Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

02/03/2013

BELGIQUE: QUAND M. Ph. MOUREAUX FAIT DU POPULISME JE N'AIME PAS A. DESTEXHE MAIS IL BIEN SÛR QU'IL FAUT INTERDIRE CE PARTI CHEZ NOUS EN BELGIQUE CATHOLIQUE

LA QUESTION :

"Faut-il, comme l'a soutenu cette semaine Alain Destexhe (MR), interdire le parti Islam?

Il veut effectivement l'interdire, alors qu'il n'a jamais demandé l'interdiction du Belang qui, évidemment, est proche de ses opinions... On est dans une période très inquiétante: on veut de plus en plus restreindre les libertés. Or, ce n'est pas en coupant la parole à ceux qu'on n'aime pas qu'on va réussir à les combattre. Il existe une tendance à profiter de ce qui a l'étiquette "Islam". Cela fait partie de la croisade anti-musulmane d'Alain Destexhe de mettre en avant ces mouvements très minoritaires." Cfr. Lalibre.be


Moureaux: "Schepmans n'a que mépris pour les personnes d'origine étrangère"

@JonasLegge

Mis en ligne le 02/03/2013

"Je suis contre la politique lénifiante que certains partis pratiquent aujourd'hui. Je laisse ça au cdH."

Evincé de son fauteuil de bourgmestre de Molenbeek aux dernières élections communales, Philippe Moureaux n'est finalement "plus que" sénateur. Pourtant, il reste l'une des personnalités en vue du Parti socialiste. En tant qu'Invité du samedi de LaLibre.be, ce Bruxellois volontiers flingueur réagit à la non-nomination des bourgmestres de la périphérie, à la demande d'interdire le parti Islam, aux attaques PS-MR et il donne son avis sur les élections de 2014. Il se montre également très critique à l'égard du cdH, de la N-VA, de Françoise Schepmans (MR) et se dit peu optimiste pour l'avenir du pays...

La direction de Caterpillar Belgium a annoncé jeudi la suppression de 1.400 emplois à Gosselies. De leur côté, les syndicats dénoncent une nouvelle restructuration dans une multinationale bénéficiaire. En tant que socialiste, quel est votre point de vue?

Nous sommes devant une série de catastrophes sociales qui sont liées à l'évolution du monde et à cette folie de la recherche de toujours plus d'argent pour les riches. Tant qu'on ne cassera pas cette logique et tant que l'on restera avec des petits médicaments doucereux, on ne pourra pas enrayer cette évolution. La solution doit venir de l'Europe. Et comme l'Europe est majoritairement aux mains de la droite, je suis assez pessimiste pour le moyen terme.

N'est-ce pas une décision compréhensible dans une si mauvaise conjoncture pour l'industrie?

Elle l'est dans la logique du profit absolu. Mais ce n'est pas ma logique. Donc, moralement, elle est incompréhensible.

Comment réagissez-vous à la non-nomination des bourgmestres de la périphérie bruxelloise?

C'est scandaleux. Cela correspond à l'espèce de campagne électorale que la N-VA est en train de mener sur plusieurs thèmes: le flamingantisme avec cette décision de Geert Bourgeois, la xénophobie au CPAS d'Anvers,...

Certains reprochent au PS de ne pas se soucier de cette problématique des bourgmestres non-nommés! La région est trop peu rentable sur le plan électoral?

Absolument pas. Mais évidemment un parti comme le PS est plus alerté par la perte d'emplois de 1400 personnes que par le problème des bourgmestres de la périphérie. Cependant, ce n'est pas pour ça que nous sommes indifférents. Nous nous sommes d'ailleurs battus pour mettre en place un dispositif qui donne une chance de donner tort à M. Bourgeois.

Quel bilan tirez-vous des premiers mois de Françoise Schepmans (MR) au maïorat de Molenbeek?

Il est un peu tôt pour tirer un bilan. Mais les premières informations que j'ai sont assez inquiétantes sur le plan social. Il semblerait qu'on bloque les nominations, y compris de gens à la maison de repos, au CPAS,... Je pense qu'on va entrer dans une période très difficile dans cette commune que j'aime beaucoup.

Dans une interview à LaLibre, début février, Françoise Schepmans a affirmé vouloir "valoriser l’image de Molenbeek. Avant d’occuper ce poste, je ne me rendais pas compte qu’elle était si mauvaise". Cela vous surprend de sa part?

A l'époque où elle était première échevine, elle n'était "pas très active", pour rester poli. Donc elle découvre des choses que tout le monde connaissait.

Vous vous sentez visé par ces propos qui ciblent la mauvaise image à l'époque où vous étiez bourgmestre?

Molenbeek a peut-être pâti d'une campagne d'abord orchestrée par la droite flamande puis reprise par la droite francophone, et qui me visait parce que j'ai des positions trop à gauche et trop ouvertes pour les personnes d'origine étrangère. Maintenant qu'il y a quelqu'un de droite très affirmée, au sens social proche de zéro, et qui n'a que mépris pour les personnes d'origine étrangère, peut-être que l'image sera meilleure dans la bonne bourgeoisie.

Faut-il, comme l'a soutenu cette semaine Alain Destexhe (MR), interdire le parti Islam?

