Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

02/07/2012

CONGO/KINSHASA : Interview du camarade Antoine-Dover Osongo-Lukadi au New Time Magazine (NTM en sigle), Baltimore/USA, le 22 février 2012

Interview du camarade Antoine-Dover Osongo-Lukadi au New Time Magazine (NTM en sigle), Baltimore/USA, le 22 février 2012

 

NTM : Monsieur le Camarade osongo ma collègue et moi-même vous remercions de nouveau, en dépit de votre emploi du temps trop chargé entre conférences, séminaires et retour en Europe après un court séjour à Baltimore aux USA, pour accepter de vous prêter à notre exercice de prédilection : question/réponse.

ADOLCHE : C’est plutôt moi qui vous remercie pour le respect, la confiance et l’intérêt que vous accordé à ma modeste personne.

NTM : D’accord. On vous a vu tout sourire aujourd’hui en nous voyant, contrairement à nos premières interviews, est-ce que c’est parce que votre favori Joseph Kabila Kabange a été réélu ?

ADOLCHE : pas spécialement. J’ai toujours souri aux gens, en dépit de l’image d’impulsif, de colérique, de nerveux voire de caïd politique que m’imputent mes détracteurs. Au final, il convient de dire que beaucoup de ces scélérats ne me connaissent pas. Un impulsif n’élève pas une importante responsabilité familiale parmi laquelle on compte un licencié/master en Sciences politiques et sociales de l’Université Catholique de Louvain (Belgique), et marié à une même femme bientôt un ¼ de siècle. Ceux qui me jugent doivent passer chez moi interroger ma femme et mes enfants, mes voisins de Belgique, et de France voire d’Allemagne, des USA, et du Canada où j’y ai séjourné des nombreuses fois dans le cadre de mes activités académiques et scientifiques, car à bon mentir qui vient de loin, dit-on.

NTM : N’êtes-vous, donc, pas finalement satisfait par la réélection de Joseph Kabila Kabange, que tant de combattants surnomment, mieux, appellent alias Kanambe, celui dont contre vents et marrées vous avez pris défense, voire soutenu à vos risques et périls ?

ADOLCHE : Encore une fois madame et Monsieur les journalistes, dans la situation qui est la nôtre (je parle du pays où la pauvreté, l’insécurité, la voyoucratie, l’imbécillité, l’idiotie, la corruption, la prostitution, et j’en passe, cimentent en béton la vie sociale, politique, économique, culturelle), il ne s’agit pas nécessairement de me réjouir ou non de l’élection, ou de la réélection de mon favori (ainsi que vous le dites) Joseph Kabila Kabange alias le Raïs 100 pourcent Star ou sûr comme vous voulez, mais au contraire d’y avoir une pensée profonde sur ce qui s’y passe depuis plusieurs années chez moi au Kivu. C’est plutôt avec émotion que j’ai accueilli la réélection de mon favori avec l’espoir qu’enfin, il y mettra un trait définitif à la souffrance morale, physique, matérielle des populations du Kivu victimes de leurs richesses minières liées à l’éclosion des multi-médias et autres gadgets de communication qui font le monde occidental comme courent les cigognes derrières les vaches.

NTM : Une réélection tout de même sur fond de suspicion des tricheries qu’il s’agisse de la présidence, ou des législatives, et vous ne nous diriez pas le contraire, car on vous reconnaît vos talents d’avocat de monsieur Kabila fils comme vous aimez à vous autoproclamer tout seul, car personne de ou dans l’entourage présidentiel, ni le président lui-même ne vous connaissent ?

ADOLCHE : Connaissez-vous, madame la journaliste, un dirigeant politique de ce monde – je fais allusion à monsieur Etienne Tshisekedi wa Mulumba – qui dès l’annonce de sa candidature plus au moins un avant à l’avance s’était déjà déclaré le candidat non pas de la victoire, mais au contraire de la contestation ? Il y a préparé ses propres électeurs, ses fanatiques, ses cigognes, ses amnésiques, non pas à la victoire, mais plutôt à la défaite ! Vous avez là trois collègues américains qui trouvent ahurissants que là où tout dirigeant politique annonce à ses électeurs sa victoire, lui, a annoncé plutôt la contestation ! Il a dit, rappelez-vous svp, qu’il s’inscrivait dores et déjà dans la logique de la contestation, voire de la confrontation ! Il s’agit d’une question que vous devriez y aller poser au cardinal Monsengwo et leurs supporteurs de l’UDPS et compagnies. Quant au soutien que j’apporte à Joseph Kabila Kabange que d’aucuns considèrent comme inutile voire ridicule parce que je n’étais pas connu ni du chef de l’Etat, ni de son entourage proche constitué exclusivement des katangais, ce qui n’est pas du tout vrai, on ment en y allant dans la démesure, je m’en moque éperdument, je le fais au nom de mon patriotisme et nationalisme-universaliste légendaires. Car, je suis un jusquauboutiste humaniste, il y a chez moi avant tout l’intérêt général, et ensuite le mien propre. Je serais, sans doute, à l’image du philosophe français Jean-Paul sartre, qui refusa le prix Noble afin de ne pas y être enfermé comme un contenu dans un contenant, comme un objet dans la maison, et qui déclarait qu’il ne serait libre que si tout le monde le sont. La liberté des autres est la mienne également, et la mienne la leur, vice-versa. En revanche, si aimer son pays se résumait à un poste politique, ou économique, ou encore social, alors je comprends pourquoi notre pays n’avance guère, et surtout pourquoi on tue au Kivu sans qu’aucun congolais de la diaspora, par exemple, ne s’y mobilise en hommes ou en moyens pour nos femmes, nos filles, et nos frères qui subissent un véritable génocide au vu et au su de la soi-disant communauté internationale. Le seul mécontentement que j’ai dernièrement manifesté, se trouve dans une lettre datée de mai 2012 quand je me trouvai à Kinshasa, et que j’adressai au Chef de l’Etat pour me plaindre comment en la faveur des alliances contre nature, certains assassins et beaucoup de mobutistes noyautaient son entourage, et qu’il était de son intérêt, plutôt que du mien qu’il ouvre grandement les yeux pour ne pas se faire assassiner comme le fût son vaillant père le grand camarade Mzee Laurent-Désiré Kabila. S’il arrivait qu’un jour le chef de l’Etat me remarque eh bien tant mieux, et qu’il fasse appel à moi, j’examinerai la proposition, s’il y allait dans l’intérêt de mon pays, j’accepterai la nomination, mais jamais pour y aller y faire la figuration et me remplir les poches en toute impunité.

NTM : Bon ça on a compris, et votre vision de la politique est très appréciable même si on sent un peu une dose de naïveté « à la Lumumba » voire « à la Sankara ». Mais, bon peut-être que des jours viendront où les générations futures appliqueront votre doctrine le « nationalisme-universaliste » ? Donc, et pour en revenir à notre question d’il y a un moment, vous affirmez qu’il n’y a pas eu tricherie à l’élection présidentielle en l’occurrence ?

ADOLCHE : Ce n’est pas ce que j’ai dit madame. Et, surtout ne me faites jamais dire ce que je n’ai pas dit. Ce n’est pas vous manquer de respect que de vous renvoyer après ici de relire votre interview avant de la publier.

NTM : Ne vous emportez pas camarade Osongo. Vous êtes en train de perdre votre sang froid légendaire.

ADOLCHE : Mais non madame je ne m’emporte pas, et encore moins, loin s’en faut, d’égarer mes nerfs, pourquoi ?

NTM : Pourquoi, donc, le monde entier accuse le pouvoir organisateur, et qui plus est à la fois juge et partie, des tricheries massives dans les dernières élections ?

