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23/02/2013

CONGO/KINSHASA/ONU : ACCORD CADRE CONSEQUENCE DE MANQUE D'UNE SOLUTION MILITAIRE SUR LE TERRAIN

VERBATIM :

"Considéré comme le dernier des « Clinton » encore actif dans l’administration Obama, Johnnie Carson mettrait les bouchées doubles afin de mettre en œuvre le plan de balkanisation de la RDC avant de rendre le tablier. Donné officiellement pour expédier les affaires courantes, l’homme a bousculé les Nations unies, l’Union africaine et les autres organisations sous régionales (SADC, CIRGL) de sorte que l’accord-cadre soit signé le 24 février 2013, autrement dit, avant son départ du Département d’Etat américain. "


Accord-cadre de l’ONU : anguille sous roche
(Le Potentiel 21/02/2013)


Le gouvernement s’engage, sans avoir obtenu au préalable l’aval du peuple congolais, encore moins celui du Parlement présentement en vacances, à aller le dimanche 24 février à Addis-Abeba, pour la signature de l’accord-cadre de paix pour la stabilité de la RDC. Or, ce texte ficelé par l’Onu sous la supervision des USA, réserve bien des surprises. Les vrais coupables ne sont pas nommés. Pire, le Rwanda et l’Ouganda font partie de la structure chargée du suivi et de la mise en œuvre dudit accord. Il y a anguille sous roche.

Tout a été concocté pour que le dimanche 24 février, il soit procédé à la signature, à Addis-Abeba, de l’accord-cadre négocié par les Nations unies pour la stabilité de la RDC. Cela après la tentative ratée de la capitale éthiopienne, de ramener de l’ordre dans les rangs de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Plus rien ne devait bloquer la signature de cet accord, présenté comme celui de dernière chance pour une nouvelle ère de paix et de stabilité dans la partie Est de la RDC.

Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, fera le déplacement du siège de l’Union africaine pour apporter la caution de la communauté internationale à cet accord-cadre. Si les espoirs sont permis, pour les uns, des doutes persistent pour les autres sur, non seulement la portée réelle de cet accord, mais surtout sur sa capacité à baliser la voie pour une stabilité effective de la partie Est de la RDC.

Dans les couloirs de certaines chancelleries, des moutures de cet accord circulent déjà. Mais, c’est à New York au cours d’une réunion prévue ce vendredi que les Nations unies devaient se mettre d’accord sur la version finale à proposer ce dimanche 24 février à la sanction des chefs d’Etat conviés à Addis-Abeba. Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC et patron de la Monusco, Roger Meece, a fait le déplacement depuis le mercredi 20 février du siège des Nations unies à New York pour participer à ces derniers réglages. Bien avant son déplacement, il est allé dire au revoir au Premier ministre, Matata Ponyo Mapon. Là n’est pas le problème.

Ce qui préoccupe le plus, c’est plutôt le contenu de cet accord qui renvoie à une vieille rhétorique : des engagements envers la RDC, la SADC et la communauté internationale.



Les motivations d’un accord

Globalement, les Nations unies notent que la paix et la stabilité règnent dans la majeure partie de la RDC ; que le gouvernement est crédité de la volonté de progresser avec l’appui de ses partenaires, dans la voie des réformes économiques et de la décentralisation. Cependant, relève l’ONU, l’Est de la RDC continue de souffrir de conflits et violences à cause des groupes armés nationaux et étrangers.

Selon les Nations unies et l’Union africaine, la présente crise congolaise a permis de mieux cerner les causes des conflits armés. Aussi proposent-elles la synergie des efforts de la communauté internationale, des pays voisins de la RDC ainsi que des Etats membres de la SADC et principalement de la RDC en vue de mettre fin aux cycles de guerres et de violences dans l’Est de la RDC.

