Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

05/04/2012

CONGO/KINSHASA MADAME LA VEUVE CHEBEYA FLORIBERT DE SON PRENOM IRA JUSQU EN ENFER SI IL LE FAUT POUR CONNAITRE SA VERITE

 

03/04/2012 à 17h:04 Par Jeune Afrique
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Menacée, Annie Chebeya a dû fuir la RDC et s'exiler au Canada. Menacée, Annie Chebeya a dû fuir la RDC et s'exiler au Canada. © Camille Millerand pour J.A

Malgré la douleur, Annie Chebeya, la veuve du militant des droits de l'homme congolais assassiné, est bien décidée à poursuivre le combat. Pour elle, la justice n'a pas été rendue malgré le procès filmé par Thierry Michel. Un documentaire-témoignage qui sort le 4 avril en France, en partenariat avec Jeune Afrique.

Juin 2010, le réalisateur belge Thierry Michel, auteur de documentaires très remarqués sur la RDC (Mobutu roi du Zaïre, Congo River), apprend qu'on vient d'assassiner à Kinshasa un militant des droits de l'homme connu internationalement, Floribert Chebeya. Le corps du président de l'ONG La Voix des sans-voix est retrouvé à moitié dénudé dans sa voiture, et les autorités évoquent un crime sexuel. Impossible, se dit le cinéaste, qui flaire immédiatement un montage.

Il part alors caméra au poing pour Kinshasa. Et se rend vite compte que son intuition ne l'a pas trompé. Floribert Chebeya avait été convoqué par l'inspecteur général de la police, le général John Numbi, un homme tout-puissant proche du chef de l'État Joseph Kabila et sur lequel il enquêtait. Son chauffeur, Fidèle Bazana, qui a conduit son patron à ce rendez-vous, a quant à lui disparu. Le scandale, vu la personnalité du disparu et l'énormité de la mise en scène grotesque de sa mort, prend vite de l'ampleur non seulement dans le pays, mais également à l'échelle internationale. La version policière officielle, très vite contestée, devra être abandonnée. Des responsables au plus haut niveau sont mis en cause, comme le colonel Mukalay, chef des services spéciaux, qui est arrêté avec plusieurs de ses collègues.

Thierry Michel enquête auprès des familles des deux victimes ainsi que des principaux témoins de l'affaire. Puis il suit et filme de bout en bout le long procès des accusés du meurtre de Chebeya et de la « disparition » de Bazana qui se tient six mois plus tard devant une juridiction militaire. Un procès au cours duquel, curieusement, le principal suspect, le général Numbi, suspendu de ses ­fonctions, est entendu comme simple témoin puisqu'« il ne peut être jugé que par un magistrat militaire plus haut gradé » et qu'« il est le plus haut gradé de l'armée » ! Le 23 juin 2011, le verdict est très sévère : quatre peines de mort, dont celle de Mukalay, et une condamnation à la servitude pénale à perpétuité. Trois de ces jugements le sont par contumace, et la sérénité des prisonniers à l'énoncé de la sentence laisse penser qu'ils n'imaginent pas finir leurs jours en prison.

Les commentaires sont fermés.