ADOLCHE : Parce que, selon vous et vos inspirateurs blancs, il y a-t-il une cour suprême de justice belge, étasunienne, onusienne, française – comme ça s’était passé en Côte d’Ivoire – qui a pignon sur rue à Kinshasa, et compétente de valider ou d’invalider une élection présidentielle, ou législative en RDC, ou ailleurs en Afrique ? Vous comprendrez, donc, chère madame pourquoi, et jusqu’à preuve du contraire – en dépit des reproches que j’eus à faire à Laurent-Gbagbo – comment ce dernier est et restera jusqu’à la fin des temps le président élu de la Côte d’Ivoire. L’Occident doit s’occuper de ce qui le regarde. Il n’a pas de leçon ni de bonne gouvernance, ni de démocratie à donner à l’Afrique. Il a été à l’origine d’un génocide le plus monstrueux de l’humanité, à savoir l’holocauste, du gazage à cause de sa bombe atomique des populations japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki, des morts en grande échelle des citoyens vietnamiens, irakiens, iraniens, afghans, syriens, ivoiriens, congolais, salvadoriens, colombiens, panaméens, sud-africains, libyens … uniquement pour leur prendre tout ce qu’ils ont sur leur sol et sous-sol ! Malheureusement l’homme noir n’étant qu’un trou du cul, il a un raisonnement court, et prend pour argent comptant tout ce que pérore l’Occident qui n’est pas lui-même, je viens d’en faire la démonstration tout à l’heure, ni un modèle de démocratie, ni un modèle de bonne gouvernance, ni encore moins d’universalisme. De tous temps, ses relations avec le monde qui n’est pas lui sont basées sur la loi du loup et de l’agneau, ou du maître corbeau et le renard. Voilà la vraie vérité madame. Mais attention je n’essaye pas, loin s’en faut, de justifier quelques erreurs qui ont été relevées lors du scrutin du 28/11/2011 en RDC. Tricheries non, mais des erreurs dans l’organisation oui, sans plus.

NTM : Donc à vous entendre expliquer, il n’y a pas eu des tricheries ?

ADOLCHE : Mais enfin madame, je viens de vous le dire, il y a un instant. Je n’en ai jamais été autant clair que l’eau à boire.

NTM : Ne craignez-vous pas un blocage politique, économique, culturel, social à Kinshasa, voire dans l’ensemble du pays ?

ADOLCHE : Pour commencer, madame, ne me donnez pas l’impression que j’étais le porte-parole de Joseph Kabila Kabange. JE NE TRAVAILLE PAS AVEC LUI ET ENCORE MOINS IL NE ME PAYE PAS POUR LE SOUTIEN QUE JE LUI APPORTE. Que les choses soient claires. SI JE SOUTIENS JOSEPH KABILA C’EST PARCE QUE SON IDEE DE LA NATION ME CONVIENT ET CORRESPOND PARFAITEMENT A CE QUE J’AURAIS AGI OU FAIT SI J’AVAIS ETE A SA PLACE. D’AILLEURS IL DEVRAIT SE PRESENTER EN 2016 POUR UN TROISIEME MANDAT. A DEFAUT, QUE MOÏSE KATUMBI CHAPWE LE FASSE SINON C’EST MOI QUI ME PRESENTERAI DE GRE OU DE FORCE. PAS QUESTION DE LAISSER LES MOBUTISTES REVENIR AU POUVOIR A KINSHASA. En plus, si je m’époumone à le défendre, à le soutenir, il y a aussi l’estime que j’avais pour son père lâchement assassiné par ceux que l’on sait, les mêmes qui assassinèrent le héros national Patrice-Emery Lumumba, mon grand oncle. A telle enseigne que si l’un ou l’autre avait survécu à la libération du colonialisme, et du mobutisme, notre pays ne serait jamais dans l’état actuel de chantier (à cause du mobutisme et de Mobutu Sese Seko) où il se trouve. Kabila père est celui qui a donné une tombe à Lumumba, qui a donné une âme, une dignité aux Batetela desquels j’y suis ressortissant. Kabila fils – même si il ne m’a pas donné des milliers voire des millions de dollars, ni un poste où j’aurais pu lui montrer de quoi j’étais capable -, a suivi les pas et les intentions positifs de son père à l’égard de ma tribu batetela. Ici, ce n’est pas mon sort personnel qui importe, mais celui de l’ensemble de ma tribu que Mobutu a maltraitée à cause de sa trahison à l’encontre de mon grand oncle P-E. Lumumba. C’est, sans doute, scandaleux qu’à mon niveau intellectualisant je me mette à parler des tribus. Mais, madame et monsieur, telle est la vérité réelle chez nous au pays. Les gens ne votent pas un projet politique, économique, social, culturel, technologique, numérique … Eh bien non ! On vote selon le faciès, le clan, la tribu, l’ethnie, les affinités incestueuses, et compagnies. A l’époque, seul Lumumba réussit à fonder un parti national congolais (MNC) composé des gens d’origines diverses. L’avantage en était que Lumumba était du sud Sankuru, donc, un « Esué », mieux, un « Batetela de la savane », donc pas borné. Car l’avantage d’habiter une savane y consiste à y avoir une vie imprenable sur les fusions horizons, et quand on a pareil privilège, on ne se bat plus pour des intérêts égoïstes, personnels tels le népotisme, le clanisme, l’ethnicisme, le tribalisme, le « nudisme », etc.

ADOLCHE : En ce qui concerne le soi-disant blocage politique, économique, social, culturel du pays, eh bien je puis vous assurer qu’il n’y en aura jamais. Parce que les deux zouaves Monsengwo et Tshisekedi n’ont aucune légitimité, aucun pouvoir pour ce faire. Il s’agit des deux aigris, anciens mobutistes, qui se croient encore à l’époque de la Conférence Naionale Souveraine (CNS) où l’un se voyait premier ministre à vie (Tshisekedi), et l’autre président de la république du Zaïre (« si on me laisse faire, pérorait Monsengwo). Ces deux individus (aux mâchoires carrées) ont pris sept ans (toute une législative) pour organiser une conférence nationale, le tout sur le dos de l’argent du contribuable, et de Mobutu qui les rétribuait pour se maintenir au pouvoir par la force des armes. Ils nous ont fait perdre un temps fou. Je leur en veux à cause de cela, et ne suis pas le seul à leur en vouloir. A cette époque où les deux colocataires du Palais du Peuple amusaient la galerie, je fus aussi un grand acteur politique, mais anti-mobutiste, et un des leaders du Front Patriotique (avec Me. Kinkela et compagnies). Il me semble que vous n’avez pas plus l’idée de ce qu’est devenu votre pays aujourd’hui. Vous devriez aussi vous faire violence, et y aller voir sur place comment les gens dans plusieurs domaines se démènent matin, midi et soir pour y arriver. Bien sûr, la situation sociale est très difficile. Prétendre l’inverse, c’est faire un bras d’honneur à Lumumba, à Mzee Kabila, à Pierre Mulele, et à Simon Kibangu. Mais on se bat. Car, ce n’est pas en un jour qu’on peut reconstruire un pays quatre-vingt fois la Belgique, cinq fois la France détruit par le mobutisme. Et ça beaucoup de compatriotes l’oublient.

NTM : On vous sent particulièrement très tendu à l’issu de ces élections, alors que c’est votre favori qui a gagné ?

