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23/01/2012

CONGO/KINSHASA : SORTIR DU SILENCE POUR DIRE QUOI ? JOSEPH KABILA KABANGE SE DIT LAISSER LA PAROLE AUX DEUX RENEGATS QUE SONT TSHISEKEDI ET MONSENGWO SE PRENDRE POUR CE QU'ILS NE SONT PAS EH BIEN ILS VEULENT LE POUVOIR ALORS QU'ILS AILLENT LE PRENDRE

Face à des rumeurs persistantes : J. Kabila doit rompre le silence
(Le Potentiel 23/01/2012) 


La radio trottoir tourne à plein rendement. Face au silence du président de la République depuis un bon moment, des rumeurs des plus invraisemblables font le tour du pays autour de sa personnalité. Pour couper court à toutes ces rumeurs, et en sa qualité de président de la République démocratique du Congo, il lui revient maintenant de rompre le silence. Souhait populaire oblige.

Voilà un mois et trois jours depuis que le président de la République, Joseph Kabila Kabange, réélu à sa propre succession, a prêté le serment constitutionnel au Mont Ngaliema. Mais depuis, le peuple congolais n’a plus de ses nouvelles ni de ses activités. La population s’attendait à le voir lors des festivités marquant le onzième anniversaire de la mort de son père-prédécesseur, Laurent-Désiré Kabila, sans oublier celui de Patrice–Emery Lumumba, ces deux héros nationaux, comme il a coutume d’honorer de sa présence ces deux cérémonies. C’est en vain qu’on a cherché à le voir. Le président de la République s’est fait représenter par le professeur Evariste Boshab, président de l’Assemblée nationale. Juste ce qu’il fallait pour entretenir des rumeurs de tous ordres que relaie facilement la radio trottoir. 

Il est vrai que le chef de l’Etat a eu un emploi de temps trop chargé, surtout durant cette laborieuse campagne électorale. Il est le seul de tous les candidats à l’élection présidentielle à avoir quadrillé le pays, d’Est en Ouest, du Nord au Sud, apportant un message d’espoir en vue de sa réélection. Il a donc parcouru tout le pays, parfois dans des conditions climatiques peu clémentes, en avion comme en véhicule, sans oublier de longs trajets à pieds pour communier d’esprit avec le peuple congolais. 

En tant qu’être humain, il mérite bien un repos, le «repos du guerrier», dirait-on pour se reconstituer, se refaire des forces afin de continuer sa lourde tâche. Sur ce point, ce silence trouve là une réponse plausible. 

Autre explication valable, c’est qu’à l’instar de tout le monde, le président de la République met ce temps à profit pour attendre les résultats des législatives afin d’avoir une idée exacte de la future configuration du paysage politique. Particulièrement, au sein de l’Assemblée nationale. Ce qui lui permettrait de disposer d’arguments pour faire une rentrée politique consistante. 

LA PSYCHOSE DU VIDE

Mais hélas. Le président de la République ne s’appartient plus. Il est au service du peuple congolais. Aussi, ce long silence d’un mois a créé une «psychose d’un vide» et entretenu des rumeurs de tous ordres. L’on a eu l’impression que quelque chose manquait et que l’on avait besoin d’entendre une «voix», la sienne, face à l’évolution de la situation dans différents secteurs de la vie nationale. 

C’est le cas notamment de l’application de la Taxe sur la valeur ajoutée, TVA. Taxe qui a plongé, jusqu’ici, la population dans le désarroi. On a senti le gouvernement désemparé, multipliant réunions extraordinaire et spéciale, alors que cette décision a été prise par le gouvernement. Subitement, tout se passe comme si cette décision n’a pas été mûrement et longuement réfléchie. 

Ajouter à cela la complexe situation qui prévaut à la CENI, avec ces reports en cascade de la publication des résultats des législatives 2011. Autant la classe politique est embarrassée, autant la population est inquiète et désorientée. 

Comme si cela ne suffisait, des rumeurs se sont amplifiées, accentuant ainsi cette «psychose du vide». Une situation qui ne peut perdurer tant elle permet aux oiseaux de mauvais augure de s’adonner à leur jeu favori de «faiseurs des rumeurs». Il est temps que le président de la République rompe le silence. Telle est la volonté populaire. 


Par Le Potentiel

 

© Copyright Le Potentiel

La classe politique congolaise paraît toujours déboussolée parce que sans repères !
(Digitalcongo.net 23/01/2012) 


La République démocratique du Congo navigue à vue, visiblement sans repères. Le gouvernement, réputé « démissionnaire » depuis le 20 décembre 2011, ne se réunit pratiquement plus. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’est pas en mesure de publier les résultats provisoires des législatives à la date de son propre calendrier (13 janvier 2012). Les candidats à la députation nationale, toutes tendances confondues, crient à la « fraude massive » et à la « manipulation » des résultats. Déboussolée, la classe politique congolaise donne à penser qu’elle ne maîtrise rien. Sans idée exacte de véritables enjeux d’un pays pourtant promis à un bel avenir.

La République démocratique du Congo navigue à vue, visiblement sans repères. Le gouvernement, réputé «démissionnaire» depuis le 20 décembre 2011, ne se réunit pratiquement plus. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’est pas en mesure de publier les résultats provisoires des législatives à la date de son propre calendrier (13 janvier 2012). Les candidats à la députation nationale, toutes tendances confondues, crient à la « fraude massive » et à la «manipulation» des résultats. Déboussolée, la classe politique congolaise donne à penser qu’elle ne maîtrise rien. Sans idée exacte de véritables enjeux d’un pays pourtant promis à un bel avenir.

