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12/09/2012

AH MON DIEU QUELLE JOIE IMMENSE ON A VAINCU LA CALVITIE ! TU PARLES !

MAIS ATTENTION A FORCE DE VOULOIR SE VOIR BEAU TOUT LE TEMPS ON RISQUE CA :

Virilité ou chevelure? C'est l'une ou l'autre!

C’est bien cruel mais c’est ainsi: l’un des traitements les plus connus contre la calvitie peut conduire à une impuissance permanente; qui plus est accompagnée d’un rétrécissement des parties génitales.

Bonzes - Damir Sagolj / Reuters

- Bonzes - Damir Sagolj / Reuters -

De la prostate et du cuir chevelu, aller et retour. Le finastéride est une molécule que l’on trouve sous de multiples présentations et dénominations commerciales. La plus connue est Propécia, commercialisée par la multinationale pharmaceutique américaine Merck. Cette médication orale fut tout d'abord connue sous la forme de Proscar (5 mg de finastéride par comprimé) utilisé pour le traitement de l’hyperplasie prostatique.

L’observation, que les hommes à la fois «dégarnis» et sous Proscar pouvaient, tout bien pesé, se dégarnir moins vite que les autres, avaient laissé imaginer un élargissement capillaire des indications de cette molécule. L’explication tenait au fait que le finastéride réduisait la transformation de l’hormone mâle en dihydrostérone (DHT) alors même que cette dernière est pour partie responsable de la «miniaturisation» puis de la disparition des cheveux.

Mais il fallait toutefois tenir compte des effets secondaires du finastéride (gonflement du volume des seins ou gynécomastie, changement de la consistance du sperme, ainsi que quelques rares troubles de l’érection avec baisse de la libido). Tenant compte de ces obstacles, la firme Merck devait mettre au point un nouveau conditionnement (1 mg de finastéride par comprimé) dénommé Propécia. Allait-on ainsi prévenir sinon guérir l’alopécie? Un état des lieux de la pratique est donné sur un site spécialisé de chirurgie et de capilliculture comme on peut le lire ici.

Essentiellement une stabilisation de la chute

On y apprend que cette approche médicamenteuse était essentiellement destinée aux hommes jeunes, qui ont encore une réserve de cheveux importante. Et les chirurgiens spécialisés d’ajouter qu’elle étaitdevenue l’alliée idéale de la greffe de cheveux. En pratique: greffer la partie antérieure tout en traitant par finastéride la partie postérieure. L’analyse des résultats, deux mois après le début de la prise, montrerait une stabilisation de la perte ou une repousse chez 80% des patients, notamment au niveau du vertex plus qu’en zone frontale. Pour les 20% restant, on ne constate aucun résultat.

«Il semble bien que les nouveaux cheveux sont de volume, de couleur et de longueur équivalents aux cheveux sains», rapporte le site Hair Transplant Surgery. «Il arrive souvent que les patients méconnaissent qu’une stabilisation de la chute des cheveux est déjà un succès. Si les patients prennent du finastéride depuis six mois ou plus et qu'ils stoppent le traitement, ils auront fréquemment une perte de cheveux importante. Il s’agit de l’anéantissement de tous les bénéfices de la cure. Le patient se retrouve dans la situation où il aurait été s’il n’avait pas pris le finastéride. Malheureusement, reprendre la cure provoquera simplement une nouvelle stabilisation de la chute.»

Pour ce qui est de «l’effet finastéride», il  resterait plus ou moins d’actualité. Et une nouvelle étude vient compléter le tableau. Le Propecia pourrait entraîner une impuissance permanente et rétrécir les parties génitales, selon les conclusions de cette étude publiées dans l’édition du 12 juillet du Journal of Sexual Medicine.

Des effets secondaires connus, mais rares

Le site http://www.santelog.com/ rappelle sur ce thème qu’en avril dernier, la Food and Drug Administration américaine avait décidé d'élargir, sur les notices, la liste des troubles sexuels liés à l’utilisation du Propecia (finastéride 1 mg) et du Proscar (finastéride 5 mg) connus depuis 2010; des effets indésirables qui peuvent demeurer même après l’arrêt du médicament. Selon la multinationale pharmaceutique Merck, ces effets secondaires sont connus mais leur incidence seraient rares (1,8% pour la perte de la libido et 1,3% pour la dysfonction érectile).