ADOLCHE : Vous trouvez ça madame ? Mais pas du tout. Car, ce que je veux que vous compreniez c’est que la population souffre, et que je reste particulièrement atterré par la situation de mes filles, de mes femmes que les tutsis rwandais violent et tuent en toute impunité, mes frères qui subissent le même sort sinon les humiliations quotidiennes, dont entre autres celle de coucher avec sa propre fille, etc. Vous comprenez madame, c’est à cela que je pense tous les jours. Comment venir à bout des méchants tutsis qui humilient mon peuple du Kivu. Pourquoi m’oppose-je au livre de monsieur Onana « Ces tueurs tutsis au cœur de la tragédie congolaise », alors que dans le même temps je condamne les humiliations que ceux-ci font subir à mon peuple du Kivu ? Parce que le livre d’Onana y consiste à un genre d’appel à la haine ethnique anti-tutsie. Et c’est plutôt conforme à ma doctrine le « nationalisme-universaliste ». En plus, à regarder de près son contenu, cet ouvrage n’est qu’un tissu de mensonges historique. La tragédie du Congo a plusieurs étapes historiques, dont les principales se résument de la manière suivante : I. Le roi Léopold II alias « roi coupeur des têtes, des membres inférieurs et supérieurs », II. l’assassinat odieux de Patrice-Emery Lumumba héros national, III. le Coup d’Etat constitutionnel du Lieutenant-colonel Mobutu Sese Seko, IV. la mise au rancart par l’Occident néo-colonisateur, impérialiste, capitaliste, hégémoniste, et néo-esclavagiste des résolutions de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) au profit de la rébellion de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération (AFDL), V. l’assassinat crapuleux du grand Camarade Mzee Laurent-Désiré Kabila dont l’esprit nationaliste et patriotique gênait le même Occident qui l’a, pourtant, « aidé » à se débarrasser du Maréchal Mobutu Sese Seko, mais parce qu’essentiellement celui-ci était atteint d’un cancer aux métastases incurables, et non pour les yeux bleus de LDK ou du peuple congolais que ni l’un ni l’autre n’a pas, et, enfin, VI. l’instauration du vrai-faux « dialogue » congolais où l’intérim effectué par Joseph Kabila Kabange fût ponctué par des graves intrigues voire injures et insubordinations à son encontre. Donc, c’est y manifester une grave méprise contre la « méthode historique » que d’imputer l’exclusivité de la « tragédie congolaise » aux seuls tutsis. Ce n’est ni juste, ni vrai, ni correct, ni cohérent, ni encore moins crédible. Je milite, d’ailleurs, pour que ce livre soit interdit de vente, soit retiré des bibliothèques, des librairies. Parce qu’il y serait un prélude à une nouvelle épuration ethnique anti-tutsie encore dans les « grands lacs » africains. En attendant, et pour moi, il n’y avait pas plus grands responsables dans cette tragédie que les BFM congolais = B comme bière, F comme culs des femmes, et M comme musiques remplies de dédicaces ou mabanga. Ah quelle médiocratie ? Et quelle voyoucratie ? Oh my God ?

TNM : Nous avons appris, mieux, lu par la presse l’appel de monsieur Tshisekedi d’abord au peuple de l’emmener au Palais de la Nation afin d’y prendre possession de la présidence de la république, ensuite un appel aux villes mortes, et ensuite encore à la grève générale du 31 janvier de l’année en cours.

ADOLCHE : Vous avez une opinion de toute façon. Que voulez-vous que je vous dise ?

NTM : Pardon monsieur Osongo, mais nous faisons notre travail.

ADOLCHE : Donc je vous gêne alors ?

NTM : Non pas du tout. Seulement nous ressentons une grande animosité, pas adressée spécifiquement à nous, mais on dirait qu’il y a quelque chose qui cloche aujourd’hui ?

ADOLCHE : Vous savez madame, je déteste l’hypocrisie, le mensonge, la mythomanie, la mégalomanie, la grandiloquence, le racisme, le tribalisme, le clanisme, l’ethnicisme, enfin tous les comportements anti-humanistes : le génocide par exemple. Pour juger un homme politique dans un pays comme le nôtre, c’est-à-dire dans l’état où Mobutu l’a laissé, il ne faut pas rêver, il faut compter trois décennies voire plus. Car, il n’y a pas de miracle. Nous avons touché le fond de tous les océans. Dieu s’est déjà retiré de nos terres. Parce que nous n’avons jamais su gérer toutes les richesses qu’il y abandonnât comme il faisait déjà nuit, et que nos terres furent les dernières qu’il visitât après la création globale des peuples et des nations. Alors, Dieu étant Juste et Parfait, en se retirant, il promit pour réparer son « injustice » qui le vît abandonner toute la manne qu’il emmenât avec lui sur les terres congolaises, de réduire son peuple en BFM, et son principal dirigeant post-colonial Mobutu Sese Seko en l’occurrence en spoliateur, en dictateur sanguinaire, en néo-esclavagiste, et néo-colonisateur. Il n’est pas exclu que les malheurs de notre pays aient pour origine cette anecdote-là fruit de mon imagination créatrice et fertile.

NTM : Aaaaaaaah !!! monsieur vous me faites rire. Ce n’est pas possible. Au fait je n’en ai jamais entendu de tel.

ADOLCHE : C’est la preuve que les apparences madame, sont toujours trompeuses n’est-ce pas ? Car n’a-t-on pas fini par détendre l’atmosphère même si je vous jure qu’il n’y avait aucune tension en moi. Mais, sans doute, le souci de m’appliquer à mon interview afin de nous donner toutes les meilleures chances auprès de nos lecteurs potentiels. Grosso modo, je ne pense pas qu’il faille, en vérité, juger Joseph Kabila Kabange sur cinq ans, mais au contraire sur le long terme (sur 32 ans comme Mobutu, par exemple) ! Au bout d’une trentaine d’années de « kabilisme » père et fils, le Congo/Kinshasa se réconciliera avec la bonne gouvernance, la démocratie, le développement, la civilisation, la modernité. J’attends des compatriotes qui disent « mangera-t-on les routes ? ». J’ai de la peine lorsque j’entends cela de la bouche des immigrés vivant dans les pays européens où le développement, l’échange, le transport n’ont été réalisables que grâce à la création des routes et autoroutes principales et secondaires. Saviez-vous chère madame que dans les grandes villes du pays, la signalisation routière « à l’européenne » étonne les citoyens ? Car, ils ne l’avaient jamais ni vue, ni vécue ! Qui est à la base d’un tel dépaysement de la population congolaise, eh bien c’est le Raïs cent pourcent Star Joseph Kabila Kabange ? A tout seigneur, tout honneur, dit-on, ou encore à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu, renchérit-on également, donnons et reconnaissons à Kabange Kabila joseph ce qui est à lui. Or, cet acte, clamât César, honnête et juste jusqu’à la lie appartienne à Dieu, parlant de Jésus-Christ que les Romains voulaient coûte que coûte faire crucifier … Dans notre cas, ces « hauts faits », ces « bons » actes dans la bonne direction – rwandais ou pas rwandais – appartiennent au jeune président congolais Joseph Kabila Kabange.

