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12/02/2012

CONGO/KINSHASA : EVARISTE BOSHAB LE CHOUCHOU LE FAVORI DE L'HÔTEL DU GOUVERNEMENT

Tractation politique : Evariste Boshab sur le chemin de l’Hôtel du gouvernement

Kinshasa, 11/02/2012 / Politique

Le PPRD son parti vient de confirmer son leadership sur l’échiquier politique avec le plus grand nombre de sièges à l’Assemblée nationale. Par ailleurs, intellectuel de grande facture, Boshab a la compétence requise pour coordonner l’action du futur gouvernement en vue de relever le défi de la « Révolution de la modernité ».

Le poste de chef du gouvernement est au centre des conciliabules au sein de la famille politique du chef de l’Etat depuis qu’une majorité confortable en faveur de Joseph Kabila s’est dessinée nettement à l’issue de la publication des résultats provisoires des législatives du 28 novembre dernier. En effet, au décompte pas moins de 341 députés de la future Assemblée nationale naviguent sous le pavillon de la Majorité présidentielle et alliés.

Conséquence logique de cette configuration politique, le futur locataire de l’Hôtel du gouvernement devrait en principe sortir de la mouvance présidentielle.

Il est vrai qu’au regard de la crise politique née des ratés qui ont caractérisé le scrutin du 28 novembre, les milieux occidentaux ont élevé la voix pour prôner l’ouverture. Certains analystes politiques décortiquant cette prise de position ont voulu soutenir que cet esprit d’ouverture devrait conduire à la désignation d’un Premier ministre portant le maillot de l’Opposition pour apaiser la tension politique perceptible au sein de la classe politique et même au sein de la majorité où des gros calibres sont en ordre de bataille et se bousculent au portillon de la Primature. 

La déclaration fortement médiatisée d’un ancien homme d’Etat américain, Herman Cohen, pour ne pas le citer, invitant Joseph Kabila à se débarrasser de ses collaborateurs embourbés dans la corruption, a apporté de l’eau au moulin des analystes qui pensent qu’un Premier ministre issue des rangs de l’Opposition est le « right man on the right place » en ce qu’il sera capable de se mettre au-dessus des luttes intestines de repositionnement dans le camp du chef de l’Etat.

Lorsque l’on sait qu’en politique, le jeu est fonction de rapports de force et d’intérêt, certains observateurs avisés ne voient pas la majorité faire « cadeau » de sa « Primature » arrachée après de laborieuses joutes électorales . Les acteurs de l’Opposition et quelques technocrates peuvent servir la Nation à d’autres postes sans que cela puisse mettre en cause la politique de la main tendue lancée par le chef de l’Etat.

Il est donc prévisible que le futur informateur et formateur du gouvernement soit un membre de la Majorité. Parmi les potentiels Premiers ministres, Evariste Boshab Mabüdj-mia-Bilenge est celui qui a les faveurs des pronostics.  

Un parcours pétris de loyauté

Ceux  qui ont suivi son ascension jusqu’au strapontin du pouvoir, rappellent que c’est M’Zée L. D Kabila qui l’avait découvert dans la moule de l’Université catholique de Louvain. C’est donc dans l’ombre de M’Zée que Joseph Kabila va découvrir ce compatriote fort en justice constitutionnelle. Il en fera son directeur de cabinet adjoint sous l’administration Théophile Mbemba Fundu.

Le chef de l’Etat lui confie quelques missions à l’étranger pour le rôder et le préparer aux hautes responsabilités, missions qu’il accomplira avec satisfaction. Il est promu par la suite directeur de cabinet du chef de l’Etat. Comme cela arrive souvent en politique, il connaît aussi sa traversée du désert. Période éprouvante au cours de laquelle son téléphone portable sonnait rarement, abandonné par certains amis qui comme les abeilles, le fréquentaient pour sucer le miel du pouvoir.

Contrairement à ceux qui basculent dans l’opposition dès qu’on leur retire du sucre dans la bouche, Evariste Boshab sera d’une fidélité exemplaire. 

Nommé à la tête du PPRD en qualité de secrétaire général du parti, Boshab se met au travail et mène une campagne de grande envergure. Pas une parcelle sans PPRD. Il peaufine des stratégies et met le parti en ordre de bataille pour les échéances électorales de 2011.

Il est, entre – temps, appelé à prendre en mains les commandes du Bureau de l’Assemblée nationale. Il y imprime son style dont les maîtres mots sont la discipline et la rigueur dans la production législative. L’histoire se chargera d’apprécier son bilan.

