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10/08/2012

CONGO/KINSHASA : LES TSHOMBISTES SESSIONNISTES ACOMME AUX BONS VIEUX TEMPS, DONC ...

RDC - Katanga : l'aéroport de Lubumbashi à nouveau attaqué par des hommes armés

08/08/2012 à 14h:35 Par Jeune Afrique
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Un militaire congolais à Lumbumbashi, en novembre 2011. Un militaire congolais à Lumbumbashi, en novembre 2011. © AFP

Après celle de février, une nouvelle attaque de l'aéroport de Lubumbashi, capitale du Katanga, s'est produite mercredi 8 juillet, faisant trois morts, selon la Monusco. Les assaillants pourraient appartenir à un groupe rebelle indépendantiste non identifié.

Des hommes non identifiés, qui sortent de la forêt, frappent, et disparaissent aussi vite qu’ils sont arrivés. C’est le scénario qui s’est une nouvelle fois produit, mercredi 8 août, à l'aéroport de Lubumbashi (sud-Est). Celui-ci  est situé à une dizaine de kilomètres du centre de la deuxième ville de la République démocratique du Congo (RDC).

« Des hommes non identifiés armés ont attaqué l'aéroport de Luano, à Lubumbashi. Le bilan : il y a un garde républicain qui a été brûlé vif, donc décédé. Deux autres qui sont morts par balle. Le bilan total est de trois », a rapporté le major Ibrahim Diene, porte-parole militaire de la Monusco. Qui poursuit : « Les assaillants ont pu s'échapper par la forêt malgré la riposte des autres gardes républicains. Des enquêtes sont en cours pour préciser l'origine et tout ce qui s'est passé ».

Groupuscule sécessionniste

L’attaque, qui n’a pas été revendiquée, ressemble fort à l’action d’un groupuscule sécessionniste. Depuis juillet 1960 et la proclamation de l’indépendance du Katanga par Moïse Tshombé, cette riche province minière est régulièrement secouée par des conflits entre indépendantistes et autorités centrales de Kinshasa. Début février 2011, un agent de sécurité avait été tué dans ce même aéroport par des assaillants non identifiés qui avaient été repoussés par les forces armées, après trois heures d'affrontements.



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RDC : le Katanga et les démons de la décentralisation

03/06/2012 à 15h:51 Par Tshitenge Lubabu M.K.
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Le 11 juillet 1960, onze jours à peine après l'indépendance de l'ancien Congo belge, le Katanga choisit la sécession et s'autoproclama État indépendant. C'était la décision d'un homme, Moïse Kapenda Tshombe, le numéro un de la province, soutenu par la Belgique dans la détestation commune de Patrice Lumumba, le chef du gouvernement central. Lumumba sera d'ailleurs exécuté au Katanga en janvier 1961. La sécession n'était pourtant pas approuvée par tous. Le leader du Nord-Katanga, Jason Sendwe, allié politique de Lumumba, y était opposé. Il sera lui aussi assassiné.

Après cette période trouble et le retour du territoire provincial dans le giron congolais, grâce, notamment, à l'intervention des troupes de l'ONU contre celles de Tshombe, le séparatisme n'a plus jamais été à l'ordre du jour. Il est cependant resté en sommeil dans la tête de certains Katangais, qui estiment que leur province, riche en minerais, donne beaucoup au reste du pays, oubliant par là même un principe sacré, celui de la solidarité nationale.

Le Katanga n'est pas un peuple, une ethnie ou une tribu. C'est un ensemble qui englobe différents peuples, ethnies et tribus. Dans le cadre de la décentralisation prévue par la Constitution de 2006, la province n'existera plus dans sa configuration actuelle, avec ses quelque 500 000 km². Elle cédera la place à quatre nouvelles entités, bien distinctes : le Haut-Katanga, le Haut-Lomami, le Tanganyika et le Lualaba. Un découpage loin de faire l'unanimité parmi les Katangais. Les uns le redoutent, tandis que d'autres l'appellent de tous leurs voeux.

Ceux qui sont pour, essentiellement originaires du Sud, voient là l'occasion de devenir, enfin, les maîtres du cuivre et du cobalt, dont regorge leur sous-sol. C'est, pour simplifier, le Katanga « utile ». Ceux qui sont contre, natifs du Nord, redoutent que leurs nouvelles provinces n'aient pas de viabilité économique et qu'eux-mêmes, en fin de compte, ne soient les dindons de la farce. D'autres, revenant à de vieilles querelles ancestrales, refusent que les chefs-lieux des futures provinces soient situés ailleurs que chez eux, parce qu'ils ne tiennent pas « à être commandés par n'importe qui ». Certains hommes politiques sont ainsi déjà montés au créneau pour s'en prendre violemment à ceux qui, demain, ne seront plus leurs "concitoyens katangais" mais leurs voisins. Jusqu'où cette surenchère ira-t-elle ?

Les élus et habitants de la province sont, en tout état de cause, profondément divisés sur la question de la décentralisation et, comme les mines ne peuvent être dépecées ou déplacées afin d'être partagées entre le Nord et le Sud, l'équation n'est pas simple. Que faire ? Ceux qui auront les mines ne devront pas déroger au principe de solidarité nationale : quand il y en a pour un, il y en a pour mille. Quant à ceux qui hériteront de territoires au sous-sol stérile, ils devront se triturer les méninges pour trouver d'autres sources de revenus. D'où l'impérieuse nécessité de développer d'autres secteurs, comme l'agriculture. Tout le monde le sait, la terre katangaise est très fertile. Si la décentralisation devient inévitable, mettre en avant des arguments identitaires ne rime à rien. Il faut préserver l'essentiel : la paix et la fraternité.



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