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05/02/2012

SYRIE/OTAN/ONU : POUR UNE FOIS JE ME SENS RUSSE LE KREMLIN A EMP^CHE UN NOUVEL ASSASSINAT SPECTACLE D'ASSAD MERCI POUTINE/MEDVEDEV

Damas dénonce un complot de la Ligue arabe

BEYROUTH (Reuters) - La Syrie a rejeté lundi la nouvelle "feuille de route" adoptée la veille par les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe, qui invite le président Bachar al Assad à déléguer ses pouvoirs à son vice-président.

"La Syrie rejette les décisions du conseil ministériel de la Ligue arabe (...) et considère qu'il s'agit d'une violation de sa souveraineté nationale et d'une ingérence flagrante dans sa politique intérieure", dit l'agence de presse officielle syrienne, citant une source officielle qui parle de "complot contre la Syrie".

Comme prévu, la Ligue arabe réunie au Caire a en outre prolongé d'un mois la mission des observateurs déployés fin décembre pour veiller à la mise en oeuvre d'un premier plan, bien que leur présence n'ait pas mis fin à la répression.

Les autorités syriennes n'ont pas réagi à cette décision, mais le crédit de la mission a été largement entamé par la décision de l'Arabie saoudite, qui a rappelé ses observateurs en invitant la communauté internationale à exercer "toute la pression possible sur Damas".

Outre la mise à l'écart du chef de l'Etat, le nouveau plan de la Ligue arabe recommande la formation d'un gouvernement d'union nationale qui serait chargé d'organiser des élections législatives et présidentielle anticipées.

"Le fait que les pays arabes proposent une intervention aussi claire et qu'ils donnent (à Bachar al Assad) l'ordre de se retirer assorti d'une procédure pour le faire montrent combien sa crédibilité et sa légitimité sont entamées dans la région", juge le politologue beyrouthin Rami Khouri.

VÉRIFIER, PAS ENQUÊTER

"Le gouvernement syrien n'a appliqué aucune des dispositions du plan de sortie de crise arabe", a quant à lui regretté Saoud al Fayçal, chef de la diplomatie saoudienne, justifiant la décision de Ryad de rappeler ses observateurs.

"Après l'arrivée de la mission, l'intensité des violences a commencé à baisser", a en revanche affirmé le général Mohamed al Dabi, chef de la mission, lors d'une conférence de presse organisée au siège cairote de la Ligue.

"Notre travail était de vérifier ce qui se passe sur le terrain, pas d'enquêter", a poursuivi l'officier soudanais, précisant que les observateurs avaient recensé 136 décès tous bords confondus pendant la durée de leur mission.

Cette mission, entamée le 26 décembre, consistait à veiller à la mise en oeuvre d'un premier plan qui prévoyait le retrait des forces militaires déployées dans les villes, la libération des opposants et l'ouverture d'un dialogue avec leurs représentants. Damas l'a accepté le 2 novembre, mais la répression, dont le bilan s'élève désormais à 5.000 morts, selon l'Onu, s'est poursuivie sans discontinuer.

"Nous invitons la communauté internationale à prendre ses responsabilités et cela concerne nos frères des Etats islamiques et nos amis de Russie, de Chine, d'Europe et des Etats-Unis", a poursuivi le prince Fayçal.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont étendu lundi leurs sanctions (gel des avoirs et interdiction de délivrance de visas) à 22 personnalités et huit organisations syriennes.

REJETÉ SEULEMENT PAR LE LIBAN

Les divergences entre les 22 Etats membres ont pesé sur les débats, mais le Liban a été le seul à rejeter le plan adopté dimanche. L'Algérie s'est par ailleurs opposée à une saisine du Conseil de sécurité de l'Onu.

"Nous étions venus discuter du rapport des observateurs de la Ligue arabe (...) et subitement, cette décision a été mise sur la table", s'est indigné Adnane Mansour, ministre libanais des Affaires étrangères, interrogé lundi à son retour à Beyrouth.

