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06/08/2012

CONGO/KINSHASA : LA LOI DES AUTOMOBILISTES KINOIS IL EST POSSIBLE QUE C'EST A CAUSE DU KINOIS QUE NOTRE PEUPLE EST INCULTE !

Bouchons monstres sur le boulevard Lumumba: l’Est de Kinshasa invivable !


A la suite des travaux de réhabilitation et d’agrandissement de cette importante artère, les habitants de la Tshangu vivent un véritable calvaire pour se déplacer. De même, tout mouvement par véhicule vers l’aéroport international de N’Djili relève d’un parcours du combattant. La population de l’Est de Kinshasa observe depuis deux jours, l’un des plus grands embouteillages de son histoire. Depuis mercredi 1er août, la circulation est perturbée sur un tronçon de près de trois km, compris entre Pont Matete et le quartier I de la commune de N’Djili. Reportage.

D’interminables colonnes de piétons marchent plus vite que les véhicules nettement immobilisés. Pas d’issue! Les différentes entrées complètement bouchées. Entre Pont Matete et le Boulevard Kimbuta, séparant les quartiers I et II de N’Djili, la circulation est complètement embouteillée. A la base de cette situation, la deuxième phase des travaux de construction et modernisation du Boulevard Lumumba, amorcés depuis un peu plus d’une année par les Chinois.    

Mais, au-delà du chantier chinois, l’indiscipline des automobilistes vient empirer la situation. C’est donc cette mauvaise conduite de chauffeurs que certains usagers de la route considèrent comme l’une des causes majeures de cette situation qui a rendu l’Est de Kinshasa invivable.    

Le drame a commencé le mercredi 1er août à partir de 5 heures du matin, heure locale. En début d’après-midi, ce fut l’enlisement total jusque peu avant minuit. Moralité, nombre de transporteurs en commun desservant ce coin de la ville ont dû changer d’itinéraires. Question de maximiser le temps, face à l’impératif de réunir le montant du versement journalier fixé par le propriétaire du véhicule. C’est à partir de minuit que la voie s’est finalement dégagée. Et même alors, au départ de Super Lemba, la plupart des taximen, se comportant en chats échaudés, ne voulaient plus embarquer des passagers à destination du Quartier I N’Djili.    

Pas plus tard qu’hier jeudi, les habitants des communes de l’Est de Kinshasa ont revécu la même scène. De bonne heure, soit peu avant 6h00, les véhicules se dirigeant vers le centre-ville sont nettement bloqués. Et, la population, refusant de perdre inutilement le temps dans un bus, minibus ou dans un taxi, se résout de prendre la ligne 11. Destination, l’arrêt Debonhomme où elle espère, mais sans trop d’espoir, trouver un moyen de transport en commun.    

C’est avec raison parce que la plupart des transporteurs en commun, empêchés de franchir la rivière N’Djili, faisaient carrément demi-tour à partir de l’entrée Ma crevette du quartier Debonhomme de la commune de Matete. C’est donc ça, la triste réalité observée dans la matinée sur ce tronçon du Blvd Lumumba.    

La paralysie s’est accentuée en début d’après-midi. Vers 12h30, les quatre bandes opérationnelles ont été totalement bouchées. Sur les abords de l’artère, le décor n’a rien à envier à celui des populations fuyant des hostilités. Pourtant. Rien de pareil. Hommes, femmes et enfants marchaient dans les sens opposés. Selon que l’on se dirige vers le quartier I ou vers la commune de Limete. Pour ceux qui se dirigeaient vers N’Djili, c’est au niveau du quartier I qu’ils espéraient trouver un minibus ou un taxi. Car, vers le soir, c’est cet arrêt ordinaire qui a constitué le terminus des transporteurs en commun.    

A l’opposé, les Kinois se dirigeant vers Limete ont été obligés de marcher jusqu’à la 16ème rue Limete. Mais, ils ne sortent toujours pas encore de l’ornière. Car, ils doivent affronter un autre embouteillage de près d’une demi-heure observée vers 19 heures, entre la 15ème rue et la 11ème rue Limete. Ici, les deux voies secondaires facilitant le désengorgement du Blvd Lumumba sont elles aussi paralysées.

LA POPULATION VICTIME DE L’INDISCIPLINE DES CHAUFFEURS    

Le Bld Lumumba est en pleine mutation. Médard Ilunga, Directeur général de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), interrogé il y a quelques jours par Forum des As, estime que la fin des travaux de cette deuxième phase pourrait intervenir au plus tard le 30 septembre prochain.    

Autrement dit, les Kinois habitant la partie l'Est de la ville ont encore plus d’un mois de calvaire devant eux. Entre-temps, les Chinois ne croisent pas les mains. Ils travaillent nuit et jour et dans un rythme quelque peu accéléré pour gagner le pari avant le début des assises du XIVème Sommet de la Francophonie, prévu en début d’octobre prochain à Kinshasa.    

Au stade actuel, la route en chantier offre quand même quatre bandes opérationnelles, en raison de deux par direction. Et, les deux bandes réunies du Blvd Lumumba, dans son tronçon compris entre les quartiers Debonhomme de Matete et Kingasani Terminus de Kimbanseke, ressemble à la Nationale n°1, dans l’axe Kinshasa-Kikwit. Normalement, il ne devrait pas se poser un sérieux problème de circulation de véhicules, comme c’est le cas actuellement ; si et seulement si les automobilistes se conduisaient en responsables. Hélas.    

Dans un environnement de crise où la morale reste suspendue, personne n’entend recevoir de leçon de personne. Et même les agents qualifiés de la Police de circulation routière (PCR), sabordés par l’ampleur de l’embouteillage, semblent cautionner la maladresse des chauffeurs. Autrement dit, si tous les chauffeurs pouvaient rouler normalement, on éviterait les bouchons observés actuellement dans l’Est de Kinshasa.    

Tout bien considéré, les Kinois payent les frais de plus de trente ans de manque de volonté politique. On ne peut pas comprendre qu’il n’y ait pas de voies secondaires dans une vaste mégalopole comme Kinshasa. En attendant la fin des travaux, les agents qualifiés de la PCR devront se montrer beaucoup plus rigoureux pour que la vie redevienne normale dans l’Est de Kinshasa.    

Pour une population vivant essentiellement de la débrouillardise, le transport en commun accessible reste un facteur déterminant pour la survie des milliers de familles.

Laurel KANKOLE
Kinshasa, 3/08/2012 (Forum des As / MCN, via mediacongo.net)

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