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07/01/2012

CÔTE D'IVOIRE : ENFIN LA VERITE SUR LA DISPARITION DU JOURNALISTE ANDRE KIEFFER ? LA VERITE TRIOMPHE TOUJOURS N'EST-CE PAS ?

07/01/2012 à 10h:30 Par AFP
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Guy André Kieffer enquêtait sur la filière café-cacao lorsqu'il a disparu, en 2004.Guy André Kieffer enquêtait sur la filière café-cacao lorsqu'il a disparu, en 2004. © D.R.

Un squelette a été découvert vendredi dans un village de l'ouest de la Côte d'Ivoire qui pourrait être celui du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, disparu en avril 2004 à Abidjan, a-t-on appris de source proche du dossier.

Un squelette a été découvert vendredi dans un village de l'ouest de la Côte d'Ivoire qui pourrait être celui du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, disparu en avril 2004 à Abidjan, a-t-on appris de source proche du dossier.

"Un squelette a été découvert vendredi dans la région d'Issia (environ 360 km à l'ouest d'Abidjan), en présence du juge français Patrick Ramaël. Les éléments d'enquête donnent à penser qu'il pourrait s'agir du corps de Guy-André Kieffer", a indiqué à l'AFP cette source, sans préciser le nom du village où il a été trouvé. "Des prélèvements ont été effectués en vue d'analyses ADN", a-t-on ajouté.

Les tests ADN vont être faits "le plus rapidement possible", a déclaré à l'AFP Me Alexis Gublin, avocat de Bernard Kieffer, frère de Guy-André, confirmant une information de la chaîne française France 3. Ces analyses pourraient être réalisées par un laboratoire spécialisé français en moins de 24 heures dès réception des prélèvements recueillis sur le squelette, selon une autre source proche du dossier à Paris.

Arrivé le 2 janvier à Abidjan, le juge Ramaël "a entrepris des fouilles ce matin sur la foi d'informations qu'il a obtenues voilà quelque temps. Il a trouvé un corps à l'endroit exact où l'informateur l'avait indiqué. Il se pourrait au vu de ces informations que ce soit le corps de mon frère", a indiqué Bernard Kieffer sur France 3. "Il semblerait que la personne qui a informé le juge a vu le corps au moment où il a été enterré à cet endroit-là. C'était un Blanc, il ne savait pas qui c'était. Mais il l'a reconnu quelques jours après, quand il a vu les photos de mon frère dans la presse", a-t-il raconté.

Le journaliste indépendant avait disparu le 16 avril 2004 sur un parking de la capitale économique ivoirienne alors qu'il avait rendez-vous avec Michel Legré, beau-frère de Simone Gbagbo, l'épouse de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo. Guy-André Kieffer enquêtait sur des malversations, notamment dans la filière cacao, dont le pays est premier producteur mondial.

Des proches de Gbagbo visés par l'enquête

L'enquête menée en France s'est orientée vers des cercles proches du pouvoir de Laurent Gbagbo, arrêté le 11 avril 2011 après une crise postélectorale de quatre mois, qui a fait quelque 3.000 morts. Le squelette a été découvert "près d'un cours d'eau, il était enterré sous la pile d'un pont", a affirmé Bernard Kieffer à l'AFP.

Sous le régime déchu, "le juge n'avait pu aller vérifier le témoignage (sur l'emplacement du squelette) car c'était en pleine zone contrôlée par le camp Gbagbo", dans une région comptant de nombreux partisans de l'ex-chef d'Etat, notamment de son ethnie bété, a-t-il ajouté.

"Pour le moment, on attend... Si c'est lui, ce serait un soulagement de pouvoir commencer à pouvoir faire un deuil. Pour la suite, il faudra savoir qui est derrière (cet assassinat)", a dit à l'AFP Me Chantal Hounkpattin, avocate d'Osange Silou Kieffer, l'épouse du journaliste et mère de leurs deux enfants.

Le juge Ramaël avait entendu en avril 2009 à Abidjan Simone Gbagbo et l'ex-ministre de l'Economie Paul-Antoine Bohoun Bouabré. Ils avaient réfuté tout lien avec cette affaire. Le dernier déplacement du magistrat français en Côte d'Ivoire remonte à novembre 2011. Il avait alors entendu une quinzaine d'ex-membres de la sécurité de M. Gbagbo dans le cadre de ses enquêtes sur l'affaire Kieffer et le rapt de Xavier Ghelber, un avocat parisien en mission d'audit sur la filière cacao pour le compte de l'Union européenne, brièvement enlevé par des hommes en armes le 7 novembre 2004 à l'hôtel Ivoire d'Abidjan.

Tous deux en détention, Patrice Baï, ancien chef de la sécurité rapprochée de M. Gbagbo, et le commandant Anselme Séka Yapo, qui assumait la même fonction auprès de Mme Gbagbo, avaient été auditionnés.

