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24/07/2012

CONGO/KINSHASA/FRANCOPHONIE : CE N'EST PAS QU'HOLLANDE NE COMPREND PAS SEULEMENT CONTRAIREMENT A SARKOZY IL SE CHERCHE UN PRETEXTE CREDIBLE UNE FACON DE DIRE JE NE LE VOULAIS MAIS ...

14ème Sommet de la Francophonie: le chantage, comme la Belgique et les Usa, la France ferait mieux de compatir avec les Congolais 
(L'Avenir Quotidien 24/07/2012) 


Au lieu que les pays francophones, avec à leur tête la France, manifestent leur compassion à la Rd Congo victime des affres de la bande à Bosco Ntaganda, soutenue concrètement par le Rwanda, c’est au chantage qu’on assiste depuis un certain temps *L’attitude responsable des autorités belges qui compatissent au malheur qui arrive à la Rd Congo est à féliciter, en dépit de l’affaire du cinéaste Thierry Michel. 

Une affaire privée qui s’est vite transposée sur la place publique au risque de devenir une affaire d’Etat *Les Congolais ne croiront en Hollande qu’au regard du respect que le Président de le France portera à l’endroit des Congolais et de leurs 8 millions de morts victimes des agressions soutenues par le Rwanda ainsi que des sanctions les plus rigoureuses qu’il proposera ou prendra contre Paul Kagame et ses collaborateurs qui pillent, volent et violent continuellement la Rd Congo. La France aura ainsi emboîter le pas aux Etats-Unis d’Amérique par l’entremise du Département d’Etat américain.

Plus que deux mois et demi nous séparent du 14ème Sommet de la Francophonie dont l’organisation a été confiée à la Rd Congo. Ce Sommet, organisé tous les deux ans depuis 1986 et ouvert d’abord aux seuls pays francophones ou partiellement francophones, s’est ensuite élargi aux pays lusophones comme observateurs. Et si ce 14ème Sommet s’organise à Kinshasa, ce sera une première pour toute l’Afrique centrale. Mais depuis un certain temps, la Rdc qui est agressée par le Rwanda connaît un chantage sans nom, orchestré par tous les pays qui n’aiment pas que ce pays se confirme comme une puissance régionale et internationale en Afrique et dans le monde. C’est au rang de tous ces pourfendeurs que l’on peut facilement retrouver ceux qui cherchent des poux sur la tête d’unchauve. Tous ceux qui militent pour la délocalisation du Sommet de la Francophonie en Rd Congo mettent en exergue le déficit en matière de démocratie, la mort et le procès en appel de Floribert Chebeya, l’expulsion du cinéaste belge Thierry Michel, etc. Ils auraient même proposé un plan B pour tenir le Sommet à Maurice. Mais s’il est maintenu à Kinshasa, ils disent que certains pays risquent de ne pas venir. Et pour quelle raison ne viendraient-ils pas ?

Du déficit démocratique

Pour appuyer leur argumentaire, les pays jaloux des progrès de la Rd Congo citent la façon dont les élections se sont déroulées en Rd Congo. Et d’ailleurs, les différentes missions d’observation avaient certes reconnu qu’il y avait des irrégularités, mais celles-ci n’avaient pas pour nature de changer l’ordre d’arrivée des candidats à la présidentielle. Même le chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange a eu lui-même à reconnaître ces irrégularités, tout en s’engageant d’améliorer cet état de choses.

Pour mémoire, la CENI elle-même a eu à faire sa propre évaluation, avant de présenter son rapport annuel à l’Assemblée nationale. La chambre basse du parlement, s’étant rendu compte de la gravité des conditions d’organisation de ces élections, a émis quelques recommandations, notamment l’amendement de la loi portant organisation des élections présidentielle, législatives, municipales, … en Rd Congo. A ce stade, on ne peut que prendre son mal en patience, et attendre d’autres conclusions qui découleront certes de cet amendement.

Pouvons-nous dans ce contexte affirmer que le président Joseph Kabila veut profiter de la tenue du Sommet de la Francophonie pour se légitimer au niveau de la Communauté internationale ? L’on doit savoir qu’un président aussi élu comme Joseph Kabila Kabange par le souverain primaire, n’a pas à solliciter sa légitimité au niveau de la Communauté internationale. La légitimité est donnée par le peuple dans lequel se reconnaît son chef.

L’on ne peut même pas affirmer que la prestation de serment de Joseph Kabila a eu lieu en l’absence de la Communauté internationale, pendant que l’Afrique était représentée par le Zimbabwe de Robert Mugabe et les Occidentaux par les Ambassadeurs respectifs accrédités en Rd Congo. Même si François Hollande ne s’est pas encore exprimé sur sa participation ou non au Sommet de la Francophonie à Kinshasa, un communiqué de l’Elysée indiquait, il y a peu, que les autorités congolaises devaient " démontrer leur réelle volonté de promouvoir la démocratie et l’Etat de droit ". Quelle démocratie promouvoir lorsque lui-même François Hollande reçoit en audience les présidents africains et autres qui n’ont rien à avoir avec la démocratie ? Promouvoir quelle démocratie lorsqu’après les élections présidentielles dans certains pays, les concurrents candidats de l’opposition se retrouvent tous en prison. Le cas du Rwanda n’est qu’un secret de polichinelle.

