. Il en est de même avec des banderoles et autres supports affichés en langues autres que le swahili. Egal à lui-même, le gouverneur de la province cuprifère avait réagi presque pareillement lorsque, aux propos du Président de l’Assemblée provinciale. Toujours lors du retour de Tshisekedi de son congé en Europe, il y a quelques mois, M. Katumbi, répondant à une question des journalistes, avait dit que M. Tshisekedi étant Congolais, il peut aller où il veut. En homme politique averti, le gouverneur avait demandé à ses administrés d’être calmes et aux membres de l’UDPS d’aller accueillir leur chef en toute quiétude. Ce qui fut fait. Des commentaires avaient plu dans tous les sens, mettant Moïse Katumbi sur un plateau douteux tiré vers l’opposition.

Quoi qu’il en soit, dans cette campagne électorale qui frise la belligérance, Moïse Katumbi appelle l’UDPS et l’Unafec à la tolérance. "Tout le monde est libre de battre campagne à n’importe quel endroit de la ville pourvu que le calme règne’’, a-t-il réagi sur radiookapi, après des affrontements survenus vendredi 4 et samedi 5 novembre entre les militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d’Etienne Tshisekedi et ceux de l’Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec) de Gabriel Kyungu wa Kumwanza, à Lubumbashi. Moïse Katumbi a donc appelé les partisans de deux partis à la tolérance tout en demandant aux responsables de ces deux formations politiques de sensibiliser leurs partisans pour éviter des soulèvements pendant la campagne électorale en cours.

« En politique, ce qui est essentiel, c’est l’unité du pays. C’est normal de voir les gens en colère mais il faut trouver un compromis », a – t – il sagement renchéri. Tout en remerciant les militants de l’UDPS de l’avoir « écouté », le gouverneur promet de rencontrer aussi ceux de l’Unafec pour avoir des élections libres. Qui a dit qu’il n’y a jamais rien eu sous l’angle xénophobe entre les Baluba du Kasaï et les Katangais ? A moins de ne pas savoir assez du passé aussi bien proche que lointain, ces deux peuples qui sont pourtant liés et indivisibles sont exposés, à chaque étape de l’histoire, à des tractations sur fond de haine tribaliste de la part de ceux qui devaient pourtant les unir davantage. Mais c’est une affaire de tireurs de ficelles traditionnels. Pour rappel, les militants de l’Unafec avaient attaqué, samedi 5 novembre, la caravane de l’Udps qui passait devant leur siège. La veille, ils s’étaient encore affrontés, lors du lancement de la campagne de l’Unafec, avec des couteaux, machettes et gourdins.

CSAC face à ses responsabilités

La directive du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication est pourtant claire pour que le scrutin prochain soit le plus apaisé possible. Sinon, si pour une cause, une autorité politico – administrative s’aligne derrière un candidat de son choix, ce n’est que démocratique. Si la situation ci-décriée au Katanga s’étendait sur toute la République, que serait Kinshasa la capitale où toutes les tribus sont représentées si les Tekes - Humbus fermaient les portes à d’autres peuples ? Sans nul doute, même les candidats Unafec et autres originaires de la province cuprifère en auraient beaucoup de peine ; la Rdc serait visiblement divisée. D’autre part, si certaines autorités politico administratives voient le nom pour déduire que tel est de telle province, la République n’est certes pas encore une.

Le Congo n’est pas encore une nation, et l’on ne parlerait pas d’un peuple congolais. Mais, dans sa diversité culturelle et linguistique, des noms bien réputés pourtant comme Patrick Muyaya, Alexis Thambwe Mwamba, Jacques Muluba, Max Kayembe, César Lubamba, François Lubila,…se retrouvent aussi bien dans le Bandundu, le Katanga, le Kasaï, le Maniema et le Bas-Congo,… L’interpénétration a fait qu’aujourd’hui la race pure soit rare : les anthropologues et les sociologues approuvent cela pour chaque génération. D’aucuns avaient vu en Pie Tshibanda un extrémiste à la recherche du mieux-être lorsqu’il a parlé d’ « Un fou noir au pays des blancs » ; et c’est comme si plusieurs années plus tard, l’histoire lui donne raison ; les renards étant sortis de leur tanières pour engager une lutte sans merci au grand jour.

Les deux Kasaï et le Katanga sont liées par l’histoire et par le destin. Mais lorsque l’unité nationale est menacée, il y a péril en demeure et le CSAC seul devrait lire la loi et l’appliquer en cette période connue agitée.

La Céni prône dans toutes les langues

La Commission électorale nationale indépendante, Céni a affiché des banderoles de sensibilisation dans toutes les langues. Il est curieux que le Katanga en veuille le contraire. Cette région du pays, au regard de ses richesses incommensurables regorge quasiment toutes les tribus de la Rdc, dont majoritairement ses plus proches kasaïens. Ce ne sont pas seuls les Katangais qui ont fait du Katanga ce qu’il est devenu. C’est un secret de polychinelle. Et pour parler des autres non originaires, le président Kyungu a, il y a peu, présenté à la presse son directeur de cabinet qui, du reste, est de la province de l’Equateur. La question que l’on serait en droit de se poser à cet effet est celle de savoir où postulerait cet « étranger » Directeur de cabinet si jamais il avait des ambitions ?

La Belgique, pour avoir privilégié les Communautés Flamands – Wallons n’échappe pas aux moqueries de ses détracteurs et a même de la peine à se mettre d’accord autour d’un Premier ministre, depuis plus d’une année. Connaissant que c’est dans les livres saints que bien des politiciens puisent de la sagesse, il sied de clore avec une interpellation de Jésus dans Mattieu 12 : 25 : ‘’ Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne peut subsister ». La nation congolaise échapperait – elle à cette leçon ?

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