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27/05/2012

CONGO/KINSHASA : POURQUOI JE M'APPELLE TERMINATOR II ?

Arrestation de Bosco NTAGANDA: le jeu se joue entre KABILA et KAGAME

Bosco-Ntaganda.jpgLors de son récent séjour à Goma, Joseph Kabila a révélé ses intentions de vouloir traduire le général Bosco Ntaganda en justice.
« Au nom de la paix », il ne s’oppose plus à l’arrestation de ce général recherché par la justice internationale. A défaut de le livrer
directement à  la CPI, Kinshasa envisagerait de le faire juger, avant tout, par les juridictions de la RDC. « Nous pouvons nous mêmes
arrêter Bosco Ntaganda car nous avons cent raisons de l’arrêter et de le juger ici au pays », a affirmé mercredi 11 avril le chef de l’Etat
congolais, Joseph Kabila, en séjour à Goma (Nord-Kivu). C’était au cours d’un entretien avec les différents représentants de la société
civile à l’Hôtel Ihussi. Selon Joseph Kabila, cité par Radio Okapi, «les crimes que Bosco Ntaganda a commis ici au pays ne nécessitent pas
son transfèrement à la CPI ».
S’agit-il d’un divorce entre ces deux complices du «rétablissement de la paix» au Nord Kivu ? Difficile de l’affirmer à l’état actuel des
choses.
Bosco Ntaganda a, à  la fois, protégé le pouvoir Kabila et servi les intérêts de Kagame au Nord-Est de la RDC. Il en sait trop sur Kinshasa
et Kigali pour pouvoir être  lâché sans, au préalable,  des mesures de précaution.
«Il a commis des crimes dans la province du Nord-Kivu et à Goma. Il sera jugé à Goma», a dit Joseph Kabila, cité par Reuters.
Deux semaines avant cette déclaration de Joseph Kabila, la panique était générale au sein de la population du territoire de Rutshuru. Et
pour cause, l’annonce, la nuit du dimanche au lundi premier avril 2012, du retrait des soldats ex-CNDP des camps militaires (avec armes
et munitions) sur ordre du général Bosco Ntaganda. Bien avant cela, la veille, Bosco lui-même avait fait mouvement de Goma vers Kitsanga. Les
ex-CNDP avaient ainsi vidé les camps militaires de Kabira, Rugarama et Mugogo pour faire mouvement vers Rutshuru-centre, rejoindre le grand
camp militaire avant de se diriger vers la forêt de Runyoni au pied des volcans faisant frontière avec le Rwanda. Ceux des camps
militaires de Rubare, Nyongera et Kitshanga avaient remonté vers Tongo pour rejoindre le grand camp militaire de Rumagabo afin de se déployer
dans la forêt au bas du volcan Sabinyo.
Ces retraits, ajoutés aux désertions en cascades enregistrées ces derniers temps dans les rangs des FARDC ne pouvaient qu’inquiéter les
populations locales.
    La rumeur sur l’éventuelle arrestation de Bosco Ntaganda aurait été a la base de ce mouvement des troupes, avait tenté d’expliquer
certains milieux proches de la région militaire de Goma. C’est le passage du vice-premier ministre belge et ministre des AE M. Reynders
à Kinshasa qui aurait fait monter la tension dans le camp de Bosco. L’on croyait savoir que ce ministre belge avait réussi à  convaincre
Kabila de la nécessité de faire arrêter Bosco afin de récupérer la confiance de la communauté internationale après des élections bâclées
qui ont fragilisé son régime.
  Et le général Bosco Ntaganda a voulu précéder les évènements en faisant une démonstration de forces dont il serait capable d’actionner
au cas où l’on tenterait de l’arrêter. Le  lundi 02/04 sur Goma, il avai organisé une démonstration de forces en faisant circuler, dans
les artères de la ville, une vingtaine de jeeps bondées de soldats rwandophones lourdement armés de lance-roquettes et des mitraillettes
: ce qui avait suffit pour faire paniquer toute la ville et se environs.
   
