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31/07/2012

CONGO/KINSHASA : UNE GUERRE DE TROP POUR KAGAME CETTE FOIS LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE NE LE LACHERA PAS


Soutien à la rébellion du M23: le Rwanda conteste et proteste

Forces des Nations unies dans la région de Goma, le 23 juillet 2012.
Forces des Nations unies dans la région de Goma, le 23 juillet 2012.
REUTERS/James Akena
Par RFI

Le rapport d'experts de l'Onu, qui accuse le Rwanda d'aider la rébellion du M23 dans l'est du Congo-Kinshasa, publié le mois dernierprovoque des sanctions en cascade contre Kigali. Après les Etats-Unis, et les Pays-Bas, c’est au tour de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne de suspendre le versement de leur aide budgétaire au Rwanda. Kigali, qui a toujours nié tout soutien aux rebelles du M23, juge ces décisions «hâtives» et «basées sur des éléments inconsistants». Les autorités rwandaises ont reçu cette semaine le groupe d'experts de l'ONU, auteur du rapport, pour réfuter point par point toutes ses accusations. Un argumentaire rwandais qui a aussi été résumé par écrit et qui est parvenu à RFI.

 

Vingt-huit pages, sans les annexes, c’est la «Réponse du Rwanda aux allégations du Groupe d'experts de l'ONU». Kigali accuse ces experts d'avoir accordé trop de crédit à des éléments inconsistants, des témoins peu fiables, et de ne pas avoir donné la version des officiels rwandais.

Le Rwanda s'investit pour la paix selon le rapport

Ces très hauts gradés rwandais, accusés de soutien au M23, ont la parole. Si certains ont eu des contacts avec le M23, ils assurent que c'était pour appeler les mutins au dialogue et éviter le retour à la violence. Le général Nziza, accusé de s'être redéployé dans l'ouest du Rwanda pour coordonner le soutien au M23 fournit son agenda et la liste des 114 rendez vous qu'il a eus à Kigali au cours de la période en cause.

Point par point, le document réfute toutes les accusations des experts de l'Onu.
S'il y a eu recrutement en territoire rwandais au profit du M23, il ne peut s’agir que d'initiatives individuelles qui n'impliquent pas l'armée rwandaise dit-il. Non, réplique encore le Rwanda, les armes, munitions et uniformes présentés dans le rapport n'ont pas été fournis aux rebelles par l'Armée rwandaise. Ils peuvent très bien provenir de l'armée congolaise.

Plus qu'aucun autre pays, le Rwanda s'est investi depuis trois ans pour préserver la paix dans l'est du Congo, concluent les autorités rwandaises. Elles reprochent aux experts de l'Onu d'avoir trop hâtivement publié un rapport biaisé, sous la pression des ONG.
Mais ce document, qui a donc fuité, n'a pour l'instant pas suffi à empêcher de nouvelles chancelleries occidentales de suspendre leur aide budgétaire au Rwanda. La Grande Bretagne retarde le versement de 25 millions de dollars prévu ce mois-ci et l'Allemagne suspend le versement de 26 millions de dollars prévu sur les trois années à venir.


Réplique du Rwanda au rapport de l’ONU : Kagame ment, il propose la réintégration des officiers du M 23 au sein des Fardc
(L'Avenir Quotidien 30/07/2012) 


Le gouvernement rwandais a publié une réplique de 28 pages au rapport de l’ONU sur son implication dans l’agression dont la Rdc est victime ; implication qu’il continue à nier * Acculé sur le plan diplomatique, Paul Kagame propose dans ce document la réintégration des officiers de M 23 au sein des Fardc et la neutralisation des forces négatives qui opèrent au Congo * Le document en question est truffé de mensonges en accusant un prétendu évêque congolais qui répondrait au nom de Elizee et qui aurait déclaré une guerre sainte contre les Tutsi ; un nom totalement inconnu parmi les évêques congolais * Parmi les réactions à cette réplique, nous avons relevé celle de l’Américain John Campbell du Council on Foreign Relations qui qualifie le rapport de l’ONU de " complet et préoccupant " mais fustige la réplique rwandaise qui contient des " allégations absolument ridicules "

Comme on peut s’en rendre compte, l’étau se referme petit à petit sur Paul Kagame et son régime. La communauté internationale qui était son protecteur le lâche petit à petit. Après la publication du rapport des Nations Unies et de ses annexes, le gouvernement rwandais vient de donner la réplique à cette publication. Cette réplique du gouvernement rwandais de 28 pages est un tissu de mensonges. Ce qu’il faut en retenir est que Kagame continue à nier son implication dans la guerre en aidant le mouvement rebelle.

