Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

01/03/2012

CONGO/KINSHASA : LES SERVICES DES RENSEIGNEMENTS SOUS KABILA SONT-ILS PLUS PUISSANTS, PERFORMANTS, « EFFICACES » QUE SOUS MOBUTU ?

LES SERVICES DES RENSEIGNEMENTS SOUS KABILA SONT-ILS PLUS PUISSANTS, PERFORMANTS, « EFFICACES » QUE SOUS MOBUTU ?

 

Ma réponse est, sans nul doute, affirmative au regard de la rencontre fortuite que je viens de faire sous le coup de midi – je ne parle pas du démon du midi, non pas ça, l’heure tapante pile poile – avec un ancien officier des renseignements mobutistes, incarcéré sous Kabila fils à la suite d’un différend parcélaire, du moins prétend-t-il, avec un ancien ministre du président, et qui vit désormais en exile ici en Belgique. Je me trouvais dans un call Center de Louvain-La-Neuve lorsqu’il fit irruption tel un volcan. Il n’en fallait pas plus pour que le tenancier me le présente, en rigolant ! Ah, me dit-il, voici monsieur le professeur un de vos compatriotes congolais, mais qui, hélas, s’énerve tous les temps. Pourtant, je lui avais prévenu, poursuit-il, que souvent ici aux pays des Blancs, les étrangers entraient facilement en dépression. Malheureusement, au début il ne voulait rien savoir. Car, il était déterminé à en finir avec la pauvreté de ses frères congolais restés derrière lui sous la misère. Aujourd’hui, heu ! que dis-je, explique toujours le tenancier du call, il n’en peut plus, il est submergé des demandes, il est harcelé, au point où les uns le menacent de mort si ils ne l’injuriaient pas. Débordé, de part en part, il est proche de la psychiatrie …

Aïe ! pactisai-je, car encore une fois l’homme était un baluba, un frère donc, de la province mitoyenne du Kasaï oriental, ou occidental, peu importe, c’est du pareil au même.

Mais, à peine que j’eus tenté de le raisonner, que le tenancier me déconseilla. Car, semble-t-il, il n’écoute pas les conseils. Effectivement, car malgré les oreilles et les yeux indiscrets, que l’ancien officier mobutiste se lança dans une diatribe contre les belges blancs, et leurs autres frères occidentaux. Tout de suite, je me reconnaissais dans ses diatribes. Parce qu’étant moi-même, très souvent, coutumier du fait. Donc, ce fût avec une attention soutenue que je l’écoutai, en me demandant si à chaque instant un des belges qui était là n’allait pas agripper l’un de nous ? Heureusement non car sur le moment, ils étaient minoritaires. Car, il s’y trouvait beaucoup plus d’arabes, de noirs, que de blancs.

Il serait mieux qu’on sorte, me proposât le compatriote officier. Dehors, il se mit à parler du régime actuel, il critique, assène les mauvais points. Il se tourne, me fixe, et me demande heu pardon ! vous avez soutenu Tshisekedi, ou Kabila ? Plutôt le second, répondis-je ! Il s’étonne ! Il ne comprend pas ! Comment ça, rouspeta-t-il ? Et se reprit immédiatement, en tempérant, nous sommes en « démocratie ». Poliment, il voulût savoir les raisons qui me tenaient à soutenir Kabila plutôt que Tshisekedi ? Je lui en donnai, le même discours qu’on sait, à savoir que cet homme-là nous avait fait perdre tant de temps, et d’occasions, dont si nous en avions saisi, nous auraient permis de conquérir le pouvoir au détriment des mobutistes dès septembre 1991, et peut-être n’aurions-nous JAMAIS connu les KABILA ? Ah ! c’est vrai, je n’ai jamais fait pareille analyse. Et, pourquoi ne l’aviez-vous pas, vous, soutenu, lui demandai-je ? Mais mon frère, vous savez bien qu’il n’est pas congolais. Pas tout le monde, dis-je. Parce que pour moi, il était bel et bien congolais. Pourquoi, voulût-il savoir ? Parce que je crois au camarade Mzee Laurent-Désiré KABILA, c’est lui qui nous l’a présenté comme son fils estimé, aimé, et qui plus est son héritier politique et militaire (avec mon ex collègue du banc universitaire le colonel Eddy Kapend, qui est en prison en ce moment). Ensuite, être congolais, c’est être de réputation créatrice, productrice, et inventrice d’histoire. Il ne suffit pas de le dire, de le clamer, de protester, mais d’être encore utile à ses terres, et digne de celles-ci.