Avant même leur publication officielle programmée dans le calendrier pour « le 13 janvier 2012 », les résultats provisoires des élections législatives du 28 novembre 2011 sont l’objet de nombreux contentieux sur l’ensemble du territoire national. Un communiqué de la CENI, justifiant le report « de 7 jours pour les circonscriptions des provinces et de 14 jours pour la ville de Kinshasa » à cause de la « suspension (à partir du 21 décembre, ndlr) de l’opération de compilation des résultats pendant deux semaines à Kinshasa », a plus envenimé la situation qu’il n’a aidé à assainir le climat de suspicion. 

«La publication des résultats provisoires des élections législatives n’interviendra qu’après la vérification ou le recomptage des résultats dans les circonscriptions concernées par des cas de contestations et de réclamation», a expliqué un membre du Bureau de la CENI.

Annoncée ensuite pour le 18 janvier 2012, la publication des résultats de dix provinces (449 députés) - où «plus de 80%» de ces résultats sont officiellement compilés à l’exception de Kinshasa (51 élus)- a été reportée sine die le même jour. L’absence dans la capitale des «missions envoyées en provinces», chargées de superviser la compilation des résultats, en est la nouvelle justification.

Distraction lourde de conséquences

A l’analyse de la situation politique qui prévaut en RDC, on note une distraction lourde de conséquences dans le chef des leaders politiques congolais. C’est à croire qu’ils ne maîtrisent pas les aspirations du peuple, notamment la paix, la sécurité, la liberté, le bien-être social et la renaissance de la nation. Ils donnent la terrible impression de n’avoir pas encore appréhendé la volonté et la farouche détermination des Congolais à «relever» et «panser» les plaies de leur pays «pour un rebond vers des jours meilleurs».

Il y a quelques mois, un diplomate occidental déclarait que «la situation que traverse aujourd’hui la RDC n’est pas une fatalité», indiquant que son pays «veut faire voir au peuple congolais qu’il n’a pas perdu tous les repères». Il fondait sa conviction sur le fait qu’«il y a des gens d’exception que la RDC devait prendre comme référence dans cette voie difficile de développement».

L’élite, la RDC n’en manque pas. Ils sont légion les Congolais formés dans les meilleures universités et les académies les plus prestigieuses du monde. Partout où ils œuvrent, sauf en RDC, ils brillent par leur expertise saluée par les pays qu’ils utilisent. Un savant américain, d’origine congolaise, a même travaillé à la NASA !

Mais, dès que ces brillants cerveaux rentrent au pays, c’est comme si un virus «made in RDC» leur est inoculé pour mieux les «intégrer» dans les anti-valeurs devenues des vertus au Congo-Kinshasa. Ils sont partagés entre la «morale» et «l’immoral». Méprisant la «justice» et la «vérité» pour s’accommoder au «fait accompli», sans effort remarquable en vue d’apprécier la «forme» et le «fond».

Sinon, comment expliquer que de brillants professeurs d’université et des intellectuels bien formés, évoluant dans les institutions de la République, viennent à oublier l’essentiel pour la RDC et le peuple congolais.

Vendredi, le président de la République totalise 30 jours depuis sa prestation de serment au Mont-Ngaliema. Et n’eût été l’amateurisme de la CENI, il aurait déjà une certaine idée de la configuration politique de la prochaine Assemblée nationale pour la désignation d’un formateur du gouvernement issu de la majorité parlementaire.

L’année ayant démarré sans loi des finances, la confirmation des résultats provisoires par la Cour suprême de justice et la mise en place du bureau de l’Assemblée nationale «dans le délai du calendrier électoral» auraient contribué à l’investiture de l’Exécutif. Celui-ci, compte tenu des urgences, aurait apprêté et déposé son projet de budget pour l’exercice 2012.

Or, que constate-t-on ? Les jours passent et se ressemblent. Les nouvelles institutions tardent à être mises en place. Ce contexte de vacuité ne semble nullement préoccuper les acteurs politiques qui passent le clair de leur temps à se rentrer dedans comme des chiffonniers. Il y a risque de ne pas disposer de gouvernement avant le mois de juin 2012. Cette législature aura ainsi perdu six mois importants et le temps commencera à jouer contre elle.

Jusqu’où et pour combien de temps va durer cette navigation à vue? Il est encore temps de casser cet immobilisme délétère en imaginant des idées incitatives d’un redressement rapide de la situation.

Refondation d’un Etat

La classe politique congolaise étant déboussolée, l’on doute même de l’efficacité de futures institutions de la République. Face aux grands défis du développement, de la reconstruction nationale, surtout de la refondation d’un Etat, il revient à la classe politique de saisir la portée exacte de véritables enjeux d’un Etat fort et prospère. Surtout en ce qui concerne un pays soumis à des convoitises multiples et au centre des intérêts divergents tant régionaux et internationaux.

Le travail de conscientisation, d’éveil national, de prise en charge par les Congolais ne peut qu’être inspiré par cette même classe politique, loin des slogans creux et des comportements démobilisateurs. Bien plus, ce travail doit s’appuyer plus sur des «hommes d’Etat», hautement responsables, que sur des «hommes politiques» opportunistes pour les privilèges du pouvoir et malléables à souhait.

La valse saccadée des élections, au rythme d’une musique tonitruante marquée par de couplets au son des accusations sur la fraude, la corruption, la tricherie, la falsification des résultats, n’est rien d’autre que de l’opprobre. Cela suscite de l’indignation.

Le Potentiel

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(DN/Yes)

Last edited: 23/01/2012 13:02:43

 

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