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25/01/2012

FRANCE : VOICI POUR VOUS ET POUR VOUS SEUL LE CLASSEMENT MONDIAL DE LA LIBERTE DE LA PRESSE EDITION 2011-2012

Classement mondial de la liberté de la presse 2011 - 2012
(RSF 25/01/2012)



En Afrique, les écarts se creusent entre bons et mauvais élèves.
Chutes vertigineuses de pays ayant réprimé des contestations populaires.
Si le printemps arabe de 2011 n'a pas débordé en Afrique subsaharienne au point de faire tomber des gouvernements, certains régimes ont fait face à de fortes revendications politiques et sociales. Les journalistes couvrant ces manifestations ont souvent subi de plein fouet la réponse brutale apportée par les forces de police, promptes à réprimer sans discernement et à s'en prendre aux témoins gênants. 

Cela a été le cas en Angola (132e) où plusieurs journalistes ont été arrêtés pendant les manifestations, en septembre. Entre l'élection présidentielle de février – marquée par des violences et la surveillance de journalistes – et la répression brutale des "Walk-to-Work protests", plus tard dans l'année, au cours desquelles des dizaines de journalistes ont été interpellés, 2011 restera un mauvais souvenir pour la presse en Ouganda (139e), qui perd 43 places. Pire encore pour le Malawi (146e) qui enregistre la plus forte chute au niveau mondial en perdant 67 places. Pendant l'été, les journalistes ont été victimes de la répression au même titre que les manifestants. Plusieurs reporters ont été arrêtés et malmenés. Du matériel a été cassé. En septembre, l'étudiant et blogueur Robert Chasowa a été retrouvé mort, sans doute assassiné. Les médias qui souhaitent enquêter sur cette affaire sont intimidés. Tout ceci alors que la législation sur la presse s'est fortement durcie en début d'année, entraînant certains partenaires européens à suspendre une partie de leur aide.

Les pays les plus fermés et autoritaires en queue de classement


Pour le contrôle qu'exercent les autorités sur les médias et la liberté d'expression en général, Reporters sans frontières juge la situation "très grave" au Rwanda (156e) et en Guinée équatoriale (161e). Perdant 49 places, Djibouti (159e) vient s'immiscer entre ces deux pays. Le chef de l'État, Ismael Omar Guelleh, a été réélu début 2011 au terme d'une élection présidentielle jouée d'avance et sans possibilité pour l'opposition de s'exprimer dans les médias. La presse libre n'existe pas, six collaborateurs d'une radio en exil ont été emprisonnés pendant quatre mois, les réseaux sociaux ont été surveillés pour étouffer les contestations.


La présence de la Côte d'Ivoire (159e, ex æquo avec Djibouti) au sein de ce groupe ne doit tromper personne. Dans ce pays, la presse existe là où chez Teodoro Obiang Nguema ou Ismael Omar Guelleh elle n'existe pas, et elle s'exprime là où chez Paul Kagamé cela lui est très difficile. Mais la Côte d'Ivoire paie un premier semestre 2011 qui fut dramatique pour la presse lorsque la crise postélectorale s'est soldée par des pressions en tout genre sur les rédactions, des actes de violence et les assassinats d'un journaliste et d'un collaborateur des médias. Pendant la bataille d'Abidjan, début avril, il était impossible pour un journaliste de sortir et de traverser la ville.

Insécurité, censure et prison : trois pays d'Afrique de l'Est aux dernières places du continent


Année après année, les professionnels de l'information sont exposés au chaos et à l'anarchie qui règnent en Somalie (164e), pays en guerre, sans gouvernement stable depuis 1991. En 2011, à Mogadiscio, quatre journalistes ont été tués. La pratique de la censure préalable et les suspensions de journaux, auxquelles se sont ajoutés des interpellations de journalistes, des détentions et des mauvais traitements, justifient le très mauvais score du Soudan d'Omar el-Béchir (170e). Enfin l'Érythrée (179e) occupe pour la cinquième année consécutive la dernière place de ce classement mondial. Ce pays, dictature totalitaire de la corne de l'Afrique, subit l'étouffoir dans lequel le président Issaias Afeworki l'a plongé. Comme les autres libertés, celle d'exprimer son opinion n'existe pas. Une trentaine de journalistes au moins sont emprisonnés, certains depuis plus de dix ans, dans des conditions effroyables.