Regardez, dis-je, ce que Joseph Kabila Kabange a fait en cinq ans, et vous verrez qu’il est plus congolais que Mobutu, Kengo, et tous les mobutistes, tous les universitaires qui l’entourent en ce moment. Mais, mon frère, m’interpelle-t-il, le peuple ne mange pas des routes, et/ou des autoroutes. Vous savez raison, tempérai-je, à mon tour. Mais non, sans ajouter, que le développement d’un pays dépend absolument de la construction des routes, des autoroutes. Parce que de leur prolifération, et de leur modernisation dépend la libre et intense circulation de biens et de personnes sur toute l’étendue du territoire national, voire vers d’autres pays africains, et du monde entier. C’est vrai, lui fis-je savoir qu’il avait raison, non pas pour me voir remettre en cause le programme présidentiel qui y consiste dans la vaste réhabilitation routière, mais sans doute dans l’attention quasi forte que le président de la république et son futur gouvernement devront porter sur l’amélioration quasi absolue des conditions sociales de la population, et de la situation économique voire politique du pays. Quel salaire souffleriez-vous dans l’oreille du président si vous étiez son conseiller, m’interpella-t-il ? Gêné, car ne me voyant nullement dans un tel rôle quand on n’est pas sur place à Kinshasa pour se faire soit parrainé, soit introduit auprès du Chef de l’Etat, je me mouillai quand même, en lui répondant 100 dollars (cent dollars us) pour un ouvrier congolais.

Que Dieu vous entende ! Car, ne vous répondra-t-il pas qu’il n’y avait pas assez d’argent pour ce faire, me dit-il, avec un sourire en coin malicieux. Mais non monsieur l’officier, il y a de l’argent dans notre pays. Car, si des privés peuvent se procurer des jets privés, des châteaux, non en Espagne, mais en Belgique, en France, en Allemagne, en Hollande, à Kinshasa, à Lubumbashi, à Kisangani, et sur toute l’étendue du territoire national, ce qu’il y a des sous dans notre pays. Je pense, poursuis-je, qu’on n’essaye pas toujours d’y instruire comme il se devait le chef de l’Etat dans ce sens-là. On ne lui en dit pas assez. Il n’y a pas un « moustique » pour pleurnicher dans ce sens-là (bien-être du peuple congolais) matins, midis, et soirs. La répétition étant la mère des sciences, à force de lui dire, de lui faire comprendre que c’était de son intérêt majeur de servir d’abord son peuple, il n’hésitera point, sûr et certain – même si je ne l’ai jamais ni vu, ni rencontré (mon grand frère Evariste Boshab encore moins depuis tout ce temps qu’il est à ses cîotés) – d'augmenter le salaire de l’ouvrier congolais à plus au moins 100 dollars us net d’impôt.

Après m’avoir dit que pour la première fois, il s’était retrouvé, en face d’un kabiliste honnête, convaincant et brillant (même si je tins, en vain, qu’il précisât « kabiliste père » que je connus par le camarade Moreno KINKELA interposé ex et défunt mémorable président du Front Patriotique et Ministre des PTT, alors que le fils Kabila depuis qu’il y a accédé au pouvoir, je ne connais directement AUCUN de ses collaborateurs immédiats), il me demanda de ne pas encore partir chez moi. Car, il tenait à me raconter ses déboires avec les services des renseignements de Joseph Kabila Kabange ! Mais, mon ami, lui dis-je, excusez-moi, je dois partir rechercher mes enfants de l’école. Vous avez parlé, je vous ai attentivement écouté, c’est la même histoire avec les kabilistes, ils veulent toujours faire la propagande de leur champion, mais pas à écouter ses points faibles, critiquât-il. Je lui dis de ne pas s’énerver, qu’il pouvait me raconter très brièvement son histoire même si je ne voyais pas ce que je pouvais en faire.

