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26/12/2012

LA MORT ET LA FÊTE

Les morceaux choisis :

"La mort notre pain quotidien. La mort notre vie. La mort notre mort."

 "La promiscuité tribale, ethnique, clanique, familiale est un recule. Car, on n’apprend jamais en étant au même endroit, et encore moins sans aucun contact avec les autres."


LA MORT ET LA FÊTE

Le monde s’en souviendra que ce fut depuis le décès de ma "jeune fille" et "belle-fille" Nathalie Tshibanda, que j’ai honni pour toujours les tralalas des fins d’années. La mort de cette jeune mère qui ne verra jamais voir son bébé grandir, ni encore moins la solitude de son jeune mari Dadi Nsoko me a ému tellement que j’ai décidé de fêter et de pleurer tous les 365 jours de l’année. Parce que la vie et la mort n’attendent pas la fin de l’année. Elles sont là présentes en chacun de nous et de tout instant. Tel est le problème. On se dit demain je me procure la voiture ou la maison la plus belle du monde, mais la nuit on se fait terrasser par une crise cardiaque, ou se fait ensemencer par un train, dans sa voiture par un arbre devant chez soi !!!

Philosophe de mon état, je m’interrogeai alors s’il valait la peine de fêter le Nouvel an quand on ne sait jamais ce qu’il en sera de la soi-disant nouvelle année ? Que fête-t-on, en effet, sa mort, la mort de ses proches, ou la mort des autres inconnus ou connus, ça on ne le sait pas d’avance ? Depuis 2010, j’ai perdu Nathalie en janvier, maman Adissa ma grande sœur le 14/08/2010, ma vénérable maman Pauline Otshumba Akake Tsha (« omenyi nfono havu esadi » le 30/09/2011, c’est-à-dire « la miséreuse qui tarde à mourir », se désignait-elle elle-même), sans compter maman owandji (cheftaine princière) Thérèse Ndjoka le 04/03/2009. Comment avoir encore le cœur à l’ouvrage même si l’on était qu’un dingue des fêtes ? Bien sûr, à chaque jour suffit sa peine, et loin s’en faut mon idée d’en appeler ni au pessimisme, ni à la nausée existentiale.

De toute façon, ceux et celles qui fêtent et continueront à fêter la fin d’une année et le début d’une autre n’ont pas tort. Personne ne dira jamais le contraire, car c’est quand même un long trajet qu’ils viennent de traverser. Mais, malheureusement un long trajet qui chronologiquement parlant les rapproche toujours plus de la mort. C’est-à-dire fatalement et inévitablement -, sans le savoir en criant « bonne année » et encore de plus en plus fort « bonne année » -, encore plus proches de la mort que de la vie. Ceux qui, par exemple, se font tuer accidentellement ou de mort naturelle le dernier et premier jour de l’an qui s’achève ou qui commence en donne toute la mesure sur les réserves qu’on aurait dû avoir à fêter les fins et débuts d’années. Tiens !!!

La mort notre pain quotidien. La mort notre vie. La mort notre mort. Aujourd'hui j'ai une pensée pour les morts que je viens de perdre encore cette année civile. Tout d'abord, le greco-belge Monsieur Trifonidis Sofronius époux de Madame Arlette de la rue Charles Loupoigne/Lauzelle/Louvain-La-Neuve qui s'en est allé le 15 novembre 2012. C'est un couple que j'ai connu depuis octobre 1995 quand je fus parmi les premiers locataires de S.C. « Notre Maison » dans ces lieues. Ma force, comme je l'ai souvent dit, a toujours été de pouvoir compter sur des relations extra-tribales, extra-claniques, extra-raciales. Parce qu’il n’y a que ces types de relations-là qui promeuvent, qui émancipent, qui développent une famille, un être humain ou un groupe d’êtres humains.

