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28/03/2013

SYRIE : LA STRATEGIE INDIRECTE DU HEZBOLLAH LIBANAIS DANS LES COMBATS EN SYRIE

VERBATIM DES VERBATIM :

« Le Hezbollah continue à voir les événements du point de vue de son rôle central dans la confrontation avec Israël. Il n’explique pas toujours l’objectif ultime de cette lutte, mais le parti se comporte comme si celle-ci s’inscrivait dans une campagne à long terme visant à en finir avec Israël, une bataille qui nécessite beaucoup de préparation. Alors que la majorité des peuples arabes et musulmans ne seraient pas dérangés par l’élimination d’Israël, seule une minorité est prête à mener ce combat jusqu’au bout. (...)"

lundi 25 mars 2013, par Alain Gresh dans lemonde-diplomatique.fr


Pourquoi le Hezbollah participe-t-il aux combats en Syrie ?

lundi 25 mars 2013, par Alain Gresh

Le Hezbollah reconnaît qu’un certain nombre de ses combattants sont présents en Syrie. Il explique pourquoi et dans quelles limites.

Ibrahim al-Amine, le rédacteur en chef d’Al-Akhbar, un quotidien qui a toujours appuyé « le camp de la résistance » à Israël et aux Etats-Unis, vient de publier un important article, « Hezbollah’s Role in Syria » (22 mars). Bien introduit auprès des dirigeants du Hezbollah, Al-Amine offre un éclairage intéressant sur leur vision de l’évolution de la situation dans la région et sur les conséquences qu’ils en tirent. Il confirme la participation d’un certain nombre de combattants de l’organisation aux affrontements en Syrie.

« Quels sont les fondements idéologiques, politiques et opérationnels de la position du Hezbollah ? », s’interroge Al-Amine.

« Le Hezbollah continue à voir les événements du point de vue de son rôle central dans la confrontation avec Israël. Il n’explique pas toujours l’objectif ultime de cette lutte, mais le parti se comporte comme si celle-ci s’inscrivait dans une campagne à long terme visant à en finir avec Israël, une bataille qui nécessite beaucoup de préparation. Alors que la majorité des peuples arabes et musulmans ne seraient pas dérangés par l’élimination d’Israël, seule une minorité est prête à mener ce combat jusqu’au bout. (...)

Personne n’aurait pu, au début de la crise, imaginer que le Hezbollah prenne position contre le régime syrien. Si le parti connaît les causes internes de la crise, il n’approuve pas pour autant les batailles qui se déroulent dans ce pays. Sa vision plus large [l’auteur parle de sa vision de l’affrontement avec Israël] l’empêche d’adopter une posture neutre, d’autant qu’il a en Syrie davantage de sympathisants que la plupart des groupes impliqués dans les combats. » L’auteur fait ici allusion aux liens avec les diverses minorités, sur lesquels nous reviendrons plus bas.

(...) « Pour le Hezbollah, tout simplement, la guerre en Syrie vise à faire basculer ce pays, politiquement et stratégiquement, dans une position d’opposition à son existence même [celle du Hezbollah]. C’est pourquoi il voit le régime actuel dirigé par Bachar Al-Assad comme une ligne de défense avancée pour le mouvement de la résistance au Liban et en Palestine. C’est la raison pour laquelle le parti est au cœur de la crise. »

L’auteur donne ensuite des éléments concrets sur la participation du Hezbollah aux combats en Syrie.

— « Le Hezbollah, entraîne, arme et fournit un soutien logistique aux habitants des villages frontaliers libanais.

— Le Hezbollah a pris la relève de la protection du sanctuaire de Sayida Zeinab au sud de Damas [le tombeau de Zeinab, la fille de l’imam Ali], remplaçant les gardes irakiens ; des membres du parti y sont déployés en vertu d’un plan qui limite leur responsabilité à la proximité immédiate du sanctuaire.

— Le Hezbollah a reçu des délégations d’un nombre considérable de mouvements druzes, chrétiens, chiites et ismaéliens, qui pensent que leurs communautés minoritaires sont sérieusement menacées. Il n’a pas répondu à leur demande de formation militaire et d’armement, mais « leur a donné les moyens d’empêcher leur déplacement ». [Cette allégation n’est pas plus précise.]

— Le Hezbollah, qui a des liens militaires et de sécurité avec le régime, aide les forces syriennes à protéger des académies scientifiques et des usines de missiles construites au cours de la dernière décennie, en grande partie avec l’aide de l’Iran.

— Le Hezbollah gère un important programme, peut-être le plus conséquent, pour aider les réfugiés syriens au Liban et en Syrie même. Il ne s’agit pas de « rembourser » les Syriens qui avaient accueilli des réfugiés du Liban en 2006. Ce programme est conduit en toute discrétion, avec la conviction que les réfugiés et les personnes déplacées ont droit à toute l’aide humanitaire possible, indépendamment de leurs opinions politiques. »

Cet article a été publié à la veille de la démission du premier ministre libanais Najib Mikati. Cet épisode confirme que le Liban (pas plus que l’Irak d’ailleurs) ne pourra rester longtemps à l’abri des affrontements qui se poursuivent en Syrie. Cette démission marque peut-être, comme l’écrit Al-Amine dans un autre article, la fin de la « dissociation », de la séparation des dossiers libanais et syrien (« Mikati’s Resignation : The End of Dissociation », 23 mars).