La nouvelle étude a été menée par le Dr Michael S. Irwig, chercheur de l'Université George Washington. Elle ne porte que sur un très petit échantillon: 54 hommes, âgés de moins de 40 ans, qui ont tous fait l'expérience, après finastéride, de la persistance des troubles sexuels (au moins 3 mois après l’arrêt du traitement). Ces volontaires ont été recrutés par l'intermédiaire d'un site lancé par des hommes eux-mêmes victimes de ces effets secondaires d'ordre sexuel. L’auteur rappelle que d’autres études avaient déjà montré la persistance des effets secondaires d’ordre sexuel, il souhaitait ici mesurer l’évolution, durant 14 mois en moyenne, de la dysfonction sexuelle de ces patients au fil du temps. La fonction sexuelle des participants était évaluée selon l'échelle Arizona Sexual Experience (ASEX) soit 5 questions sur les principaux éléments de mesure de la fonction sexuelle, la libido, l’excitation, la fonction érectile, la capacité à atteindre l'orgasme ainsi que la satisfaction liée à l'orgasme.

Déficit d'information

L’étude constate que les effets secondaires sexuels sont toujours présents à la fin de l’étude chez 96% des sujets et 89% des sujets répondent toujours à la définition de la dysfonction sexuelle. La persistance des troubles sexuels apparaît comme indépendante de la durée d'utilisation du finastéride. Les participants déclarent en outre:

  • un changement de la qualité et du volume du sperme (11%);
  • un changement dans la taille du pénis, dans sa courbure ou une sensibilité réduite (19%);
  • une diminution des érections spontanées (9%);
  • un changement dans la taille des testicules ou une douleur testiculaire (15%);
  • un changement d’ordre mental et/ou des symptômes dépressifs (17%).

Cette étude ne permet pas de préciser (compte-tenu de son faible échantillon) durant combien de temps ces effets persistent et si certains d’entre eux ont été exagérés, sur-déclarés ou si, en réalité, leur incidence est extrêmement faible. Elle insiste surtout pour qu’au minimum les personnes soient pleinement informées des effets indésirables possibles de ce traitement de la calvitie sur la fonction sexuelle. C’est bien le moins et l’on est surpris d’observer qu’il faille encore rappeler cette évidence démocratique et de bon sens.

Jean-Yves NauMis à jour le 31/07/2012 à 16h441 réaction

 

CEPENDANT :

Désormais, le chauve sourit

Etre chauve était une infirmité liée au vieillissement. Aujourd’hui, c’est un style. Espérons qu’Alzheimer soit devenu branché lorsque qu’il s’en prendra à mes cellules grises.

Bruce Willis et Ben Kingsley, en mai 2010. REUTERS/Mario Anzuoni

- Bruce Willis et Ben Kingsley, en mai 2010. REUTERS/Mario Anzuoni -

Ce qui est un poil (ha!) déstabilisant, pour un chauve, c’est d’être constamment confondu avec un autre chauve. J’ai lu quelque part que les mécanismes cérébraux qui aident à repérer un visage familier ne s’appuient en fait que sur deux-trois détails marquants ―un gros pif, des oreilles décollées, un menton fuyant…― et je peux vous assurer qu’un crâne d’œuf est un fameux stimulant neuronal…

Vous êtes dans une soirée où vous ne connaissez personne, sans doute parce que vous n’étiez pas invité et qu’un copain vous y a traîné parce qu’il n’avait pas envie de se retrouver seul dans une fête où il ne connaît personne lui-même (bien qu’il soit effectivement invité, à ce qu’il prétend), et un tas de gens vous saluent et vous interpellent:

― Hey, ça boume? Quoi d’neuf depuis la fois dernière?

― Euh pas mal… Rien de spécial. La routine…

L’autre jour, mais j’étais pourtant officiellement sur la guest-list, j’ai passé deux heures à bavarder avec des flatteurs qui me prenaient pour l’époux de la maîtresse de maison (une star de la téloche):

― Formidable ce tableau. Il va super bien avec la tapisserie…

― Hum, oui. C’est vrai…

― Et cette baraque est vraiment sympa!

― Oui très. On aimerait avoir la même…

― ...?

Bah, si ça peut aider à se faire de nouveaux amis, pourquoi pas… La relation démarre sur un malentendu, OK, et vous avez le sentiment d’être interchangeable avec le premier alopécique venu mais c’est certainement moins dérangeant que d’être confondu avec Jean-Marie Le Pen parce que vous êtes borgne.

C’est juste un exemple, hein. Je ne suis pas borgne aussi mais j’ai de l’imagination et je peux me projeter.  

Notez qu’en réalité, je ne suis pas chauve-chauve non plus. Juste terriblement dégarni. Le truc, c’est que depuis que ce qui me reste de cheveux me fait ressembler à Laurent Fabius, je me fabrique une boule de billard à la tondeuse électrique trois fois par semaine pour me donner un genre. De vieux schnock sans un poil sur le caillou, je me transforme en sportif branché, quoi.

Ou en Sinead O’Connor ou Bruce Willis, si vous aimez mieux.

Les cheveux d’un ado, la libido d’un octogénaire 

D’ailleurs, pour être tout à fait honnête, ce n’est pas si difficile à vivre, même si je me demande si j’aurais pu supporter cette infirmité intimement connectée au vieillissement avant qu’elle ne devienne fashionable. Tiens, si ça se trouve, Alzheimer sera devenu branché lorsque je serai concerné et je pourrai en faire un atout en société:

― Comment ça va depuis la dernière fois?