Soupçonné d'avoir dirigé le commando responsable de la disparition du journaliste, le capitaine Jean-Tony Oulaï a été arrêté fin décembre 2011 par des militaires ivoiriens à Abidjan. Il avait été libéré en avril 2010 après deux ans et demi de détention provisoire en France, et avait ensuite regagné la Côte d'Ivoire.



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Côte d'Ivoire : dix ans après, la police est de retour dans les rues de Bouaké

06/01/2012 à 11h:27 Par André Silver Konan, envoyé spécial
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Une rue de Bouaké le 29 novembre 2010.Une rue de Bouaké le 29 novembre 2010. © AFP

Absente depuis 2002 des rues de Bouake, la police ivoirienne est de retour. Un événement qui doit favoriser la réunification du pays. Reportage.

Il est 9 heures du matin, ce 29 décembre. Au rond point de la pharmacie du Commerce en plein centre ville de Bouaké, un policier ivoirien des ex-Forces de défense et de sécurité (FDS, présentées comme pro-Gbagbo), casquette vissée sur la tête, treillis noir taillé sur mesure et galon propre à l’épaule, règle fermement la circulation, sifflet à la bouche. La scène paraîtrait banale dans n’importe quelle ville du sud de la Côte d’Ivoire, restée en zone gouvernementale lors du conflit militaro-politique.

À Bouaké, ancien quartier général de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), les enfants de dix ans n’avaient jamais vu de « vrai policier », comme on dit dans cette ville. Leur seule présence dans les rues relève donc de l’événement. Depuis septembre 2002, aucun policier n’avait remis les pieds à Bouaké et dans les villes de l’ex-zone Centre-Nord-Ouest (CNO, contrôlée par l’ex-rébellion), sauf à certaines occasions comme lors du lancement de la « Flamme de la paix » censée marquer la fin du conflit, après la signature de l’accord politique de Ouagadougou, en 2007.

Symbole de réunification

Le retour des policiers à Bouaké, et dans les villes du nord en général, est le symbole achevé de la réunification du pays, le processus final du retour de l’administration publique dans les ex-zones de la rébellion. Les policiers, gendarmes, militaires, douaniers, agents des eaux et forêts redéployés dans les villes du nord, sont arrivés pour la plupart à la veille des législatives du 11 décembre.

La plupart d’entre eux ont été affectés par leurs supérieurs hiérarchiques (issus des ex-Forces armées des Forces nouvelles ou des ex-FDS), tous présents à leur poste pour participer à la sécurisation des élections. « Cela s’est bien passé, j’avais un peu peur au début, mais je commence à me sentir à l’aise. Ce n’est pas ce que je croyais », témoigne un sergent chef, ex-membre de la très gbagboiste Brigade anti-émeute (BAE) de Yopougon.

Il est entré dans la police en 2001. Son entrée au sein du corps de la police a été facilitée par le premier ministre de l’Intérieur de Laurent Gbagbo, Me Emile Boga Doudou, tué par les ex-rebelles lors de la prise ratée d’Abidjan, le 19 septembre 2002. Pendant longtemps, ce policier issu de l’ethnie dida, cousine des Bétés de Laurent Gbagbo, a bu sans ménagement les phrases assassines de Charles Blé Goudé, lors de ses messes patriotiques à Abidjan, et s’était mis dans la tête que le nord, c’était l’enfer, et ses rebelles des « buveurs de sang, des éventreurs de femmes enceintes ».

Mauvaise réputation

En général, la population dioula (ethnie d’Alassane Ouattara) de Bouaké, longtemps hostile aux ex-FDS (du fait aussi d’une campagne de propagande rondement menée par les FN) apprécie la présence de « vrais policiers » dans les rues de Bouaké. Dans l’ex-capitale de la rébellion, les soldats des ex-FAFN et certains de leurs comzones n’ont pas bonne réputation. C’est l’ironie de l’histoire : en termes de racket des civils, d’impunité et de violations des droits humains, ces derniers ont parfois fait bien pire que les ex-FDS dont les exactions les avaient poussés, entre autres choses et selon eux, à prendre les armes.

« J’ai été très contente de voir à nouveau les policiers, indique Fanta, une commerçante de poisson au marché nouvellement rasé par les services d’Anne Désirée Ouloto, ministre de la Salubrité urbaine. Ils me rassurent. Je souhaite qu’ils aient les moyens d’assurer notre sécurité ». Des moyens ?

C’est bien le talon d’Achille des agents des forces de l’ordre et de sécurité, nouvellement affectés dans le nord du pays. La plupart d’entre eux sont sans armes, travaillent dans des commissariats délabrés et manquent de logements décents. « Ce n’est pas trop grave. Cela va s’arranger », répond avec optimisme le sergent-chef jadis pro-Gbagbo. Une page est vraiment tournée en Côte d’Ivoire.



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