"Hier, nous avons appelé à un cessez-le-feu de la part des deux parties, mais pour faire cesser les meurtres, nous nous sommes focalisés sur les autorités syriennes. Il n'est pas possible de continuer ainsi sans appeler les deux parties (à stopper les violences)", a-t-il poursuivi.

Le Conseil national syrien (CNS, opposition en exil), s'est en revanche félicité du plan de la Ligue. "Cela confirme que les pays arabes considèrent aujourd'hui que le régime tyrannique de Bachar al Assad est fini et qu'il doit être remplacé", a estimé son chef de file Bourhan Ghalioun, au Caire.

Interrogé sur les sanctions que la Ligue arabe à décidé d'infliger à Damas, le Premier ministre qatari, Hamad ben Djassem al Thani, président du comité chargé de la Syrie, a déclaré qu'elles seraient imposées par l'intermédiaire du Conseil de sécurité de l'Onu.

Or, la Russie et la Chine, qui ont déjà fait usage de leur droit de veto pour écarter un projet de résolution condamnant la répression syrienne, restent hostiles aux sanctions.

"La réalité, c'est que le bain de sang n'a pas cessé, que la machine à tuer est toujours à l'oeuvre et que la violence s'est répandue partout", a poursuivi le chef du gouvernement qatari.

Aux Nations unies, le représentant allemand, Peter Witig, a déclaré lundi à la presse que les décisions prises au Caire par la Ligue pouvaient "changer la donne, y compris pour le Conseil de sécurité".

"La Ligue arabe a décidé de demander l'aval du Conseil de sécurité pour ses propositions. Les membres du Conseil ne peuvent ignorer cette demande ou s'y opposer facilement".

"Nous croyons qu'une action ferme de la part du Conseil de sécurité est aujourd'hui plus nécessaire que jamais, un message clair destiné à la fois au peuple et aux dirigeants syriens", a-t-il dit.

Selon l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme, basé à Londres, sept civils ont été tués lundi et 12 ont péri dimanche.

L'agence Sana signale quant à elle la mort du général Hassan al Ibrahim et d'un deuxième officier, tués par des insurgés dans la province de Damas et fait état de 11 morts à Homs, haut lieu de la contestation, dans le Centre.

Avec Dominic Evans, Benjamin Massot, Jean-Philippe Lefief et Jean-Loup Fiévet pour le service français


Veto de la Russie et de la Chine à l'Onu sur la Syrie

NATIONS UNIES (Reuters) - La Russie et la Chine ont opposé samedi leur veto lors d'un vote au Conseil de sécurité de l'Onu sur un projet de résolution soutenant le plan de la Ligue arabe qui prévoit la mise à l'écart du président syrien Bachar al Assad.

Ce revers diplomatique survient alors que plus de 200 personnes ont été tuées dans des bombardements déclenchés vendredi soir par les forces syriennes dans la ville de Homs, selon les militants de l'opposition.

Treize des quinze membres du Conseil de sécurité ont voté en faveur du texte qui exprimait le soutien de l'instance suprême de l'Onu au plan de la Ligue arabe, adopté le 22 janvier, qui prévoit le départ du pouvoir de Bachar al Assad et la formation d'un gouvernement d'union nationale avant la tenue d'élections.

Mohammed Loulichki, ambassadeur du Maroc à l'Onu et seul représentant d'un pays arabe du Conseil de sécurité, a fait part de "son grand regret et de sa grande déception" face à la décision de Moscou et de Pékin.

Alain Juppé a aussi exprimé ses regrets sur France 2. "C'est une lourde responsabilité parce que ça paralyse la communauté internationale", a dit le ministre des Affaires étrangères français sur France 2. L'ambassadeur de France à l'Onu, Gérard Araud a parlé de "jour triste pour ce Conseil, un jour triste pour tous les Syriens et jour triste pour la démocratie".

