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23/02/2013

CONGO/KINSHASA : LES "VOYAGEUSES" EN COLERE CONTRE LE PREMIER MINISTRE UNE AFFAIRE A DORMIR DEBOUT!

VERBATIM :

"« Si le Premier ministre considère que les femmes sont violées à cause des pagnes, alors quelle éducation allons-nous donner à nos enfants », s’interrogent les « lésées ».

M.M.
Kinshasa, 22/02/2013 (Forum des As/MCN, via mediacongo.net)


8 mars : Contrariées par une circulaire du gouvernement leur interdisant de voyager, des femmes saisissent Kabila pour se rendre à New York


S’estimant lésées par l’interdiction qui pèsent sur elles de se rendre à New-York dans le cadre des festivités du 8 mars, des femmes congolaises ne décolèrent pas. Ces Congolaises ont écrit au chef de l’Etat congolais, en date du 04 février dernier, pour se plaindre de leur sort et espérer obtenir réparation.

Dans leur argumentation, ces Congolaises évoquent l’article 69 de la Constitution qui stipule que : « Le Président de la République est le chef de l’Etat. Il représente la nation et il est le symbole de l’unité nationale. Il veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions ainsi que la continuité de l’Etat. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la souveraineté nationale et du respect des traités et accords internationaux. »

Ces femmes invitent même le chef de l’Etat, Joseph Kabila, à instruire ses services d’analyser la circulaire jugée inconstitutionnelle du Premier ministre qui, à leurs yeux, confond manifestement ses prérogatives avec celles du chef de l’Etat qui est une institution. « Qui confond le Gouvernement qui est sa sphère de compétence, avec son cabinet qui lui est rattaché personnellement. Il confond le pouvoir judiciaire avec le pouvoir exécutif. Il confond accréditation et représentation. Bref, confond tout. Sinon, il n’aurait pas décidé que la ministre du Genre représente les femmes de la RDC. Lesquelles ? Magistrats, parlementaires, fonctionnaires, entrepreneurs, avocates, médecins, architectes, commerçantes, etc. ? », peut-on lire dans la lettre portant la signature de Mme Ange Boboto.

Sans s’arrêter en si bon chemin, les femmes lésées se demandent comment, pendant que le Congo a beaucoup de problèmes, le Premier ministre concentre toutes ses forces pour s’assurer que les femmes congolaises n’iront pas à New York. « Jusqu’à envoyer des lettres partout, même aux Nations unies, allant jusqu’à vérifier les noms sur toutes les listes ». Ce qui pousse ces Congolaises à expliquer que Beijing, ce n’est pas pour les Gouvernements, c’est la lutte des femmes pour leurs conditions. « Si le Premier ministre considère que les femmes sont violées à cause des pagnes, alors quelle éducation allons-nous donner à nos enfants », s’interrogent les « lésées ».

Pour ces Congolaises, la ministre du Genre représente les femmes du Gouvernement et pas de la RDC. Et l’accréditation relève des Affaires étrangères, domaine de collaboration avec le président de la République, l’Institution. Pour elles, la liberté de circulation et d’association est garantie par la Constitution. « Si les USA, pays d’accueil, ont accepté d’accorder 350 visas aux Congolaises pour assurer leur représentation dans les instances des Nations unies, c’est parce qu’ils sont convaincu qu’elles n’y sont pas assez représentées. Nous ne voyons pas en quoi cela empêcherait un Premier ministre de dormir. Si le tourisme et contacts commerciaux sont permis, en marge de travaux, par les organisateurs, en quoi cela perturberait la mise en œuvre du programme du Gouvernement congolais ? »

Ainsi, pour les femmes « lésées », le Premier ministre ferait mieux de se préoccuper des retombées sociales du cadrage macro-économique, de la maîtrise de l’inflation à Kinshasa et dans l’arrière-pays.

  



M.M.
Kinshasa, 22/02/2013 (Forum des As/MCN, via mediacongo.net)

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