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09/08/2012

CONGO/KINSHASA : IL N'Y A PAS DE SOLUTION NEGOCIEE DANS LA GUERRE AU KIVU

Suite à la menace du M23 - Nord-Kivu : les FARDC se déploient autour de Goma
(Le Potentiel 09/08/2012) 


Surveillance tous azimuts à Goma : les FARDC poursuivent leur déploiement autour de cette ville pour y empêcher toute infiltration des rebelles du M23. 

Suite à la menace des rebelles du M23, des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyés par la Force de la Monusco, se déploient autour de Goma pour décourager toute infiltration de ces hors-la-loi dans la ville montagneuse.

Entre-temps, la Force onusienne affiche une présence robuste dans les régions affectées en vue de dissuader toute activité des groupes armés susceptibles de compromettre la sécurité des populations civiles. 

Pendant que l’armée loyaliste occupe plusieurs localités autour de Kibumba, les rebelles du M23 ont pris le contrôle de Mabenga, recrutent des jeunes et ont procédé au remplacement de l’administrateur du territoire de Rutshuru, en nommant un membre de leur mouvement à sa place.

Ils perçoivent des taxes auprès des populations locales à Kalengera, Kiwanja, Rugari et Mabenga. 

Toutes ces précisions ont été données hier mercredi 8 août parle commandant, major El Hadj Ibrahim Diene, porte-parole militaire intérimaire de la Monusco. C’était lors de la conférence hebdomadaire de la mission onusienne organisée à son quartier général de Kinshasa. 

Selon le porte-parole militaire intérimaire de la Monusco, la situation sécuritaire est demeurée tendue au Nord-Kivu suite aux accrochages entre les FARDC et le M23 observés la semaine dernière.

IT/ APCLS active près de Kashebere

Il a, par ailleurs, déclaré que l’Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain (APCLS) s’est, à nouveau, illustrée de manière négative. Ce, en pillant le personnel des ONG «AVSI» et «NYC» près de Kashebere, et en établissant un poste de contrôle dans cette localité où ses éléments contraignent les populations locales à leur verser de l’argent ou des denrées alimentaires. 

Le commandant Diene a, en outre, rapporté que des éléments Maï-Maï coalisés aux Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) ont attaqué le camp de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) de Lulimbi, situé à 35 km au Nord d’Ishasha. 

Contacté par la Monusco, le directeur du camp a affirmé que deux gardes forestiers ont été blessés durant cette attaque. 

«Le plan de sécurisation interne de la ville de Goma a été activé dans la nuit du 3 au 4 août 2012 en vue de renforcer sa coordination, et promouvoir la cohésion de tous les acteurs parties prenantes à sa mise en œuvre», a dit le major Ibrahim Diene.

Au chapitre des redditions, a-t-il poursuivi, trois rebelles du M23 se sont rendus avec deux armes AK-47, les 1er et 4 août 2012, aux postes opérationnels de la Force de la Monusco de Katale et de Kiwanja
Écrit par Ludi Cardoso 

 

© Copyright Le Potentiel


Crise dans les Grands Lacs : deux analystes donnent leur point de vue
(Le Potentiel 09/08/2012) 


Deux analyses politiques, les professeurs Philippe Biyoya et Tshiyembe Muayila, décortiquent la Déclaration de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), tenue à Kampala, en Ouganda, du 6 au 7 août 2012, pour mettre en place une force internationale neutre à la frontière entre la RDC et le Rwanda. Ils sont d’avis que l’impasse était prévisible.

La Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) a été un piège - comme Kigali et Kampala en ont pris goût - pour amener le gouvernement congolais à négocier avec le Mouvement du 23 mars (M 23).Qui, pendant les pourparlers, demeurait dans ses positions et administrerait les localités et cités conquises. La manœuvre a une fois de plus échoué. Les Etats-Unis, par le biais de sa secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, ont exprimé clairement leur position en demandant à leurs poulains rwandais et ougandais d’arrêter tout soutien au M23. 



Les deux analystes politiques l’ont fait savoir au cours d’un entretien avec Le Potentiel. 



L’échec de la rencontre de Kampala, notent-ils, montre l’incapacité de la CIRGL à résoudre les crises dans la région des Grands Lacs. Alors qu’elle a été créée principalement pour que la RDC n’implose pas. Ils font remarquer que Kigali et Kampala étant des agresseurs de la RDC, le président Museveni, qui a convoqué cette «messe noire» manquée, a été juge et partie. Il n’a aucun souci de la souveraineté de la RDC. Aussi a-t-il tout fait pour déplacer le problème de la constitution d’une force internationale neutre en le ramenant à l’humanitaire. Il s’agit d’une subversion, soutiennent les hôtes du Potentiel, pour déstabiliser la RDC. Laquelle ne doit pas dormir sur ses lauriers. 



