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06/08/2012

CONGO/KINSHASA : WAIT AND SEE

Cour Pénale Internationale : Cinq commandants du M23 risquent d’y être traînés
(L'Avenir Quotidien 06/08/2012) 


* Il s’agit de Bosco Ntaganda, Sultani Makenga, Baudouin Ngaruye, Innocent Zimurinda et Innocent Kaina. Le Conseil de Sécurité les a cités comme étant responsables des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité * La France a condamné lundi dernier la rébellion de M 23 et tout soutien dont bénéficie ce groupe sans toutefois citer nommément le Rwanda et l’Ouganda. Une omission qui paraît curieuse * La Société civile de l’Ituri a dénoncé des assassinats en cascade dans le territoire d’Irumu. Elle prévient le gouvernement de prendre des mesures préventives, car à travers ces assassinats, elle y voit un risque d’occupation de l’Ituri par le M 23.

Fort du rapport de l’ONU publié il y a quelques semaines, le Conseil de Sécurité des Nations Unies dont la présidence pour le mois d’août échoit à la France a cité nommément cinq commandants de M 23 susceptibles d’être traînés devant la Cour Pénale Internationale en raison des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité qu’ils font subir aux populations du Nord-Kivu.

Il s’agit de : Bosco Ntaganda, Sultani Makenga, Baudouin Ngaruye, Innocent Zimurinda et Innocent Kaina. Le Conseil de Sécurité les charge d’être responsables de la dégradation de la situation humanitaire au Nord-Kivu, spécialement pour le nombre de plus en plus croissant de personnes déplacées et les réfugiés. Il en appelle à la communauté internationale à s’abstenir d’accorder toute aide ni soutien aux groupes armés. Les 15 pays membres du Conseil des Sécurité présidé par le Français Gérard Arnaud ont salué la récente rencontre entre les présidents Paul Kagame du Rwanda et Joseph Kabila de la Rdc pour résoudre la crise dans la perspective de la tenue le mardi 7 août du prochain Sommet de Kampala de la Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs (CIRGL). Ils encouragent la continuation du dialogue à haut niveau pour une solution politique durable.

Une Déclaration qui épargne curieusement le Rwanda et l’Ouganda

Le Conseil de Sécurité a adopté le jeudi 2 août une Déclaration fustigeant expressément les agissements des rebelles de M 23 et leur demande de cesser leurs avancées vers la ville de Goma. Cette Déclaration a été lue par le président Arnaud.

« Les 15 ont renouvelé leur ferme condamnation du M 23 et des attaques qu’il a connues et exigent une nouvelle fois que ce mouvement mette immédiatement fin à toute activité de déstabilisation, notamment à toute avancée vers la ville de Goma », a-t-il déclaré. « Ils ont demandé instamment au M 23 et à tous les groupes armés de cesser toutes formes de violences, y compris les violences sexuelles ainsi que le recrutement et l’emploi d’enfants soldats », a poursuivi le diplomate français.

Gérard Arnaud ajoute que les membres du Conseil de Sécurité ont demandé aux institutions pertinentes de veiller à ce que toutes les violations des droits de l’Homme fassent l’objet d’enquêtes et que les auteurs soient tenus responsables de leurs actes. Deux jours auparavant, les membres du Conseil de Sécurité avaient entendu M. Roger Meece, le représentant du Secrétaire général de l’ONU en Rdc et chef de la Monusco. Roger Meece était intervenu sur la situation dans l’Est de la Rdc, en particulier sur les attaques perpétrées par les rebelles du M 23 et sur la menace imminente qui pèse sur la ville de Goma.

Le même lundi 30 juillet, la France avait saisi le Conseil de Sécurité de l’ONU pour condamner la rébellion du M 23 et tout soutien dont bénéficie ce groupe armé. Cependant, comme on peut aisément le constater, la France évite de citer noir sur blanc les noms de Rwanda et de l’Ouganda qui sont les deux pays qui soutiennent le M 23. Alors, l’opinion congolaise se pose la question de savoir pourquoi cette omission volontaire ? Elle se demande ce que cache ce jeu de ne pas être clair comme l’eau de roche. Parmi les 15 pays membres du Conseil de Sécurité, 5 sont des membres permanents, à savoir les USA, la Russie, la Chine, la Grande Bretagne et la France. Y a-t-il parmi eux ceux qui ont pesé de tout leur poids pour la rédaction de cette Déclaration ? Et pourtant, parmi eux les USA et la Grande Bretagne venaient de désavouer le Rwanda en leur retirant l’aide militaire.

Voilà pourquoi nous avons toujours dit que cette communauté internationale est foncièrement hypocrite. Elle souffle le chaud et le froid à telle enseigne qu’il est constamment difficile de scruter véritablement leurs réelles intentions.

La congolisation des rébellions

Nous n’avons jamais cessé de dénoncer dans nos colonnes le fait que les Rwandais, après avoir initié les rébellions dans leur pays, tendent toujours de les congoliser afin de faire voir à la communauté internationale que ces rébellions ne sont que des problèmes congolo-congolais. On peut se rappeler l’épopée du RCD qui a démarré le 2 août 1998. Un parti né de suite d’une rébellion fomentée par Kagame au Rwanda. Mais par la suite, les Rwandais lui ont donné une connotation congolaise en plaçant les Congolais de leur obédience.

Pour le moment, on est en train d’assister au même scénario avec la rébellion du M 23 créé de toutes pièces par Paul Kagame et ses collaborateurs ; et ce, malgré leurs dénégations. Le Rwanda s’apprête à y placer un Congolais, en l’occurrence le député national Antipas Mbusa Nyamuisi. Ainsi que nous l’avions écrit dans notre dernière livraison, les siens l’ont désavoué car dans son plan diabolique, il est question de procéder à l’assassinat des élites Nande, Tembo et Nyanga, une voie obligée qui va mener à la balkanisation. C’est pourquoi, des tracts ont été lancés il y a quelques jours à Butembo (son fief électoral) mettant les jeunes en garde de s’allier au M 23.

Des assassinats en cascade au territoire d’Irumu en Province Orientale

Les assassinats perpétrés il y a quelques jours au territoire d’Irumu en Province Orientale pourraient être considérés comme un déclic pour un plan diabolique afin d’arriver aux objectifs obscurs des partisans de la balkanisation. C’est pourquoi, vigilante, la Société civile de l’Ituri a écrit au gouvernement pour l’informer que le M 23 est à la base du regain d’insécurité remarquée actuellement dans le territoire d’Irumu. Elle invite le gouvernement à prendre ses responsabilités pour prévenir l’invasion de ce groupe armé.

Selon la Société civile d’Ituri, 10 assassinats ont été enregistrés en un peu plus d’une semaine dans le territoire d’Irumu. Cinq personnes ont été tuées à Kaporo il y a une semaine et cinq autres à Ndimo le jeudi dernier.

Le document de la Société civile de cette juridiction rapporte aussi que trois personnes ont été enlevées il y a cinq jours à Bogoro, un village situé à 25 kilomètres au sud de Bunia. Elle en appelle au gouvernement de la République à mettre fin à cette insécurité qu’elle voit comme un risque d’occupation de l’Ituri par le M 23.

Par ailleurs, l’Union d’Association interculturelle et de développement de l’Ituri, en sigle UNADI avait également adressé un mémo au gouvernement du Premier ministre Matata Ponyo l’interpellant sur la situation sécuritaire dans cette partie du pays. Nous croyons que le gouvernement a pris acte de tous ces propos et qu’il envisage des mesures préventives efficaces. On dit toujours que prévenir, c’est guérir.

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