ADOLCHE : Quant aux blocages politique, économique, social, culturel dont serait victime notre pays à cause ou grâce à Tshisekedi, ne me faites pas rire. Car, l’homme est coutumier du fait, et vous le savez aussi bien que moi même si ça faisait plusieurs années que vous vivez en dehors du pays. L’homme dont je viens d’évoquer le nom n’était jamais parvenu à chasser Mobutu du pouvoir, au contraire beaucoup de langues, Honoré Ngbanda en tête, disent que son ami et beau-frère Mobutu et parrain de Mobutu Konga le fils de l’Autre le payait pour faire le bouffon en chef pour amuser la galerie ; technique essentielle pour prêter mains fortes à l’Occident qui utilisait son ami Mobutu pour l’exploitation du sol et sous-sol zaïrois. L’homme n’existe qu’en tant qu’opposant. C’est l’image, lorsqu’il tirera un jour sa révérence astrale, qu’il laissera aux générations de son pays anti ou pro. Moi j’ai d’abord été un pro, c’est-à-dire un tshisekediste « aradjical » avant de le quitter, le désavouer, car j’avais en face de moi, un homme qui faisait la politique sans chercher jamais à prendre de gré ou de force le pouvoir, alors que c’est la seule façon d’y mettre ses idées en pratique, et d’y faire profiter à son peuple. Parce que de notoriété la quête de celui-ci est le but ultime de la pratique politique, et en fait pour tout marxiste (comme Me. Kinkela, Dr. Kabamba, Dr. Sondji, et moi-même votre pauvre serviteur), qui se respecte.

NTM : Venons-en à vos relations tumultueuses avec l’église catholique, vous qui avez été un si fervent, au point de donner à vos enfants des noms prophétiques allant d’Immaculée à Epiphanie, en passant par Evangile, Trinitée, Vérité et Félicité ? Comment d’un coup, comme ça, vous ne croyez plus au catholicisme, et à tout ce qui y va avec ? Que s’était-il passé de si grave, ou de si pressant entre vous deux pour révolter un si convaincu catholique comme vous ?

ADOLCHE : Il faut, sans doute, remonter de loin, c’est-à-dire de mes origines claniques coutumières. Mon papa ne se convertit jamais au catholicisme. Il priait son dieu à lui qu’il dénommait « Tambue ya Maleka » (le lion blanc). Il n’a jamais accueilli Jésus-Christ dans sa maison, contrairement à ma maman qui l’y a introduit alors âgée de 40 ans ! En revanche, malgré son hostilité au christianisme et au catholicisme, mon papa n’empêchât aucun de ses enfants de les pratiquer ni encore moins de croire en Jésus-Christ. Seulement, comme la plupart de ses sujets, car il fût chef coutumier, il considérait que le catholicisme était une religion aliénatrice, dominatrice, et surtout complice du colonialisme. De ce fait, il eût des graves disputes avec les missionnaires belges d’Oshing’Untu son village, et de la mission catholique de Lubefu sa zone urbaine. Au point que lorsque le conflit atteint des sommets, il ordonnât même la fermeture temporaire de la seule église catholique du village. Il s’opposât à mon incorporation cléricale. Parce qu’il n’y voyait aucune sincérité, divinité dans ceux et celles qui y étaient déjà. Tous des putes, des assassins, des malfaiteurs, des menteurs, des rancuniers … les traitait-il. Mon renvoi du petit séminaire fût une grande aubaine pour lui. Ne pleure pas, me calmait-il. Je sais que c’est ta vocation. Mais un jour tu me donneras raison, menaçait-il. Or, loin s’en faut, personne ne viendrait pas prétendre que mon paternel n’y fût qu’un païen à moins alors de considérer que païen signifie n’avoir pas adhéré au christianisme, ou au catholicisme. Jouer à ce jeu-là, c’est justement triompher la visée de mon père qui considérait dans la façon de faire des missionnaires catholiques de son époque une aide conséquente au colonialisme, au consumérisme, au mercantilisme, au capitalisme, à l’hégémonisme, à l’hégélianisme, à l’impérialisme ; bref à l’aliénation culturelle, mentale, religieuse, économique, politique, etc.

NTM : Donc, c’est une expérience personnelle qui vous envoi en guerre contre l’église catholique toute puissante, voire de proposer à ses adeptes de vous suivre ?

ADOLCHE : Mais, cher monsieur, sachez que chaque fois qu’était né un révolutionnaire, il y était nécessairement et toujours-déjà influencé par les conditions, les situations personnelles dans lesquelles il vécut, et au-delà de ça celles de ses voisins aux villages, en villes, et partout ailleurs dans le monde. Malgré l’athéisme absolu de mon père, j’étais quand même parti au petit séminaire, malheureusement sans succès, car ma curiosité sur la sexualité de la Sainte vierge Marie mère de Dieu ne fût pas du goût du père directeur Fabien, aujourd’hui malheureusement décédé et inhumé dans ses terres wallonnes/belges. Vous avez cité les noms prophétiques de mes enfants. Mais il eût, par la suite, des nombreux amis que je m’étais fait dans les prêtres et sœurs, mon mariage religieux, sans compter des centaines et milliers de messes auxquelles je participai depuis mon enfance jusqu’à ce 10 août 2011 date à laquelle j’écrivis au Pape Benoît XVI pour lui annoncer mon départ définitif de son église. Cela malgré des rapports privilégiés que j’eus toujours avec quelques hauts responsables du catholicisme, dont feu Papa Cardinal Frédéric Etsou Nzabi Bamunguabi, le Pape Jean-Paul II qui nous a quitté pour y aller depuis le mardi 05 avril 2005 se reposer auprès du Père Saint, monseigneur Senemona Sevi ancien recteur du grand séminaire régional Saint-Jean Baptiste de Bamanya, plusieurs abbés de Bamnaya/Mbandaka, dont l’abbé professeur/docteur Georges Ndumba Yole Lifefo, plusieurs sœurs de Mbandaka, plusieurs séminaristes du Grand Séminaire de Bamanya où j’y exerçai comme professeur-assistant entre 1983-1987, plusieurs abbés et sœurs de mon diocèse de Tshumbe, dont en particulier le très vénérable monseigneur Albert Yungu (aujourd’hui décédé, mais toujours présent en moi), et monseigneur Jean-Adalbert Nyeme Tese (lui également parti au royaume des éternels) à cause des démarches qu’ils y effectuèrent tous les deux auprès de l’Institut de Missiologie Missio d’Aachen/Deutschland pour une bourse d’études qui me conduisit aux études doctorales à l’Institut de philosophie de l’Université Catholique de louvain.

NTM : Pourrions-nous en savoir un peu plus sur ce conflit qui est devenu pour les uns irréversible, et pour les autres une sorte d’ingratitude de votre part ?

ADOLCHE : cher monsieur à chaque étape de ma vie, Dieu était toujours intervenu. Me retrouver aux études en Europe était quelque chose qui n’était et n’est encore possible qu’aux enfants de … Les parents doivent avoir des moyens financiers conséquents. Pourtant, c’est grâce aux hommes de l’église catholique que je me retrouve ici en Europe, ainsi que je viens de le dire, il y a un instant. Vous parlez d’ingratitude, je ne vois pas les choses de cette façon-là. Car, je suis de ceux qui ont servi l’église fidèlement, et ai entretenu des très bonnes relations avec la hiérarchie catholique au pays et ici en Europe. Pour ceux qui ne le savent pas, j’ai toujours été quelqu’un qui fait des relations. Tout d’abord, par ma politesse, mon intelligence pragmatique des choses simples, mon intelligence supérieure caractéristique aux gens qui créent, produisent, et inventent l’histoire ; et ensuite pour ma disponibilité, ma sociabilité, mon universalité. Les Evêques qui m’ont aidé, approché, défendu n’ont pas été que batetela. De même des abbés, prêtres, frères, nonnes, diacres. J’ai des amis dans toutes les tribus du pays, surtout de la province de Bandudu. Ceux-ci sont parmi mes plus proches, voire d’enfance, je n’en citerai aucun non, ce n’est pas le lieu. On me parle encore aujourd’hui, du monde fou par millier de gens que j’ai drainé le jour de ma soutenance et défense doctorales à l’Université catholique de Louvain/Belgique. Comment en aurais-je été et fait si je n’étais qu’un tribaliste, qu’un claniste, qu’un raciste ? Rien.