Mon frère, dit-il, « j’ai fait 24 mois de prison à Makala pour un conflit parcélaire. En cause un ministre de Joseph Kabila. Il m’avait prit mon immeuble de la Gombe que j’acquis au moment où je travaillais comme officier des renseignements sous Mobutu. La partie adverse m’ordonnait de lui céder tous les titres originaux relatifs avec mon bien. Comme je refusai, elle m’a jeté en prison sans sommation. On était venu, comme ça, me prendre chez moi à la maison ». « Une fois dans l’enceinte de la prison, on est livré à tous les traitements dégradants pas possible. Mais le plus curieux, c’est des enlèvements qui y étaient opérés nuitamment ». « En fait là-dedans il y avait des faux prisonniers ! Mais dont le but de la mission y consistait à renseigner ceux pour lesquels ils travaillaient des faits et gestes des co-détenus ! ». Pas possible, m’exclamai-je ! Vous mentez, poursuis-je ! Croyez-moi monsieur, répliquât-il, même si vous avez du mal à entendre les méfaits du régime que vous soutenez ! Ce n’est pas que je refuse d’entendre, dis-je, mais qu’il y ait au sein des prisons des gens qui acceptent de faire de la prison pour rien même moyennant un salaire, je n’en crois pas un mot !!! Mais, il n’en démord pas : « La nuit, comme ça, soit on vient prétendre libérer Untel ou Untel, alors que c’en était soit Untel ou Untel qu’on vient emprisonner, alors qu’il vient simplement suppléer » !

Vous êtes-vous déjà rendu dans votre pays depuis que Joseph Kabila est au pouvoir, m’interrogea-t-il ? Bien sûr ! Et, vous n’avez jamais été inquiété, demandât-il ? Non ! pourquoi, répliquai-je ? Parce que, expliquât-il, dès la descente à Ndjili vous êtes suivi jusqu’à l’endroit où vous y allez logé. Et, alors, voulus-je savoir davantage ? Parce que, voyez-vous cher frère, dit-il, le régime paye des espions pour chaque passager congolais en provenance de l’Europe, et surtout de Belgique, de France, et d’Angleterre. Pour chaque passager congolais, vous mentez, lui dis-je, car il va falloir des milliers de dollars pour payer tous les espions n’est-ce pas ? Mais qu’importe mon frère, dit-il, Kabila s’en fout, mais alors royalement, ce qui importe c’est son pouvoir à lui, c’est tout. Non ! mon ami, dis-je, vous auriez raison si vous me disiez que les services des renseignements congolais espionnaient ses opposants les plus marquants, car toi et moi, je doute fort, personne ne nous connaît. Mais mon frère, j’ai servi dans les services secrets mobutistes, et me voici aujourd’hui en exile à cause du différend parcéllaire et compagnies, mais surtout à cause de votre champion de malheur, conclût-il. C’est ce que vous avez raconté à l’Office des Etrangers pour obtenir l’asile politique en Belgique, répliquai-je. Mais, bien sûr, qu’en aurait-il été d’autre selon-vous, me demanda-t-il ? Hum ! dis-je.

C'est que je lui ai dit y a consisté au fait qu’à l’époque de Mobutu AUSSI beaucoup de choses, de déviations politiques, morales, économiques, minières, agricoles, voire culturelles y étaient mises maladroitement, malencontreusement sur son compte. Mobutu n’était pas sensé tout connaître, tout contrôler. C’est comme ça qu’il eût des personnages zélés comme Nzimbi, Baramoto, Honoré Ngbanda, Mobutu Kongolu, etc. qui massacraient et/ou terrorisaient la population. Bien sûr, il est du devoir, le cas échéant du président Joseph Kabila Kabange -, non pas de tout contrôler, c’est quasi impossible -, mais au contraire de sévir « aradjicalement » les coupables pris sur les faits. Car, c’est pour ça qu’on est chef de l’Etat, et non seulement pour se faire masser le dos, ni je ne sais encore quoi d'autre ! Ah quelle journée, oh my God ?

 

Antoine-Dover OSONGO-LUKADI

Les commentaires sont fermés.