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22/12/2012

L'AFRIQUE JEUNESSE DU MONDE LAISSEZ-MOI EN RIRE DEUXIEME PARTIE

Je présente ici les résultats de mes réflexions sur l'inculture et l'inertie de l'homme noir. Je soutiens comment grâce à sa capacité créatrice, productrice, et inventrice de l'histoire, la supériorité ontologique de l'homme blanc est-elle indiscutable sur l'homme noir. De telle sorte qu'il ne suffira pas seulement de crier au loup pour parvenir soit à égaliser les rapports de force soit à le dépasser. L'exemple chinois montre que l'homme blanc n'est ni Dieu, ni indétronable. Mais, il faut travailler avec tact, réfléchir toujours et toujours pour y arriver.

Antoine-Dover OSONGO-LUKADI

Directeur-Administrateur kilimandjero.blogs.dhnet.be

Ahora siempre (ADOL'CHE)


2.L’anahistorisme afro-nègre et La raison dans l’histoire de W. F. Hegel

La plus grande responsabilité de l’homme y consiste dans une certaine immoralité qu’il trouve confortable. Et, je suis ici loin s’en faut, on l’aura compris pour peu qu’on ait un équilibre psycho-mental, de donner raison aux thèses négationnistes de Hegel dans « La raison dans l’histoire » où il traitait l’afro-noir d’anhistorique, d’irrationnel, d’illogique. En voici quelques-unes des thèses de cet ouvrage médiocre pour ceux et celles de la race afro-noire qui n’en ont peut-être entendu que parler. Mais avant d’y arriver aux thèses en question, celles à cause desquelles, aujourd’hui encore au 21ème. siècle, l’homme noir continuait encore et toujours à être traité d’anhistorique, d’inculte, de brute, d’irrationnel, et plus grave d’immoral et d’enfantillage, l’honnêteté sociale dans laquelle j’ai grandie m’exige, au-delà du dégoût quasi général qu’inspirent ces thèses hégéliennes, de me reconnaître en tant qu’afro-noir dans certaines d’elles telles l’enfantillage, l’immaturité, l’irrationalité, l’impuissance, le manque de culture des politiques négo-africains voire des certains intellectuels diplômés, car il en a, ceux que je nomme des « analphabètes-analphabètes, c’est-à-dire non diplômés, qui ne savent ni lire, ni écrire, mais pensent et réfléchissent encore mieux que les universitaires, les écoliers, et autodidactes. J’en viens maintenant à ces thèses, dont tout afro-noir a l’obligation de connaître voire de retenir par cœur pour ne pas courir le risque de mourir idiot. C’est pourquoi, et même si la bêtise humaine est universelle, et que dans ce sens-ci le politicien africain n’en possède pas la mesure, néanmoins il y serait faux d’y attribuer toute la responsabilité de la déchéance congolaise ou de quel qu’autre pays africain aux seuls Occidentaux.

Pour Hegel, les Noirs sont immoraux de nature. Il y employa même le terme amoraux pour les qualifier. Ce qui est d’une gravité extrême ! Car, écrivit-il, ils n’ont aucun respect ni pour eux-mêmes ni pour les autres. Alors, en ce qui concerne les rapports humains, il résulte comme second moment, du fait que l’homme est considéré comme réalité suprême, qu’il n’a aucun respect, ni pour lui-même, ni pour les autres. Cela impliquerait en effet une valeur supérieure, absolue, que l’homme recèlerait en lui-même. »[1]. Il faut dire, en d’autres termes, explique-t-il, que « L’homme n’atteint une position qui lui assure le véritable respect qu’avec la conscience d’un être supérieur. Si, en effet, le libre vouloir est l’absolu, s’il est l’objectivité solide qui se présente à l’intuition, l’Esprit, quand il en reste à ce degré, ne peut avoir aucune idée d’universalité. Pour cette raison, il n’existe pas, chez les Africains, ce qu’on appelle l’immortalité de l’âme. ils connaissent, eux aussi, ceux qui que nous appelons chez nous des spectres mais il ne s’agit pas vraiment de l’immortalité qui implique que l’homme soit en soi et pour soi une réalité spirituelle, immuable, éternelle. Les nègres ont, à cause de cela, un mépris total pour l’homme, et c’est ce mépris, qui, du point de vue juridique et éthique, constitue leur principale caractéristique. »[2].

