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12/03/2013

MALI : JE SUIS TRES D'ACCORD AVEC TARIQ RAMADAN SUR LA CRISE AU NORD MALI: La faute au laxisme des Africains

VERBATIM :

"Pour lui, une chose, est de ne pas être naïf par rapport aux stratégies, mais une autre est de ne pas laisser les choses pourrir. A l’en croire, il appartient maintenant à la conscience africaine, à son élite comme à ces citoyens ordinaires, de prendre des positions beaucoup plus claires, d’avoir le courage de dire ce qu’elle pense et de ne pas se «laisser aller célébrer une intervention d’un ancien colonialiste, de l’ancien paternalisme. Vous n’êtes pas capables de le faire, vous les Africains, on va le faire pour vous.Soyez beaucoup plus critique avec votre histoire, par rapport à vos responsabilités».


Ibrahima DIALLO

© Copyright Sud Quotidien


TARIQ RAMADAN SUR LA CRISE AU NORD MALI: La faute au laxisme des Africains
(Sud Quotidien 12/03/2013)



Le premier responsable de ce qui se passe au Nord Mali, c’est depuis très longtemps un certain nombre de positions très laxistes et qui ne sont pas du tout clair provenant d’intellectuels, des gouvernements.

C’est conviction du professeur Tariq Ramadan par rapport à la crise malienne qui s’exprimait lors d’une conférence à l’UCAD II dans le cadre de la septième édition du Colloque international des musulmans de l’espace francophone (CIMEF) prévu en août à Dakar.

Membre du Comité Scientifique Permanent du CIMEF, il a affirmé qu’on aurait dû prendre des dispositions bien avant. «Il y a trois ans se tenait le Colloque international des musulmans de l’espace francophone au Mali. Et j’avais interpellé directement, le président malien de l’époque Amadou Toumani Touré (ATT). Ma position elle est celle-ci: en aucun moment il ne faut minimiser la portée d’un certain nombre de groupes et de groupuscules qui ne sont pas simplement littéralistes.

Car s’ils étaient littéralistes on les respecterait. On peut être littéraliste pour soi, personne n’a le droit de juger du littéralisme pour quelqu’un. Quelqu’un qui lit le Coran et qui est très littéraliste tant qu’il l’est pour lui-même, il n’y a pas de problème. Mais quand on finit et qu’on veut imposer par la violence, par l’application de l’Islam qui est quelque chose de totalement en opposition avec nos principes islamiques et la vision de l’Islam, alors là, il faut se lever».

Pour Tariq Ramadan, il faut dire à ces littéralistes «avec force, ce que vous faites n’est pas l’Islam, ce n’est pas dans l’Islam, c’est anti islamique, contre notre religion basée sur la justice, la dignité», car l’Islam n’est pas basé sur le «jugement et la punition. Ça c’est notre position de principe. Je pense qu’en Afrique, ça c’est votre responsabilité, vous avez en tant que citoyen, et les politiques, les intellectuels, ont aussi la nécessité de le faire, de prendre des positions très claires sur cette situation là: je ne minimise pas ceci, mais je ne suis pas naïf non plus».

Par rapport à l’intervention étrangère au Nord Mali, notamment française, le conférencier ne mâche pas ses mots. «J’ai critiqué les interventions étrangères, celle de la France pas sur le fait qu’il faut laisser faire ces groupes-là, mais sur le fait qu’il y a des intérêts géostratégiques et économiques. Cette position doit être extrêmement claire. Ne soyez pas naïf avec l’histoire, les géostratégies, ayez un regard critique en prenant une position clair par rapport à ces groupes».

Pour lui, une chose, est de ne pas être naïf par rapport aux stratégies, mais une autre est de ne pas laisser les choses pourrir. A l’en croire, il appartient maintenant à la conscience africaine, à son élite comme à ces citoyens ordinaires, de prendre des positions beaucoup plus claires, d’avoir le courage de dire ce qu’elle pense et de ne pas se «laisser aller célébrer une intervention d’un ancien colonialiste, de l’ancien paternalisme. Vous n’êtes pas capables de le faire, vous les Africains, on va le faire pour vous.

Soyez beaucoup plus critique avec votre histoire, par rapport à vos responsabilités».


Ibrahima DIALLO


 

 

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