NTM : Mais monsieur Osongo vous ne répondez pas à la question, c’est comme ça chaque fois avec vous, par détour, et puis enfin.

ADOLCHE : chère madame, j’en viens, mais à chaque fois il faut toujours planter le décor, expliciter les chemins, mieux les éclairer avant d’en venir aux faits n’est-ce pas ? Par là chère madame, laissez-moi dire et reconnaître, si tant que faire se peut, que l’église catholique a fait beaucoup pour ma modeste personne même si cette église-là (qui m’a aidée en Afrique) était vraiment au service du petit peuple ; cette église-là madame était belge d’abord « congolisée », et ensuite « zaïrianisée » ; cette église-là chère madame n’a jamais cherchée à se mêler de politique, ni à soumettre celle congolisée ou zaïrianisée sous les bottes de l’église catholique belge ou catholique universelle, cette église-là madame n’encourageait pas la prostitution, ne jugeait pas les gens selon leur faciès, n’était pas rancunière, et ne promouvait pas les prêtres prostitués et compagnies, etc. Il s’agissait, alors, d’une église humaniste, universaliste incarnée par les feus cardinaux Joseph Malula, et Papa Frédéric Etsou Nzabi Bamuguabi. Les maux de l’église congolaise auxquels nous y avons droit en ce moment sont taillés sur des ambitions personnelles d’une certaine hiérarchie récidiviste, mais mal appropriée, et surtout des alliances contre nature « au père Bertrand Aristide » le haïtien, ou « à la Mgr Macarios » le chypriote, des gens qui sont en soutane déjà, mais revendiquent le sabre comme si l’eucharistie dans la main droite devait se mélanger avec le sang dans la main gauche.

ADOLCHE : Mon cas personnel valait une année de réflexion. Il s’agit de montrer ou de comprendre comment au contact avec le monde occidental, il m’est arrivé d’enfin comprendre l’idiotie des Noirs qui continuent encore à croire au catholicisme, une religion raciste, dominatrice, envahissante, rancunière, assassine, néo-colonialiste, et néo-esclavagiste. Pour clore, provisoirement, que feriez-vous chère madame quand un prêtre, un monseigneur vous donne une parole qu’il n’est jamais prêt de respecter ? Lorsqu’il ment comme il respire, en ne se gênant pas de vous regarder dans le noir des yeux ? Hein madame s’il vous plait que faites-vous ? Vous contenteriez-vous de croire toujours, même si le salut était individuel, mais de quel salut s’agit-il terrestre ou céleste ? Au credo sophistique selon lequel « faites ce que je vous dis, mais ne faites pas ce que je fais » ? Resterez-vous les bras croisés, ou bien prendriez-vous votre destin en deux mains pour essayer de se faire ou de se défaire soi-même ? En vous disant, par exemple, que cet homme prétendument parolier de Dieu ne l’était pas ou plus n’est-ce pas ? C’est ce que j’ai fait. Car n’oubliez pas que c’est par la parole que Dieu créa le monde, et ensuite par l’acte qu’il la matérialisa. Qu’est-ce à dire ? Eh bien qu’il n’y a pas de distinction à faire entre l’acte et la parole et vice-versa. C’est-à-dire on ne peut pas ici demander aux gens de ne pas coucher avec la femme d’autrui, et là-bas s’y faire prendre soi-même. Le faire, c’est ce que j’appelle une auto-destruction pragmatique. Deux faits m’ont marqué. De prime abord, il s’agit des démarches qu’effectua papa Cardinal Etsou pour que je regagne enseigner la philosophie à l’Université Catholique du Congo (UCC), et qui n’aboutirent jamais, non seulement à cause de mes détracteurs blancs dont l’influence négative sur les autorités de cette université n’est pas négligeable, mais ces autorités mirent à profit sa disparition pour me fermer leurs portes ! Pourtant « meilleur » dans mon domaine aujourd’hui, il n’y en a pas deux au Congo/Kinshasa. Ensuite, lorsque la même université, lors de mon voyage de 2010, me proposa de prendre en charge la chaire de Métaphysique se vit réduite au silence en faisant le Ponce Pilate face à l’escroquerie intellectuelle et rationnelle de Mgr. Rémy Vancottem ancien Evêque auxiliaire du Brabant Wallon/Belgique et signateur jadis de la lettre me recommandant aux anciennes Facultés catholiques de Kinshasa, et bien sûr à cette époque-là papa cardinal était encore en vie, et qui après, piqué par on ne sait quelle mouche (celle de mes détracteurs de l’Institut de philosophie de l’UCL), vint se rétracter, Papa Cardinal Etsou mort, en refusant tout simplement de réactualiser sa propre lettre de recommandation datant alors de 11 ans!!! Voilà madame. Qu’auriez-vous fait à ma place, continuez à croire aux âneries des Evêques, prêtres, sœurs TOUS pères et mères de famille, ou bien auriez-vous dit basta je m’en vais, car Dieu n’abandonne personne ? M’expliqueriez-vous pourquoi dans l’entourage de Jésus-Christ il eut des gens comme Pierre, Paul comme apôtres, et qui devinrent par la suite des Saints ? C’est que Dieu est finalement miséricordieux, humaniste, et universaliste, et qu’il valait donc mieux suivre Jésus-Christ, et abandonner l’église catholique (où Dieu n’est pas présent, je vous le répète, Jésus n’ayant jamais lui-même aucune église sur la terre), et ses messeigneurs, ses prêtres, ses sœurs TOUS des fronicateurs, pharisiens, prostitués … En, plus n’ayant, et ne possédant en eux aucun pouvoir, ni aucun don de quoi que ce soit, finalement ils ne sont aujourd’hui que des gens ordinaires comme vous et moi. Enfin juste des idiots, des imbéciles de cabaret, qui ont été ordonnés comme ça, parce qu’ils avaient juste la « vocation ». Voilà la vraie vérité madame.

NTM : Franchement monsieur Osongo, permettez-moi de vous dire que vous êtes très impressionnant. Parce que je suis sûre et certaine que vous auriez fait un très bon prêtre, pasteur voire un brillant avocat, ou juge. On vous dit, par le soutien sans relâche que vous apportez au président joseph Kabila (celui que les combattants appellent alias Kanambe, et que vous appelez, vous, Kabange), très proche de celui-ci, et de son régime, ma question est de connaître si vous iriez s’il faisait appel à vos compétences pour l’aider dans sa tâche consistant dans les « Cinq chantiers », et dans la « révolution de la modernité » ? En fait, on en parle de plus en plus !