Cela dans la mesure où, observe Hegel, « La dévalorisation de l’homme est poussée jusqu’à un point incroyable. L’ordre existant peut être jugé comme une tyrannie, mais cette tyrannie n’est ni considérée ni ressentie comme une injustice. A cela est lié le fait que l’usage de manger de la chair humaine est admis comme un usage licite et partout répandu. Il en est ainsi chez les Ashanti, plus bas sur le cours du Congo, et dans la partie orientale du pays. Cet usage se présente immédiatement comme quelque chose de sauvage et d’abominable qui doit répugner à l’instinct. »[3]. D’ailleurs, l’« immoralité » nègre est tellement forte qu’elle le pousse au cannibalisme. Si tant il est vrai que « chez l’homme, on ne peut parler d’instinct : celui-ci est toujours en corrélation avec le caractère de l’esprit. Il suffit que l’homme ait un peu progressé dans sa conscience pour qu’il ait du respect pour l’homme en tant que tel. Abstraitement, on peut dire : la viande, c’est de la viande, tout est une question de goût. Mais on pense que cette viande est de la chair humaine, la même que celle du corps qui a une telle pensée. Le corps humain est un corps animal, mais il est essentiellement corps d’un être pensant ; il est lié à la vie de l’âme. Chez les nègres rien de tel ne se produit. Le fait de dévorer les hommes correspond au principe africain. »[4].Et d’y poursuivre, « Pour la matérialité [Sinnlichkeit] du nègre, la chair humaine est seulement quelque chose de sensible, de la viande et rien d’autre. Cette chair, du reste, n’est pas exclusivement employée comme nourriture. A l’occasion de fêtes, en effet, des centaines de prisonniers sont torturés et décapités, et leurs corps sont rendus à ceux qui les avaient faits prisonniers et qui en font ensuite la distribution. Dans certains endroits, on a vu de la chair humaine exposée sur des marchés. »[5]. Ainsi, il n’y a-il aucun étonnement à y voir qu’« À la mort d’un individu riche, des centaines d’hommes sont tout bonnement massacrés et dévorés. Les prisonniers sont assassinés et taillés en pièce, et la règle veut que le vainqueur mange le cœur de son ennemi tué. Dans les incantations, il arrive souvent que le sorcier tue le premier venu et le donne en pâture à la foule. »[6].

Pour Hegel, « Une telle dévalorisation de l’homme explique que l’esclave soit, en Afrique, le rapport de base du droit. L’unique rapport essentiel que les nègres ont eu, et ont encore, avec les Européens, est celui de l’esclavage. Les nègres n’y voient rien de blâmable, et ils traitent en ennemis les Anglais qui ont pourtant fait plus que tous les autres peuples en faveur de l’abolition du commerce des esclaves et de l’esclavage. »[7]. C’est pourquoi, « Pour les rois, en effet, il est d’importance primordiale de vendre leurs ennemis prisonniers ou même leurs propres sujets, et en ce sens l’esclavage a contribué à éveiller un plus grand sens de l’humanité chez les nègres. Il sont réduits en esclavage par les Européens et vendus en Amérique, et pourtant leur sort dans leur propre pays est presque pire, dans la mesure où ils y sont soumis à un esclavage absolu. »[8]. Or, monsieur le Juge, « L’esclavage, suppose en effet, de façon générale, que l’homme n’a pas encore de conscience de sa liberté, et qu’il tombe ainsi au niveau d’une chose, d’un objet sans valeur. Dans tous les royaumes africains, l’esclavage est une institution indigène et domine naturellement. Mais la distinction entre maîtres et esclaves est fondée seulement sur l’arbitraire. »[9].

Cela fait également que, indique-t-il, « La leçon que nous pouvons tirer de l’état d’esclavage, et qui existe chez les nègres, leçon qui constitue le seul aspect intéressant de la question est celle que nous connaissons déjà pour l’avoir déduite de l’idée, à savoir que l’état de nature est, par lui-même, l’état de l’injustice absolue et complète. De la même façon, tous les degrés intermédiaires entre cet état et la réalité de l’Etat rationnel comportent encore des éléments d’injustice. C’est pourquoi nous trouvons encore l’esclavage dans l’Etat grec et dans l’Etat romain, et que le servage s’est perpétré jusqu’à l’époque plus récente. Mais dans la mesure où il prend place à l’intérieur de l’Etat, l’esclavage est en lui-même un moment du progrès par rapport à la pure existence isolée et sensible, un moment de l’éducation, une sorte de participation à une vue éthique et culturelle supérieure. »[10]. En effet, « L’esclavage est une injustice en soi et pour soi, parce que l’essence de l’homme est la liberté. Mais pour arriver à la liberté, l’homme doit acquérir d’abord la maturité nécessaire ? L’élimination graduelle de l’esclavage est, pour cette raison, plus opportune et plus juste que son abolition brutale. »[11]. Voilà pourquoi, et puisque l’essence de l’homme est la liberté et que pour y arriver, il lui est demandé d’acquérir une maturité nécessaire, certes, à l’aune de cette liberté, « L’esclavage ne doit pas exister, car il est en soi et pour soi injuste selon le concept de la chose. »[12].

