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18/08/2012

CONGO/KINSHASA : BIENVENUE BALKANISATION LE GOUVERNEMENT CONGOLAIS FLOUE

RDC : la force "neutre" devrait compter 4 000 hommes de pays africains

18/08/2012 à 10h:06 Par AFP
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Les délégués à la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs, le 16 août 2012. Les délégués à la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs, le 16 août 2012. © Michel Siboni/AFP

La force "neutre" qui doit empêcher certaines groupes armés d'opérer dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) pourrait compter 4.000 hommes, a affirmé vendredi à l'AFP le ministre congolais de la Défense Alexandre Luba Ntambo.

La force "neutre" qui doit empêcher certaines groupes armés d'opérer dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) pourrait compter 4.000 hommes, a affirmé vendredi à l'AFP le ministre congolais de la Défense Alexandre Luba Ntambo. La force pourrait compter "4.000 hommes" qui viendront de "pays africains", a déclaré le ministre joint par l'AFP au lendemain d'une réunion avec ses homologues d'Angola, du Burundi, du Congo, du Rwanda, d'Ouganda et de Tanzanie sur la crise à l'est de la RDC.

Selon lui, les Etats "concernés" par les récents troubles à l'est ne participeront pas à cette force. "La RDC, le Rwanda, le Burundi, l'Ouganda, pour ne citer que ceux-là, sont concernés, il ne serait pas normal qu'ils composent la force", a souligné M. Luba Ntambo. L'armée congolaise combat depuis mai des mutins se réclamant du Mouvement du 23 mars (M23), et issus d'une ex-rébellion congolaise: le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégré dans l'armée en 2009.

L'Ouganda est soupçonné de soutenir le M23, ce que Kampala a démenti. Le Rwanda a pour sa part été nommément accusé par des ONG puis par l'ONU d'appuyer en hommes, en armes et en munitions les rebelles, ce que Kigali a toujours nié. Les ministres étaient réunis depuis mercredi à Goma, capitale de la province instable du Nord-Kivu (est), pour préparer une nouvelle réunion de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL) destinée à jeter les bases de la nouvelle force.

"Le problème ce n'est pas les trois collines"

Les derniers combats entre l'armée et le M23 remontent à quelques semaines. Les mutins doivent "retourner à leurs positions d'avant le 30 juin 2012", c'est-à-dire sur les collines stratégiques de Runyioni, Mbuzi et Chanzu, près de la frontière avec l'Ouganda et le Rwanda, a rapporté M. Luba Ntambo. Il est par ailleurs demandé au M23 "d'arrêter toute activité anticonstitutionnelle, dont l'installation de structures politiques et administratives parallèles, d'arrêter la nomination des présidents d'administration, d'arrêter de changer les chefs coutumiers, et (d'arrêter) de remplacer le drapeau national" par le leur, a détaillé le ministre.

"Le problème ce n'est pas les trois collines! (...) Nous demandons au gouvernement de Kinshasa de s'assoir avec nous, de dialoguer avec nous, avec l'opposition, avec la société civile, ensemble (...) pour qu'on trouve un compromis, une solution sur le problème congolais!", a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire du M23. Le gouvernement a toujours refusé toute discussion avec le M23 le qualifiant de "force négative".
Les ministres étaient accompagnés de leurs chefs d'état-majors et de leurs chefs de service de renseignement, qui s'étaient rencontrés auparavant pour définir les contours de la force "neutre" et faire cesser les violences qui ont fait plus de 250.000 déplacés.

Ils ont transmis leur rapport au président ougandais Yoweri Museveni afin qu'il l'expose lors du prochain sommet de la CIRGL, prévu en septembre. La CIRGL est composée de la RDC, de l'Angola, de la Zambie, de la Tanzanie, du Burundi, du Rwanda, de l'Ouganda, de la Centrafrique, de la République du Congo, du Kenya, du Soudan.