ADOLCHE : Pour commencer, vos compliments, et vos souhaits, mieux, voeux ne m’ont pas laissé indifférent, en tout cas je vous en remercie. C’est vrai, j’aurais été prêtre si je n’avais pas été renvoyé, j’aurais été avocat ou juge si mon inscription avait été validée à l’Université de Kinshasa (UNIKIN), mais hélas la loi du quota qu’appliquait le régime mobutiste me frappa durement ; la philosophie n’ayant été alors que mon troisième choix, ce dont je me retrouvai au campus universitaire de Lubumbashi. Hélas ! Parce que la philosophie ne nourrit personne, sinon des idéalistes comme nous. S’agissant du président Joseph Kabila Kabange (moi je ne le connais pas par le nom auquel vous avez fait allusion, il y a un instant, et dont les surnomment les con-combattants comme je les appelle), il y a ce qu’il a fait en cinq ans que je salue. Ce chef de l’Etat a construit des routes, des auto-routes, des ponts, des chaussées, fait installer dans la capitale par exemple des signaux routiers que Mobutu en 32 ans de pouvoir ne fit jamais ! Certes, je ne suis pas là pour dire, ou prétendre que la vie sociale était rose, mais madame vous vivez ici aux USA, et où pour nouer les deux bouts du mois, il vous faut, à défaut d’être médecin, avocat, professeur des universités, expert en ceci ou en cela, prendre deux, trois, quatre jobs pour pouvoir vous en sortir ; les magasins sont ouverts jours et nuits, il n’existe pas de congés payés … Mais, c’est, malgré tout, la première puissance économique, militaire, technologique, numérique, politique au monde. Comment pensez-vous qu’ils y sont (les américains) arrivés là ? Par l’Etat providence, ou plutôt par l’implication de chaque américain pour son pays, comme le disait le président JFK avec sa célèbre « Ne vous demandez pas ce que les Etats-Unis feront pour vous, demandez-vous plutôt ce que vous ferez pour les USA » ? Ce n’est pas une élection présidentielle, ou la nationalité de celui qui en sort vainqueur qui développe un pays, qui donne à manger au peuple, mais l’implication des gouvernants et des gouvernés ensemble, en tirant dans la même direction. Pourquoi, vos con-combattants n’évoquent-ils pas les origines togolaises de Mobutu ? Parce qu’à l’époque, on n’y pouvait oser sinon les hiboux de Honoré Ngbanda faisaient une descente musclée pour vous faire taire. Pourquoi se permettait-on tout avec Kabange Kabila Joseph ? Parce qu’il est muet, et laisse tout faire. CE QUE JE LUI REPROCHE c’est justement d’être taiseux. Parce qu’un chef d’Etat ça parle, ça blâme. Voilà la vérité madame. Est-ce que j’attends quelque chose de sa part ? Bien sûr, j’attends qu’il développe mon pays comme il n’a cesse de le faire. Après les routes, qu’il essaye de former un gouvernement de combat pour améliorer le quotidien social, salarial du peuple congolais meurtri. On ne peut pas dire qu’il n’y a pas de l’argent dans ce pays-là. Si on peut disposer des avions personnels, alors que le pays ne dispose pas d’une compagnie aérienne crédible, comme au temps de Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wazabanga, ni des services de transports en commun, c’est qu’on peut relever par exemple le salaire d’un ouvrier jusqu’à 100 dollars, ou du militaire à 500 dollars, etc. Tout est question de volonté. Or, c’est là que le bas blesse. Car, comme le dit le chef de l’Etat lui-même, la plupart de ses collaborateurs flambent trop. C’est pourquoi, nous espérons avoir à faire avec des gens honnêtes, intègres, responsables dans le prochain gouvernement. Mon sort personnel ne compte pas dans cet océan de misères dans lequel est noyé et victime mon peuple, et celui du Kivu en particulier. De toute façon, je n’en suis pas demandeur, mais si le président faisait appel à moi ici ou là, je me poserai d’abord la question, et ensuite après en avoir compris et mieux saisi les contours, j’irai, enfin, mettre ma pratique du pouvoir au concret, je tâcherai à ce moment-là de jouer auprès du chef de l’Etat un rôle de conseiller « aradjicalement » social et idéologique.

NTM : On vous a senti impuissant, anéantit, perdu quand on vous a appris la mort de monsieur Augustin Katumba Mwake dans un accident d’avion à Bukavu, le connaissiez-vous particulièrement ?

ADOLCHE : Non pas spécialement ni particulièrement monsieur le journaliste. Nous autres qui apprécions les Lumumba, Castro, Che Guevara, Mao, Mandela, Sankara, Mulele, LD Kabila, Shaka Zulu … les avions-nous forcément vus, rencontrés, connus ? Et, pourtant, leurs photos font partie des murs, des armoires du domicile familial comme s’ils avaient été nos proches ! Le corps meurt, mais jamais l’esprit, ni les idées.

NTM : Donc vous avez aussi les photos de monsieur Katumba ?

ADOLCHE : madame, vous rigolez ou quoi ? Mais, pas le moins du monde. En revanche, j’ai des amis politiques belges qui lui ont parlé de ma modeste personne comme on peut parler de quelqu’un qui aime son pays, qui a des bonnes idées pour lui, mais hésite, mieux, refuse carrément de se mêler de ça tant qu’un certain entourage politique, économique autour du chef de l’Etat n’aura pas compris que l’intérêt était le peuple, et non leurs propres culs (excusez-moi du mot).

NTM : Vous regrettez absolument donc sa mort ?

ADOLCHE : Pourquoi « absolument » ?

NTM : Enfin comme l’on vous a présenté à lui … hum !

ADOLCHE : Présenté à lui ? Ou bien parlé de moi à lui ? Attention !!! Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.

NTM : Ah ! c’est vrai ! vous avez totalement raison … hum ! Mais vous le regrettez ?

ADOLCHE : Mais, bien sûr, que je le regrette, non pas absolument, mais fatalement, voilà ! On le disait intelligent, disponible, dévoué à son patron le président Joseph Kabila Kabange, soutenant celui-ci, qui doit souffrir beaucoup, je souffre avec lui, parce que ce n’est pas toujours facile de perdre un proche collaborateur comme celui-ci. C’est pour la deuxième fois que cela m’arrive. En novembre 2000 mon ancien ami et collègue du banc universitaire au département de philosophie de l’Université de Lubumbashi l’ex colonel Eddy Kapend et Aide de camp du Mzee Laurent-Désiré Kabila, vint me solliciter pour le compte du grand camarade Laurent-Désiré Kabila. Deux mois plus tard celui-ci fut lâchement assassiné, et lui-même emprisonné pour soi-disant complicité dans cet assassinat … Quelque part je me dis que soit le temps n’était pas encore venu, soit Dieu me préserve un meilleur sort autre que celui que connurent les Lumumba, Mulele, Kabila, Sankara, Che Guevara, etc. Ainsi, et alors que contre mon attitude ambiguë mi-oui, mi-non à la proposition de mon frère et ami Eddy Kapend, mon épouse qui se voyait déjà en Mercedes noire escortée, s’empressa, elle, de donner une réponse catégoriquement positive à celui-ci, arguant que « le temps était aussi venu pour elle et nos enfants de voir la lumière, et que c’en était fini de rester toujours à l’écart du bien-être qu’offre la politique », alors que, poursuivit-elle « mon ami et feu Me. Moreno Kinkela acceptât le poste de Ministre des PTT sous camarade Mzee Laurent-Désiré Kabila ... ».

NTM : Et, pourtant, certains s’étaient vraiment réjouis de la mort d’Augustin Katumba !

ADOLCHE : Cela, monsieur, vous laisse apprécier vous-mêmes la qualité mentale, morale, intellectuelle de notre peuple de la diaspora mangeur des spirings de porc. La mort reste une fatalité. Chacun y passera. Quand l’ennemi est à terre, on se recueille. On ne se moque pas. On ne l’insulte pas. Parce qu’il est désormais entré dans le rayon des ustensiles (comme dit Heidegger). Devenu un « insignifié », il ne sert plus comme vivant, mais au contraire comme un « être-présent-subsistant », c’est-à-dire un Sein-zum-tode/Être-pour-la-mort. Voilà pourquoi cela ne m’étonne pas que nous ayons le peuple le plus faible mentalement d’Afrique voire du monde. JE DEPOSERAI UNE REQUÊTE AUPRES DE JOSEPH KABILA KABANGE POUR LA CREATION D’UN MINISTERE APPELE « DEVELOPPEMENT DE L’INTELLIGENCE ». Ce ministère regroupera les actuels Enseignement primaire, secondaire, professionnel, et Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique. Ce ministère existe au Venezuéla, et a été proposé à François Mitterrand par Jack Lang dès l’élection à la présidence française en 1981 de son mentor. Ce ministère sera élevé au premier rang des ministères du gouvernement congolais, et son ministre à la fois Ministre d’Etat et Vice-Premier Ministre ; il y sera secondé par deux vice-ministres dont l’un chargé de l’ESURS et l’autre de l’EPSP.