Cependant, Hegel estima qu’il y a des moments où l’esclavage reste nécessaire, c’est-à-dire peut-être justifiée, et de s’expliquer comment « le « droit » exprime quelque chose de subjectif, il est comme tel, non historique. Ce qui manque encore au « droit », c’est la substantialité éthique d’un Etat. L’esclavage n’existe pas dans les Êtats rationnels, mais, avant l’apparition de tels Etats, l’idée vraie ne peut exister sous certains aspects, que comme un pur devoir être ; dans ce cas, l’esclavage est encore nécessaire. C’est un moment de passage à un degré supérieur. On ne peut prétendre de façon absolue que l’homme, par le seul fait qu’il est un homme, soit considéré comme essentiellement libre. Il n’en était rien chez les Grecs et les Romains eux-mêmes. L’Athénien n’était libre qu’en tant que citoyen d’Athènes et ainsi de suite. »[13]. Pour lui, le fait est d’insister ici sur le caractère essentiel voire nécessaire de la liberté chez l’homme en tant qu’homme : « Notre idée générale, c’est que l’homme est libre en tant qu’homme ; mais autrement il n’a de valeur que sous quelque aspect particulier : époux, parents, voisins, concitoyens, n’ont de valeur que l’un pour l’autre. Chez les nègres, cela ne se produit qu’à un faible degré. Les sentiments éthiques, entre eux, sont d’une extrême faiblesse, ou, pour mieux dire, n’existent pas du tout. Le premier rapport éthique, celui de la famille, est absolument indifférent aux nègres. Les hommes vendent leurs femmes, les parents vendent leurs enfants, et inversement, selon le rapport réciproque de puissance qui existe dans chaque cas. »[14].

Mais, un fait en est-il que « La violence de l’esclavage fait disparaître tous les liens de respect moral que nous avons réciproquement, et il ne vient pas à l’esprit des nègres d’exiger les uns des autres ce que nous pouvons exiger chez nous. Ils ne se préoccupent pas de leurs parents malades, si l’on excepte le fait que parfois ils vont prendre conseil des sorciers. Les sentiments humains, comme ceux de l’amour et d’autres sentiments semblables, impliquent une conscience de soi qui n’est plus seulement conscience de la personne singulière. Ainsi, dans la mesure où j’aime quelqu’un, je suis conscient de moi dans l’autre ; comme dit Goethe, j’ai un cœur vaste. C’est un élargissement de moi-même. »[15]. De ce qui précède, écrit Hegel, « L’Africain n’a d’égard à la vie que dans la mesure où ce qu’il entreprend lui rapporte la subsistance, par exemple, l’argent. D’où l’importance de la polygamie »[16]. Car, et vous l’avez compris, plus il y a d’enfants, plus ils sont vendus ou troqués contre de l’argent ! De telle sorte que « Dans le mépris des nègres pour l’homme, ce qui est caractéristique, ce n’est pas tant le mépris pour la mort que le manque de respect pour la vie. La vie a aussi peu de valeur que n’en a l’homme. Elle n’a, en effet, de valeur que dans la mesure où il y a dans l’homme quelque chose d’une valeur supérieure. »[17]. Donc, « Le mépris du nègre pour la vie n’est pas un dégoût de vivre, il n’est pas le résultat d’une satiété accidentelle, c’est la vie en général qui n’a pas de valeur pour lui. Le nègre se suicide souvent, quand il est blessé dans son honneur ou quand le roi l’a puni. S’il ne se tuait pas, on le tiendrait pour vil. Il ne pense pas à la conservation de la vie, et même pas à la mort. Il faut pourtant attribuer à ce mépris pour la vie le grand courage, soutenu par une énorme force physique, des nègres, qui se font tuer par milliers quand ils guerroient contre les Européens. Dans la guerre des Ashantis contre les Anglais, les nègres se précipitèrent sur les bouches des canons et ne reculèrent pas, bien qu’il en tombât cinquante à la fois. Car la vie n’a de valeur que là où les fins qu’elle vise ont de la dignité. »[18].