À l'autre extrême de ce classement, plusieurs pays d'Afrique confirment l'enracinement de leur respect pour la liberté de l'information ou enregistrent des progrès notables.


Le groupe des bons élèves s'élargit


On trouve en 2011 davantage de pays africains dans le top 50 (9 contre 7 l'an passé), de même que dans le top 100 (27 contre 24 en 2010). Le premier État non-européen du classement vient d'Afrique et il fait partie des dix pays au monde les plus respectueux de la liberté de la presse. Il s'agit du Cap-Vert (9e), démocratie en bonne santé, modèle de bonne gouvernance, où l'alternance fait partie de la vie politique, ce qu'a encore prouvé l'élection présidentielle de l'été dernier. Les journalistes y sont pleinement libres et l'accès de toutes les forces politiques aux médias publics est garanti. La Namibie (20e) occupe également une très bonne place, devant le Japon ou le Royaume-Uni par exemple.


Le Botswana (42e), qui enregistre une progression de 20 places, et les Comores (45e), qui gagnent 25 places, se rapprochent du Mali (25e) et du Ghana (41e) – traditionnels moteurs du continent en matière de respect des journalistes.


Une progression spectaculaire et des percées notables


Le Niger (29e) effectue la plus forte progression mondiale avec un bond de 75 places. La presse évolue dans un contexte économique précaire, mais elle est libre et bénéficie d'une législation favorable. Les violations ont presque disparu. L'amélioration s'observe tant au niveau des mesures concrètes que des symboles. En fin d'année, le président Mahamadou Issoufou, élu au printemps, a été le premier chef d'État à signer la Déclaration de la Montagne de la Table, s'engageant ainsi à promouvoir la liberté de la presse. D'autres chefs d'État pourraient l'imiter, comme par exemple Mohamed Ould Abdel Aziz, président de la Mauritanie (67e). Dans ce pays, l'adoption d'une loi sur la presse électronique, la libéralisation de l'audiovisuel, et un nombre d'incidents limité ont permis de gagner 28 places, une progression qui doit être confirmée.


Plombé en 2010 par le décès en détention du journaliste Bibi Ngota, le Cameroun (97e) regagne une place honorable même si toute la lumière doit encore être faite sur ce drame ainsi que sur le décès, en novembre 2011, du journaliste anti-corruption et correspondant de Reporters sans frontières, Jules Koum Koum. Ce pays a par ailleurs cruellement besoin de réformes : dépénalisation des délits de presse et modernisation de la loi sur la communication. Après sa chute consécutive à la crise de 2009, Madagascar (84e) continue de progresser, mais l'année électorale 2012 sera pleine d'enjeux.


Dans le ventre mou


L'absence d'incidents majeurs pour les médias au Sénégal (75e) permet au pays de gagner 18 places, mais la situation demeure fragile, à un mois d'une élection présidentielle qui s'annonce tendue. Comme au Cameroun, les autorités de Dakar ne se sont toujours pas résolues à protéger les journalistes contre les peines de prison en dépénalisant les délits de presse. En dépit d'un usage abusif de poursuites judiciaires contre les médias, le Liberia (110e) est un pays où la presse peut exercer librement, mais qui perd cette année vingt-six places en raison des suspensions de médias et des agressions de journalistes qui ont émaillé la réélection de la présidente Ellen Johnson Sirleaf, en octobre et novembre, suite au boycott du scrutin par son opposant Winston Tubman.


Enfin, indépendant depuis le 9 juillet 2011, le Soudan du Sud (111e) fait son apparition pour la première fois dans ce classement mondial à une place honorable. Le défi de ce pays est de construire un État solide et viable, dans un environnement régional très instable, tout en garantissant la liberté d'expression. Juba doit absolument éviter de plonger là où ont sombré ses voisins.