ADOLCHE : Regardez le quartier Matonge d’Ixelles/Bruxelles, les activités que pratiquent les congolais, et vous comprendrez pourquoi tozali ba zoba y’Afrique (comme nous insultent les sénégalais, libanais, etc. qui viennent amasser l’argent chez nous, et s’en vont construire chez eux des châteaux), en longueur des journées, ils s’étirent au soleil, ou aux côtés du chauffage, sans rien y faire, s’ils ne se battent pas entre eux, ils invectivent les belges, les étrangers qui se remplissent les poches avec les richesses de leur pays … Ils ont raison sur la forme, mais nullement sur le fond, parce qu’il suffit d’avoir une mentalité des guerriers (pas d’un jour, mais pendant une année, deux années, voire de toute une éternité de guerre, de haine et de protestation contre les spoliateurs, les exploiteurs de leur pays), pour qu’ils y arrivent enfin à les mettre aux pas.

NTM : Croyez-vous tout de même au génie congolais ?

ADOLCHE : Il n’existe pas de génie congolais. Mais, il y a par contre une mendicité sociale congolaise, une précarité intellectuelle, morale, spirituelle, matérielle essentiellement issue de la croyance au catholicisme. C’est pourquoi, j’écrirai prochainement au chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange pour lui proposer la création du ministère du « DEVELOPPEMENT DE L’INTELLIGENCE ». Le salut est dans le travail manuel, intellectuel. Mais, jamais dans la prière. Dieu, comme je le dis toujours, n’aime que les hommes qui travaillent pour eux-mêmes. Détournons-nous du catholicisme, mais soyons chrétiens, et nous ne tarderons pas à voir notre pays, avec les ressources qu’il a, rallier le wagon des pays civilisés, modernes, et développés.

ADOLCHE : Comme je le martèle jours et nuits, JE SUIS UN HOMME TOTALEMENT LIBRE. Mais la politique rend-t-elle libre ? Mieux, respecte-t-elle la liberté de ses faiseurs ? Elle le devrait. En Europe oui. Mais en Afrique, elle est une question. Mais, comme disait Madimba Mandela Nelson : « Etre libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres.  ». de même, poursuit-il, « Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l'étroitesse d'esprit. ». Malheureusement tous les héros qui sont tombés en Afrique du Nord au Sud, de l’est à l’Ouest l’ont été pour leur liberté d’esprit, et d’action, soit parce qu’ils ont parlé trop tôt, soit parce qu’ils ont eu raison trop tôt, soit encore parce qu’ils ont dit tout haut ce que les autres pensaient tout bas. D’autres, en revanche, ont tout gagné en se taisant, et en laissant faire l’idiotie soit par bassesse d’esprit, soit par prostitution intellectuelle en tous genres, soit encore par peur de mourir … Serais-je, d’après vous, l’homme idéal pour y aller me mêler de la politique afro-congolaise où ceux qui guettent ne toussent pas ?

NTM : Mon collègue et moi en sommes persuadés, que vous êtes capable de vous en sortir des pièges en tous genres, car vous êtes très intelligent, mais pas seulement, un grand stratège, nous sommes témoins de vous voir fédérer vos collègues anglophones, alors que votre anglais est trop défaillant, et pourtant malgré ce handicap linguistique vous vous en sortez admirablement très bien, courage monsieur Osongo.

ADOLCHE : Encore une fois madame et monsieur, je vous remercie pour tous vos encouragements, et la confiance que vous placez en ma modeste personne. Malheureusement, l’on ne me croira pas, sans doute, si je disais que je ne me considère pas comme un politicien, mais plutôt comme un idéologue, un expert, un analyste des faits politiques peut-être de talent, et, sans doute, un visionneur (mes écrits le témoignent, et mes déclarations le démontrent, car je ne me suis pas encore trompé, il y a des témoins, des lecteurs qui en diront long). Puis-je vous inviter à m’accompagner pour prendre un morceau ?

NTM : Mais bien sûr oui monsieur Osongo, c’est avec un grand plaisir, encore une fois !!!

NTM : Avant d’y aller avez-vous un dernier mot ou un souhait camarade Osongo ?

ADOLCHE : Eh oui chère madame, il se résume à l’appel solennel à une nouvelle candidature de Joseph Kabila en 2016. On m’objectera la Constitution, certes. Mais la Constitution madame n’a de valeur que dans un pays où il y a des gens normaux, c’est-à-dire responsables, capables, mieux, créateurs, producteurs, inventeurs. Or, en avions-nous dans notre pays ? Certes, mais seulement une minorité, dont parmi laquelle figurent en première ligne des analphabètes-analphabètes comme Pauline OSTHUMBA AKAKE TSHA la défunte de ma mère qui ne savait ni lire, ni écrire, et tant d’autres encore qui lui ressemblaient, mais dont l’esprit créateur, producteur, et inventeur était incontestable ! Car, en effet, il n’y a pas plus irresponsables, incapables, médiocres que dans ceux qui, au nom d’un titre académique, ou encore d’un grade de professeur et compagnies, se décrètent intellectuels. Alors qu’être intellectuel ne se résume nullement ni à un titre universitaire, supérieur, scientifique, ni à un grade académique. C’est pourquoi il m’arrive de considérer cette catégorie d’individus plutôt comme des « intellectuels-analphabètes ». Et là il n’y en a pas pire. Parce qu’il vaudrait mieux appartenir à un épithète ou à l’autre épithète, plutôt qu’aux deux épithètes à la fois.

NTM : Oui monsieur le kabiliste, mais entre nous soit dit vous n’avez pas encore dit le pourquoi du comment sur la reconduction de Joseph Kabila en 2016 ? Est-ce que c’est parce que pour vous il était le seul homme capable, créateur, producteur, inventeur du pays ?

ADOLCHE : Non madame, je n’ai jamais dit ça. C’est que je viens de dire se résume au fait qu’il y en a des créateurs, des producteurs, des inventeurs dans notre pays, mais qu’on trouve chez nos « anciens », ceux qui n’ont jamais été ni à l’école, ni au supérieur, ni encore moins à l’université. Malheureusement ceux-ci sont une « minorité », du moins dans l’exercice du pouvoir politique, et qu’au nom d’une certaine intellectualité scolaire et universitaire, ce pouvoir politique est exercé par cette catégorie qui prétend l’incarner, mais dont la médiocrité, la voyoucratie, la dangerosité, l’idiotie, la corruption, la gabegie, le banditisme social, la prostitution sexuelle, économique, minière en est d’une telle exemplarité qu’on ne peut rien attendre de constructif de la part de ces soi-disant intellectuels.