Lors d'un sommet à Kampala le 7 juillet, les chefs d'Etat n'avaient pas réussi à s'entendre sur la composition de la force neutre décidée à Addis Abeba en marge du sommet de l'Union africaine. Ils ont décidé de se revoir début septembre à Kampala.



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Compromission à Goma - Kivu : la Force neutre consacre la balkanisation
(Le Potentiel 18/08/2012)


La Force internationale neutre décidée à Addis-Abeba parla CIRGL vient de se transformer en une force d’interposition. Selon le ministre congolais dela Défense, cette force sera déployée à l’intérieur des frontières congolaises (Beni, Ruwenzori, Walikale et Masisi), en lieu et place de la surveillance à la frontière commune Ouganda-Rwanda-RDC. Une position aux contours flous qui concrétise, dans ses principes, la thèse de la balkanisation dela RDC.

Le Burundi, l’Ouganda, le Rwanda et la RDC sont exclus de la Force internationale neutre devant surveiller la frontière commune entre le Rwanda, l’Ouganda et la RDC. C’est la conclusion à laquelle est parvenu le sous-comité des ministres de la Défense de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs, réunis le 17 aout 2012 à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu.



Preuve de compromission



Cette force devrait, en principe, se déployer le long de la frontière de ces trois pays pour traquer les rebelles congolais du M23 et toutes les forces négatives qui opèrent dans la région, dont les FDLR rwandaises.

Les experts militaires auront la charge de déterminer les besoins opérationnels, administratifs et logistiques de la Force neutre.

Pour ce qui est de sa taille, a dit le ministre congolais de la Défense nationale, Alexandre Luba, relayé par Radio Okapi, cette force comptera 4 000 hommes. Les zones de leur déploiement sont également précisées. «Nous avons envisagé que quatre mille hommes suffiraient. Il y aura une commission qui déterminera la structure de cette force qui se déploiera dans les quatre zones, à savoir Beni, Ruwenzori, Walikale et Masisi», a-t-il indiqué.

De manière implicite, le vice-Premier ministre Luba a cédé au Rwanda une partie de la RDC, plus grand en superficie que le Rwanda, contredisant le secrétaire exécutif de la CIRGL, le professeur Ntumba Luaba, qui a confirmé dans une interview que la Force internationale neutre, décidée à Addis-Abeba, devait être déployée uniquement aux frontières entre le Rwanda, la RDC et l’Ouganda.

Par ailleurs, les ministres de la Défense de la CIRGL ont invité les rebelles du M23 de «cesser toute activité militaire et de retourner dans leur position initiale à Runyonyi dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu», rapporte, par ailleurs, Radio Okapi.

Ce décor planté ne rassure guère d’autant plus que la transposition de cette position diplomatique est défavorable aux intérêts de la RDC. Dans la mesure où inviter le M23 à décrocher pour reprendre sa position initiale équivaut à une reconnaissance comme entité à part entière. C’est autrement lui accorder un statut de partenaire des Etats de la sous-région.

Cette position permet également d’accréditer définitivement la thèse d’un conflit essentiellement interne à la République démocratique du Congo. La position rwandaise soutenue ouvertement lors de toutes les sorties publiques ou médiatiques des autorités de Kigali est maintenant adoptée par l’ensemble des 11 Etats constituant la CIRGL. Goma vient de sceller l’acte de balkanisation de la RDC.



La RDC flouée



Et pourtant, la position congolaise d’un déploiement aux frontières a le mérite de mettre en exergue le problème qui a pour cause les visées hégémoniques de Kigali. Cette victoire de Kigali, longtemps revendiquée lors de la dernière réunion de Kampala, est un échec pour Kinshasa dont le territoire est occupé par une expédition militaire, à la solde de Kigali et Kampala - principaux sponsors de l’agression.