En conclusion, le gouvernement rwandais propose la réintégration des officiers rebelles du M 23 au sein des Fardc. C’est une manœuvre bien ficelée de Kagame qui n’est pas à son premier essai. Dans sa petite tête, ces officiers-là seront de la cinquième colonne et vont finalement faire l’espionnage pour une nouvelle fois mettre les Kivu sous tension. Le peuple congolais n’est plus dupe. Le schéma rwandais est bien connu. En plus, il s’attend à ce que le gouvernement congolais neutralisation des forces négatives qui opèrent au Congo. Il fait allusion aux Fdlr en dépit du fait qu’une partie de ces forces ont été rapatriées avec le concours de la Monusco mais que le Rwanda fait revenir en Rdc en les intégrant de force dans les rangs de la rébellion de M 23.

La famille Batshikamire est congolaise et non rwandaise

Les esprits honnêtes qui ont lu cette réplique relèvent qu’elle n’est qu’un tissu de mensonges. Ainsi par exemple au point 17, le gouvernement relève que l’évêque du nom de Elizee aurait déclaré une guerre sainte contre les Tutsi en demandant aux Congolais de tuer les Tustsi d’où qu’ils se trouvent à travers le monde. Un autre mensonge contenu dans ce fameux document concerne les accusations du gouvernement rwandais selon lesquelles les Congolais auraient brûlé vifs, le 24 juillet dernier à Goma, six enfants d’une famille rwandaise du nom de Batshikamire qui sont tous morts carbonisés. Pour le porte-parole du gouvernement que nous avons joint au téléphone, en Rdc, nous n’avons pas un évêque du nom de Elizee. C’est une invention purement rwandaise pour justifier l’injustifiable.

Quant au drame qui est survenu à la famille Batshikamire, il rectifie en affirmant que l’incendie qui a tué ces enfants était accidentel dû à l’imprudence des enfants. En plus, dément-il, cette famille est congolaise. Ils sont de la tribu des Bahavu, originaires de l’île d’Idjwi. Il persiste et signe que les Bahavu ne sont pas des Rwandais mais bien des Congolais. Dès lors, en quoi cela regarde-t-il les Rwandais ?, s’interroge le ministre Lambert Mende Omalanga. La littérature de la réplique du gouvernement rwandais transpire à mille lieux de la haine ethnique et de la xénophobie.

John Campbell : « Les allégations rwandaises sont absolument ridicules »

Cette réplique du gouvernement rwandais a suscité beaucoup de réactions défavorables. Nous citerons l’une d’elles, celle de John Campbell, un officiel américain du Council on Foreign Relations. Ce dernier a affirmé que les derniers développements de la situation sécuritaire à l’Est de la Rdc ont détérioré les rapports harmonieux depuis 15 ans entre Kigali et Washington. Pour lui, le rapport des Nations Unies est « complet et préoccupant » car il apporte des preuves palpables et tangibles de l’implication du Rwanda dans l’agression dont la Rdc est victime. Par contre, il fustige la réplique rwandaise qui contient des allégations « absolument ridicules »

Evaluer les accords n’est pas synonyme de négociations

Lors du sommet de l’Union africaine à Addis-Abéba, il a été décidé la mise en place d’une force internationale neutre tout le long de la frontière entre la Rdc et le Rwanda en vue de mettre hors d’état de nuire le M 23. A cette même occasion, la République démocratique du Congo a demandé que soient évalués les accords du 23 mars. Ceci pour démontrer que lesdits accords ont été bel et bien appliqués. Il y a lieu de noter qu’une radio périphérique a dit que le gouvernement congolais aurait fait le premier pas pour négocier avec le M 23. Ce que le porte-parole a catégoriquement démenti car, dit-il, évaluer les accords n’est pas synonyme de négociations. La République démocratique du Congo a été à Addis Abéba avec ses pairs de la Conférence Internationale pour la Région des grands Lacs (CIRGL). La décision a été prise dans le cadre de ce grand ensemble sous-régional. Affirmer que la Rdc a fait le premier pas pour des négociations avec le M 23, comme l’a fait croire cette média, est une idiotie et une infamie, a conclu le porte-parole du gouvernement congolais. Mais Kagame et ses collaborateurs assoiffés de sang doivent savoir que quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finira par poindre.

