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11/01/2013

CENTRAFIQUE : BOZIZE POURCHASSE PAR OUBANGUI PERSPECTIVES

Chers amis,

Je me dois de vous transmettre cette déclaration de mes deux camarades centraficains qui se battent contre Bozizé. Lisez-là et vous comprendrez de vous-mêmes pourquoi le courage et l'intégrité de ces deux camarades, tous français et avocats (donc hors de tout besoin matériel, financier) peuvent être un modèle de nostalgie. Pas au sens d'un passé perdu, mais d'une reconquête futurible pour une nation à refaire.

Bien à vous

Le Prince

Prof./Hdr./Dr.Antoine-Dover Richard Gary OSONGO-LUKADI

-Chercheur habilité de philosophie

-Membre de la SPEP/APA (Association des Philosophes Américains)

-Directeur-Administrateur kilimandjero.blogs.dhnet.be

« Ahora Siempre Adol’che »

-antoinedoverrichardol@hotmail.fr

 


OUBANGUI PERSPECTIVES

 

La crise actuelle qui secoue la République Centrafricaine est la conséquence logique de l’incurie depuis longtemps établie du Régime bozizéen qui aujourd’hui aux abois, tente de faire diversion, en s’en prenant tantôt aux intérêts français, tantôt aux américains tour à tour accusés fort opportunément de manipuler les rebelles ou de ne pas soutenir le gouvernement centrafricain – si tant est qu’il s’agisse réellement d’un gouvernement – face aux « méchants et épouvantables rebelles, ces fils indignes de la nation.

 

Voilà déjà bientôt 10 ans que cette équipe de prébendiers écume l’espace centrafricain, pillant, saccageant, rackettant, enlevant, emprisonnant, torturant

 

En effet, la liste des maux dont ces filles et fils indignes accablent notre pays désormais exsangue, du fait de leurs menées irresponsables et assassines est interminable :

 

-         Un Etat embryonnaire et moribond,

 

-         Un pays mis en coupe réglée par des faux dirigeants avides de pouvoir et d’argent souillés du sang et des souffrances des Centrafricaines et des Centrafricains

 

-         Une économie exsangue qui se caractérise en plus par l’exclusion de la quasi-totalité des domaines d’activité essentiels des seuls nationaux réduits au rôle de figurants

 

-         Corruption généralisée, pillage systématique des deniers publics et autres ressources du pays (un Ministre a acquis il y a peu 2 limousines avec lesquelles il se promène sans vergogne sur des routes défoncées, narguant ostensiblement des populations réduites au silence et à une indicible misère)

 

-         Tribalisme, clientélisme, incompétence de ceux qui sont censés avoir la responsabilité de la destinée du pays (ces chers excellences et autres très honorables et honorables – en Centrafrique tout est dans le titre -)

 

-         Disparitions inexpliquées, arrestations et emprisonnements arbitraires, insécurité récurrente

 

-         Difficultés à assurer le pain quotidien, délabrement de toutes les infrastructures, scolaires, universitaires, sanitaires, routières (effondrement de tous les ponts dans Bangui rendant dangereuses et compliquées la communication entre les quartiers)

 

-         Coupures incessantes d’électricité, absence d’eau potable, etc.

 

Comment s’étonner que des centrafricains courageux aient pris les armes pour en finir avec des gens sans foi ni loi, qui ne veulent entendre raison.

 

Y avait-il un autre moyen, face à un homme qui bafoue ostensiblement les principes démocratiques et dont on sait que, ces jours-ci, après des élections truquées dont il s’obstine à ne pas revenir sur les résultats, il ourdissait avec ses hommes de mains, malgré ses récentes dénégations, un complot contre les institutions, notamment la constitution qu’il voulait modifier pour pouvoir se présenter une troisième fois aux élections présidentielles, pour le plus grand malheur de la République Centrafricaine. ?