NTM : mais …

ADOLCHE : J’en viens madame, calmez-vous. Depuis que joseph Kabila Kabange a accédé à la magistrature suprême à l’aune de l’assassinat ignoble et crapuleux de son valeureux père

le Camarade Mzee Laurent-Désiré Kabila, il a été accusé, mieux, insulté de deux choses sa « rwandalité » et son « analphabétisme » n’est-ce pas ? Pour moi, et dès le début sa nationalité congolaise ne m’a jamais posée aucun problème. Parce que pour moi il est un congolais comme moi-même, ou comme un autre. Pourquoi ? Pour deux raisons : premièrement aucun congolais n’a assisté à sa naissance. Seul son père LDK pouvait remettre en cause sa nationalité. Or, celui-ci ne le fit jamais, au contraire c’est même lui qui nous le présentât comme son fils non seulement bien aimé, mais également comme son héritier politique et militaire. Quant à son « analphabétisme », il est vrai que Joseph Kabila n’est pas docteur en quelque chose. Mais, je viens de vous le dire, il y a un instant, comment être docteur ne suffisait pas pour faire d’un individu un homme sensé, équilibré. Cela d’autant plus que le plus grand nombre de professeurs des universités et d’ailleurs qu’on trouve sur le marché économique, politique se comportent pire que les délinquants de Chicago. En 2008 dans une interview au New York Time Joseph Kabila Kabange, marre de travailler avec des pique-assiettes, et des grippe-sous dans la démesure, n’hésitât point à les dénoncer. Il fit, alors, un constat très amer voire lugubre de sa propre classe politique : « Ce pays, clamait-il n’a pas besoin d’un millier de conseillers pour aller de l’avant. Quinze personnes qui ont la même ambition, motivation, détermination suffisent … ». Or, « malheureusement, conclut-il désespéré, je ne peux compter que sur une personne, deux personnes, trois personnes … pas plus ! ». Ce fût un véritable camouflet de la part n’est-ce pas de celui dont l’intelligence académique et scientifique a été chaque fois mise en cause ?

NTM : Vous êtes vraiment kabiliste.

ADOLCHE : Non madame, car c’est trop facile de caricaturer. De fait, le problème n’y consiste pas à être oui ou non kabiliste, mais au contraire à faire le bilan. En effet, si pendant 32 ans de règne sans partage le Maréchal Mobutu, que certaines langues salées réclament aujourd’hui à cors et à cris, et certains esprits courts et courbés, alors que ce fût lui l’origine du sous-sous-développement du « Congo-Zaïre », avait fait son travail correctement, comme le fait Kabange Kabila Joseph avec amour, désintéressement, conscience politique pragmatique, réalisme, nationalisme et patriotisme, notre pays n’en serait pas aujourd’hui à la construction et la reconstruction des voies de communication, mais au contraire en train d’envoyer, comme la Chine, des hommes dans l’espace. Voilà madame, c’est pour cette unique raison que, selon moi, il n’y a pas à l’heure actuelle d’autre meilleur candidat que JOSEPH KABILA KABANGE alias SISA BIDIBU (tika bilembo) (laisser les symboles). Et c’est pour cette même raison également que le moment opportun, je lui écrirai afin qu’il se représente de nouveau en 2016 et de nouveau encore en 2021. Je sais qu’il y sera confronté au problème de votre Constitution. Mais, ce ne sera pas un problème du tout, car il s’y présentera deux alternatives soit le vaillant constitutionaliste qu’est mon grand frère Evariste BOSHAB, soutenu par Aubin MINAKU l’actuel président de l’Assemblée nationale, la modifieront fièrement et sûrement, soit le peuple congolais s’y prêtera à la signature d’une pétition (sous ma proposition) pour l’y inviter enfin à se présenter. Après tout, le peuple c’est lui le souverain primaire non ? Mais voilà.

NTM : Combien, si je puis me le permettre, vous paye-t-il pour toute cette campagne monsieur le professeur ? Vous-mêmes nous avez confié vivre du chômage en Belgique et en France, et de vos intérims s’évaluant en moyenne entre 500 ou 600 euros mensuel. Mais seulement lorsque pareilles opportunités s’y présentaient ? J’espère que vous n’allez pas nous congédier, ou frapper du poing sur la table ?

ADOLCHE : madame appelez-moi plutôt Camarade, ça me fera plaisir, plutôt que professeur merci. Pourquoi croyez-vous que je vous chasserai d’ici ? Alors que vous ne dites que ce que je vous avais dit moi-même. Je souffre en Europe. C’est une évidence. Je ne cache à nulle personne qui me pose la question dans cette direction-là. Parce qu’en dépit de mes titres universitaires, dont celui d’Habilitation à diriger des recherches de philosophie et de phénoménologie pratique, je ne gagne pas ma vie de la meilleure des manières. Je ne reprendrai pas ici le mépris de l’homme blanc à mon égard, qui ne veut pas d’un premier enseignant-chercheur de philosophie en Europe et en France en particulier. Pour en venir à votre tendancieuse question, je tiens à vous dire que c’est justement-là la raison pour laquelle je soutiens Joseph Kabila Kabange, c’est-à-dire parce qu’il ne me paye pas. Posez-vous la question de savoir si ceux qu’il paye grassement le soutiennent aussi fort que ceux comme nous qui nous battons dans l’ombre pour lui, son pouvoir et son régime ? Les meilleurs alliers de Joseph Kabila Kabange ne sont pas nécessairement au PPRD, au gouvernement, à l’assemblée nationale, dans les entreprises marchandes ou non-marchandes, ni encore moins à la présidence de la république. En ce qui me concerne, je suis un descendant de Patrice-Emery Lumumba -, et j’ai l’impression que vous n’en tenez pas compte, ou l’oubliez très facilement, à moins qu’il s’agisse d’une méprise, ou d’un mépris, alors là c’est décevant -, qui a donné sa vie pour ce pays en échange de zéro centime, et qui y a laissé trois enfants en bas âge et une femme à fleur d’âge. Mon vrai salaire, en échange de mon soutien à Joseph Kabila Kabange, consiste dans les routes, les boulevards, les autoroutes à huit bandes, aux ponts, aux aéroports, aux hôpitaux, aux écoles, etc. qu’il est en train de construire, ou de reconstruire. C’est vous dire, chère madame, que mon sort personnel ne compte pas. Croyez-moi chère madame, mais au contraire c’est le destin, l’avenir, le sort de l’ensemble de mon peuple, et de mon pays qui m’intéresse.

ADOLCHE : Voilà ! Avez-vous encore des questions hein ! madame ?

NTM : Heu ! Non camarade Osongo, j’en suis convaincue !

ADOLCHE : encore une fois chère madame ce n’est pas une question de convaincre, ou de ne pas convaincre, d’être convaincu ou d’être pas convaincu, mais plutôt de relancer l’âme de notre pays. Et, ma foi, à ce petit jeu-là, c’est plutôt Joseph Kabila Kabange qui incarne cet élan. C’est pourquoi, s’il arrivait qu’il ne se présente pas en 2016, je lui convierai de transmettre le flambeau à Moïse KATUMBI CHAPWE le très créateur gouverneur du Katanga. Et, si cela arrivait, je voterai pour lui les yeux fermés. Quant au chat de Limete (cfr. Molière TV) … je ne sais quoi en dire de plus. Voilà, madame et monsieur, je pense qu’il est temps maintenant d’y aller prendre un petit morceau, si vous le voulez bien.

NTM : Ma collègue et moi-même vous remercions beaucoup pour ce petit temps que vous nous avez de nouveau accordé entre quelques conférences, ça toujours été un grand plaisir pour nous de vous interviewer, vous ne savez pas combien monsieur Osongo, notre souhait est que vous rejoigniez cette fois-ci, si l’on faisait appel à vos compétences, la cour kabiliste, parce que nous sommes persuadés que vous conseillerez très bien le chef de l’Etat, dont vous détourneriez l’attention vers le social. En plus, marxiste-guévariste, vous serez, certes, isolé, mais par vos capacités révolutionnaires, le président lui-même ne tardera jamais à devenir votre premier allié, nous en sommes sûrs et certains, parce que n’est-il pas dit que la vérité finit toujours par triompher ?

 

(Entretien réalisé à Baltimore/USA par Claire Tam et Ramsès Lowa, le 22/02/2012)

 

Les commentaires sont fermés.