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Dans le reste du monde


Un classement bouleversé par la répression des mouvements de contestation 

La Syrie, le Bahreïn et le Yémen n’ont jamais été aussi mal classés

"Les changements ont été nombreux dans la dixième édition du classement de la liberté de la presse. Changements qui reflètent une actualité incroyablement riche, notamment dans le monde arabe. De nombreux médias ont payé cher la couverture des aspirations démocratiques ou des mouvements d’opposition. Le contrôle de l’information reste un enjeu de pouvoir et de survie pour les régimes totalitaires et répressifs. 2011 illustre également le rôle prépondérant joué par les net-citoyens pour la production et la diffusion de l’information », a déclaré Reporters sans frontières, à l’occasion de la publication de son classement mondial de la liberté de la presse, le 25 janvier 2012.



"‘Répression’ a été le mot de l’année écoulée. Jamais la liberté d’information n’a été autant associée à la démocratie, jamais le travail de journaliste n’a autant gêné les ennemis des libertés. Jamais les actes de censure et les atteintes à l’intégrité physique des journalistes ne semblent avoir été si nombreux. L’équation est simple : l’absence ou la suppression de libertés publiques entraînent mécaniquement celle de la presse. Les dictatures craignent et interdisent l’information, surtout quand elle peut les fragiliser."



"Le trio infernal – composé de l’Érythrée, du Turkménistan et de la Corée du Nord, dictatures absolues où n’existe aucune liberté publique – occupe sans surprise la fin du classement. Il est talonné cette année par la Syrie, l’Iran et la Chine, trois pays qui semblent avoir perdu contact avec la réalité, aspirés qu’ils sont dans une folle spirale de terreur ; mais également le Bahreïn, le Viêt-nam, régimes d'oppression par excellence. D’autres pays, comme l’Ouganda et le Bélarus se sont également enfoncés davantage dans la répression."



"Le classement 2011-2012 voit toujours en tête le même socle de pays – Finlande, Norvège, Pays-Bas, etc. – respectueux des libertés fondamentales, nous rappelant à la fois que l’indépendance de la presse ne peut être préservée que dans les démocraties fortes et que la démocratie se nourrit de la liberté de la presse. Il est à noter l’entrée du Cap-Vert et de la Namibie dans les vingt pays les mieux classés, deux pays africains où aucune entrave au travail des journalistes n’a été recensée en 2011", a ajouté Reporters sans frontières. 



Les mouvements de contestation



Le monde arabe a été moteur de l’histoire en 2011 avec un bilan pour l’instant contrasté des évolutions politiques. Aux antipodes, la Tunisie et le Bahreïn. La Tunisie (134e) progresse de 30 places et accouche dans la douleur d’un régime démocratique qui ne donne pas encore une place entière à une presse libre et indépendante. Le Bahreïn (173e) perd 29 places en raison de l’implacable répression des mouvements démocratiques, des procès en série des défenseurs des droits de l’homme, du verrouillage de tout espace de liberté. Si la Libye (154e) a tourné la page de l’ère Kadhafi, le Yémen, en proie à des violences entre l’opposition et les partisans du président Ali Abdallah Saleh, stagne en 171e position. Ces deux pays présentent un futur incertain ; la question de la place accordée à la presse y reste en suspens. Tout comme en Égypte qui perd 39 places (166e) et où les espoirs des démocrates ont été déçus par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis février 2011, qui n’a pas mis fin aux pratiques en vigueur sous la dictature d’Hosni Moubarak. Le pays a par ailleurs connu trois épisodes – en février, novembre et décembre – d’une rare violence à l'égard des journalistes.



Déjà très mal classée en 2010, la Syrie s’enfonce un peu plus dans le classement (176e) : censure absolue, surveillance généralisée, violences aveugles et manipulations du régime ont rendu impossible le travail des journalistes.



Dans d’autres régions du monde, certains mouvements démocratiques ont cherché à s’inspirer de l’exemple arabe mais se sont heurtés à une répression féroce. Le Viêt- nam (172e) a multiplié les arrestations. Le régime chinois (174e), rendu fébrile par des contestations régionales ou locales, par l’impatience de la population face à certains scandales et injustices, a renforcé son système de contrôle de l’information, multiplié les détentions extrajudiciaires, durci la censure du Net. Violences, menaces et interpellations ont explosé en Azerbaïdjan (162e), où le régime autocratique d’Ilham Aliev n’a pas hésité à jeter des net-citoyens en prison, à faire enlever des journalistes d’opposition et à se fermer aux médias étrangers pour imposer le black-out sur la contestation. 