  Laurent Nkunda en remplacement de Bosco Ntaganda ?  
   Kinshasa et Kigali se seraient mis d’accord sur le principe de l’arrestation du général Bosco Ntaganda. Mais,l’épineuse question de
trouver son remplaçant et le moment propice pour l’arrêter se poserait encore. Kigali ne peut se risquer de lâcher Bosco pour le moment au
risque de voir les FDLR progresser rapidement vers les frontières poreuses entre les deux pays. Nos sources indiquent que Kagame aurait
exigé qu’un remplaçant valable de Bosco soit trouvé avant d’envisager quoi que ce soit. C'est-à-dire qu’il faut trouver un autre officier
capable de récupérer les ex-CNDP pour le compte de Kigali. Son dévolu aurait été jeté sur Laurent Nkunda. ce qui n’arrange pas du tout
Kabila pour le moment.
    En effet, le président congolais est en train de vouloir récupérer la confiance des populations congolaises qui l’ont complètement vomi.
Sa stratégie actuelle est de s’attirer la sympathie des leaders d’opposition afin de former un gouvernement d’union nationale.  Faire
revenir Laurent Nkunda aux affaires serait un suicide pour le régime Kabila qui tente de colmater les brèches ouvertes par sa politique
d’alliance sans limite avec Kagame.
 
   Arrestation de Bosco : une tache difficile?
  Pour l’instant, Bosco détient non seulement un stock de matériel militaire conséquent mais également des troupes fidèles à lui,
disposées à se battre pour le défendre. Il aurait même donné l’ordre à ses proches de le tuer au cas où la situation arrivait à se détériorer
pour ne pas être arrêté vivant.
  Il serait déjà entrain de faire des appels de pieds en direction de certains groupes comme APCLS, PARECO, SHEKA dans la logique d’une
stratégie de mise à feu de toute la région en vue de contraindre ses ennemis de desserrer l’étau autour de lui.
  Kigali a encore besoin de lui et Kinshasa n’a pas les moyens de le faire plier sans l’apport du Rwanda. Bien plus, l'armée congolaise ne sait plus le localiser.
«L'armée congolaise ne sait pas où il se trouve», a déclaré à Reuters Didier Etumba.
   Le fait d’avoir osé narguer les forces de Kabila dans la ville de Goma à quelques mètres de la frontière rwandaise prouve à suffisance
que les forces rwandaises n’ont aucun intérêt à l’inquiéter. Rappelons que Bosco venait de séjourner à Kigali du 16 au 18/03 sur invitation
de Kagame en vue de donner des précisions sur le dossier de la cargaison de cassitérite retrouvée en Israël sans que les services
rwandais ne soient au courant. Dans l’entourage de Bosco, on estime que s’il est rentré à Goma c’est qu’il a pu prouver son innocence, ou
tout au moins son ignorance, sur les véritables propriétaires de cette cargaison qui devrait être échangée contre des armes apparemment pour
le compte de RNC.
    Afin d’éviter toute surprise, le commandement EMG-FARDC/Kinshasa vient de décider l’envoi des renforts en provenance de Kinshasa et
Kisangani comprenant les militaires des régiments formés par les Belges, les SudAf et les Américains.