Au regard du travail abattu par le PPRD pour la réélection de son « Autorité morale » et du score réalisé à l’issue des législatives en se maintenant comme parti locomotive de la majorité avec le plus grand nombre de députés, 63 sièges dans son escarcelle, bon nombre d’observateurs estiment que la nomination d’Evariste Boshab aux fonctions de Premier ministre est un juste mérite.

Boshab aligne, par ailleurs, un cursus qui colle à ces lourdes responsabilités. Il fait partie de l’élite présidentielle et il a l’avantage d’avoir la confiance du chef de l’Etat. « Même ses adversaires politiques reconnaissent qu’il a l’étoffe d’un Premier ministre », a indiqué à digitalcongo.net un analyste politique bien introduit dans la sphère du pouvoir.

Pour avoir longtemps évolué à côté du chef, Boshab est imprégné de la vision du président de la République et de son ambition de hisser la RDC au rang de pays émergent. Il peut donc accompagner le Raïs dans la réalisation de la « Révolution de la modernité », un projet dont il maîtrise le contenu.

Ses défauts sont ses qualités

On a souvent reproché à Evariste Boshab son tempérament colérique. Ses détracteurs pianotent sur cette touche pour lui coller l’étiquette de « faucon » de l’entourage présidentiel. En vérité, ce qui est perçu comme un caractère colérique n’est que l’image de sa forte personnalité, de sa fermeté et de la haute idée qu’il se fait de la discipline dans la gestion de la chose publique. On ne peut pas être un meneur d’hommes si on n’a pas assez d’autorité.

Dans la course pour l’Hôtel du gouvernement, certaines langues font prévaloir le score de Joseph Kabila dans leur province pour revendiquer la Primature. Elles écartent dans la course l’élu de Mweka dont la province a donné ses voix à l’Opposant historique Etienne Tshisekedi.

Un tel argument ne tient pas la route. Le pouvoir n’est pas un gâteau à se partager sur base des critères ethno-sentimentalo-régional. On devrait privilégier un critérium plus rationnel, notamment la compétence. Et sur ce point précis, Evariste Boshab n’a rien à prouver.

Théodore Ngangu/MMC

Course à la primature, à l’Assemblée nationale : qui du Pprd, du Msr, du Palu et de l’Arc va remporter ?

Kinshasa, 07/02/2012 / Politique

Après les résultats des législatives, la bataille s’est ouverte avec une guerre fratricide au sein de la Majorité présidentielle, mais le choix du président Joseph Kabila sera influencé par la volonté du peuple.

Les résultats des élections législatives connues, une autre bataille s’est engagée au sein de la Majorité Présidentielle. Elle aussi toute impitoyable, et peut être même plus, du fait des adversaires en face. En effet, une guerre fratricide vient de s’ouvrir au sein de la famille présidentielle et ce, sur tous les fronts. Le champ de bataille est aussi vaste que complexe. Qui ira à la tête de l’Assemblée nationale, qui siègera au sein du bureau ? A qui reviendra la primature, les postes de prestiges, notamment les ministères régaliens ?

Partie remise...

L’article 78 de la constitution règle dune manière temporaire la situation de l’Assemblée nationale. Il stipule que le Président de la République nomme le Premier ministre au sein de la majorité parlementaire après consultation de celle-ci... Si une telle majorité n’existe pas, le Président de la République confie une mission d’information à une personnalité  vue d’identifier une coalition...

La séance convoquée dans la quinzaine, aura pour objet de doter l’Assemblée nationale d’un bureau d’âge. La bataille pour le perchoir de l’assemblée n’est donc que partie remise, car, elle est tranchée par le hasard de la naissance. Ce répit n’empêche qu’en coulisse les tractations se fassent,  et que les conciliabules continuent de se tenir. Car, qui d’entre le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) vainqueur des législatives et ses parties alliées aura la présidence de l’Assemblée nationale ?

Si pour la tradition veut que ce soit le PPRD, du fait de sa victoire, mais celle-ci pour incontestable qu’elle soit, n’est pas aussi nette qu’elle aurait pu l’être. Des lors certains, ne verraient pas d’un mauvais oeil que le parti majoritaire lâche un peu de lest, car la primature devra lui revenir au risque d’être traité d’hégémonique.

Qui à la primature ?

Loin d’être un sujet tabou comme par le passé, la primature de toutes les convoitises fait déjà couler saliver et aiguise les appétits politiques. Les couteaux sont déjà sortis et les bons mots fusent de partout.

Au sein la MP, les premières salves sont de sorti. Le Palu n’en a pas encore assez, malgré 5 années de gestion. L’actuel premier ministre, M. AdoJphe Muzito ne verrait pas d’un mauvais oeil sa reconduction pour finir le travail entamé, laisse-t-il entendre à quelques proches.