Après les Usa, les Pays-Bas et l’Angleterre, l’Allemagne vient de sanctionner le Rwanda

On se rappellera qu’il y a quelques jours, les Etats-Unis d’Amérique convaincus que le gouvernement rwandais était impliqué dans l’aide apportée au M 23, mouvement rebelle, venaient de geler son aide militaire au Rwanda. Quelques jours plus tard, les Pays-Bas lui emboîtaient le pas en décidant de geler l’enveloppe de 5 millions de dollars destinée à épauler le fonctionnement de l’appareil judiciaire du Rwanda.

La série noire en défaveur du Rwanda ne s’arrête pas là. Car, dans son édition de vendredi 27 septembre dernier, le journal anglais « The Financial times » annonçait que l’Agence britannique au Développement », DFID en sigle anglais a annulé le remboursement budgétaire au Rwanda pour le mois de juillet 2012. Tout cela au motif que le gouvernement rwandais, preuves à l’appui, est coupable d’apporter une aide massive tant en équipement qu’en homme le mouvement rebelle M 23 qui sème la désolation et la mort au sein de la population meurtrie de l’Est de la République Démocratique du Congo. Et l’Allemagne a fait de même.

Signalons que les 60 % des ressources budgétaires du Rwanda sont constituées des dons des pays occidentaux. Si tous ces pays qui sont ses protecteurs patentés le boudent pour ses initiatives meurtrières, il y a lieu de croire que dans un avenir proche, les autorités rwandaises finiront par craquer. En fait, elles sont en train de récolter ce qu’elles ont semé durant plusieurs décennies.

La communauté internationale est finalement convaincue qu’elle était piégée par le Rwanda dont la principale préoccupation est de provoquer la guerre en République Démocratique du Congo dans l’objectif de profiter au maximum de l’exploitation illicite des ressources minières de ce pays. A telle enseigne que ce pays de mille collines est devenu du jour au lendemain grand exportateur du coltan, de la cassitérite, de l’étain, … alors que son sol et son sous-sol sont pauvres. C’est ce qui a enrichi Kagame et tous ses proches collaborateurs.

Malheureusement pour la Rdc, cette guerre fait des milliers de morts parmi sa population alors qu’au Rwanda, c’est le calme plat et sa population est en sécurité. C’est ce que les pays occidentaux partenaires du Rwanda ont finalement compris. Les populations congolaises de l’Est du pays sont constamment traumatisées tant dans leur chair que dans leur âme. En tout cas, le Rwanda n’est plus le bon élève d’antan que la communauté internationale a toujours apprécié.

Une diplomatie agissante et efficace

Les actions punitives des pays occidentaux envers le Rwanda est la résultante d’une diplomatie congolaise particulièrement agissante, efficiente et efficace sous la houlette du président Joseph Kabila Kabange. C’est dans cet ordre d’idées que le ministre des Affaires Etrangères, Coopération internationale et Francophonie, M. Raymond Tshibanda N’Tunga Mulongo est tout le temps entre deux avions pour refaire l’image ternie de la Rdc dans les quatre coins du monde.

L’Avenir


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Soutien à la rébellion du M23: le Rwanda conteste et proteste

Forces des Nations unies dans la région de Goma, le 23 juillet 2012.
Forces des Nations unies dans la région de Goma, le 23 juillet 2012.
REUTERS/James Akena
Par RFI

Le rapport d'experts de l'Onu, qui accuse le Rwanda d'aider la rébellion du M23 dans l'est du Congo-Kinshasa, publié le mois dernierprovoque des sanctions en cascade contre Kigali. Après les Etats-Unis, et les Pays-Bas, c’est au tour de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne de suspendre le versement de leur aide budgétaire au Rwanda. Kigali, qui a toujours nié tout soutien aux rebelles du M23, juge ces décisions «hâtives» et «basées sur des éléments inconsistants». Les autorités rwandaises ont reçu cette semaine le groupe d'experts de l'ONU, auteur du rapport, pour réfuter point par point toutes ses accusations. Un argumentaire rwandais qui a aussi été résumé par écrit et qui est parvenu à RFI.