       Les FARDC jouent à l’apaisement 
         Compte tenu de l’ampleur des désertions (Rutshuru, Masisi, Walikale, Uvira, Fizi, Baraka, etc….), le gouvernement congolais a
préféré jouer à l’apaisement en présentant la situation comme un phénomène d’indiscipline au sein de l’armée qui devrait être résolue
par des sanctions à l’égard de ces soldats récalcitrants, dont nombreux sont en train de rentrés selon une version officielle non
vérifiable. Dans un communiqué publié jeudi 6 avril, le gouvernement congolais dit être préoccupé par l’insécurité qui sévit actuellement
dans les provinces du Nord et Sud Kivu et qui crée une sorte de psychose au sein des communautés locales. Il appelle, à la stricte
observance de la discipline militaire, les hommes des troupes indisciplinés qui érigent des barricades non autorisées et perturbent
l’ordre public et la quiétude de la population. Au même moment, le commandant des opérations des FARDC à Goma a appelé tous les
militaires sous son commandement à la discipline et au loyalisme.
Pour démontrer que la situation n’est pas du tout alarmante et surtout qu’elle ne relève pas d’un soulèvement des soldats rwandophones
supposés avoir été intégrés sans problème au sein de l’armée congolaise, il a été demandé au CNDP (parti politique) d’intervenir à
travers une déclaration politique afin de clarifier sa position. Le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) a ainsi condamné la
tentative de défection de certains militaires congolais dans la nuit de dimanche à lundi 2 avril à Rutshuru. Dans un communiqué daté du 04
avril, il a mis en garde tous ceux qui tirent des ficelles pour réchauffer les esprits des militaires en vue d’une éventuelle nouvelle
guerre en RDC en relevant les conséquences fâcheuses qui surgiraient d’une telle guerre dans le pays. Le CNPD a dit réitérer son
attachement à l’accord de paix signé en mars 2009 à Goma. Voilà une démarche purement symbolique pour apaiser les tensions interethniques.
Cela est pour la forme.

Lutte de succession autour de Bosco
Une de nos sources à Goma nous dit que la situation est tendue dans l’entourage de Bosco Ntaganda qui ne sait plus maitriser ses
lieutenants. Tout a commencé avec la rumeur persistante de l’arrestation possible de Bosco par Kinshasa sur un accord tacite de
Kigali après certaines modalités à convenir entre les deux capitales. Cette rumeur a suffit pour créer une psychose autour de Bosco car
certains de ses collaborateurs se jugent capables d’être responsabilisés et donc de le remplacer valablement. Ils lorgnent, en
quelque sorte, sur tous les avantages financiers que ce poste entrainerait logiquement. Dans ce cadre, certains officiers proches de
Bosco se seraient rendus à Kinshasa en catimini pour concertation. Ces officiers pensaient que le dossier était aussi facile et que Kabila
pouvait décider seul sur la personne qui remplacerait Bosco au moment opportun alors que Kigali n’avait pas encore dit son dernier mot (la
pression FDLR, RNC et Alliés devenant de plus en plus forte dans les deux Kivu).  Dès leur retour de Kinshasa, ces officiers ont essayé de
monter des scenarios de révolte sans se référer aux ordres de Bosco qui a effectivement été pris de cours dans son propre jeu.
Jusqu'à ce jour, Bosco semble encore être supporté par Kigali et Kinshasa qui évitent un embrasement de la région en cas d’une
précipitation dans son arrestation. Dans l’entretemps, il faudrait savoir comment gérer les soldats fuyards qui estiment pouvoir
récupérer la situation en cas de départ de Bosco Ntaganda.

Une situation complexe
La situation n’est pas aussi simple qu’on  le pense car Bosco représente non seulement un verrou de sécurité pour Kigali et Kinshasa
mais surtout une assurance dans le business des minerais aussi bien pour Kagame que pour certaines autorités proches de la présidence
congolaise.  Il faudrait ajouter à ceci, l’espoir de tout un peuple rwandophone de Masisi et Rutshuru qui a vu son vécu quotidien se
stabiliser grâce à la présence des troupes ex-CNDP ayant refusé d’être mutés ailleurs parce qu’elles devaient sécuriser leurs familles
victimes des milices d’autodéfenses populaires anti-Tutsi. A ce sujet, des leaders Tutsi congolais de Masisi et Rutshuru ont écrit un memo
expliquant les raisons de leur soutien au général Bosco Ntaganda. En lisant attentivement ce memo, vous comprendrez les raisons qui ne
poussent pas Kinshasa et Kigali à le transférer à la Haye car l’homme en connait beaucoup sur les deux régimes et pourrait dévoiler des
choses qui compromettraient certains responsables des deux pays.  Peut-être que les deux capitales vont envisager une autre manière de rendre
Bosco Ntaganda moins nuisible. S’il arrivait que Ntaganda se fasse arrêter au Rwanda comme ce fut le cas de général Nkunda, le Congo
attendra longtemps pour le juger.