Les Etats signataires doivent s'engager à ne pas soutenir, financer ni abriter les groupes armés responsables de l'instabilité qui règne dans l'Est de la RDC. L’accord-cadre de paix de l’ONU soumet la RDC à un certain nombre d’engagements, notamment : poursuivre la réforme du secteur de la sécurité, consolider l’autorité de l’Etat dans la partie Est, développer l’économie, les infrastructures de base et les services sociaux de base, accélérer la politique de décentralisation, élaborer un agenda de réconciliation et de démocratisation.

Quant aux pays de la CIRGL et ceux de la SADC, ils sont appelés à collaborer pleinement dans la mise en œuvre de cet accord-cadre en empêchant de servir de base arrière et d’assistance à toute action de déstabilisation de la RDC. Pour y veiller, des mécanismes de contrôle plus contraignants et supervisés par l'ONU seront mis en place dans chacun des pays signataires.



Anguille sous roche

Ce qui est surprenant dans cet accord c’est qu’il n’est fait nulle part mention de l’implication avérée (deux rapports du groupe d’experts des Nations unies l’attestent) du Rwanda et de l’Ouganda dans l’insécurité récurrente déplorée dans l’Est de la RD Congo. Par contre, le texte récompense les deux voisins agresseurs de la RDC en les intégrant dans la structure chargée du suivi et de la mise en œuvre de cet accord-cadre. Ce mécanisme, dit « 1+3 », inclut le Rwanda, la RDC, l’Ouganda + l’ONU. Mission : appuyer les efforts régionaux entrepris par l’UA, la CIRGL et la SADC, avec l’accompagnement des partenaires extérieurs tels que l’Union européenne, la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et la Belgique.

Que dire de pareil accord-cadre taillé sur mesure ? D’abord, il fait la part belle aux agresseurs de la RDC et à leur filleul de M23. Ensuite, il s’exécute selon les directives données par le sous-secrétaire d’Etat américain chargé de l’Afrique, M. Johnnie Carson. Nous avons encore en mémoire sa dernière déclaration du haut de la chaire de Brookings Institution : « Nous sommes parvenus à une telle solution pour mettre un terme au conflit dans l’ex-Yougoslavie par le biais des Accords de Dayton. Nous avons réussi à mettre un terme à la plus longue guerre civile qu’ait connue l’Afrique, le conflit au Soudan, grâce à l’Accord de paix global négocié par les États membres de l’EGAD et appuyé par les États-Unis, la Norvège et la Grande-Bretagne. Il faut maintenant un nouvel effort international dynamique au service de la RDC ».

Considéré comme le dernier des « Clinton » encore actif dans l’administration Obama, Johnnie Carson mettrait les bouchées doubles afin de mettre en œuvre le plan de balkanisation de la RDC avant de rendre le tablier. Donné officiellement pour expédier les affaires courantes, l’homme a bousculé les Nations unies, l’Union africaine et les autres organisations sous régionales (SADC, CIRGL) de sorte que l’accord-cadre soit signé le 24 février 2013, autrement dit, avant son départ du Département d’Etat américain.

Quid ? Il y a des similitudes entre cet accord-cadre que l’on pourrait appeler Accord d’Addis-Abeba, avec lesAccords de Daytonqui ont conduit à l’éclatement de la Yougoslavie. C’estnotamment le flou qui est entretenu sur le statut du M23 ; tantôt il est classé comme force négative au même titre que les FDLR, tantôt il est le statut d’interlocuteur du gouvernement (cf. les pourparlers de Kampala).

Question : au cas où la force spéciale d’intervention pourrait être déployée, que se passerait-il sur le terrain ? Le M23 occupe une portion du territoire national qu’il administre déjà comme un Etat. Sera-t-il délogé ? Ou bien il bénéficiera de traitements dont seuls les concepteurs de l’accord-cadre ont le secret ?

Voilà ce que Johnnie Carson appelle « un nouvel effort international dynamique au service de la RDC ». C’est trop beau pour être vrai. A moins que l’on soit naïf au point de prendre ses vessies pour des lanternes.



