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25/05/2012

ISRAËL : LES JUIFS ORGANISENT A LEUR TOUR LE RAPT DES NEGRES MAIS OU ALLONS-NOUS OH MON DIEU ?

En Israël, charge raciste contre les Africains
(Le Temps.ch 25/05/2012)



Une manifestation contre les immigrés a dégénéré en «chasse aux nègres». Trois cent mille clandestins se sont installés depuis 2001 en Israël, où ils subsistent dans le dénuement.

«Est-ce que vous accepteriez que des étrangers s’installent dans votre cage d’escalier et qu’ils chient devant votre porte?» Comme ses voisins de Neveh Shaanan, un quartier défavorisé du sud de Tel-Aviv, Aaron Azoulay a participé mercredi soir à la première manifestation violente de l’histoire d’Israël contre les immigrés africains. Une marche de protestation contre la présence massive d’immigrés subsahariens en Israël qui a rapidement dégénéré en «chasse aux nègres».

Encouragés par les sbires du Kach, un parti d’extrême droite dirigé par le député Michael Ben Ari, mais également par des députés du Likoud, le parti de Benyamin Netanyahou, les manifestants ont détruit des vitrines de magasins et des voitures transportant des Africains. Certaines des 17 personnes arrêtées frappaient des femmes et des enfants pendant que l’un de leurs amis leur lançait des crottes de chien au visage.

«Les invectives racistes des manifestants faisaient penser à celles que l’on entendait durant les pogroms antisémites d’avant-guerre. Ça ressemblait à un pogrom, j’ai honte», lâche un responsable de Médecins pour les droits de l’homme, une ONG qui soigne ces immigrés pour pallier le désintérêt des autorités.

Au lieu de calmer la tension, la députée Miri Regev (Likoud), qui a participé au défilé, a déclaré jeudi qu’elle «ne condamne pas la violence». Elle a également présenté les Africains comme un «cancer». Quant au ministre de l’Intérieur Eli Yishaï (Shass), il a proposé de les «placer immédiatement dans des centres de rétention avant de les renvoyer chez eux parce qu’ils constituent un danger pour le caractère juif d’Israël». Il a par ailleurs confirmé ses déclarations précédentes selon lesquelles «les clandestins apportent le sida et d’autres maladies».

Depuis 2001-2002, environ 300 000 immigrants originaires du Soudan, d’Erythrée, mais également du Nigeria, de Côte d’Ivoire et du Congo se sont installés clandestinement en Israël en traversant le désert du Sinaï (Egypte) avec l’aide de passeurs bédouins. Selon Benyamin Netanyahou, ce chiffre pourrait «atteindre 600 000 d’ici un an ou deux».

Pour enrayer ce flux, Israël construit actuellement à Ketziot, dans le désert du Neguev (LT 03.05.12) une prison susceptible d’accueillir jusqu’à 50 000 clandestins. En outre, il installe le long de sa frontière avec l’Egypte une clôture électronique doublée de postes de surveillance. Un ouvrage de 240 kilomètres de long qui devrait être achevé au début de l’automne.

Mais en attendant, les Africains continuent d’affluer au rythme de 5000 à 7000 par mois. «On en compte plus de 70 000 rien qu’à Tel-Aviv où ils représentent 15% de la population», fulmine le maire de la ville Ron Huldaï. «Ils s’entassent dans les quartiers plus pauvres, dorment dans les parcs publics, à même le trottoir, ou squattent les appartements vides. A l’exception de quelques ONG, personne ne s’occupe d’eux.»

Les immigrants côtoient une population locale à peine moins défavorisée qu’eux et cette cohabitation se passe mal. Car les cas de harcèlement sexuel, de viols, de vols et de déprédations diverses sont nombreux, en hausse de 400% par an selon la police.

En avril, un habitant du sud de Tel-Aviv a ainsi lancé des bouteilles incendiaires contre une garderie accueillant des enfants noirs pour protester contre les clandestins campant au pied de son immeuble. D’autres ont créé des milices chargées «d’accompagner nos filles qui n’osent plus se promener en rue». Quant à Ron Huldaï, il annonce la mise sur pied d’une police privée qui suppléera les unités de gardes-frontière armés que le ministre de la Sécurité intérieure, Yitzhak Aharonovitch, veut déployer dans les villes à forte concentration d’immigrés.

«Ce n’est pas comme cela que l’on résoudra le problème», rétorque Sigal Rozen, porte-parole de l’ONG Hotline for migrant workers (HMW). «Pour avancer, il faudrait que les immigrants soient considérés comme des êtres humains et traités comme tels mais ce n’est pas cette voie que le gouvernement a choisi d’emprunter et il risque de la payer cher.»



Serge Dumont

 

 

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