L’Ouganda (139e), sous la houlette de son Président, Yoweri Museveni, a lancé une vague de répression sans précédent contre les mouvements d’opposition et la presse indépendante suite aux élections de février 2011. De même, le Chili (80e) perd 47 places en raison des nombreuses atteintes à la liberté d’informer, très souvent commises par les forces de l’ordre, constatées dans le contexte des protestations étudiantes. Les États-Unis (47e) doivent également leur chute (-27 places) aux nombreuses arrestations de journalistes couvrant les cortèges d’Occupy Wall Street.



Plusieurs pays européens décrochent du reste du continent




Le classement accentue le décrochage de certains pays européens avec le reste du continent. La répression de la contestation à la réélection du président Loukachenko vaut au Bélarus de perdre 14 places (168e). À l’heure où elle s’affiche comme un modèle régional, la Turquie (148e, -10 places) opère un grand retour en arrière. Loin des réformes promises, la justice a lancé des rafles de journalistes d’une ampleur inédite depuis le régime militaire.



Au sein de l’Union européenne, le classement traduit une certaine stagnation de la situation, toujours marquée par une coupure nette entre les pays traditionnellement bien notés (Finlande, Pays-Bas) et ceux comme la Bulgarie (80e), la Grèce (70e) et l’Italie (61e) qui ne résolvent pas leurs problèmes d'atteintes de liberté de la presse, essentiellement par absence de volonté politique en la matière. La France, elle, progresse peu, passant de la 44e à la 38e place. Tout comme l'Espagne (39e) et la Roumanie (47e). La liberté de la presse est plus que jamais un défi à relever dans la péninsule balkanique, prise entre le désir d’intégration européenne et les effets délétères de la crise économique.




La pérennisation de la violence 

Plusieurs pays sont marqués par une culture de la violence à l’égard de la presse qui s’est durablement implantée. Il sera difficile d’inverser la tendance sans une lutte efficace contre l’impunité. Le Mexique et le Honduras figurent respectivement à la 149e et 135e position. Le Pakistan (151e) est pour la deuxième année consécutive le pays le plus meurtrier pour les journalistes. La Somalie (164e), en guerre depuis une vingtaine d’années, ne laisse entrevoir aucune issue à une situation de chaos où les journalistes paient un lourd tribut.



En Iran (175e), la répression et l’humiliation des journalistes ont été érigées depuis de nombreuses années en culture politique du pouvoir. Le régime se nourrit de la répression des médias. L’Irak (152e) perd 22 places et se rapproche de façon inquiétante de sa position de 2008 (158e).



Des variations notables



Le Soudan du Sud, jeune nation qui fait face à de nombreux défis, fait son entrée dans le classement à une position honorable (111e) pour cette émanation d’un des pays les plus mal classés, le Soudan (170e). La Birmanie (169e) est légèrement mieux notée que les années précédentes, suite aux changements politiques survenus ces derniers mois et qui suscitent quelques espoirs, toutefois à confirmer. Le Niger (29e) enregistre la plus grosse progression dans le classement avec 75 places gagnées grâce à une transition politique réussie.



C’est également sur le continent africain qu’on comptabilise les chutes les plus importantes : Djibouti, discrète petite dictature de la corne de l’Afrique, perd 49 places (159e). Le Malawi (146e) perd 67 places en raison de la dérive totalitaire de son Président, Bingu Wa Mutharika. Cité plus haut, l'Ouganda (139e) perd 43 places. Enfin, la Côte d'Ivoire chute de 41 places (159e) en raison du conflit entre les camps de Laurent Gbagbo et d’Alassane Ouattara qui a durement touché la presse.



En Amérique latine, la chute la plus sensible concerne le Brésil (99e, -41 places), en raison d’une insécurité élevée qui s’est notamment traduite par la mort tragique de trois journalistes et blogueurs. 




Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
www.rsf.org

Voir la zone Afrique
Français : http://fr.rsf.org/afrique-en-afrique-les-ecarts-se-creusent-25-01-2012,41725.html
English : http://en.rsf.org/africa-gap-widens-between-good-and-bad-25-01-2012,41730.html


Voir le classement mondial
Français : http://fr.rsf.org/press-freedom-index-2011-2012,1043.html
English : http://en.rsf.org/press-freedom-index-2011-2012,1043.html



25 janvier 2012





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English version


Gap widens between good and bad performers in Africa


Dramatic falls by countries that cracked down on mass unrest



The 2011 Arab Spring did not spill over into sub-Saharan Africa to the point of bringing down any governments, but some regimes had to face forceful political and social demands, and journalists covering demonstrations were often the victims of indiscriminate police repression or were targeted by police who did not want them covering the crackdown.



This was the case in Angola (132nd), where many journalists were arrested during protests in September, and in Uganda (139th), which fell 43 places in the index after a year that will not be forgotten by its media. They were the targets of violence and surveillance during the presidential election in February and were targeted again during the brutal crackdown on the “Walk to Work” protests later in the year, when dozens of journalists were arrested.



It was even worse in Malawi (146th), which plunged 67 places in the index, the biggest fall of any country in the world. Malawi’s journalists were treated like demonstrators during the crackdown on protests in the summer. Many were arrested and mistreated, and equipment was broken. A student and blogger, Robert Chasowa, who was found dead in September, was almost certainly murdered. Media that wanted to investigate the case were threatened. Before all this, Malawi’s media legislation had been toughened so much at the start of the year that some European partners suspended part of their aid.



Closed and authoritarian countries near bottom of index



Reporters Without Borders regards the situation in Rwanda (156th) and Equatorial Guinea (161st) as very grave because of the control that their governments exercise over the media and freedom of expression in general. They have been joined by Djibouti (159th), which fell 49 places. Its president, Ismael Omar Guelleh, was returned to office at the start of 2011 in an election that was decided in advance and gave the opposition no possibility of expressing itself in the media. There is no free press, six people who provide an exile radio station with information were jailed for four months, and social networks are closely monitored to ensure that there are no protests.



The presence of Côte d'Ivoire in this same group of countries (sharing 159th position with Djibouti) could be misleading. Côte d'Ivoire has real media, unlike Guelleh’s Djibouti or Teodoro Obiang Nguema’s Equatorial Guinea, and they say what they think, unlike the media in Paul Kagame’s Rwanda, which have little freedom of expression. Côte d'Ivoire’s poor ranking reflects the dramatic impact that the post-election crisis had on the media in the first half of 2011, including harassment of all kinds, acts of violence and the murders of a journalist and a media worker. During the battle of Abidjan at the start of April, it was impossible for a journalist venture out into the city. 



Violence, censorship and prison give East Africa three worst rankings



The three worst sub-Saharan rankings are all to be found in East Africa. Year after year, journalists continue to be exposed to the chaos and anarchy in Somalia (164th), a country embroiled in civil war and without a stable government since 1991. Four journalists were killed in Mogadishu in 2011. The bad ranking assigned to Omar al-Bashir’s Sudan (170th) was due to prior censorship, closures of newspapers, and arrests, prolonged detention and mistreatment of journalists. 



Finally, Eritrea (179th) came last in the index for the fifth year running. Freedom of opinion, like all the other freedoms, does not exist under the totalitarian dictatorship that President Issaias Afeworki has imposed on this Horn of Africa country. At least 30 journalists are currently detained in appalling conditions. Some have been held for more than 10 years.



At the other end of the index, several African countries made significant progress or showed that respect for freedom of information has taken a firm hold in their societies.



Good countries group gets bigger



The number of African countries that are in the top 50 of the index has risen from seven last year to nine this year, while the number that are in top 100 has risen from 24 to 27. The highest non-European country in the index is an African one and in fact it is in the top 10. It is Cape Verde (9th), a healthy democracy and model of good governance, where governments can be changed through the ballot box, as last summer’s presidential election again showed. Journalists there are completely free and all the political parties have access to the state media. Namibia (20th) also has an excellent ranking, better than Japan or the United Kingdom, for example.



Botswana (42nd), which rose 20 places, and Comoros (45th), which rose 25 places, are now jostling Mali (25th) and Ghana (41st), Africa’s traditional leaders in respect for journalists.