Plutôt que de se gargariser d’une victoire virtuelle et sans lendemain sûr, l’heure est à la capitalisation des atouts issus du consensus tacite - pas certain certes - au sein de l’opinion nationale. L’emphase entre gouvernants et gouvernés actuellement sur la question de l’Est du pays est une nette avance sur la voie qui conduit à la victoire totale.

L’intransigeance de l’opinion en lien avec les voies insidieuses de la recherche de la solution à la crise dans l’Est du pays par le canal de la diplomatie à travers la CIRGL se justifie. «Chat échaudé craint l’eau froide», rappelle un vieux proverbe. Le sentiment profond des capitales qui entourent la RDC est largement connu. Aussi, la diplomatie passe-t-elle pour une solution inadaptée à la crise de l’Est de la RDC.

Les députés du Nord-Kivu, qui font une lecture froide et responsable ont, dans un mémo collectif, présenté l’option militaire comme la seule possible et efficace pour décanter la situation dans l’Est du territoire national. Les conclusions de la réunion de capitulation de Goma corroborent cette thèse.



Projet mort-né



Il est vrai que les élites politiques congolaises ont été toujours flouées par leurs partenaires suite à la naïveté qui les caractérise.

La Force internationale neutre n’a pas d’avenir devant elle. Son financement, à coté de la Monusco et d’Africom, qui opèrent déjà dans la région, posera problème. Il serait acquis que le mandat de cette force neutre sera porté par l’UA et l’ONU. Mais, il n’est pas certain que les bailleurs de fonds mettront la main à la poche pour arriver aux résultats prétendument projetés par la CIRGL.

Quant à la composition de cette force, il est utopique de soutenir que les Etats se bousculeront au portillon pour fournir les hommes nécessaires à sa constitution.

Cette hypocrisie diplomatique n’accoucherait que d’une souris après avoir nourri maints espoirs dans le chef des Congolais.

La Force neutre n’est ni une solution, et moins encore la solution au drame récurrent de l’Est de la RDC. Elle est une distraction. Son déploiement à l’intérieur des frontières est la matérialisation du projet de balkanisation en cours de la République démocratique du Congo.

Aussi, la vigilance patriotique exercée jusqu’à ce jour passe-t-elle pour le seul gage pour conforter la position des négociateurs congolais soumis à de fortes pressions.



La partition décidée à Goma

Le déploiement de la force sur quatre axes à l’intérieur des frontières congolaises est un coup dur ! L’accord décidé à Goma par le sous-comité des ministres de la Défense de la CIRGL, dans lequel a siégé un Congolais Alexandre Luba Ntambo, restera historique dans la mesure où il a consacré la partition la RDC.

La traque des FDLR, M23 et autres forces négatives ne doit pas éluder la préoccupation constante sur les visées expansionnistes des voisins bellicistes de la RDC. Ne pas prendre en compte ce volet en ignorant la crainte des Congolais équivaut à une démarche destinée à consacrer la balkanisation en douceur du pays. Ne pas le relever serait faire preuve de complicité à ce projet funeste de partition du pays.

Déployer la force neutre à Beni, Ruwenzori, Walikale et Masisi où le M23 n’est pas présent, c’est offrir sur un plateau d’or ces territoires, plus grands que le Rwanda, entre les mains de ceux qui, depuis longtemps, travaillent pour en avoir le contrôle. Dans l’extrême hypothèse, la Force neutre aurait dû être confinée à Rutshuru et ses alentours. Pas ailleurs ! Ce qui n’a pas été à Goma où la RDC a accepté pour des raisons non encore élucidées de se désengager de ces quatre territoires, en les livrant clé à mains au M23. Indirectement donc au Rwanda et à l’Ouganda.

Dans quelques semaines, les chefs d’Etat de la CIRGL devront avaliser l’accord de Goma. Le président Joseph Kabila a intérêt à ne pas endosser cet accord, pour ne pas engager le pays dans ce processus qui aboutira, à coup sûr, à la balkanisation de la RDC.


Publié le samedi 18 août 2012 00:05
Écrit par Le Potentiel

 

 

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