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12/03/2013

MONDE ET DIPLOMATIE : LE JEU TROUBLE DE JOHN KERRY !!!

MORCEAU CHOISI :

"Au plan symbolique, l’Arabie saoudite et le Qatar ont fait attribuer à la Coalition nationale syrienne le siège de la Syrie à la Ligue arabe. En outre, à leur demande, la Ligue a autorisé ses membres à armer les « rebelles syriens ». Il est impossible que certains membres de la Ligue aient voté ces décisions sans s’être assurés au préalable du feu vert de M. Kerry.""En droit international, le fait de revendiquer ou d’approuver l’envoi unilatéral d’armes à des groupes rebelles, en dehors d’une résolution du Conseil de sécurité, constitue un crime. Si la Syrie déposait une plainte devant la Cour international de Justice, elle obtiendrait à coup sûr une condamnation de l’Arabie saoudite, du Qatar, des États-Unis, de la Ligue arabe et de quelques autres en vertu de la jurisprudence « Nicaragua contre USA » (1984)."

 

par Thierry Meyssan

 


Le jeu trouble de John Kerry

par Thierry Meyssan

Alors que l’armée arabe syrienne vient de perdre Rakka, laissant de facto une partie du Nord du pays sous contrôle turc, les États-Unis multiplient les signaux contradictoires. Ont-ils choisi de poursuivre la guerre par procuration ou se placent-ils en position d’imposer à leurs alliés l’accord de paix qu’ils ont négocié avec les Russes ?

 

 

John Kerry et son homologue saoudien, l’ultra-réactionnaire prince Al-Faiçal.

La mise en œuvre du plan de paix pour la Syrie, négocié entre Russes et États-uniens, piétine. Il y a d’abord eu le retard dans la confirmation de la nouvelle équipe de sécurité US par le Sénat. Puis, les déclarations contradictoires, pour ne pas dire incohérentes, du nouveau secrétaire d’État, John Kerry.

Quoi qu’il en soit, deux éléments nouveaux peuvent être établis.

 L’activisme de l’Arabie saoudite et du Qatar s’est renforcé avec l’accord apparent du département d’État.

Lors d’une conférence de presse commune avec son homologue saoudien, John Kerry a d’abord répété par deux fois son attachement à une « solution pacifique  » en Syrie. Mais deux minutes plus tard, il a approuvé l’envoi par l’Arabie saoudite d’armes à l’opposition syrienne « modérée  ». M. Kerry a réitéré ses contradictions lors de son passage au Qatar.

Au plan symbolique, l’Arabie saoudite et le Qatar ont fait attribuer à la Coalition nationale syrienne le siège de la Syrie à la Ligue arabe. En outre, à leur demande, la Ligue a autorisé ses membres à armer les « rebelles syriens ». Il est impossible que certains membres de la Ligue aient voté ces décisions sans s’être assurés au préalable du feu vert de M. Kerry.

En droit international, le fait de revendiquer ou d’approuver l’envoi unilatéral d’armes à des groupes rebelles, en dehors d’une résolution du Conseil de sécurité, constitue un crime. Si la Syrie déposait une plainte devant la Cour international de Justice, elle obtiendrait à coup sûr une condamnation de l’Arabie saoudite, du Qatar, des États-Unis, de la Ligue arabe et de quelques autres en vertu de la jurisprudence « Nicaragua contre USA » (1984).

L’initiative de la Ligue arabe prive de toute crédibilité le représentant spécial de son secrétaire général, Lakhdar Brahimi. Le vieux diplomate ne peut plus espérer jouer au médiateur puisqu’il représente de facto une partie au conflit, la Coalition nationale syrienne, même si celle-ci n’occupe pas encore le siège qui lui a été attribué.

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