Si au sein de son parti, on est d’accord pour négocier d’arrache-pied afin d’obtenir cette reconduction, l’animateur doit plutôt être change. Un courant plus qu’influent pousse à la candidature de Godefroid Mayobo. Après sa traverse du désert, l’homme de confiance du patriarche a opéré un vrai retour en grâce au sein de l’opinion du Palu, qui verrait en lui un nouveau sauveur...

Si le Palu, peut se targuer d’avoir des élus, même des généraux sans troupe n’hésitent pas à monter au front pour réclamer, la résidence du bord du fleuve. Ainsi bien que seul élu du Parti de l’Action (PA), Tryphon Kin Kiey n’a pas hésité à faire part de ses ambitions sur les antennes de la radio. En effet l’élu de Masimanimba, a laissé clairement entendre que la primature devrait difficilement échapper au Bandundu ou au Katanga. En sous entendant qu’il avait bien sur le prof il pour l’emploi.

Si les autres partis de la majorité ne se font pas encore entendre, les ambitions ne sont pas inexistantes pour autant. Avec une majorité aussi  large mais disparate, chacun voudrait voir son candidat conduire l’équipe gouvernementale. Un parti comme le MSR, fort de ses élus, peut aujourd’hui revendiquer autant que le Palu s’en faire montre d’arrogance, car les résultats des urnes parlent pour lui. A peine derrière le PPPD et l’ARC d’Olivier Kamitatu ragaillardis par une percée non négligeable ne seraient pas contre, une nomination comme 1er ministre.

Si l’article 78 de la constitution fait injonction au chef de l’Etat de nommer celui-ci après consultation de la majorité parlementaire, il à la latitude de choisir qui il veut, surtout que la majorité absolue ne revient pas à un seul parti politique.

En effet, outre les qualités d’intégrité et de compétence, d’autres critères entrent en ligne de compte. Il s’agit peut être de prendre quelqu’un de consensus, ou très technocrate, mais surtout quelqu’un qui fera la politique que le chef de l’Etat a déclaré, celle tournée vers le social (panier de la ménagère).

Et à ce jeu, toute les hypothèses sont ouvertes, même une surprise peut être réservée qui sait, si le Président de la République prend en compte l’approche Gender, d’autant plus que depuis plus de 50 ans, cette fonction n’a jamais été assumée par une femme dans notre pays.

Plus que quelques jours pour y arriver, car, Joseph Kabila sait ménager son effet, pour répondre valablement aux attentes de la population congolaise qui lui a fait confiance une fois de plus. Un avenir proche pourrait bien nous éclairer à ce sujet.

Hakim Z./Uhuru

Le parti présidentiel PPRD prêt à rafler la primature et la présidence de la future Assemblée nationale

Kinshasa, 04/02/2012 / Politique

Fort de la majorité absolue des sièges parlementaires acquises aux législatives par le camp présidentiel où il est le parti principal, le PPRD affiche d’ores et déjà et sans plus d’hésitation son ambition à diriger le gouvernement ainsi que la Chambre basse du Parlement

La course aux postes est bel et bien partie. Pendant que la Cour suprême de justice compulse les dossiers électoraux, il est désormais question de la désignation du Premier ministre et du bureau de l’Assemblée nationale, avec en primeur l’élection du président de cette institution. Dans les deux cas, le PPRD ne cache plus ses ambitions. Il tient aux deux postes : la Primature et la présidence de l’Assemblée nationale. 

Les « bureaux d’études et d’analyses » tournent à plein rendement dans les états-majors des partis politiques. Observation normale depuis que la CENI a publié les résultats provisoires des législatives. Le nouveau paysage politique, abstraction faite aux contestations, est bien clair. D’un côté, le camp Kabila dispose de la majorité absolue avec plus ou moins 341 sièges, et de l’autre l’Opposition avec 119 sièges. 

Selon les dispositions réglementaires, le Premier ministre sera présenté, avant d’être désigné ensuite par le président de la République, par la majorité parlementaire. Dans le cas d’espèce, il sortira des rangs de la Mouvance présidentielle. L’on se souviendra que dans ce chapitre, la course à la Primature avait été déjà lancée. Restait seulement à attendre la proclamation de tous les résultats provisoires des législatives pour que cette course soit effectivement ouverte.