Conférence débat

Eric Rouleau, mémoires vives d’un journaliste diplomate

Le jeudi 11 avril à l’Institut du monde arabe, dans la salle du Haut conseil, à 18 heures 30.

Journaliste, écrivain, et diplomate français, Eric Rouleau, né en 1926 le 1er juillet en Egypte, est l’un des témoins dynamiques de la scène diplomatique du Proche-Orient et du Maghreb. Il en interviewa les principaux acteurs : Hassan Al-Banna, Nasser, Yasser Arafat, Kadhafi. il est nommé ambassadeur de France en Tunisie de 1985 à 1986, poste qui lui permit de consolider les contacts franco-palestiniens. Il sera ensuite nommé, de 1988 à 1991, ambassadeur en Turquie. Éric Rouleau est membre du comité de parrainage du Tribunal Russel sur la Palestine. Outre ses papiers éclairants dans le journal Le Monde, il est l’une des grandes plumes du mensuel Le Monde diplomatique.

Son dernier livre, Dans les coulisses du Proche-Orient – Mémoires d’un journaliste diplomate, paru aux éditions Fayard, nous livre un vécu, un témoignage et les clefs de lecture d’une histoire rythmée d’espoir et de ruptures.

Avec :

Leila Shahid, de 1994 à novembre 2005 déléguée générale de l’Autorité palestinienne en France ; depuis, elle occupe ce poste auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg ;

Alain Gresh ;

Yves-Aubin de La Mussezière, diplomate français, expert des pays arabes ;

Denis Bauchard, ancien diplomate et spécialiste du Moyen-Orient. Il est également l’auteur de Le nouveau monde arabe : enjeux et instabilités paru en 2012 aux éditions André Versailles.

Séance animée par : Christophe Ayad, grand reporter au journal Le Monde.

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36 commentaires sur « Pourquoi le Hezbollah participe-t-il aux combats en Syrie ? »

  • permalien Goubs :
    25 mars @17h46   »

    Ce quotidien libanais n’est qu’une officine iranienne. Le Hezbollah en soutenant le régime d’Assad qui n’a jamais été une menace pour Israël, joue le jeu des stratèges de Tel Aviv et de la maison blanche, on divisant profondément les musulmans de la région et raviver les rivalités sunnites-chiites et arabes-perses. Il n’y a qu’a voir ce qui c’est passé en 2008, lorsque le Hezbollah à braqué la rue sunnite après l’affaire de l’aéroport de Beyrouth. Avant la cause palestinienne, la cause Islamique, le Hezbollah défend prioritairement sa communauté et surtout les stratèges de Téhéran !

  • permalien Caligula :
    25 mars @18h03   « »

    C’est ce qui s’appèle avoir la tête entre le marteau et l’enclume. Juste une question : le fait l’UE mette en place une flotte au large de Chyppre - afin d’éviter la fuite de capitaux ! - peut-il mettre en suspent l’approvisionement du Liban, et donc du Hezbollah ?

    Sinon, je me suis laissé dire (plutôt lire) que des combattants anti-Assad se réfugiaient au Liban. Est-ce qu’il n’y a pas un risque pour le Hezbollah, de diviser ses forces ; en même temps, il n’ont pas trop le choix.

    Sur Al-Akhbar, il y a aussi un article sur le Nord Liban, daté du 13/3 :

    Drawing a New Map of North Lebanon, Syrian Fighters Included

    Bon, toujours pas de lien possible...

  • permalien RABM :
    25 mars @18h20   « »

    @ Goubs,le hezbollah a remporté une victoire décisive en 2000 en évincant israel au liban sud ;donc,la formation libanaise chiite proiranienne est bien loin d etre un allié de l entité....

  • permalien Laurent Szyster :
    25 mars @18h21   « »

    Alain Gresh cite l’interview donnée par un dirigeant du Hezbollah à un journaliste du Hezbollah pour "expliquer" l’intervention de la milice dans la guerre civile en syrie.

    In extenso et sans autre commentaire qu’une très vague considération géo-politique, on appelle cela "relayer".

    En l’occurence de la propagande, celle du Hezbollah.

    Le parti de Dieu pose en défenseur des minorités confessionnelles de Syrie pour la galerie, sa motivation est clairement exprimée ailleurs :

    Pour le Hezbollah, tout simplement, la guerre en Syrie vise à faire basculer ce pays, politiquement et stratégiquement, dans une position d’opposition à son existence même [celle du Hezbollah].

    Ce qui veut dire simplement que sans le soutient iranien qui passait par la Syrie le Hezbollah risque de disparaître en tant que force militaire dans la région.

