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19/07/2012

AVANT-HIER ET HIER JE CONDAMNE TOUTE FORME DE TERRORISME CE N'EST NULLEMENT UN ARGUMENT C'EST PLUTÔT LÂCHE

Publié le 18/07/2012
Mis à jour le 18/07/2012 à 15h34

Syrie: le pouvoir frappé par un attentat à Damas

Un tank de l'armée syrienne vu depuis le viseur d'un membre de l'Armée syrienne libre à Homs le 17 juillet 2012, 17/07/2012

Le ministre de la Défense syrien Daoud Rajha et son son adjoint Assef Shawkat, qui est également le beau-frère du chef de l’Etat Bachar el-Assad, ont été tués ce mercredi 18 juillet dans un attentat perpétré par un garde du corps à Damas, selon la télévision d’Etat syrienne. La BBC propose un double portrait des deux hommes ici.

Il s’agit du «coup le plus sérieux porté au haut commandement d’el-Assad depuis le début de la rébellion dans le pays, il y a 16 mois», selon l’agence de presse Reuters. Le patron du renseignement et le ministre de l’Intérieur ont été blessés au cours de l’attaque, qui visait une réunion où étaient présents de nombreux ministres et responsables de la sécurité. Bachar el-Assad n’était apparemment pas présent à la réunion.

L’attaque a été revendiquée par Lioua al-Islam, un groupe rebelle islamiste dont le nom signifie «La brigade de l’Islam», et par l’Armée syrienne libre (ASL), rapporte Al-Jazeera.

Du côté de la diplomatie, un projet de résolution de l’ONU menaçant la Syrie de sanctions doit être mis au vote dans l’après-midi. Projet pour lequel «nous allons vers un double veto russe et chinois» selon un diplomate occidental cité par Le Monde. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a pour sa part déclaré espérer «sincèrement que les membres du Conseil de Sécurité seront unis et vont agir» après une rencontre avec le président chinois Hu Jintao à Pékin.

Photo: Un tank de l'armée syrienne vu depuis le viseur d'un membre de l'Armée syrienne libre à Homs le 17 juillet 2012, 17/07/2012

Publié le 19/07/2012
Mis à jour le 19/07/2012 à 10h58

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Quel rapport entre l'attentat anti-israélien en Bulgarie, l'Iran, le Hezbollah et la Syrie?

Netanyahou n'a pas tardé à désigner les responsables de la mort de sept Israéliens dans l'explosion d'un bus à Bourgas. La thèse est la suivante: Téhéran et ses alliés libanais veulent internationaliser le conflit syrien en impliquant Israël.

Attentat anti-israélien à Bourgas, le 19 juillet 2012 © Ministère israélien des affaires étrangères

- Attentat anti-israélien à Bourgas, le 19 juillet 2012 © Ministère israélien des affaires étrangères -

Sept touristes israéliens sont morts mercredi 18 juillet dans l'explosion d'un bus à Bourgas, en Bulgarie, dont 6 sur le coup et le dernier à l'hôpital. Plusieurs bus attendaient les 154 touristes israéliens qui étaient arrivés à bord d’un charter parti de Tel-Aviv, pour les répartir dans les différents hôtels des plages de la Mer Noire.

Ce bilan officiel a été transmis par le ministre bulgare des Affaires étrangères Nikolaï Mladénov à son homologue israélien Avigdor Lieberman. Le ministre israélien des Affaires étrangères a indiqué qu'en parallèle du traitement aux blessés et à leurs familles, «le gouvernement israélien agira tous azimuts pour que les responsables de l'attentat de façon directe ou indirecte payent le prix».

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Le raisonnement est le suivant: avec l'évolution maintenant rapide de la situation en Syrie et la fin prévisible du régime de Bachar el-Assad, ses alliés les plus proches dans la région, Iran et Hezbollah, tentent d'élargir le conflit et de l'amener sur un autre terrain: celui de la confrontation avec Israël.

Benjamin Netanyahou et Ehud Barak, ministre de la Défense, n'ont attendu que quelques heures après l'attentat pour désigner les coupables. Ils ont accusé l'Iran et le Hezbollah d’avoir perpétré l'attaque contre le bus israélien et ont promis des représailles fortes avec l’objectif d’atteindre les auteurs. Ils n’ont aucun doute sur les commanditaires de l’attaque car, selon eux, ils ont signé leur forfait avec leur méthode opératoire. Ils intègrent cet attentat dans la campagne de terreur organisée depuis l’an passé contre des cibles israéliennes.

