Que puis-je dire ? On ne devrait plus jamais voir la cruauté que j’ai vue. J’ai essayé de lutter contre les hommes mais après je les ai suppliés encore et encore de la laisser”, a confié le jeune homme de 28 ans.

Alors qu’ils revenaient du cinéma et venaient de se faire éconduire par plusieurs rickshaws, les deux jeunes sont montés à bord d’un autobus habituellement destiné au ramassage scolaire mais qui était occupé par un groupe d’hommes ayant pris le véhicule pour une “virée nocturne” dans la capitale fédérale.

Une fois à l’intérieur, lui a été agressé tandis que sa petite amie, âgée de 23 ans, a été violée à plusieurs reprises, y compris par le chauffeur, agressée sexuellement avec une barre de fer rouillée. L’étudiante en kinésithérapie a ensuite été jetée hors du véhicule avec son ami, également battu.

Elle est décédée samedi à Singapour, où elle avait été transférée, souffrant d’importantes lésions à l’intestin et au cerveau.

La nature particulièrement ignoble de cette attaque a fait exploser la colère jusque-là contenue en Inde contre les agressions et viols commis en toute impunité dans ce pays.

Le chauffeur de bus complice

 

Demandant à conserver l’anonymat, son petit ami, qui souffre notamment d’une fracture de la jambe, a aussi raconté comment personne n’est venu leur porter secours après qu’ils eurent été jetés de l’autobus, au terme d’un calvaire de près d’une heure.

Un passant nous a trouvés après l’attaque mais il n’a pas même donné sa veste à mon amie”, dont les vêtements avaient été arrachés. “On a attendu que la police vienne nous sauver”, a dit cet employé d’une entreprise informatique.

“Je n’avais pas confiance en montant dans le bus mais mon amie était en retard, alors on est montés. Ce fut ma plus grosse erreur et après ça, tout a dérapé”. Le chauffeur a commencé à faire des remarques obscènes et ses comparses se sont joints à lui pour railler le couple. Il a raconté avoir ensuite demandé au chauffeur d’arrêter l’autobus mais ses complices avaient verrouillé les deux portes.

Ils m’ont battu avec un court bâton et ont traîné mon amie jusqu’à un siège près de la cabine du chauffeur”. Après cela, “le chauffeur et les autres hommes ont violé mon amie et l’ont battue de la pire façon sur les parties les plus intimes de son corps”.

“Je ne peux pas vous dire ce que je ressens lorsque j’y pense. Je tremble de douleur”. Selon lui, la police venue leur porter secours a emmené son amie dans un hôpital public, mais les forces de l’ordre n’ont pas bien pris en compte ses propres blessures ni son traumatisme psychologique.

Le jeune homme a aussi déclaré qu’il n’était “pas satisfait du traitement fourni à la victime par les médecins” de l’hôpital Safdarjung, un établissement d’Etat. “J’ai demandé à la police de la transférer dans un hôpital privé; la propreté, l’hygiène de cet endroit ne semblaient pas satisfaisantes”, a-t-il dit.

“Je ne suis pas médecin, mais je peux dire qu’il y a eu beaucoup de retard. Elle et moi n’avons pas été soignés à temps”, a affirmé le jeune homme.

Son amie est morte le 29 décembre dans un hôpital de Singapour après avoir lutté treize jours pour survivre aux terribles blessures qui lui avaient été infligées.