Devant l’impasse et en attendant que cette force neutre soit mise en place, le Congo, pays agressé, a le droit de se défendre que lui confère l’article 51 de la Charte des Nations unies relatif à la légitime défense. Celle-ci peut être engagée individuellement ou collectivement. L’option qu’il a prise pour attirer l’attention du Conseil de sécurité peut être saluée dans la mesure où on n’a pas la force des armes, on recourt à celle du droit. D’ailleurs, les deux analystes ont fait remarquer qu’en Droit international, une déclaration, soit-elle de Kampala, n’a pas de force juridique. La CIRGL n’a donc aucun pouvoir sinon que de s’aligner à ce que la RDC prend comme initiative. 



A la question de savoir ce qui se passerait si le Rwanda refusait l’option de voir la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco) faire partie de la Force neutre, les analystes ont fait savoir que le pays de Kagame s’opposerait au Conseil de sécurité qui parle au nom de tous les Etats membres. Et si cet organe des Nations unies décide de prolonger le mandat de la Monusco, Kigali s’exposerait à des sanctions. 



Ils notent que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ne peuvent soutenir une chose et son contraire. Car rien ne s’explique que l’Amérique, par exemple, voit la RDC balkanisée. Ils ne voient pas ce que les Etats-Unis gagneraient dans la balkanisation parce que les ressources naturelles du Congo ne leur échappent pas. Ils ont des entreprises pratiquement dans toutes les provinces minières et autres. 



Tout compte fait, le président de la République, Joseph Kabila, a fait valoir dernièrement qu’il avait trois cartes : politique, diplomatique et militaire. Les professeurs Biyoya et Tshiyembe ont applaudi la victoire diplomatique de la RDC à Addis-Abeba, en Ethiopie. Ils pensent que le peuple est derrière le gouvernement. Et qu’en cas de mobilisation générale, il défendra le pays jusqu’au sacrifice suprême.

Écrit par Olivier Dioso

 

© Copyright Le Potentiel

CICR : Franz inquiet de l’ampleur des exactions contre les civils
(L'Avenir Quotidien 09/08/2012) 


Le chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Franz s’est dit inquiet de l’ampleur des exactions contre les civils. « Si la situation dans les deux provinces du Kivu est fragile et problématique depuis plusieurs années, les exactions auxquelles nous assistons depuis quelques mois envers les populations civiles sont extrêmement inquiétantes et contraires à tous les principes humanitaires de base », a-t-il déclaré. « De plus, l’accentuation du caractère ethnique des récentes violences est très préoccupante ».

Selon le communiqué de presse du CICR qui livre cette information, au delà des combats et de l’insécurité qui prévalent dans les provinces du Nord et du Sud - Kivu, la nature de certaines attaques met aussi en danger l’accès aux soins pour les blessés et les malades. « Parfois, le simple fait de vouloir secourir un blessé, considéré par une partie aux conflits comme un ennemi, représente un danger », précise Franz Rauchenstein.

Les pillages de centres de santé sont en augmentation et privent les communautés avoisinantes de soins médicaux, et ce pour une période pouvant aller jusqu’à plusieurs semaines, apprend la même source. « Il est fondamental que les blessés, les malades et les personnes les plus durement touchées par le conflit soient prises en charge, ce qui ne peut se faire sans un minimum de sécurité », ajoute M. Rauchenstein. « Le personnel médical accomplit un travail remarquable avec un minimum de moyens et dans des conditions de plus en plus difficiles. Il doit souvent faire face à des afflux de personnes déplacées en étant lui-même en situation de grande vulnérabilité. » Depuis des semaines, les volontaires de la Croix-Rouge prennent notamment des risques considérables pour enterrer les personnes qui ont été tuées lors des affrontements, après avoir fait le nécessaire pour leur identification.

Avec la Croix-Rouge de la RDC, le CICR agit auprès des populations civiles dans les deux provinces y compris dans les zones difficiles d’accès. Il soutient les centres de santé et les hôpitaux en leur fournissant du matériel médical afin qu’ils puissent faire face à l’afflux de blessés ou continuer à travailler après un pillage. De manière régulière, ses équipes évacuent des blessés vers les hôpitaux de Goma et Bukavu. Les soins de santé de base pour la population, comme les vaccinations ou les consultations prénatales, sont également au cœur des préoccupations du CICR. Dans les zones reculées du Nord et Sud-Kivu, les équipes du CICR ont pu vacciner 2 500 enfants de moins de cinq ans depuis juin et conduire un millier de consultations médicales.

Les délégués du CICR s’entretiennent régulièrement avec les parties aux différents conflits afin de leur rappeler les principes de base du droit international humanitaire. Ils interviennent auprès des Forces armées de la RDC et des groupes armés afin que les populations civiles soient protégées et épargnées, que le personnel de santé et les travailleurs humanitaires ne soient pas attaqués et qu’ils puissent venir en aide, sans distinction, à toutes les personnes qui en ont besoin. Le CICR organise également des séances de formation aux premiers secours auprès des différentes parties au conflit afin que les blessés puissent bénéficier rapidement des premiers soins nécessaires.

L’Avenir

 

© Copyright L'Avenir Quotidien

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