En venant à la structure et l’organisation politiques des Africains noirs, Hegel tint premièrement à dire que « Si nous nous mettons maintenant à examiner les traits principaux de la constitution, il résulte en propre de la nature des choses qu’il ne peut y avoir vraiment de constitution en Afrique. La forme de gouvernement doit être essentiellement la forme patriarcale. »[19]. Car « Ce stade de l’évolution a pour caractéristique l’arbitraire déterminé par les sens, l’énergie de la volonté sensible. Et, lorsque l’arbitraire prédomine, les rapports éthiques en sont encore à un stade tout à fait rudimentaire, car ils ont un contenu essentiellement universel et ils ne considèrent pas la conscience comme existante et valable pour soi dans sa singularité, mais au contraire ils ne reconnaissent sa valeur que dans son universalité intérieure, et cela sous des formes diverses juridique, religieuse ou morale. Là où cet universel est faible ou lointain, al structure politique peut néanmoins être caractérisée de façon quez des lois libres et rationnelles gouvernent l’Etat. »[20]. Car, « Ce qui manque, c’est, pour Hegel, d’une manière générale, un lien qui limiterait l’arbitraire. Dans de telles conditions, cette plus vaste association d’individus que nous appelons Etat ne peut se former, car elle est fondée sur l’universalité rationnelle qui est une loi de la liberté. Une force extérieure est nécessaire pour maintenir ensemble les volontés arbitraires »[21].

En venant au despotisme africain, Hegel estime que c’est l’arbitraire qui est à la base du despotisme. Car celui-là (l’arbitraire), de par son essence, ne contraint nullement les gens à se mettre d’accord, car il consiste avant tout, pour l’homme, à faire prévaloir sa volonté particulière : « C’est alors que se produit le régime du despotisme, dans lequel la force extérieure elle-même est arbitraire, parce qu’il n’existe pas d’esprit rationnel commun dont le gouvernement pourrait être le représentant et le réalisateur. »[22]. Car, « Un maître commande, car la grossièreté sensible ne peut être domptée que par une force despotique. Le despotisme s’impose parce qu’il dompte le libre vouloir qui peut avoir en soi de l’orgueil, mais non de la valeur. »[23]. Ainsi, et « Pour cette raison, le libre vouloir du despote est respectable du point de vue formel, car il rend possible la vie en commun, de façon générale, et représente par-là un principe supérieur à celui du libre vouloir particulier. Le libre vouloir doit en effet un motif de cohésion, et, que la volonté soit sensible ou réfléchie, cet élément de cohésion ne peut être que la force extérieure. Quand le libre vouloir trouve devant lui quelque chose de supérieur et se sent impuissant, il s’agenouille ; mais il acquiert le pouvoir, il devient orgueilleux à l’égard de ce qu’il adorait un instant auparavant. »[24]. De telle sorte que « Dans la première variante, le despotisme exclut le libre vouloir en retournant contre lui sa propre force. L’on trouve à côté du roi, dans les Etats nègres, toujours le bourreau, dont la fonction est extrêmement importante, car il sert au roi pour se débarrasser des suspects, et aux notables pour tuer le roi quand ils en ont envie. Mais il n’y a pas que le roi qui peut être violent, les citoyens également car il peut leur arriver de limiter l’autorité du maître. Dans la deuxième variante, Chez les Ashantis, entre autres, le roi hérite de tous les biens laissés par ses sujets. Toutes les filles, entre autres, appartiennent au roi, et celui qui veut avoir une femme doit lui en acheter une. Mais cela ne veut pas dire que le roi ait un pouvoir absolu car si les nègres sont mécontents de leur roi, ils le déposent et le tuent »[25].