Les Israéliens ont la certitude que l’organisateur de l’attentat est le général Quasem Soleimani, commandant de la force El-Qods des Gardes iraniens de la révolution, chargé des opérations du Hezbollah et de l’Iran à l’étranger.

Tourisme israélien

Pourquoi la Bulgarie? Depuis la rupture entre la Turquie et Israël, des dizaines de milliers de touristes israéliens ont modifié leurs destinations de vacances pour la Grèce et les pays de l’Est, dont la Bulgarie, qui ont profité de l’aubaine. Juillet et août correspondent à la saison du chassé-croisé entre les Israéliens qui fuient la chaleur du pays et les Européens qui les remplacent au bord des plages.

La Bulgarie est pourtant considérée, notamment par les Américains, comme un terreau possible pour l'extrémisme islamiste. Le pays abrite un million de musulmans sur une population de 8 millions de personnes et une partie de cette communauté est travaillée par l'islamisme radical. Cette population musulmane comprend en majorité des Turcs (700.000) tandis que le reste est composé de Bulgares musulmans (les Pomaks) ainsi que des Tatars de Crimée. La majorité des musulmans bulgares sont de confession sunnite de rite hanafite, une forme de l'islam favorisée par l'Empire ottoman qui a occupé le pays pendant près de cinq siècles.

Selon Yane Yanev, chef de l’opposition et leader du parti Ordre, Loi, et Justice (RZS), de nombreux villages du sud ont été convertis à l’islam par la force. Le réveil d'un islamisme extrême est notamment lié à la pauvreté de cette communauté et aux frictions grandissantes avec la majorité chrétienne de la population.

Devant certaines mosquées pleines à craquer, à l'occasion de la prière du vendredi, des chants liturgiques chrétiens orthodoxes en vieux slavon sont diffusés à l'aide de sonos montées sur des véhicules par des patriotes bulgares. Ces derniers refusent la montée de l'islam dans leur pays et tiennent à rappeler que la Bulgarie est avant tout une terre chrétienne.

Tensions religieuses

Illustration de ces tensions religieuses, le parti ultranationaliste Ataka, est entré pour la première fois au parlement bulgare en 2005. Il a obtenu 21 sièges (sur 240) aux législatives de 2009. L’islamophobie a contaminé la région pour réveiller une population musulmane qui n’était pas particulièrement militante mais qui est devenue plus sensible aux thèses islamistes. En juin 2012, treize personnes ont ainsi été accusées de propagation d'idées islamistes dans le sud de la Bulgarie, une région à forte minorité musulmane. Il s’agissait de membres salafistes de l’organisation Al-Waqf al-islami basée en Arabie saoudite. L’ambassadeur des Etats-Unis, John Beyrle, avait fait part de sa préoccupation dès 2005 sur le développement islamiste en Bulgarie:

«Le chômage croissant, la faiblesse des institutions qui prônent un islam modéré et une discrimination de longue date rendent les musulmans bulgares vulnérables à l'extrémisme.»

Le terrorisme islamiste en Bulgarie lié au développement de filières iraniennes et proches du Hezbollah libanais est ainsi devenu très actif depuis quelques temps... Deux ressortissants bulgares, appartenant à l'organisation islamiste Jamaat Shariat, ont été arrêtés en avril sur le territoire tchèque. Selon la police:

«Lors de leur séjour, les suspects fabriquaient de faux papiers et transféraient des fonds, des armes et des explosifs aux terroristes en provenance principalement du Caucase russe.»

Le Mossad au courant?

Le président bulgare Rossen Plevnéliev a reproché aux responsables du Mossad de ne pas avoir mis en garde les autorités bulgares contre un éventuel attentat anti-israélien en préparation, lors de leur rencontre avec des cadres bulgares il y a un mois. Rossen Plevnéliev, qui s'est rendu sur les lieux de l'attentat à Bourgas, a soutenu que les autorités avaient pris toutes les précautions pour protéger les victimes de l'attentat.

Vu l'accusation quasi-immédiate exprimée par Netanyahou, les services de renseignements israéliens semblaient en effet au courant des agissements de ces groupes terroristes.

Le Mossad avait réussi à déjouer toutes les tentatives perpétrées en Thaïlande, au Kenya, en Géorgie, en Inde et en Azerbaïdjan. Mais pas cette fois-ci.

Il faudra donc s’attendre à des représailles israéliennes, mais sans doute calculées et assez mesurées pour ne pas permettre à l'Iran et au Hezbollah libanais de parvenir à leurs fins: détourner l'attention de la chute du pouvoir syrien.

Jacques Benillouche

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