Kinshasa tombe dans le piège de Carson

Puisque le mécanisme de surveillance de l’accord-cadre sera piloté par le tandem Kigali-Kampala, Kinshasa n’y verra que du feu. Raison pour laquelle, des analystes avisés indiquent que le gouvernement est sur le point de tomber dans le piège de Johnnie Carson. Ceux-ci reprochent à Kinshasa de s’être engagé sans chercher à obtenir au préalable l’aval du peuple par le truchement de ses représentants au Parlement. Le gouvernement choisit d’aller à Addis-Abeba au moment où les élus du peuple sont en vacances parlementaires.

Or, le fameux Accord-cadre de paix d’Addis-Abeba, comme bien d’autres signés antérieurement, ne joue nullement en faveur de la RDC. Tout est panifié pour affaiblir davantage la RDC en vue de la livrer en pâture sur l’autel de la balkanisation. Comme ce fut le cas en Yougoslavie et, tout récemment, au Soudan.


Publié le jeudi 21 février 2013 06:32
Écrit par Le Potentiel

 

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Accord-cadre pour la pacification de l’Est du pays : l’Opposition préoccupée
(Le Potentiel 22/02/2013)



Dans la crainte d’une démarche internationale sous-tendant la balkanisation du pays, les acteurs de l’Opposition politique regroupés au sein des Forces acquises au changement invitent toutes les forces politiques et sociales ainsi que la diaspora à demeurer vigilantes aux termes et à l’exécution de l’accord-cadre pour la pacification de l’Est de la RDC.

Les acteurs de l’Opposition politique sont préoccupés par la signature, le dimanche 24 février à Addis-Abeba en Ethiopie, de l’accord-cadre pour la pacification de l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans une déclaration faite à la presse hier jeudi 21 février à Kinshasa, les acteurs de l’Opposition regroupés au sein des Forces acquises au changement, sous la modération de Jean-Pierre Lisanga Bonganga, ont invité toutes les forces politiques et sociales ainsi que la diaspora à demeurer vigilantes aux termes et à l’exécution de cet accord-cadre.

Craignant une démarche internationale obscure sous-tendant la balkanisation du pays, les FAC ont dénoncé d’avance et rejeté tout accord qui tendrait «inexorablement » à la balkanisation du pays.

Pour rappel, la signature de cet accord, annoncée une première fois, pour fin janvier, avait été officiellement reportée pour des raisons de procédure. Onze pays africains le signeront et le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a prévu de faire lui-même le déplacement pour cette cérémonie.

L’accord tel qu’il est prévu déplait aux acteurs de l’Opposition, du fait qu’il n’insiste pas sur la démocratie chez les voisins de l’Est de la RDC.

Pourtant, il stipule, entre autres obligations pour la RDC, de procéder à une démocratisation et à une réconciliation. Pour le pays voisins, tel le Rwanda, l’interdiction de soutenir des groupes armés.

En première heure de ce face-à-face avec la presse, les FAC ont fait état d’un acte d’accusation qu’elles entendent porter au niveau de la Cour suprême de justice contre le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta Yango. Il est reproché au gouverneur Kimbuta d’avoir empêché « illégalement » la marche du 16 février en commémoration de la répression sanglante de la manifestation pacifique des chrétiens en 1992.

Dans une démarche qu’elles ont qualifiée de « citoyenne », les FAC entendaient déposer à l’issue de la marche pacifique, un mémorandum à l’attention du président de la République. La manifestation, selon le modérateur des FAC, aurait été une opportunité pour cette plate-forme politique, de dire non à la balkanisation de la RDC et d’exiger la tenue d’un dialogue national franc et inclusif.

Les manifestants rassemblés le samedi 16 février 2013 sur l’avenue de la Victoire, à la devanture de l’Eglise Saint Joseph du quartier Matonge de Kinshasa pour le départ de la marche ont été dispersés par les éléments de la Police nationale congolaise déployés sur les lieux au motif que l’autorisation n’a pas été accordé par l’hôtel de ville.
Écrit par Pitshou Mulumba

 

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