Et pourtant, la démocratie s’observe aussi à travers le fonctionnement des institutions. Qui peut à ce jour affirmer que les institutions issues des urnes ne sont pas encore fonctionnelles ? Une telle affirmation serait le fait des émotions qui n’ont rien à avoir avec la raison. C’est dans ce contexte que l’Union européenne a élaboré une série de recommandations, dont d’autres n’avaient pratiquement pas de rapport avec les élections du 28 novembre 2011. Pour elle, aussi longtemps que la CENI, au-delà la Rd Congo n’aura pas appliqué toutes ces recommandations, l’Ue sera obligée de suspendre son financement. Ici, sa volonté est d’imposer un schéma à la Rd Congo du type 1+4. Loin de nous la volonté d’ignorer la contribution du contribuable européen, on est toutefois en droit d’affirmer que les élections du 28 novembre 2011 auront été celles qui ont bénéficié du financement du Gouvernement de la République. Et la contribution de la Communauté internationale a été technique, notamment à travers la formation des policiers pour la sécurisation du processus, le transport du matériel électoral, etc.

Pour rappel, c’est en 1991 que la Rd Congo (Zaïre de l’époque) avait raté l’organisation du Sommet de la Francophonie à cause des massacres présumés au Campus de Lubumbashi. Massacres pour lesquels aucune preuve tangible n’a été apportée, à part un seul étudiant mort. A cette époque-là, la Rd Congo ne disposait sur le plan médiatique que de la seule OZRT (Office Zaïrois de Radio Diffusion et de Télévision), contrairement à ce jour où il y a environ une soixantaine de chaînes de télévision, plus de 1.000 radios. En plus, à l’époque de la deuxième République, il n’y avait que deux journaux, Elima et Salongo. Et pourtant, à part certains pays francophones du Nord ayant la tradition française, la Rd Congo dispose à ce jour de plus de 300 titres de journaux. Parmi ces titres, il y en a qui sont de l’Opposition. Voilà qui pousse à dire qu’il n’y a pas un seul pays en Afrique qui peut faire mieux aujourd’hui. Disons que la Francophonie ne peut à ce jour valoir quelque chose sans la Rd Congo avec sa population estimée à environ 100 millions d’habitants. C’est ici qu’il faut faire observer que même si par moment la Rd Congo a été soumise à une pression, ce pays n’a jamais quitté l’espace francophone contrairement au Rwanda qui a basculé dans le Commonwealth, même s’il tente de revenir sur les pointes de pieds à la Francophonie.

La mort et le procès en appel de Floribert Chebeya

En Rd Congo, on ne comprend pas pourquoi on s’acharne beaucoup plus sur l’accessoire, l’organisation du Sommet de la Francophonie, plutôt que de compatir avec des milliers des Congolais tués par ceux qui veulent arracher de force les richesses de la Rd Congo. C’est dans cette logique que la mort de Floribert Chebeya est vite prise comme exemple pour acculer la Rd Congo, ses autorités, ainsi que sa population. Mais vite on oublie que cette affaire a déjà connu un procès au premier degré, et se trouve présentement au second. Faut-il dire qu’au premier degré la justice n’a pas été bien dite ? C’est le travail qui a été confié à la Cour d’ordre militaire qui devra se prononcer et il est prématuré pour quiconque de prétendre donner un jugement. Et celui qui a une information à donner au tribunal à ce sujet, n’a qu’à se faire annoncer. Pendant qu’au premier degré certains policiers ont été condamnés par contumace, c’est le moment qu’apparaît un film, du reste une affaire privée, du cinéaste belge Thierry Michel.

En principe, ce documentaire devait être projeté dans les salles et vendu sur la place publique. Il est devenu une affaire du Sénat et d’autres institutions publiques, au risque d’en dénaturer la substance, si cela n’est pas encore fait. Ce qui est curieux, le film présente un fugitif qui se trouverait à l’étranger et qui déclare avoir vécu la scène. Malheureusement, au lieu d’apporter son témoignage à la justice, il se contente de confesser son péché au cinéaste. En violation de toutes les règles relatives à la présomption d’innocence, le film choisit déjà les coupables, une façon pour lui d’orienter le jugement qui sera rendu par la justice militaire. A supposer que la justice militaire n’aille pas dans ce même sens, on risquera d’assister à des contestations qui risquent de générer, accusant le tout de parodie de justice.

Les Congolais en ont marre

Au regard de tout ce qui précède, les Congolais ne demandent pas mieux que François Hollande ait du respect non seulement envers eux, mais aussi envers les 8 millions de morts. Ils ne demandent pas mieux que François Hollande préconise des sanctions sévères à l’encontre de Paul Kagame et de ses collaborateurs qui continuent à piller les richesses de la Rd Congo. Il sied de noter qu’à l’avènement de l’AFDL soutenue à l’époque par les Rwandais, ces derniers avaient conseillé à M’Zée Laurent-Désiré Kabila d’adhérer à la Commonwealth. La Rd Congo se rend compte de l’évidence et serait tenté d’envisager cette approche, si et seulement si cette méprise des Congolais va continuer. Et si par hasard cela continue, le peuple congolais ne manquera pas de demander à M. Hollande de garder sa francophonie ou de la déplacer dans un pays de son choix, tant cela relèverait de son pouvoir discrétionnaire.

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