 

Cette crise donne aux Centrafricains une occasion unique de se concerter aux fins de bâtir une véritable nation, à condition d’impulser un projet présentant un certain nombre de lignes de force :

 

-         Bilan des 52 années d’indépendance, donc des différents régimes qui se sont succédés à la tête de notre pays:

 

-         La consolidation de l’unité nationale ayant pour socle la langue nationale, le SANGO, appelée à jouer un rôle majeur. Il est temps pour nous de renouer résolument avec le sentiment commun d’appartenance nationale qui, en raison de pratiques politiques criminelles, s’est considérablement érodé mais qui, malgré les coups portés depuis de nombreuses années par des citoyens partisans d’un clanisme acharné, reste bien vivace

 

-         La construction d’une véritable démocratie où la liberté d’expression assure au peuple un pouvoir politique réel lui permettant, de manière transparente, de peser sur la gestion des affaires nationales (élections présidentielles et législatives) et locales (élections municipales)

 

-         La restructuration des institutions politiques et du système administratif afin de leur donner un contour et un contenu plus clairs et de leur conférer plus d’efficience

 

-         La promotion d’une société qui crée les conditions pour chacun de s'émanciper par son travail mais également une société où personne ne sera abandonnée à son triste sort du fait du hasard des naissances ou des accidents et autres contingences malheureuses de la vie

 

-         L’édification d’une telle économie ne peut devenir possible que si elle procède d’une claire conscience de nos besoins particuliers nécessitant des réponses adaptées. La satisfaction de tels besoins suppose la mise en valeur de ressources propres sans lesquelles l’indépendance nationale demeurerait une chimère.

 

-         Une politique sociale s'appuyant également sur des secteurs publics forts dans les domaines traditionnellement dévolus à la puissance publique : restauration et restructuration des services publics d'éducation, de santé, d'exploitation routière (désenclavement intérieur et extérieur pour faciliter la circulation des personnes et des biens).

 

C’est l’occasion pour la République Centrafricaine de sortir de l’abîme dans lequel il depuis trop longtemps.

 

OUBANGUI PERSPECTIVES appelle à un dialogue national sans exclusif.et à la constitution d’un gouvernement d’union national.

 

Ce gouvernement devra être conduit par un Premier Ministre issu d’une discussion entre toutes les organisations représentatives de la société centrafricaine.

 

Nous profitons de cette occasion pour dénoncer avec force la disparition d’ADOUM  SALE qui aux dernières nouvelles auraient été enlevé le 25 décembre en début de soirée par des membres des « bérets verts », c’est-à-dire de la Garde présidentielle.

 

 

Cet enlèvement s’ajoute à la longue liste des disparitions nocturnes perpétrées par les hommes de BOZIZE qui en a fait, on le sait une pratique politique systématique.

 

Nous demandons aux forces vives de la nation qui seront présentes aux négociations de LIBREVILLE d’exiger que BOZIZE et son équipe apportent des éclaircissements sur toutes ces disparitions et qu’ils libèrent immédiatement tous ceux qui en ont été victimes.

 

Il est impératif que ces libérations, au même titre que tous les accords jusqu’à présent foulés au pied par BOZIZE fassent partie des conditions incontournables de la poursuite de ces pourparlers et du dialogue national qui devra nécessairement suivre

 

1l est impératif d’exiger la fin des arrestations arbitraires et autres éliminations dont le régime en place est coutumier.

 

Il est important que tous ceux qui ont connaissance de ces pratiques et de personnes qui en seraient les victimes de les dénoncer en se manifestant auprès d’organisations susceptibles de participer au dialogue national.

 

EXIGEAONS LA CONSTITUTION IMMEDIATE D’UN CONSEIL DE SURVEILLANCE DES CENTRES PRIVATIFS DE LIBERTE

 

L’action des rebelles doit permettre à notre pays de créer les conditions de l’avènement d’un « printemps » centrafricain.

 

C’est pourquoi, le meilleur service que la France et les Etats-Unis peuvent rendre à la République Centrafricaine est de se montrer insensible aux larmes de crocodile de BOZIZE et de ne surtout pas voler à son secours.

 

Il est important en revanche qu’ils volent au secours du peuple centrafricain, en se montrant intraitable avec BOZIZE qui, en l’état actuel de déliquescence de son pouvoir n’aura d’autre choix que la soumission à des discussions en vue de la formation d’un gouvernement d’union, sous la conduite d’un premier Ministre choisi par l’opposition.

 

« TEL EST PRIS QUI CROYAIT PRENDRE ».

 

Que les Centrafricains ne s’y méprennent pas !