Il veut effectivement l'interdire, alors qu'il n'a jamais demandé l'interdiction du Belang qui, évidemment, est proche de ses opinions... On est dans une période très inquiétante: on veut de plus en plus restreindre les libertés. Or, ce n'est pas en coupant la parole à ceux qu'on n'aime pas qu'on va réussir à les combattre. Il existe une tendance à profiter de ce qui a l'étiquette "Islam". Cela fait partie de la croisade anti-musulmane d'Alain Destexhe de mettre en avant ces mouvements très minoritaires.

Mais ne craignez-vous pas que ce genre de partis minoritaires connaissent une influence grandissante dans des communes comme Molenbeek ou Anderlecht notamment?

Ils pourraient grandir un tout petit peu. Mais une grande partie de la population, à condition qu'on cesse de l'injurier jour après jour, continuera à voter pour des partis raisonnables et démocratiques.

Benoit Cerexhe (cdH) s'est vanté de ses neuf ans au ministère de l'Emploi à la Région bruxelloise. Certains politiciens ont répliqué que le taux de chômage n'a pourtant cessé d'augmenter ! Quel bilan tirez-vous de son passage à l'Emploi?

Je ne souhaite pas me baser uniquement sur les statistiques car il faut avoir une vision plus globale. Mais le bilan de M. Cerexhe est assez mince, tout comme le bilan du cdH en matière d'emplois se résume à beaucoup de déclarations mais à peu d'actes.

Quels sont les principaux enjeux des élections de 2014?

Tout d'abord, est-ce que la Belgique pourra survivre à ces élections? Ensuite, va-t-on entrer dans une politique toujours plus cruelle pour les gens qui vivent de leur travail ou qui l'ont perdu?

Vous craignez que la Belgique soit ingouvernable au lendemain des élections?

Soit qu'elle soit ingouvernable, soit que les résultats conduisent à des compromis dévastateurs pour une grande partie de la population. Et ce n'est pas vraiment la faute à un parti en particulier. Voter pour des partis seulement populistes, c'est montrer une forme de déliquescence de la démocratie, où les plus riches tentent de monopoliser les moyens.

Quelles sont vos ambitions personnelles pour les mois et années à venir?

Continuer à écrire. Depuis que j'ai quitté le maïorat de Molenbeek, je me consacre beaucoup à l'écriture, à la lecture et à la réflexion politique. Je ne serai plus candidat aux élections. Je n'ai plus d'ambitions de ce genre. Mais j'ai l'ambition de peser, même modestement, par la réflexion et la pensée.

Didier Reynders est depuis peu à la tête de la Régionale bruxelloise du MR. Sa cote de popularité grimpe et ses ambitions sont claires: "faire du MR le premier parti de la Région". Le PS peut-il contrer une telle personnalité?

Si on travaille bien, avec Laurette Onkelinx, on a un dirigeant de qualité, d'intelligence. On peut donc tout à fait contrer cette évolution. Même si, dans le climat actuel, la situation pour la gauche démocratique n'est pas facile du tout.

D'après notre Baromètre politique, Rudy Vervoort, qui dirigeait la Fédération PS bruxelloise, ne pointe qu'à la 50e place des personnalités en vue à Bruxelles. Cela ne vous inquiète pas?

Laissez-lui le temps de se faire connaitre. Il n'était pas aux premières loges jusqu'il y a quelques temps. C'est un homme qui a des capacités qui vont tout doucement être reconnues par l'opinion publique.

Paul Magnette a vivement critiqué le MR, dont certains membres n'ont pas tardé à réagir. Comprenez-vous ces sorties de votre président de parti?

Oui, il a simplement marqué de façon un peu plus nette et plus dure la différence entre deux visions de société. Il faut être clair. J'avais d'ailleurs un point d'accord avec Jean Gol: les partis ont trop tendance à s'affadir, à faire croire qu'ils sont quasi les mêmes alors qu'il vaut mieux montrer les différences. Je suis donc contre la politique lénifiante que certains pratiquent aujourd'hui. Je laisse ça au cdH qui fait toujours semblant d'être de tous les côtés à la fois sans être jamais nulle part.

Finalement, l'alliance PS-MR dure depuis 1999 et semble fonctionner ! Ces attaques ne sont-elles donc pas destinées à se renforcer mutuellement?

Le PS et le MR sont les deux choix les plus marqués dans la vie politique belge. Les Ecolo, qui constituaient un parti de gauche assez pointu, se sont fort affadis et sont devenus un parti de centre, si pas de centre droit. Quant au cdH, il se trouve au milieu de l'échiquier politique avec cet espoir, non pas de peser sur les décisions, mais de se rendre indispensable dans les majorités pour obtenir quelques postes ministériels.

Selon vous, la N-VA va-t-elle continuer son travail de sapes, en misant sur la critique à tout-va, jusqu'en 2014?

Bien sûr. Mais en critiquant, en prenant des positions excessives qui frisent la xénophobie et le flamingantisme le plus pointu, ils se font entendre. Et, de la sorte, ils essayent de récupérer toutes les voix du Vlaams Belang ainsi qu'une partie des voix du CD&V et d'être, à ce moment-là, incontournables.

Les quatre autres grands partis flamands vont-ils pouvoir contrer cette hégémonie?

Ils auraient pu mais ça devient difficile. Il ne faut surtout pas courir derrière ce parti mais s'y opposer fermement. Ce n'est pas toujours le cas...

 

Les commentaires sont fermés.