Pour Hegel, le despotisme du roi, n’était pas complètement aveugle, que les peuples n’étaient pas seulement esclaves, car ils faisaient aussi valoir leur volonté. Comment ? « car le despote avait, explique-t-il, a un pouvoir absolu sur la vie de ses sujets. Là où la vie n’a pas de valeur elle est gaspillée sans égards. Les peuples se combattent dans des batailles sanglantes qui durent souvent jusqu’à huit jours sans interruption et dans lesquelles périssent des centaines de milliers d’individus (…) Les vainqueurs  massacrent tous ceux qu’ils peuvent rattraper. De nombreux princes, du reste, ont pour bourreau leur Premier ministre. Dans tous les Etats nègres, dont beaucoup sont voisins entre eux, la même chose arrive à peu près. La dignité de chef est la plupart du temps héréditaire, mais elle s’acquiert rarement de façon pacifique »[26]. C’est pourquoi, « ce qui détermine le caractère des nègres est l’absence de frein. Leur condition n’est susceptible d’aucun développement, d’aucune éducation. Tels nous le voyons aujourd’hui, tels ils ont toujours été. Dans l’immense énergie de l’arbitraire naturel qui les domine, le moment moral n’a aucun pouvoir précis »[27].De telle sorte que « tout celui qui veut connaître les manifestations épouvantables de la nature humaine peut les trouver en Afrique »[28]. Car, « Les plus anciens renseignements que nous ayons sur cette partie du monde disent la même chose. Elle n’a donc pas, à proprement parler, une histoire »[29].

L’Afrique noire, pour Hegel, ne constitue aucune valeur historique, culturelle non plus, qui puisse mériter une meilleure attention soutenue. C’est pour ça que dans son livre, il décida de laisser l’Afrique noire de côté, de ne plus en faire mention. Parce que ne faisant pas partie du monde historique, elle ne montre ni mouvement, ni développement et ce qui s’y est passé, c’est-à-dire au Nord, relève du monde asiatique et européen. Carthage fut là un élément important et passager. Mais elle appartient à l’Asie en tant que colonie phénicienne. L’Egypte sera examinée au passage de l’esprit humain de l’Est à l’Ouest, mais elle ne relève pas de l’esprit africain ; ce que nous comprenons en somme sous le nom d’Afrique, c’est un monde anhistorique, et non développé, entièrement prisonnier de l’esprit naturel et dont la place se trouve encore au seuil de l’histoire universelle[30].

Ainsi se dit-il que ne représentant rien à ses yeux à cause des traits qui la caractérisent, l’Afrique devait être non seulement décriée, mais aussi mise au rancart des nations, des civilisations, des histoires, des cultures. « Car, depuis que j’ai écarté l’Afrique, constate-t-il, j’ai commencé à me trouver dans le vrai théâtre de l’histoire »[31]. Car, « Chez le nègre, la volonté naturelle singulière n’est pas encore niée, et pourtant c’est seulement de cette négation que dérive la conscience de l’être en soi et pour soi » (cfr. Ibidem, pp. 269-270). D’ailleurs, « Cette conscience s’entr’ouvre dans le monde oriental. Il y a là une force qui existe en soi et pour soi, et l’homme lui-même n’est encore et pour soi que dans la mesure où il est en rapport avec cette réalité substantielle universelle. Ce rapport avec un pouvoir substantiel détermine entre les individus une liaison réciproque. C’est ainsi qu’est apparu en Asie le moment éthique de la conscience de l’Etat. L’Asie est, par excellence, le continent du commencement. Il est vrai que chaque pays, en fait, est en même temps un Orient et un Occident, et l’Asie est ainsi Occident pour l’Amérique. Mais, de même que l’Europe est le centre et la limite de l’Ancien Monde et l’Occident absolu, de même l’Asie est de façon absolue l’Orient. C’est là qu’est apparue la lumière de l’esprit, la conscience d’un élément universel, et, par là même, l’histoire du monde. » (cfr. Ibidem, pp. 269-270).

La conclusion de Hegel est la suivante et sans appel, n’en déplaise à ceux qui combattent ses idées sur les Nègres, en deux temps. D’abord, « celui qui veut connaître les manifestations épouvantables de la nature humaine peut les trouver en Afrique » ; ensuite « ce que nous comprenons en somme sous le nom d’Afrique, c’est un monde anhistorique non-développé, entièrement prisonnier de l’esprit naturel et dont la place se trouve encore au seuil de l’histoire universelle » ; ensuite, enfin, « Dans l’Afrique proprement dite, l’homme reste arrêté au stade de la conscience sensible d’où son incapacité absolue d’évoluer »[32] !