Le Millénaire


La petite histoire chargée de Bosco Ntaganda à L’Est. Ce général exigerait le changement du gouverneur Kahongya

bosco-ntaganda2.jpg39 ans révolus, Bosco Ntaganda a œuvré dans l’APR (Armée Patriotique Rwandaise) qui avait porté Paul Kagame au pouvoir au Rwanda. En 1996,
il a fait partie des troupes rwandaises qui avaient accompagné l’AFDL de Laurent Désiré Kabila dans sa conquête du Congo-Zaire .
C’est en 1998, à la faveur de la rébellion du RCD, que Bosco Ntaganda entre sur la scène des choses politiques à l’Est du Congo.
Soldat de cette nouvelle rébellion, Bosco a été commis à la protection des chefs rebelles.  Il fut l’un des gardes de la ceinture très
rapprochée de Wamba dia Wamba, alors président du RCD à  Goma. En mai 1999, quand Wamba se fait disqualifier par quelques membres
fondateurs du RCD acquis à la cause du Rwanda, sa fuite de Goma pour Kisangani va être organisée. Bosco Ntaganda était de ceux qui avaient
joué un rôle pour  faire échapper Wamba des griffes des ses détracteurs de Goma, capitale de la rébellion. Il va ainsi se
retrouver avec Wamba à  Kisangani où l’aile dissidente de cette nouvelle rébellion, le RCD/Kisangani, sera mise en place.Vers août 1999, le Rwanda avec le RCD Goma vont décider de déloger
Wamba et son RCD/Kisangani au chef lieu de la province Orientale.  Des combats vont ainsi opposer les troupes rwandaises, soutenant le
RDC/Goma, aux troupes ougandaises appuyant Wamba dia Wamba. Bosco Ntaganda été encore là pour protéger Wamba des  attaques dirigées
contre sa  résidence par les contingents rwandais.  Il aurait réussi à exfiltrer Wamba de l’hôtel Wagenia, où les troupes rwandaises
l’avaient coincé, pour l’amener à la Sotexki.
Délogés de Kisangani, Wamba et ses partisans vont trouver refuge en Ouganda et, avec eux, Bosco Ntaganda.En octobre 1999, l’Ouganda décide de donner à Wamba la ville de Bunia
comme quartier général de son RCD/Kisangani. C’est dans cette vague que Bosco Ntaganda a débarqué à  Bunia  dans l’entourage de Wamba dia
Wamba.
A Bunia, Bosco a été comme quelque peu éloigné de l’entourage proche du président Wamba dia Wamba. Ce qui ne pouvait que l’indigner. Des
conflits au sommet de ce mouvement rebelle vont pousser Bosco à radicaliser sa position de mécontentement vis-à-vis de Wamba dia
Wamba.
Mis à  l’écart du circuit de la présidence du RCD/Kisangani, Bosco va,à l’instar d’un léopard blessé, se mettre à poser des actes de
sabotage contre le règne de Wamba. Avec un courage exceptionnel et une gâchette facile, Ntaganda n’hésitait pas à commettre des forfaits
quand il le voulait. Plusieurs cas d’assassinats lui étaient imputés dont le plus spectaculaire été celui du major Nguene assassiné, en
plein jour dans son bureau de travail, par un Bosco Ntaganda en fureur venu pour libérer Yves Kawa qui était en détention à  cet auditorat
militaire de la rébellion de Wamba. Bosco Ntaganda faisait trembler tout le monde à  son passage au point qu’il lui a été collé le nom de
« Terminator ».Il avait fait partie des troupes qui avaient combattu contre le chef rebelle Wamba dia Wamba en 2000 à  Bunia.
Son apport dans l’UPC de Thomas Lubanga, où il assumait les fonctions de chef d’Etat Major Adjoint en charge des opérations en 2002, est
bien connu des habitants de l’Ituri. Il avait participé activement à la prise de Bunia par cette milice en 2002. C’est l’un des combattants
UPC qui avaient opposé une forte résistance à l’opération « Artémis » en Ituri en 2003. Il est donné pour responsable dans plusieurs cas
d’assassinats et disparitions enregistrés en Ituri pendant le règne de l’UPC. C’est notamment le cas de l’enlèvement et la disparition du
Chef Bulamuzi de collectivité de Andisoma dans le territoire d’Irumu et du Maire de la ville de Bunia de l’époque, monsieur Jonson Adriko.
Soupçonné d’être de mèche avec les combattants lendu, le chef Bulamuzi a été convoqué à Bunia par Floribert Kisembo, le chef d’Etat Major des