 

Vingt-huit pages, sans les annexes, c’est la «Réponse du Rwanda aux allégations du Groupe d'experts de l'ONU». Kigali accuse ces experts d'avoir accordé trop de crédit à des éléments inconsistants, des témoins peu fiables, et de ne pas avoir donné la version des officiels rwandais.

Le Rwanda s'investit pour la paix selon le rapport

Ces très hauts gradés rwandais, accusés de soutien au M23, ont la parole. Si certains ont eu des contacts avec le M23, ils assurent que c'était pour appeler les mutins au dialogue et éviter le retour à la violence. Le général Nziza, accusé de s'être redéployé dans l'ouest du Rwanda pour coordonner le soutien au M23 fournit son agenda et la liste des 114 rendez vous qu'il a eus à Kigali au cours de la période en cause.

Point par point, le document réfute toutes les accusations des experts de l'Onu.
S'il y a eu recrutement en territoire rwandais au profit du M23, il ne peut s’agir que d'initiatives individuelles qui n'impliquent pas l'armée rwandaise dit-il. Non, réplique encore le Rwanda, les armes, munitions et uniformes présentés dans le rapport n'ont pas été fournis aux rebelles par l'Armée rwandaise. Ils peuvent très bien provenir de l'armée congolaise.

Plus qu'aucun autre pays, le Rwanda s'est investi depuis trois ans pour préserver la paix dans l'est du Congo, concluent les autorités rwandaises. Elles reprochent aux experts de l'Onu d'avoir trop hâtivement publié un rapport biaisé, sous la pression des ONG.
Mais ce document, qui a donc fuité, n'a pour l'instant pas suffi à empêcher de nouvelles chancelleries occidentales de suspendre leur aide budgétaire au Rwanda. La Grande Bretagne retarde le versement de 25 millions de dollars prévu ce mois-ci et l'Allemagne suspend le versement de 26 millions de dollars prévu sur les trois années à venir.

COLLUSION AVEC LA REBELLION EN RDC: le Rwanda seul contre tous
(Le Pays 30/07/2012) 


Les pays occidentaux sont-ils en train de changer leur regard sur le Rwanda ? Après les Etats-Unis, ce sont en effet les Pays-Bas et l’Allemagne qui ont monté le ton contre le pays de Paul Kagamé. Mais la nouveauté, c’est que ces coups de colère sont assortis de sanctions diverses, militaires pour les Etats-Unis, économiques pour les Pays-Bas et l’Allemagne.

C’est du jamais vu. En dépit de son jeu trouble en RD Congo depuis de nombreuses années, Kigali n’a jamais fait l’objet de récriminations aussi ouvertes. Seuls les Nations unies, les associations de défense des droits humains et quelquefois le Congo, comme s’ils prêchaient dans le désert, dénonçaient le rôle du Rwanda dans l’instabilité qui prévaut à la frontière rwando-congolaise. Apparemment, cette fois-ci, les Nations unies ont été entendues. Leur rapport sur la collusion du Rwanda avec la rébellion du M23 est pris au sérieux par les puissances occidentales. Ce changement d’attitude est-il le point de départ d’une politique plus ferme vis-à-vis de Paul Kagamé ? On attend de voir. En tout cas, si les différentes sanctions ne constituent pas une menace à court terme pour le pays, il n’en demeure pas moins qu’elles portent un coup sérieux aux relations entre Kigali et les Occidentaux. L’isolement du Rwanda n’a jamais été aussi grand. 

De la complaisance avec ce pays, la communauté internationale est en train de passer à la vigilance. Mais, on voit que la levée de boucliers occidentale ne démonte pas Kigali. Comme toujours lorsqu’il est l’objet d’accusations, le régime rwandais reste droit dans ses bottes, en produisant systématiquement un contre-rapport pour se blanchir. Ce n’est pas l’attitude d’un pays qui reconnaît ses erreurs et fait amende honorable. Le Rwanda n’a jamais tort, il est l’objet d’une campagne de dénigrement. Telle est la réponse systématique de Paul Kagamé. Et comme il avait le soutien tacite des Occidentaux, les accusations avaient l’effet d’un coup d’épée dans l’eau. Cette fois-ci, la donne a changé. 