Et, si le président français Nicolas Sarkozy y revient au 21ème siècle soit trois siècles après la naissance et la mort de Hegel, c’est parce qu’il estime que les thèses hégéliennes sur l’Afrique noire restaient toujours et encore d’actualité[33]. Même si à mon humble avis, le Discours de Sarkozy à Dakar fît office de ce que j’appelai dans un de mes livres à paraître intitulé « Hegel et l’Afrique. L’im-possible « dialogue » de propagation de l’« hégélianisme bourgeois » et ses dégâts à la fois sur la sub-conscience occidentale et afro-nègre. Celui-là (l’hégélianisme bourgeois), en effet, essaye de montrer ce que j’ai toujours mis en avant dans les rapports entre blancs et noirs, à savoir que les thèses hégéliennes sur l’anhistorisme et la sauvagerie nègres n’étaient jamais parties de la conscience occidentale. Or, c’est ce qui apparût dans la visée et vision bourgeoise voire totalitaire dudit discours de Dakar devant un pactole de Noirs tous médusés et meurtris, et dont séance tenante même le président sénégalais le fantoche Abdoulaye Wade n’osa répliquer :

1°« Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. »[34] .

2°« Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès. ». Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme échappe à l'angoisse de l'histoire qui tenaille l'homme moderne mais l'homme reste immobile au milieu d'un ordre immuable où tout semble être écrit d'avance. Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin. »[35].

3°« Le problème de l'Afrique et permettez à un ami de l'Afrique de le dire, il est là. Le défi de l'Afrique, c'est d'entrer davantage dans l'histoire. C'est de puiser en elle l'énergie, la force, l'envie, la volonté d'écouter et d'épouser sa propre histoire. ».

4°« Le problème de l'Afrique, c'est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l'éternel retour, c'est de prendre conscience que l'âge d'or qu'elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas pour la raison qu'il n'a jamais existé. »[36].

5°« Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance. »[37].

6°« Le problème de l'Afrique, c'est que trop souvent elle juge le présent par rapport à une pureté des origines totalement imaginaire et que personne ne peut espérer ressusciter. »[38].

7°« Le problème de l'Afrique, ce n'est pas de s'inventer un passé plus ou moins mythique pour s'aider à supporter le présent mais de s'inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres. »[39].

8°« Le problème de l'Afrique, ce n'est pas de se préparer au retour du malheur, comme si celui-ci devait indéfiniment se répéter, mais de vouloir se donner les moyens de conjurer le malheur, car l'Afrique a le droit au bonheur comme tous les autres continents du monde. »[40].

9°« Le problème de l'Afrique, c'est de rester fidèle à elle-même sans rester immobile. »[41].

10°« Le défi de l'Afrique, c'est d'apprendre à regarder son accession à l'universel non comme un reniement de ce qu'elle est mais comme un accomplissement. »[42].

11°« Le défi de l'Afrique, c'est d'apprendre à se sentir l'héritière de tout ce qu'il y a d'universel dans toutes les civilisations humaines. C'est de s'approprier les droits de l'homme, la démocratie, la liberté, l'égalité, la justice comme l'héritage commun de toutes les civilisations et de tous les hommes. C'est de s'approprier la science et la technique modernes comme le produit de toute l'intelligence humaine. »[43].

12°« Le défi de l'Afrique est celui de toutes les civilisations, de toutes les cultures, de tous les peuples qui veulent garder leur identité sans s'enfermer parce qu'ils savent que l'enfermement est mortel. Les civilisations sont grandes à la mesure de leur participation au grand métissage de l'esprit humain. »[44].

13°« La faiblesse de l'Afrique qui a connu sur son sol tant de civilisations brillantes, ce fut longtemps de ne pas participer assez à ce grand métissage. Elle a payé cher, l'Afrique, ce désengagement du monde qui l'a rendue si vulnérable. Mais, de ses malheurs, l'Afrique a tiré une force nouvelle en se métissant à son tour. Ce métissage, quelles que fussent les conditions douloureuses de son avènement, est la vraie force et la vraie chance de l'Afrique au moment où émerge la première civilisation mondiale. »[45].

Sur la forme, me dis-je à ce moment-là et en ce moment-ci également, ni Hegel, ni Sarkozy n’ont raison. Mais sur le fond tout restait discutable, c’est-à-dire envisageable. Surtout quand on voit que la Chine soixante d’indépendance après, envoie des hommes dans l’espace, et que l’Afrique n’en était même pas encore à fabriquer une aspirine. C’est mon constat, et ma conclusion. Pleurer, gémir ne suffit, seul le silence est grand relatait Alfred de Vigny dans « La mort du loup » n’est-ce pas ?



[1] Ibidem, p. 258.

[2] Ibidem, p. 258.

[3] Ibidem, p. 258.

[4]</

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