― La dernière fois? Pas la moindre idée. Qui êtes-vous d’abord?

― Hi hi hi! Sacré  Hugues, toujours le mot pour rire!

Mais un peu comme ces obèses qui deviennent maigres après s’être fait poser un anneau gastrique ou s’être inscrits à une Amap, un chauve involontaire ne s’habitue jamais totalement à sa nouvelle apparence. Non: le chauve conserve une image mentale de lui-même avec des cheveux, et même beaucoup de cheveux dans mon cas. Ado, je n’aurais d’ailleurs pas pu devenir un tel virtuose de l’air guitar sans ces longues boucles brunes virevoltant d’avant en arrière et de gauche à droite devant le miroir de la penderie (j’étais très bon sur le solo final de Stairway to Heaven)…

En skinhead, ça l’aurait moins fait, comme disent les encore jeunes.

De toute manière, je n’ai pas vraiment le choix. Après tout, je ne vais pas me faire poser des implants façon PPDA ou Yves Calvi parce que ça coûte la peau des fesses et que la procédure chirurgicale est encore plus flippante qu’une correction au laser de la myopie. Je ne vais pas non plus me gaver de ces produits qui prétendent vous rendre la chevelure de vos 20 ans mais vous offrent la libido d’un octogénaire en contrepartie. Tu parles d’un marché faustien...

Bref, je ne vais rien faire du tout à part assumer fièrement ma différence et me féliciter de ne pas avoir été doté par la nature d’un crâne tout cabossé (il y a de ces testons, ça fait peine à voir).

Oui, je suis chauve. Je n’ai plus besoin d’acheter de shampoing, je n’ai plus besoin de me coiffer, les poux me fichent la paix, je ne mets plus jamais un orteil chez le coiffeur et les femmes adorent tripoter mon crâne (elles doivent s’imaginer que ça porte bonheur, comme la bosse du bossu et pourquoi les détromper?). Je suis chauve et je souris.

Hugues Serraf

Publié le 21/03/2012
Mis à jour le 21/03/2012 à 6h33

1 réaction


La vitamine D, une solution efficace pour traiter la calvitie?

Publié le 12/09/2012
Mis à jour le 12/09/2012 à 16h28
Bald/Mike Burnsvia FlickrCC License by

Une solution pour traiter la calvitie a peut-être été trouvée. C’est du moins ce qu’avance le Wall Street Journal, en précisant que ces recherches prendront sûrement plusieurs années avant d’aboutir.

Alors que les traitements déjà existants concernent seulement les personnes en train de perdre leurs cheveux en ralentissant la chute mais ne peuvent pas rendre des cheveux aux chauves (qui, de toutes façons, comme l’expliquait Hugues Serraf en mars 2012 ne sont pas vraiment convaincus et vivent plutôt bien leur calvitie), une étude montre que la vitamine D pourrait sauver les gens qui sont déjà chauves.

Le Wall Street Journal explique que la vitamine D et les récepteurs microscopiques qui s’y attachent dans la peau sont cruciaux dans la pousse des cheveux.

The AtlanticWire rappelle comment on devient chauve. Chaque follicule pileux produit un cheveu tous les deux ou six ans, et ensuite sommeille pendant quelques semaines ou mois. Chez les chauves, ces follicules arrêtent simplement de se réveiller et les nouvelles cellules de la peau arrêtent de se transformer en follicules. Les récepteurs de vitamine D pourraient refaire fonctionner correctement ces cellules.

Le Wall Street Journal explique que des chercheurs de San Francisco ont trouvé une molécule (la MED) qui supprimerait les actions des récepteurs de vitamine D. En rendant inactives ces molécules MED chez des souris, ils ont remarqué qu’elles étaient plus poilues.

Il existe seulement deux traitements contre la chute de cheveux (Rogaine et Propecia) mais qui sont surtout préventifs, et dont les effets secondaires peuvent provoquer l'impuissance, expliquait Jean-Yves Nau en juillet. Il est aussi possible d’avoir recours à des greffes de cheveux, en greffant des cheveux d’une partie du cuir chevelu à une partie chauve du crâne, mais les nouveaux cheveux finissent par tomber et peuvent ne pas repousser. Pour l’instant, on ne peut greffer qu’un seul follicule pileux à la fois, mais Kotaro Yoshimura, professeur de chirurgie plastique à l’université de Tokyo, indique qu’il «veut faire 1.000 cheveux à partir d’un follicule.»

Près de deux milliards de dollars par an sont dépensés dans le monde pour des greffes de cheveux. Environ 35 millions d’Américains souffrent de calvitie.

Photo: Bald/Mike Burnsvia FlickrCC License by

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