Même les indéfectibles alliés du Rwanda refusent désormais de le suivre dans son aventurisme. Comme revigoré par les accusations qui fusent contre son voisin, le président congolais, Joseph Kabila, est sorti de son silence. Pour lui, la présence rwandaise aux côtés du M23 est un secret de Polichinelle. Un discours qu’il s’était gardé de tenir jusque-là, croyant sans doute à la bonne foi de Paul Kagamé, qui avait donné son accord pour le déploiement d’une force neutre à la frontière entre les deux pays. Avec l’évolution de la situation, on doute désormais de la faisabilité de ce projet. Le risque est grand que le Rwanda s’emmure davantage. Or, tant que ce pays ne reconnaîtra pas sa part de responsabilité dans la rébellion à l’est de la RDC, la paix sera un mirage. Et Kabila devra se faire du souci.



Mahorou KANAZOE

 

© Copyright Le Pays

Prise de Rwindi, Vitsumbi et Kanyabayonga : Kagame et Museveni placent la barre très haut
(Le Potentiel 30/07/2012) 


Prélude des négociations annoncées, le décor sur le terrain se plante. Alertes, Kigali et Kampala élargissent leur cercle d’influence, en plaçant de nouvelles localités sous la coupe du M23. L’annonce d’une éventuelle médiation sous l’égide de Sant’Egidio fait déjà courir Kagame et Museveni qui se mettent en position de force, en prenant de nouvelles positions sur le front militaire. 

Le Rwanda, principal soutien du M23, a allié à sa cause Kampala dans cette entreprise de déstabilisation de la RDC. Kigali et Kampala tiennent désormais à la consolidation des positions de leurs poulains sur le terrain militaire. L’objectif non feint est de peser lourd sur la balance - lors de prochaines négociations.

Le premier à avoir parlé d’une éventuelle négociation sur la situation de l’Est de la RDC, c’est le gouverneur du Nord-Kivu. Pour Julien Paluku, «il faudrait que ça soit un mécanisme international qui se localise en dehors du gouvernement et des autres acteurs nationaux pour que l’on puisse évaluer cet accord avec plus d’objectivité». Le porte-parole du gouvernement Lambert Mende a embrayé dans le même sens, demeurant toutefois dans la logique de l’accord conclu récemment à Addis-Abeba dans le cadre de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL). L’article 15 de cet accord prévoit : «Le Comité international de suivi effectuera des évaluations périodiques afin de mesurer les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’Accord». Ce comité est constitué de l’ONU, de l’UA et la CIRGL.

Pour le M23, qui en appelle régulièrement à des négociations, la brèche est mise à profit pour occuper un maximum de position. La progression sur plusieurs localités, avec en ligne de mire les villes de Butembo, Beni et Goma, permet à Kigali et Kampala de placer en ordre utile des pions lors des négociations. Quel que sera le format proposé, le duo Kagame et Museveni, par le M23 interposé, compte jouer à fonds sur l’argument de l’espace occupé militairement. Les territoires sous emprise du tandem par le truchement du M23 est plus que l’étendue du territoire rwandais.

De RCD au M23

Les méthodes rwandaises sont connues. Le comportement du M23 rappelle, à quelques exceptions près, l’évolution du RCD/Goma. A l’issue du Dialogue inter congolais de Sun City, le RCD a gardé le secteur de la défense et de la sécurité, avec une mainmise sur les services de renseignements au service du mentor Paul Kagame. Suite aux opérations d’intégration et de brassage, l’armée congolaise, les services de renseignements se sont retrouvés truffer d’infiltrés rwandais. 

