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28/02/2013

UNE VIE SANS ESPOIR EST UNE VIE SANS VIE

VERBATIM

"Avec recule, je me dis au fond de moi-même que Monsieur le prêtre avait pleinement raison. Le désespoir n’est pas à mettre en avant aussi longtemps que l’on est encore en vie. Parce qu’une vie sans espoir est une vie sans vie. Je ne parle pas de cultiver un espoir béant. Parce qu’un espoir béant reste un espoir vain et inutile. Il ne s’agit pas non plus d’un espoir excessif. Parce que tout ce qui est excessif est inutile et ridicule. Mais, il s’agit, en revanche, d’un espoir mesuré, réaliste, qualifiable et quantifiable, joignable. Et, pour ce faire, il n’y a pas de meilleure manière que de se mettre au travail, c’est-à-dire créer, produire, et inventer."


UNE VIE SANS ESPOIR EST UNE VIE SANS VIE

Oui, c’est le cas de le dire ! Désillusionné, le suis-je ? Sans doute. Si, je prenais néanmoins également en compte la confidence d’un jeune prêtre sur la précarité sociale, économique, humaine ; bref religieuse. Ce jeune prêtre me parle, entre autres, de la pauvreté des sœurs religieuses. Celles qui éprouvent des grosses difficultés tant pour s’habiller, se nourrir, se soigner que même pour pouvoir assurer l’essentiel de leur féminité. Conséquence, elles sont obligées de mendier voire carrément de se prostituer ! Le prêtre me dit sa grosse peine. Il ne comprend pas pourquoi et comment les choses peuvent aller ainsi ! Face à mon incrédulité, il assure que l’église n’est pas exempte de la désolation actuelle, qu’il y en avait aussi, affirme-t-il, des corrompus et des corrupteurs ; que si l’on n’y faisait guère attention, c’était aussi la chute de l’« empire du milieu » ! Il dénonce l’intrusion de la politique dans l’église désormais divisée entre les pro-pouvoir et les anti-pouvoir. Climat délétère qui est, selon lui, à l’origine des inimitiés chroniques entre les gens de l’église catholique. Il confirme, pourtant, que la mission première de l’église catholique n’est pas la recherche du pouvoir, de l’honneur, du privilège matériel ou financier, mais au contraire l’homme. Il m’avoue, au passage, qu’il y a même dans certaines paroisses où l’on ne mange plus qu’une seule fois par jour ! Vous mentez-, m’exclamai-je au point de l’offenser ! Mais non prof., répliquât-il, je ne vous dis que la vraie vérité. Car, les paroisses proches du pouvoir, poursuit-il, ont plus de facilité économique et financière que celles taxées ou considérées à tort ou à travers comme ennemis par le pouvoir …

On peut désespérer si telle est l’image actuelle de l’église catholique congolaise, répliquai-je ? Je ne serai pas de votre avis prof. Parce que je n’emploierai pas le mot désespoir. Les hommes de Dieu n’ont pas pour objectif premier la propension du désespoir. Ils sont là pour apporter de l’espoir à celles et ceux qui n’en ont pas. Ils n’ont pour seule arme que la prière, et il est de leur devoir de continuer à prier pour le peuple et le pays. D’ailleurs, je vous invite, me demanda-t-il séance tenante, à une courte prière pour aider notre pays à retrouver la quiétude et le dynamisme qui lui manquent ! Prier seulement comme ça, manifestai-je ? Bien sûr prof, me rétorqua-t-il, une courte prière ne fait de mal à personne, voyons ! Après une bonne dizaine de minutes de concentration et de méditation tantôt sur le peuple de ce pays-là, tantôt sur la démission du Pape Benoît XVI et sa future vie, nous reprîmes notre état « normal » pour vaquer chacun à nos occupations quotidiennes.

Avec recule, je me dis au fond de moi-même que Monsieur le prêtre avait pleinement raison. Le désespoir n’est pas à mettre en avant aussi longtemps que l’on est encore en vie. Parce qu’une vie sans espoir est une vie sans vie. Je ne parle pas de cultiver un espoir béant. Parce qu’un espoir béant reste un espoir vain et inutile. Il ne s’agit pas non plus d’un espoir excessif. Parce que tout ce qui est excessif est inutile et ridicule. Mais, il s’agit, en revanche, d’un espoir mesuré, réaliste, qualifiable et quantifiable, joignable. Et, pour ce faire, il n’y a pas de meilleure manière que de se mettre au travail, c’est-à-dire créer, produire, et inventer.

(CE PAYS-LA, le 28 février 2013)

 

Le Prince

Prof./Hdr./Dr.Antoine-Dover Richard Gary OSONGO-LUKADI

-Chercheur habilité de philosophie du CRHIA de l’Université de Poitiers (France)

-Docteur en philosophie et lettres de l’ISP de l’Université Catholique de Louvain (UCL) (Belgique)

-Membre de la SPEP/APA (Association des Philosophes Américains),

de l’Association Canadienne de Philosophie (ACP)

-Professeur de philosophie, d’éthique et de déontologie professionnelle, et de la

méthodologie de la recherche à l’ISP/Gombe de Kinshasa (RDC)

-Directeur-Administrateur/kilimandjero.blogs.dhnet.be (www.dh.be/rubriqueblogs)

-antoinedoverrichardol@hotmail.fr

-osongo_lukadi@yahoo.fr

« Ahora Siempre Adol’che »

 

 

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