forces de l’UPC de l’époque, pour y être entendu. Depuis, plus des nouvelles de ce chef coutumier Bira qui avait quitté Nyakunde, chef
lieu de sa collectivité sous escorte des hommes de l’UPC. Plusieurs témoignages attestent que c’est Bosco Ntaganda qui serait venu le
cueillir aux environs du garage Kawana en ville de Bunia pour l’amener à  une destination qu’il est seul à connaitre jusqu'à ce jour. Avant
sa disparition le chef Bulamuzi a été copieusement molesté par les hommes de Bosco Ntaganda.
Le Maire Johnson Adriko a été aussi l’objet des soupçons de la par de la direction de l’UPC. On l’accusait de faciliter, grâce à sa moto, la
fuite des lendu de la ville de Bunia et même d’être hostile au règne de l’UPC. Sur base de cette rumeur, Bosco Ntaganda avait organisé son
enlèvement dans la ville de Bunia et son acheminement à Mandro où il l’aurait tué et enterré à l’insu même de Thomas Lubanga. Tous les
efforts fournis par la famille du disparu pour avoir ne fut ce que l’information sur le lieu de son enterrement n’ont jamais abouti.
L’homme évoluait comme un électron libre et échappait même au contrôle de Thomas Lubanga. De la prison de la CPI où il est actuellement,
Thomas Lubango n’a jamais reçu, de Bosco Ntaganda, des explications sur la disparition de Johnson Adriko. Au centre de formation de
Mandro, ce chef militaire n’hésitait pas à descendre, par balle, des soldats considérés par lui comme des indisciplinés et ne se referait à
personne. C’est encore lui qui aurait ordonné l’attaque de Songolo (un village lendu) occasionnant le massacre de plusieurs sujets lendu
avec conséquence que, en représailles, les combattants lendu s’étaient aussi organisés pour attaquer Nyakunde et perpétrer des massacres sur
des sujets hema.
Fort de ses relations dans la haute sphère militaire du Rwanda (le colonel Jacques Nziza était son correspondant au Rwanda) Bosco
narguait tout le monde.
Nommé, pour la première fois, général de brigade en 2004 par Joseph Kabila, Bosco Ntaganda avait décliné cette offre préférant poursuivre
ses actions dans les brousses de l’Ituri.C’est en 2006 qu’il a rejoint le maquis de Laurent Nkunda dans le Masisi, au Nord Kivu, avant de devenir en 2009, le commandant second
des opérations Amani leo à  Goma après l’arrestation de Laurent Nkunda et l’intégration des troupes CNDP dans l’armée nationale congolaise.
Il  a été nommé, pour la deuxième fois, général de brigade au sein des FARDC.
L’homme est passé donc du simple soldat au général laissant derrière lui une histoire riche en contraventions. C’est malheureusement par
cette voie que sont passés de nombreux officiers supérieurs qui peuplent l’armée congolaise actuellement. Au nom de la paix à  l’Est
de la RDC, Joseph Kabila a gelé d’extrader cet officier supérieur des FARDC à  la CPI malgré le mandat lancé contre lui par cette
institution internationale de justice. C’est encore au nom de cette même paix que Kabila se dit en mesure de le faire juger par les
instances judicaires de la RDC avant d’envisager son éventuelle extradition à  la CPI.
Cependant, plusieurs sources s’accordent à dire que lors de son récent séjour au Nord Kivu, le chef de l’Etat congolais aurait eu une
rencontre secrète avec Bosco Ntaganda à  Kinyogote, en toute confidentialité, le mardi 10 avril dernier. D’autres vont jusqu'à
affirmer que les deux personnalités avaient, ensemble, traversé la frontière congolaise pour rencontrer le président Kagame au Rwanda en
catimini.
Lors de cette rencontre secrète, soutiennent ces sources, Ntaganda aurait exigé, entre autres, le départ du gouverneur Julien Kahongya
qui, à  ses yeux, n’a pas la maitrise de la situation sécuritaire du Nord Kivu.
Si, ces allégations se confirmaient, il y a donc moins de chance que Bosco soit traduit en justice dans les jours qui suivent et les
commandes de la province du Nord Kivu risquent de changer des mains.