La promiscuité tribale, ethnique, clanique, familiale est un recule. Car, on n’apprend jamais en étant au même endroit, et encore moins sans aucun contact avec les autres. C’est la raison pour laquelle n’ai-je jamais été ni méprisant, ni ringard à l'égard de la diversité. Universaliste convaincu et convaincant, j'ai toujours eu des très bonnes relations avec les belges de souche. Cette famille dont PAPOU s'est en allé aux royaumes des éternels a fait beaucoup pour mes enfants. C'était Immaculée et Evangile Osongo qui le surnommèrent Papou. C'était un grand-père magnifique, intelligent, aimable, courtois, serviable qui s'était occupé de mes enfants comme si c'était ceux de ses propres enfants Georges et Valentin. Sa femme la gracieuse madame Arlette pareil. Un exemple parmi tant d’autres, ce fût en 1998 lorsque la maman de mes enfants s'était faite hospitalisée à la Clinique Saint-Pierre d'Ottignies où son pronostic de vie fut engagé, et où ce grand-père et cette grand-mère de substitution prirent mes enfants en charge, à leur faire des repas, à faire nettoyer leurs habits, etc., sans compter plusieurs visites de réconfort à mes côtés. C’est, donc, avec beaucoup de tristesse que je viens d’apprendre la disparition de ce père et grand-père de mes petits bouts.

Ensuite, le décès de mon TATOU Modeste Bagnangila le paternel de la politicienne christo-démocratico-humaniste Monique Misenga qui vient de nous quitter aussi, il y a une semaine, et dont le corps sera inhumé ce samedi 29/12/2012. Pour mémoire, il s’agit de quelqu’un qui m’a beaucoup aimé, estimé et respecté autant que j’en fus pour lui. Il s’agit également d’un homme de paix et de prière qui a beaucoup compté pour ma petite personne. Parmi plusieurs expressions de mon tshiluba raté revenait tout le temps celle-ci : « Tshasa mulu », le tout aux grands éclats de rire. Ce fût un père pour moi. Un homme d’une culture très haute et pertinente. Car, il ne cessa point de lire, d’écrire jusqu’à la fin de ses jours. A telle enseigne qu’autant que je le pouvais, j’allais le voir. Pour rigoler, on en a alors rigolé tout le temps comme deux jeunes amis sous les yeux admirateurs de Mamu Rose l’aînée de ses enfants. C’est pourquoi, je ne pus me retenir de verser des larmes à l’annonce de sa mort.

Enfin, quant à PAPOU qui ne voulait jamais me voir barbu, et qui cria sur moi un jour du mois de juillet dernier à cause d’une barbe « à la mollah » que je portais sur moi, je lui fait la promesse d’y faire attention désormais pour ne plus en porter de telle. « La prochaine fois que tu passeras me voir, me prévint-il énervé et très déçu, je ne veux plus te voir avec une telle barbe ». Et de s’exclamer quelques jours plus tard : « Et voilà qui est bien et très beau, m’admira-t-il, lorsque je retournai le revoir à la clinique Saint-Pierre d’Ottignies/LLN », car je tenais à l’apaiser, on ne sait jamais, moi dont la réputation de globe-trotter n’est plus un vain mot. Et d’ajouter – mais en fait comme ça toujours fait de ses prédictions me concernant - « Tu es ministrable », avant de me confier qu’un jour ou l’autre jour « je serai président du Congo/Kinshasa » !!! Mais c’était évidemment pour rire. Car, je n’ai aucune chance de gouverner ce pays, ni aucune ambition de me mêler de la politique politicienne ; scientifique je tiens à le rester et à le demeurer jusqu’à la fin de mes jours.

Chers PAPOU et TATU je vous aime tous les deux à la hauteur de ce que chacun de vous m’a apporté dans ma vie et mon existence. Que les cieux vous accueillent avec amour et dignité.

 

 

Antoine-Dover Richard Gary OSONGO-LUKADI

Chercheur habilité de philosophie

Membre de la SPEP/APA (Association des Philosophes Américains)

Directeur-Administrateur kilimandjero.blogs.dhnet.be

« Ahora Siempre Adol’che »

 

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