A spectacular jump and other notable improvements



Niger (29th) rose 75 places in the index, the biggest leap by any country in the world this year. The economic environment for Niger’s media is very precarious but they are free and benefit from favourable legislation. Media freedom violations have virtually disappeared. The improvement has been seen in both concrete and symbolic measures. At the end of 2011, Mahamadou Issoufou, who was elected president in the spring, became the first African head of state to sign the Declaration of Table Mountain, thereby undertaking to promote media freedom. 



Other African leaders could follow suit, such as Mohamed Ould Abdel Aziz, the president of Mauritania (67th), which rose 28 places thanks to the adoption of a law on the electronic media, the opening up of the broadcasting sector, and other developments. Its progress needs to be confirmed.



Cameroon (97th) fell sharply in 2010 because of the journalist Bibi Ngota’s death in detention but recovered a respectable ranking in 2011 although light has yet to be shed on all aspects of his death and on the death in November of this year of Reporters Without Borders correspondent Jules Koum Koum, a journalist who wrote about corruption. Cameroon also badly needs to decriminalize media offences and modernize its communication law. Madagascar (84th) continued to improve for the second year running after plummeting in 2009 because of that year’s political crisis but, 2012, as an election year, will pose challenges.



Soft underbelly



The absence of major incidents involving the media allowed Senegal (75th) to rise 18 places but the situation is fragile one month ahead of a presidential election that is likely to be tense. Like their Cameroonian counterparts, the Senegalese authorities are still not ready to protect journalists from prison sentences by decriminalizing media offences. Aside from abusive lawsuits, Liberia (110th) usually allows its media a great deal of freedom but it fell 26 places this year because journalists were attacked and media were closed during the presidential election in October and November, when challenger Winston Tubman boycotted the run-off against the incumbent, Ellen Johnson Sirleaf.



South Sudan (111th), which became independent on 9 July, entered the index with a respectable ranking. The challenge for this country is to build a solid and viable state in a very unstable region while guaranteeing freedom of expression. It must make every effort to avoid sinking to the level of its neighbours.




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In the rest of the world





Crackdowns on protests cause big changes to index positions 



Syria, Bahrain and Yemen get worst ever rankings



“This year’s index sees many changes in the rankings, changes that reflect a year that was incredibly rich in developments, especially in the Arab world,” Reporters Without Borders said today as it released its 10th annual press freedom index. “Many media paid dearly for their coverage of democratic aspirations or opposition movements. Control of news and information continued to tempt governments and to be a question of survival for totalitarian and repressive regimes. The past year also highlighted the leading role played by netizens in producing and disseminating news.



“Crackdown was the word of the year in 2011. Never has freedom of information been so closely associated with democracy. Never have journalists, through their reporting, vexed the enemies of freedom so much. Never have acts of censorship and physical attacks on journalists seemed so numerous. The equation is simple: the absence or suppression of civil liberties leads necessarily to the suppression of media freedom. Dictatorships fear and ban information, especially when it may undermine them.



“It is no surprise that the same trio of countries, Eritrea, Turkmenistan and North Korea, absolute dictatorships that permit no civil liberties, again occupy the last three places in the index. This year, they are immediately preceded at the bottom by Syria, Iran and China, three countries that seem to have lost contact with reality as they have been sucked into an insane spiral of terror, and by Bahrain and Vietnam, quintessential oppressive regimes. Other countries such as Uganda and Belarus have also become much more repressive.



“This year’s index finds the same group of countries at its head, countries such as Finland, Norway and Netherlands that respect basic freedoms. This serves as a reminder that media independence can only be maintained in strong democracies and that democracy needs media freedom. It is worth noting the entry of Cape Verde and Namibia into the top twenty, two African countries where no attempts to obstruct the media were reported in 2011.”



Protest movements



The Arab world was the motor of history in 2011 but the Arab uprisings have had contrasting political outcomes so far, with Tunisia and Bahrain at opposite ends of the scale. Tunisia (134th) rose 30 places in index and, with much suffering, gave birth to a democratic regime that has not yet fully accepted a free and independent press. Bahrain (173rd) fell 29 places because of its relentless crackdown on pro-democracy movements, its trials of human rights defenders and its suppression of all space for freedom.



