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22/02/2012

L'Europe sur un baril de poudre... derrière la faillite de la Grèce, la bombe des CDS

 

L'Eurogroupe a adopté ce lundi soir un deuxième plan de sauvetage pour la Grèce. Montant : 130 milliards d'euros de prêts. Mais la crise n'est pas encore derrière nous. La faute aux CDS grecs, ces contrats financiers passés entre acheteurs et vendeurs de protection qui impliquent nombre de banques européennes.

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La faillite de la Grèce sera un choc pire que celui de Lehman Brothers.

La faillite de la Grèce sera un choc pire que celui de Lehman Brothers.  Crédit Reuters

« Un défaut de paiement de la Grèce aurait plus de conséquences sur le système que la faillite de Lehman Brothers » 
John Paulson, Bloomberg, 15 février 2012.

« Imaginez que la Grèce ne rembourse rien, ou tout au plus 10 % de sa dette totale. Ce n’est pas simplement le gouvernement grec mais le secteur privé qui va faire faillite. Ceci signifie que les banques d’autres pays auront des ennuis, ce qui implique qu’elles seront nationalisées. Les gouvernements n’ont pas d’argent pour cela, donc ils endosseront encore plus de dettes. C’est la réaction en chaîne à laquelle je m’attends en 2012  » 
Felix Zulauf, Barron, table ronde de janvier 2012.

Voici deux hommes du système qui dénoncent le cataclysme que serait une faillite de la Grèce. John Paulson est le gérant du fonds spéculatif Paulson. Il avait vu venir la catastrophe américaine de la crise des crédits subprime[1] et avait su en prémunir ses clients.

Felix Zulauf gère le fonds Zulauf Asset Management. Il s’est forgé une réputation mondiale de lucidité et avait déjà vu venir le coup du krach de 1987. Le 20 janvier 2012, il précisaitdans le quotidien suisse Le Temps que l’ardoise se monterait à 700 ou 800 milliards d'euros, dont 200 à 300 milliards supportés par la BCE.

Comment est-ce possible ? Le PIB de la Grèce n’est que de 200 milliards d'euros et il est de notoriété publique que la Grèce est endettée pour environ deux fois son PIB. 400 milliards d'euros contre 700 à 800 milliards €, le compte n’y est pas...

Mais c’est possible grâce au maléfique effet de levier des produits dérivés et notamment les CDS (Credit Default Swap), qui permettent de s’assurer contre un risque. Un risque est un « événement de crédit », c’est à dire une créance impayée partiellement ou totalement. Cette assurance est vendue par le monde financier au monde financier.

Bienvenue du côté de la force obscure du shadow banking

Au total, les produits dérivés pèsent 700 000 milliards de dollars. Ils se négocient de gré à gré dans des places de marché échappant à toute régulation.

Dans la crise 1 – celle du crédit subprime - on titrisait des créances de pauvres qui ne rembourseraient jamais pour les vendre à des financiers qui ne comprenaient pas ce qu’ils achetaient. Les produits dérivés pesaient alors 600 000 milliards de dollars. Quelques CDS ont causé la faillite des banques Bear Stearns et Lehman Brothers, de l’assureur AIG.

Dans la crise 2 – celle du crédit souverain subprime - des banques insolvables achètent des obligations souveraines de pays insolvables. La masse des produits dérivés a augmenté de 16,67 %. Le produit roi de cette crise est le CDS souverain.

Lors des tractations avec la Grèce un obscur bras de fer s’est déroulé pour que les investisseurs privés (ces banques que le contribuable renfloue dès que nécessaire) prennent volontairement leurs pertes. Sinon, les CDS se déclencheraient.

Parfait, les assurés lucides s’en tireraient et les assureurs paieraient. Tri du bon grain de l’ivraie et vae victis. Mais pas si simple...

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