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22/07/2012

CONGO/KINSHASA : MATATA PONYO AUGUSTIN NE SERAIT-IL QU'UN CONFUSIONNISTE FINALEMENT PRENANT LA RIGUEUR POUR LA LENTEUR POLITICO-ADMINISTRTATIVE ?

Asphyxie dans les ministères ! 


Plus de deux mois après l’investiture du Gouvernement Matata, le décret portant organisation des cabinets ministériels et les frais de fonctionnement  se font toujours attendre.

La vie ne semble pas  rose dans les cabinets ministériels. On y enregistre plus de plaintes que d’assurances qui devraient incarner l’espoir pour un pays appelé à nourrir de grandes ambitions. Car, pour la toute première fois en RDC, près de trois mois après l’entrée effective en fonction du Gouvernement, aucun ministre n’a signé l’arrêté portant composition de son cabinet. Renseignements pris, tous les membres de l’Exécutif national attendent encore du Premier ministre la signature du décret portant organisation et fonctionnement des cabinets ministériels. En plus de cet aspect, les frais de fonctionnement se font également attendre.

La rigueur constitue-t-elle une excuse pour bloquer le fonctionnement des cabinets ministériels ? Cette question combien fondamentale semble résumer la situation qui sévit dans les différents cabinets de ministres. Car, jusqu’à ce jour, c’est-à-dire plus de deux mois après l’investiture du Gouvernement Matata à l’Assemblée nationale, le décret tant attendu du Premier ministre portant organisation et fonctionnement des officines ministérielles n’est toujours pas tombé.    

Cette situation, aux yeux des observateurs avertis, ne se justifie nullement même au nom de la rigueur ou de la bonne gouvernance. C’est là qu’on accuse le successeur de Muzito de bloquer son Gouvernement.

A QUAND LE DECRET PORTANT ORGANISATION DES CABINETS ?    

Jusqu’à ce jour, aucun ministre n’a signé un arrêté sur la composition de son cabinet. A la base de cette léthargie, le Premier ministre Augustin Matata Ponyo dont le décret portant organisation et fonctionnement des cabinets ministériels continue à se faire attendre. Conséquence, anciens et nouveaux cabinets tentent de combler le vide ainsi créé au nom de la continuité pour les premiers et en attendant de prendre formellement les choses en mains pour les seconds.    

Si, jusqu’il y a peu, ce sont les anciens membres des cabinets qui touchaient leurs salaires, aujourd’hui, la même enveloppe  doit s’étendre aux nouveaux collaborateurs des ministres.    

Pourtant, un décret aurait suffi pour fixer les uns et les autres et ainsi décanter la situation dans les cabinets. Le décret portant organisation et fonctionnement des cabinets ministériels aurait dû logiquement être signé peu après la nomination des membres du Gouvernement. De manière à ce qu’une fois ces derniers installés, vice-Premiers ministres, ministres et vice-ministres sachent à quoi s’en tenir après la période charnière entre le départ des anciens membres de cabinets et l’entrée effective de nouveaux collaborateurs des ministres.        

Car, une fois le décret portant composition de ces cabinets signé, les ministres peuvent avoir la latitude, chacun de se débarrasser des membres des cabinets précédents.

LES FRAIS DE FONCTIONNEMENT  SE FONT TOUJOURS ATTENDRE    

Outre le décret sur les cabinets des ministres, nombre d’observateurs expriment leurs inquiétudes face au tabou observé autour des frais de fonctionnement. Comme cette expression l’indique, soutiennent-ils, ces frais servent au bon fonctionnement des cabinets ministériels et devraient être versés régulièrement pour permettre aux ministres de travailler dans de bonnes conditions.    

Ce n’est donc pas une invention congolaise, mais une règle universelle. Pourquoi, se demande-t-on, plus de deux mois après l’investiture, les fameux frais de fonctionnement relèvent encore du domaine du mythe ? Là aussi, la rigueur, à force de chercher à tout inventer ou réinventer, entretient le blocage.    

On comprend mieux pourquoi leurs « Excellences » demeurent encore loin de refléter des ambitions à la hauteur du défi à relever au point même de couper le pont avec la population parce que privés de frais de souveraineté. Contacté, un ministre à confié qu’il n’était pas rare de payer de sa propre poche le transport de ses collaborateurs... en attendant les frais du Gouvernement.    

Il faudrait éviter que la rigueur actuelle ressemble à celle qui avait vu, autrefois, les « Zaïrois » serrer la ceinture au point qu’elle se rompait. Les ministres doivent, pour parler un peu de manière vulgaire, avoir bonne mine et incarner les espoirs de tout un peuple. Or, cela passe par le paiement régulier de leurs émoluments et par le versement régulier des frais de fonctionnement de leurs ministères. Car, ils ont l’obligation de descendre sur le terrain et de rendre compte,  de communiquer. 

TROP DE RIGUEUR  TUE LA RIGUEUR    

Les observateurs invitent le Premier ministre Matata à éviter d’entretenir lui-même le blocage de son Gouvernement. Car, sans logistique, aucun cabinet ministériel ne peut donner le meilleur qu’on attend de lui parce que, à tout moment, par le risque de courir vers le blocage.    

De la même manière qu’un décret suffit pour remettre de l’ordre dans les cabinets ministériels, le versement régulier des frais de fonctionnement contribuera énormément à décrisper l’atmosphère dans les cabinets.    

Sinon, la bonne gouvernance ressemblera plus à un slogan qu’à la réalité. « Trop de rigueur tue la rigueur », concluent les observateurs.      

 



M.M.
Kinshasa, 20/07/2012 (Forum des As, via mediacongo.net)

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