While Libya (154th) turned the page on the Gaddafi era, Yemen succumbed to violence between President Ali Abdallah Saleh’s opponents and supporters and languished in 171st position. The future of both of these countries remains uncertain, and the place they will allow the media is undecided. The same goes for Egypt, which fell 39 places to 166th because the Supreme Council of the Armed Forces, in power since February, dashed the hopes of democrats by continuing the Mubarak dictatorship’s practices. There were three periods of exceptional violence for journalists: in February, November and December.



Already poorly ranked in 2010, Syria fell further in the index, to 176th position, because total censorship, widespread surveillance, indiscriminate violence and government manipulation made it impossible for journalists to work.



Elsewhere in the world, pro-democracy movements that tried to follow the Arab example were ruthlessly suppressed. Many arrests were made in Vietnam (172nd). In China (174th), the government responded to regional and local protests and to public impatience with scandals and acts of injustice by feverishly reinforcing its system of controlling news and information, carrying out extrajudicial arrests and stepping up Internet censorship. There was a dramatic rise in the number of arrests in Azerbaijan (162nd), where Ilham Aliyev’s autocratic government did not hesitate to jail netizens, abduct opposition journalists and bar foreign reporters in order to impose a news blackout on the unrest.



Led by President Yoweri Museveni, Uganda (139th) launched an unprecedented crackdown on opposition movements and independent media after the elections in February. Similarly, Chile (80th) fell 47 places because of its many freedom of information violations, committed very often by the security forces during student protests. The United States (47th) also owed its fall of 27 places to the many arrests of journalist covering Occupy Wall Street protests.



Several European countries fall far behind rest of continent



The index has highlighted the divergence of some European countries from the rest of the continent. The crackdown on protests after President Lukashenko’s reelection caused Belarus to fall 14 places to 168th. At a time when it is portraying itself as a regional model, Turkey (148th) took a big step backwards and lost 10 places. Far from carrying out promised reforms, the judicial system launched a wave of arrests of journalists that was without precedent since the military dictatorship.



Within the European Union, the index reflects a continuation of the very marked distinction between countries such as Finland and Netherlands that have always had a good evaluation and countries such as Bulgaria (80th), Greece (70th) and Italy (61st) that fail to address the issue of their media freedom violations, above all because of a lack of political will. There was little progress from France, which went from 44th to 38th, or from Spain (39th) and Romania (47th). Media freedom is a challenge that needs addressing more than ever in the Balkans, which want to join the European Union but are suffering the negative effects of the economic crisis.



Endemic violence



Many countries are marked by a culture of violence towards the media that has taken a deep hold. It will be hard to reverse the trends in these countries without an effective fight against impunity. Mexico (149th) and Honduras (135th) are two cases in point. Pakistan (151st) was the world’s deadliest country for journalists for the second year running. Somalia (164th), which has been at war for 20 years, shows no sign of finding a way out of the chaos in which journalists are paying a heavy price.



In Iran (175th), hounding and humiliating journalists has been part of officialdom’s political culture for years. The regime feeds on persecution of the media. Iraq (152nd) fell back 22 places and is now worryingly approaching its 2008 position (158th).



Noteworthy changes



South Sudan, a new nation facing many challenges, has entered the index in a respectable position (111th) for what is a breakaway from one of the worst ranked countries, Sudan (170th). Burma (169th) has a slightly better position than in previous years as a result of political changes in recent months that have raised hopes but need to be confirmed. Niger (29th) achieved the biggest rise in a single year, 75 places, thanks to a successful political transition.



It was Africa that also saw the biggest falls in the index. Djibouti, a discreet little dictatorship in the Horn of Africa, fell 49 places to 159th. Malawi (146th) fell 67 places because of the totalitarian tendencies of its president, Bingu Wa Mutharika. Uganda, mentioned above, fell 43 places to 139th. Finally, Côte d'Ivoire fell 41 places to 159th because the media were badly hit by the fighting between the supporters of rival presidents Laurent Gbagbo and Alassane Ouattara.



The biggest fall in Latin America was by Brazil, which plunged 41 places to 99th because the high level of violence resulted in the deaths of three journalists and bloggers.




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Ambroise PIERRE
Bureau Afrique / Africa Desk
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
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