Matembele

Kahongya-Mbusa : Contradiction entre disciple et maître ?

Ils se vouaient mutuellement respects et considérations.  Pendant la rébellion ils avaient le rapport d’acolyte face à son maître. Il va de soi que l’acolyte devait obéissance et soumission au maître et, en retour, ce dernier lui assurait protection et promotion. Alors chef de la rébellion du RCD/K-M, Mbusa Nyamwisi comptait parmi ses fidèles acolytes un certain Julien Kahongya. Jeune universitaire, Kahongya faisait partie des cadres politiques sur lesquels cette rébellion devait compter. Sa loyauté envers Mbusa Nyamwisi lui avait valu l’occupation de certaines fonctions de responsabilité. Il a été, tour à  tour, Administrateur du territoire de Lubero et Maire de la ville de Beni par exemple.   Ses points de vue politiques étaient pris avec la considération qu’il fallait par Mbusa Nyamwisi.
C’est ainsi que lors des élections de 2006, Mbusa Nyamwisi avait proposé et soutenu la candidature de Julien Kahongya au poste de gouverneur de la province du Nord Kivu au sein de l’Alliance pour la Majorité Présidentielle, AMP de l’époque.  Mais s’était sans compter avec l’entourage de Joseph Kabila qui ne voulait pas lui laisser la chance d’avoir de l’influence politique sur cette province troublée de la RDC.  L’AMP proposera un autre nom en lieu et place de celui de Kahongya à ce poste dit «  stratégique » à bien d’égards. Pour contourner cette difficulté, il a été conseillé à Kahongya de se présenter comme candidat indépendant. Ce qui fut fait et la suite est bien connue : il a remporté haut la main les élections. Devenu gouverneur de la très problématique province du Nord Kivu, Kahongya a rencontré plusieurs peaux de bananes sur son parcours. L’épée de Damoclès était, de manière permanente, suspendue sur lui par les membres de l’Assemblée Provinciale. Kahongya a essuyé à  plusieurs reprises, des motions de défiance exigeant sa démission à  la tête de cette province. C’était à croire que l’AMP cherchait la petite bête pour l’évincer. Ayant encore des entrées faciles auprès du chef de l’Etat congolais, Mbusa Nyamwisi apportait son soutien à Kahongya au point de faire échec à ses détracteurs.
Viendra alors le moment où, une distance psychologique va s’établir entre Mbusa Nyamwisi et l’entourage du Chef de l’Etat. Ce moment a été choisi par les stratèges de Kinshasa pour faire des beaux yeux à Julien Kahongya, lui montrer qu’il pouvait se désolidariser de Mbusa et faire cavalier seul en politique en bénéficiant d’une attention particulière du chef de l’Etat. Un froid venait donc de se jeter dans les rapports Kahongya-Mbusa. L’acolyte n’avait plus besoin de gober tout ce qui venait de son maître. On venait de lui apprendre à contester certaines prises de position de son maître.
Bien que membre du RCD/K-ML, Kahongya ne s’est pas empêché de créer sa propre plate forme politique : Le BUREC. Quand, à  la veille des dernières élections, Mbusa décide d’embrasser l’opposition, Kahongya ne tarde pas à faire une déclaration contraire en décidant de rester dans la majorité présidentielle et de battre campagne pour Joseph Kabila.
Plusieurs sources attestent que dans cette vague des élections, Kahongya se serait livré à  une sorte de chasse aux sorcières en limogeant systématiquement, de leurs fonctions, un bon nombre des cadres jugés pro-Mbusa dans les institutions de sa province. Cette antagonisme Kahongya-Mbusa étonne plus d’un observateur
politiques de l’espace Beni-Lubero. Ceci d’autant plus qu’en dehors des intérêts personnels de deux messieurs, il n’y a aucune raison idéologique qui puisse les séparer. Se défaire de Mbusa comme parrain politique pourrait, à  la longue coûter cher à  Kahongya. Ceux qui lorgnent sur lui n’ont qu’un seul objectif : affaiblir Mbusa
politiquement. Dès qu’il leur aura facilité cette tâche, sa mission sera terminée. Kahongya a certes bien des raisons de se tailler aussi sa propre carrière politique. Mais, tenter de le faire en « crachant » sur Mbusa serait vraiment une erreur de sa part. Déjà, des rumeurs folles font état même de certaines tentatives d’empoisonnement de Mbusa Nyamwisi. L’on aurait recouru au service d’une dame proche de lui pour obtenir son élimination physique. Et, des esprits malins n’hésitent à lier cela à l’antagonisme caractéristique entre Kahongya et Mbusa.
L’espace Beni-Lubero obéit à  une logique politique que ne maitrise pas nécessairement l’entourage de Kabila qui veut les opposer. Il faut très bien lire les signes de temps. L’on ne peut pas être en contradiction avec sa base et espérer s’assurer un quelconque soutien à partir de Kinshasa. Le pouvoir ne s’intéresse qu’aux hommes ayant pignon sur rue dans leurs bases politiques respectives. L’histoire des anciens députés RCD/K-ML, et même de la majorité, qui ont broyé du noir lors des dernières élections dans l’espace Beni-Lubero devrait inspirer.
Les deux personnalités ont besoin, l’un de l’autre, pour défendre les intérêts de la population du Nord Kivu qui fait face à de nombreux problèmes notamment sécuritaires. Kinshasa ne fait que l’usage  de la politique de diviser pour bien régner. Ce qui ne va profiter ni à l’un, ni à  l’autre.