L'ambassadrice des Etats-Unis, Susan Rice, a largement ignoré l'habituel langage diplomatique, se déclarant "dégoûtée" par le double veto et affirmant que Russes et Chinois porteront la responsabilité de "tout nouveau bain de sang".

Les Russes ont fait valoir que la résolution visait Assad mais non ses adversaires armés. Lavrov a estimé que le texte était partial.

La Russie et la Chine avaient déjà usé de leur droit de veto en octobre à l'Onu contre une résolution condamnant la répression des manifestations antigouvernementales en Syrie qui a fait selon l'Onu plus de 5.000 morts depuis mi-mars 2011.

Des tractations ont eu lieu avant le vote pour tenter de convaincre la Russie de ne pas bloquer l'adoption du texte alors que la répression en Syrie a fait 200 morts à Homs depuis vendredi. Les ambassadeurs en poste à l'Onu estimaient que la Chine et le Pakistan se caleraient sur l'attitude des Russes.

AMENDEMENTS RUSSES INACCEPTABLES

S'exprimant à Munich en marge de la conférence annuelle sur la sécurité, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a reconnu qu'il n'avait pas été possible de résoudre les différends avec la Chine et la Russie malgré l'inscription d'un rejet explicite d'une intervention militaire dans la résolution.

"Je pensais qu'il y aurait pu y avoir une manière de répondre, même au dernier moment, aux inquiétudes des Russes. J'ai proposé de travailler de manière constructive pour y parvenir. Ça n'a pas été possible", a dit Clinton qui s'était entretenue dans l'après-midi avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

Après des échanges qualifiés de "vifs" entre Clinton et Lavrov, Moscou a annoncé que son ministre des Affaires étrangères et son chef du renseignement extérieur allaient se rendre à Damas pour rencontrer Assad, mardi. Le but de la visite n'a pas été précisé.

Le Conseil devait initialement se réunir à 10h00 heure de New York (15h00 GMT) mais la Russie, toujours fortement opposée au texte de résolution, avait demandé à la place la tenue de consultations à huis clos.

Le chef de la diplomatie russe avait mis en garde contre le "scandale" que provoquerait le vote si le texte était gardé en l'état et a réclamé des concessions sous peine d'utiliser son droit de veto.

Les amendements réclamés par Moscou ont été rejetés par les diplomates européens et jugés inacceptables par l'ambassadrice des Etats-Unis à l'Onu, Susan Rice.

Selon les amendements consultés par Reuters, la Russie souhaitait notamment que l'opposition syrienne soit condamnée au même titre que le régime pour les violences.

"Nos amendements ne réclament pas d'efforts extrêmes, avait fait valoir Lavrov. Si nos collègues font preuve d'une approche constructive, nous obtiendrons (...) une résolution collective au Conseil de sécurité qui, j'en suis persuadé, sera signée par tous les pays sans exception."

Peu avant le vote, Barack Obama avait jugé que le Conseil de sécurité de l'Onu devait se dresser contre la "brutalité impitoyable" des autorités syriennes.

"Le Conseil a maintenant l'occasion de s'élever contre la brutalité impitoyable du régime d'Assad et de prouver qu'il est un défenseur crédible des droits universels qui sont inscrits dans la charte des Nations unies", a-t-il écrit dans un communiqué.

A Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, avait exhorté la Russie, sans la nommer, à accepter le projet de résolution, soulignant l'urgence de la situation après la mort de 200 personnes à Homs.

"Ce déchaînement de violence souligne l'urgence que le Conseil de Sécurité des Nations unies sorte de son silence pour dénoncer les auteurs de ce crime (...) Ceux qui freineraient l'adoption d'une telle résolution prendraient une lourde responsabilité devant l'histoire", a-t-il déclaré dans un communiqué.

avec Arshad Mohammed à Washington et Thierry Lévêque à Paris, Henri-Pierre André, Jean-Philippe Lefief et Marine Pennetier pour le service français

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