Le pays n’aura pas une autre occasion comme celle-ci, propice à l’émergence de conditions qui leur permettraient de réorienter positivement la vie de leur pays.

Il est surréaliste de voir BOZIZE jouer les vertueux en déclarant :

 

« Nous demandons à nos cousins français et aux Etats Unis d'Amérique qui sont des grandes puissances, de nous aider à faire reculer les rebelles à leur base initiale de façon à permettre la tenue du dialogue à Libreville pour résoudre la crise actuelle,


Il n'est pas question de les laisser tuer les Centrafricains, de les laisser détruire les maisons, piller les biens et nous demander le couteau sous la gorge d'aller à ce dialogue a ajouté le président. 

C'est un complot contre la République Centrafricaine, c'est un complot contre son peuple. (...) Tous les autres chefs d'Etat centrafricains ont connu cela : Boganda a été assassiné pour cela, Bokassa a été ramené au pays menottes aux poignets, Kolingba, Patassé ont connu cette situation, et aujourd'hui c'est au tour de Bozizé d'être menacé a-t-il martelé, faisant référence à des anciens présidents » (Centrafrique Presse).

 

BOZIZE donne l’impression de découvrir :

 

qu’il ne faut pas détruire, il n’a fait que cela depuis sa prise de pouvoir ;

 

qu’il ne faut pas piller, alors qu’avec les siens, ses enfants, sœurs, frères neveux, cousins et autres proches, il a méthodiquement mis le pays en coupe réglée ;

 

qu’il faut dialoguer dans la paix, sans « couteau sous la gorge », alors qu’il a allègrement piétiné tous les accords issus des différents dialogues qui ont émaillés son régime qui a érigé la violence et de la brutalité, entre autres, des méthodes de gouvernement ;

 

qu’il n’est pas bon de comploter, alors que la subversion a été la source de son pouvoir et demeure la source essentielle de son comportement à la tête du pays ;

 

que le sous-sol centrafricain regorge de richesse alors que

 

que tous ses prédécesseurs auraient tous été victimes de complot, notamment PATASSE, alors que celui-ci a précisément été victime d’un complot ourdi par BOZIZE lui-même qui n’a pas hésité à manger la main qui l’a nourri.

 

Nous réaffirmons notre opposition à toute prise du pouvoir par les armes.

 

Toutefois, il convient de reconnaître que SELEKA est la résultante d’une situation créée par le régime en place, dans la même veine, mais en pire que tous ceux qui l’ont précédé.

 

Au lieu de nous contenter de « faire la fine bouche » au regard de la crise militaro-politique grave que connaît notre pays, nous devons nous en saisir pour poser les bases d’un système tourné réellement vers la création de conditions d’une vie meilleure pour les Centrafricaines et les Centrafricains.

 

Sans dire que la rébellion constitue la voie idéale du changement, saisissons l’occasion même imparfaite que SELEKA nous offre pour pouvoir avancer ; mais prenons garde de donner à François BOZIZE une chance de se retourner et de reprendre ses esprits.

 

Donnons-nous aujourd’hui, sans tarder, les moyens de ne pas regretter d’avoir laisser passer uns telle opportunité.

 

Souvenons-nous à chaque instant que l’opposition démocratique qui se bat, il faut le reconnaître depuis de nombreuses années comme elle peut, n’a pu obtenir du régime actuel qu’indifférence et irrespect.

 

Prenons garde à ses esprits, bien-pensants et bonnes âmes, qui, convaincus d’être l’alpha et l’oméga des sciences politiques et confortablement installés dans leur canapé en cuir, seraient tentés de jeter un regard dédaigneux sur des Centrafricains qui n’ont certainement pas eu d’autre choix que de prendre les armes pour parvenir se rendre audibles.

 

Exigeons l’ouverture immédiate d’un dialogue avec une représentation exhaustive de toute la société civile centrafricaine.

 

Nous appelons en conséquence les Centrafricaines et Centrafricains à la vigilance et à la fermeté face aux manœuvres dilatoires déployées par ce régime honni dont les exactions ne sont plus à démontrer.

 

Le Secrétaire Général                                                                                      Le Président

 

 

 

 

Edouard BOMANHGAYEN                                                              Ignace OUNDA-MEYBI

bomanra@hotmail.fr                                                                           iom.avocat@orange.fr                                                                                                                         

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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