Kambale Musuku

Kinshasa plus attentif au Kivu qu’à l’Ituri ?

dscn8471.jpgCela fait près de deux mois que les miliciens de FRPI attendent une réponse à  leur demande d’intégrer les rangs des FARDC. Les hommes de
Cobra Matata s’étaient regroupés à Bukuringi et ses environs espérant une suite favorable à  leur requête adressée aux instances nationales.
Depuis, aucun signal ne vient de Kinshasa. Ces miliciens survivent sur les dos des paisibles populations locales. C’est à croire que Kinshasa
minimise la capacité de nuisance de Cobra Matata et ses hommes. Dans tout ceci, les plus malheureux sont les notables de l’Ituri et du
territoire d’Irumu. Ils avaient joué de leur influence pour convaincre Cobra Matata à  abandonner le maquis afin d’œuvrer dans l’armée
nationale, question de hâter l’avènement de la paix sur cette partie de la RDC. Ils apparaissent maintenant comme des menteurs aux yeux des
miliciens.
La bonne foi de Cobra Matata tarde à trouver des échos favorables en provenance de Kinshasa. Plus d’un Iturien s’interrogent sur le
pourquoi de ce silence de Kinshasa à ce sujet. En Ituri l’on considère que Kinshasa est plus sensible aux problèmes du Kivu qu’a ceux de
l’Ituri. Chaque fois qu’il y a eu des couacs au Kivu, le gouvernement se mobilise pour y apporter des solutions urgentes. L’insécurité au
Kivu préoccupe tout le monde : le gouvernement, l’Etat Major Général de FARDC, le président de la République et même la Monusco. Mais
depuis que Cobra a rendu public son intention de rentrer dans le FARDC personne ne bronche. L’on ne manque pas de spéculer sur cette «
négligence » avérée de Kinsahasa sur la situation qui prévaut en territoire d’Irumu. En tout cas ce n’est pas la population qui tire
profit de cet état  des choses. Veut-on pousser Cobra Matata à chercher l’augmentation de sa capacité de nuisance avant de prendre
langue avec lui ?

Jokanko

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