Sentant que la situation échappait à ses pions, Ruberwa et autres, à la suite des élections démocratiques, libres et transparentes de 2006, le président Kagame s’est vu dans l’obligation de créer une nouvelle rébellion avec Laurent Nkunda. Le CNDP a ainsi repris du service, là où le RCD avait failli dans la matérialisation de l’agenda rwandais. L’accord de Goma a permis à Paul Kagame, à travers le CNDP en position de force sur le terrain à l’époque, de négocier avec le gouvernement congolais qui a fait des concessions de taille. D’abord, la reconnaissance du CNDP comme interlocuteur en face d’un gouvernement élu grâce aux élections organisées avec le soutien de la communauté internationale. Ensuite, l’opération de mixage des combattants CNDP, des milliers de Rwandais ont été déversés dans l’armée et ont occupé des postes importants. L’intégration au sein du gouvernement provincial des cadres politiques de ce mouvement est une importante concession de la part de Kinshasa.

Devenu encombrant et pour des raisons liées à l’opération militaire conjointe, Laurent Nkunda avait été soustrait de la circulation et garder en lieu sûr au Rwanda. Nkunda arrêté, Bosco Ntaganda a repris du service, malgré le mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale, CPI. 

A l’issue des élections de 2011, il change des stratégies. Les pressions de la CPI devenant pressant, Paul Kagame crée le M23, en essayant d’imposer Sultani Makenga à la tête, comme ce fut le cas avec le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD). 

L’environnement international ayant changé, malgré le soutien anglo-saxon jusqu’à exercer des pressions, notamment sur la publication des annexes au rapport des experts onusiens sur le conflit mené par le M23. Le rapport indique clairement l’implication du Rwanda, en soutien à cette force négative. Les puissances occidentales (USA, Pays-Bas notamment) ont coupé leurs aides à Kigali. Cependant, aucun pays concerné n’a exigé de Kagame et Museveni, le retrait des troupes présentes sur le sol congolais. Ce qui leur laisse de larges marges de manœuvres en vue de négocier en position de force. 

L’ambigüité des revendications des agresseurs et leurs valets est telle qu’il devient difficile ou quasi-impossible de cerner leur cahier des charges. Pour des observateurs de la politique dans la sous-région des Grands Lacs, il s’agit bel et bien du projet de balkanisation de la RDC. Le père Rigobert Minani est clair là-dessus : «Ceci rendrait possible une influence anglophone de la partie Est de la RDC, désormais sous contrôle de l’Ouganda et du Rwanda». Les Congolais sont mis devant leur responsabilité.

 

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Nord Kivu: soupçons sur Kigali et Kampala
(BBC Afrique 30/07/2012) 


La rébellion progresse vers Goma; pour la société civile du Nord Kivu des troupes ougandaises et rwandaises sont sur le terrain.

Les combats se rapprochent de Goma dans l'est de la République Démocratique du Congo.

Mots-clésRépublique Démocratique du Congo
Même si la prise de la capitale provinciale du Nord Kivu n'est pas un objectif des rebelles du M23 à leurs dires, la société civile de la région tire la sonnette d'alarme.

La menace est réelle et à prendre au sérieux, d'après cette organisation, qui demande a l'armée et à la Mission des Nations Unies de stabilisation du Congo (MONUSCO) de renforcer leurs positions autour de la ville.

Le président de la RDC, Joseph Kabila, a affirmé qu'il allait mieux équiper l'armée pour mieux combattre les différents groupes armés dans la zone. 

Pour la société civile du Nord Kivu, des troupes rwandaises et ougandaises sont venues prêter main forte aux rebelles du M23. 

Un constat qui corrobore, pour le cas du Rwanda, le rapport des Nations Unies sur l'implication de ce pays dans le conflit.

La RDC a plusieurs fois dénoncé ce soutien rwandais à la rébellion, qualifié de "secret de polichinelle" par le président Joseph Kabila.

Une accusation réfutée par Kigali.

L'Ouganda, interpelé par Kinshasa sur la question, a également nié toute implication. 

Petit à petit, la communauté internationale réagit: samedi, l'Allemagne décidait de suspendre ses aides au Rwanda, à la suite du Royaume Uni, des Etats Unis et des Pays-Bas. 

Des mesures qui n'ont pas du tout été appréciées par le gouvernement de Paul Kagame.

La ministre des Affaires étrangères, Louise Mashikiwabo, s'est insurgée contre les pays occidentaux, qu'elle accuse de traiter les Etats africains comme des enfants.

Pour elle, le Rwanda ne saurait se soumettre à des intimidations ou des pressions extérieures.

 

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