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15/08/2012

CONGO/KINSHASA : QUAND FLORIBERT CHEBEYA REFUSE L'ENTERREMENT !

Affaire Chebeya - Le terme «preuves» divise le ministère public et les parties civiles 


La Haute cour militaire, siégeant en appel en chambre foraine à la prison centrale de Makala dans l’affaire de l’assassinat de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, a poursuivi hier 14 août, lors d’une audience publique, l’audition des moyens de défense présentés par les avocats de la civilement responsable (La République démocratique du Congo). L’audition, débutée le mardi 7 août, a été interrompue à cause de la suspension de l’audience par la Cour.

D’emblée, les avocats de la RDC ont fait observer à l’attention de la Haute Cour que les parties civiles ont fait circuler un mémorandum autour de l’assassinat de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana.

Sans attendre, le président de la Haute Cour leur a fait remarquer que cette juridiction ne prend pas en considération tout ce qui ressort du procès. Aussi a-t-il souhaité qu’ils reviennent sur le vif du sujet. C’est ce qui a poussé les avocats de la RDC a indiqué que les parties civiles ont déposé auprès de la Haute Cour une première requête, suivie d’une deuxième portante sur les mesures conservatoires. La troisième, visant à obtenir la surséance, a été déposée également.

Selon les avocats de la RDC, cette dernière a été écrite sur la base de rumeurs. Elle est illégale et par conséquent irrecevable, ont-ils soutenu. Avant de souligner que «nous ne soutenons pas les individus mais la position de la loi».

Pour les avocats de la RDC, les parties civiles n’ont pas su démontrer comment l’assassinat ou le meurtre de Chebeya est un crime d’Etat. Ce n’est pas parce qu’on est soutenu par une ONG internationale que l’on doit se permettre de cracher sur son pays, ont-ils fait remarquer, estimant que ce procès n’est pas politique mais c’est le droit qui doit être dit.

«Vous devez rejeter les moyens de défense présentés par les parties civiles parce que reposant sur la rumeur qui n’est pas une source d’information», ont fait savoir les avocats de la République à la Haute cour. Ajoutant que pour les parties civiles, la source est le réalisateur belge Thierry Michel et qu’elles n’ont pas intérêt à ce que ce procès avance pour des raisons inavouées. Et d’ajouter : «Thierry Michel est en train de vendre son film, soutenu par des ONG locales».

«C’est un procès d’intention parce qu’on veut avoir la tête de quelqu’un», ont soutenu les avocats de la RDC. Allusion faite aux parties civiles qui accusent le général John Numbi d’être le suspect n°1 dans l’assassinat de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana et dont elles réclament la comparution comme prévenu et non comme renseignant comme ce fut le cas au premier degré.

Enfin, les avocats ont demandé la poursuite en justice de Thierry Michel pour imputations dommageables.

Réagissant contre la réplique des parties civiles, le ministère public a fait savoir que si l’on veut que ce procès se déroulement normalement, on doit écarter les sentiments et les émotions pour ne privilégier que le droit qui constitue, a-t-il fait savoir, le dénominateur commun de tous ses pratiquants.

Il a passé en revue les moyens de défense présentés par les parties civiles en mettant en garde contre la rumeur et le danger que présente la tradition orale. Paraphrasant un éminent juriste, il a fait savoir que la rumeur est considérée comme un cancer social.

«Les mesures conservatoires n’existent pas en droit de procédure pénale», a fait observer l’organe de la loi. «Au premier degré, le juge a conclu que le 1er juin 2010 le général John Numbi n’est pas arrivé à l’Inspection générale de la Police nationale», a-t-il rappelé. Voilà donc une rumeur qui constitue un cancer social, s’est-il exclamé.

«Au-delà de toute pression, je sollicite de la Haute cour de dire le droit», a conclu, estimant avoir «taillé en pièces, si pas à «calciné» les parties civiles.

Prenant la parole, le président du Collectif des avocats des parties civiles, s’est étonné de voir le ministère public qualifier celles-ci «d’adversaires». Nous sommes maintenant convaincus aujourd’hui que les parties civiles sont seules contre tous, a-t-il poursuivi.

«Si Chebeya est décédé, Si Bazana est décédé, si Mwilambwe a accordé une interview au cinéaste Thierry Michel, ces faits constituent-ils des rumeurs», s’est interrogé Me Mukendi qui a qualifié tous ces faits de nouveaux. Le terme «rumeur» a donc divisé le ministère public et les parties civiles.

Il faut faire venir en République démocratique du Congo Thierry Michel pour obtenir de lui de plus amples informations sur les révélations que Paul Mwilambwe a faites lors de l’interview qu’il lui a accordée, a insisté un autre avocat de la partie civile.

Rendez-vous a été pris le 21 août 2012 à la prison centrale de Makala pour la prochaine audience publique de la Haute cour militaire.


Kinshasa, 15/08/2012 (LP / MCN, via mediacongo.net)
 

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