Les choses étant maintenant ce qu’elles sont, la configuration de la Mouvance présidentielle se présente de la manière suivante : PPRD, PPPD, MSR, PALU, ARC, AFDC…. Mais les rumeurs les plus persistantes et concordantes font état de ce que le PPRD, parti-phare de la majorité présidentielle, est bien partant pour présenter son candidat afin qu’il soit Premier ministre, confirmé ensuite par le chef de l’Etat. Les tractations sont en cours et seraient même très avancées. A ce propos, dans les couloirs de la MP, l’on avance le nom du professeur Evariste Boshab, comme premier ministrable. 

Au fait, selon toujours les mêmes milieux, l’on affirme que l’on a tiré les leçons utiles de la dernière législature. Le PPRD étant largement en tête et son leader répondrait au profil requis pour ce poste, il ne serait pas du tout envisageable de procéder à des «alliances» qui prendraient en otage le président de la République et toute la Mouvance présidentielle. Voilà pourquoi le PPRD est partant à ce poste et bat campagne dans ce sens. 

Bureau de l’Assemblée nationale 

L’on s’empresse de préciser que l’élection du bureau de l’Assemblée nationale obéirait à la même logique. Aussi, le président du bureau ne peut être qu’un haut cadre de ce parti. A ce sujet, la balance penche du côté de l’actuel secrétaire général de la Majorité présidentielle, Aubin Minaku. 

Deux éléments militent en sa faveur en plus des fonctions politiques qu’il occupe en ces instants précis au sein de cette famille politique. Il s’agit du fait que pendant la dernière législature, il a été le chef du groupe parlementaire du PPRD. A ce titre, il a eu à gérer les humeurs des uns et des autres pour que les interventions de ce bloc parlementaire soient qualitatives. 

De deux, le fait d’être déjà parlementaire lui ouvre les portes pour accéder à ce poste et gérer au mieux les ambitions de la majorité parlementaire, mais surtout faire la différence en vue de mieux assurer la police des débats au regard des intérêts supérieurs de la nation. Le PPRD est convaincu de ses qualités intellectuelles et morales pour briguer ce poste. 

Les ambitions légitimes du PPRD ne s’arrêteraient pas à la Primature et à la présidence de l’Assemblée nationale. Elles visent également le Sénat, quoi qu’à ce stade, les provinciales, les municipales et les locales n’ont pas encore eu lieu. Mais le PPRD préfère ne pas courir mais partir à point, comme c’était le cas avec la présidentielle et les législatives. Avec cette note supplémentaire qu’il faut à tout prix laver l’affront subi lors de la dernière législative du fait que ce poste a été occupé par l’Opposition. Le PPRD tient à occuper tous les postes stratégiques.

La cohésion du groupe 

Pour atteindre cet objectif, le PPRD a l’obligation morale et politique de négocier avec les «piliers de la Mouvance présidentielle». Notamment le MSR, PALU, ARC et AFDC, pour ne citer que ces formations politiques. Ces partis sont porteurs d’une nouvelle dynamique tant au sein du gouvernement que de l’Assemblée nationale, et plus tard au niveau du Sénat. 

En effet, il est une réalité de ces élections qu’aucune tendance ne peut ignorer l’autre. C'est-à-dire qu’aucun de grands partis politiques ne peut, à lui seul, initier une motion, entreprendre une quelconque démarche parlementaire sans bénéficier du soutien des autres. Seul, le PPRD ne peut même pas repousser une motion de défiance ou de censure. Mais avec les autres, il le pourra. 

C’est dire que la répartition des postes ministériels, au sein des bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat doit obéir à cette logique. Y réfléchir autrement pour des raisons inavouées conduirait à des fissures et ébranlerait la cohésion du groupe. 

Le chef de l’Opposition 

L’on serait incomplet si l’on ne s’attardait pas sur la désignation du chef de file de l’Opposition. Cette exigence, on le sait, n’a pas été accomplie lors de la dernière législature. Certes, l’on croyait toujours à une libération du sénateur Jean-Pierre Bemba, président national du MLC, deuxième force politique en 2006, détenu à La Haye (Pays-Bas). Cette fidélité a malheureusement porté un coup dur à l’Opposition, décapitée, du fait aussi de l’UDPS qui n’était pas partie prenante aux élections 2006. 

Il convient maintenant de réparer cette erreur stratégique et de prendre toutes les dispositions qui s’imposent. C’est-à-dire, y réfléchir sérieusement sur les réponses qui pourraient être données aux revendications de l’Opposition qui continuent de contester les résultats de ce scrutin. Et si l’UDPS se retirait de la course, envisager la solution de rechange. Realpolitik oblige dans cette perspective de continuer à mener le combat sur tous les fronts.

Le Potentiel


(DN/Milor/GW/Yes)

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