    Les Fous de Dieu se retrouvent aujourd’hui bien seuls face à Israël, avec une capacité de réapprovisionnement en munitions significativement réduite ... et un front saignant en Syrie.

    Faut-il s’en réjouir ?

    Oui.

  • permalien RABM :
    25 mars @18h28   « »

    il y a un sioniste sur les blogs du "monde diplomatique"....

  • permalien RABM :
    25 mars @18h35   « »

    que deviennent les collabos d israel de "l armée du liban sud" ?

  • permalien Laurent Szyster :
    25 mars @19h07   « »

    il y a un sioniste sur les blogs du "monde diplomatique"....

    Ils sont partout !

  • permalien Yasmina :
    25 mars @20h26   « »

    @Laurent Sy.

    Faut-il s’en réjouir ?

    Oui.

    méfiez vous de l’exces de confiance

  • permalien Shiv7 :
    25 mars @20h37   « »

    L.S :

    Ce qui veut dire simplement que sans le soutient iranien qui passait par la Syrie le Hezbollah risque de disparaître en tant que force militaire dans la région.

    Ils sont partout ! (Les sionistes)

    Aussi en Syrie ?

  • permalien Mourad :
    25 mars @21h40   « »

    Qu’il y ait des combattants du Hezbollah en Syrie est tout à fait normal compte tenu de la situation. Je vois pas comment il pourrait en être autrement, la Syrie ayant toujours soutenu la résistance arabe. D’autant que le Liban a été impliqué dans ce conflit par les rebelles dès les premières heures de la révolte (point d’approvisionnement et défouloir communautaire pour fanatiques en quête de sens). Comment rester neutre dans un tel contexte ? Pourquoi rester neutre alors que la Syrie est détruite à petit feu par le nouveau colonialisme ? Le Hezbollah a le devoir d’éviter ou du moins de limiter la contagion du conflit syrien au Liban. Aujourd’hui, il est en posture défensive face au déferlement sectaire qui s’abat sur la région, comme il l’était hier face aux assauts barbares de Tsahal. Les visages changent mais c’est le même ennemi.

    La question est plutôt : Que foutent des combattants tchètchènes, saoudiens, afghans, tunisiens, francais et belges en Syrie (en violation des conventions internationales) ? Si le principe de souveraineté était respecté par les uns, les autres seraient sûrement resté dans leur Liban !

    C’est peut-être l’occasion de se souvenir du regard que portait sur la Syrie feu Chavez, un véritable révolutionnaire. Mort trop jeune sans doute, on en voit si peu en ces temps d’imposture ! Pour le Commendante, il n’y a qu’une Syrie, libre et souveraine. L’homme du bon sens et de la lucidité : "Comment ne pas soutenir le gouvernement de Bachar al-Assad puisque c’est le gouvernement légitime de la Syrie. Qui soutenir ? Les terroristes, ceux qui veulent un conseil de transition, ceux qui tuent les gens de tous côtés ?" HC

  • permalien Mourad :
    25 mars @21h42   « »

    Qu’il repose en paix,
    Adios Commendante !

  • permalien RABM :
    26 mars @01h55   « »

    pou rappel,le corps d hugo chavez a ete embaumé,comme celui de lénine en 1924.

  • permalien Thomas Trib :
    26 mars @02h45   « »
    Bref rappel sur l’allié syrien

    Un bref rappel historique, voilà l’allié pour lequel le Hezbollah s’implique :

    A partir de 1985, le père de Bachar el-Assad n’avait pas hésité à livrer bataille -non seulement aux réfugiés palestiniens du Liban- mais également au Hezbollah. C’est la guerre des camps qui va s’étaler 2 ans et culminera le 24 février 1987 :
    Les soldats de Damas investissent alors la caserne du Hezbollah à Beyrouth et assassinent 27 de ses membres... Une manifestation réunira des dizaines de milliers en mémoire des victimes de la caserne de Fathallah.

    En 1993, le Hezbollah défile contre les accords d’Oslo. Damas demande à l’armée libanaise de réprimer la manifestation dans le sang : 14 morts...

    Avec des amis comme ça...

  • permalien RABM :
    26 mars @09h56   « »

    le hezbollah libanais joue sa survie dans la guerre civile syrienne ;l entité sioniste aussi,car la résistance chiite de la formation du pays du cèdre serait capable d infliger de lourdes pertes à l etat raciste d israel si le régime syrien se maintenait.

  • permalien RABM :
    26 mars @10h47   « »

    en 2016,pékin sera la première économie mondiale,et les etats unis et leurs valets auront quitté l afghanistan,l asie centrale et les iles tchagos ;donc,israel veut gagner du temps pour parer à une alliance russosinoiranosyrienne qui jouerait en sa défaveur.

  • permalien RABM :
    26 mars @10h51   « »

    de plus,les articles du diplo le prouvent,l arabie saoudite regarde vers la chine,et d autre part l indonésie,premier pays musulman du monde,ne va pas cautionner la colonisation de la cisjordanie en maintenant eternellement des liens militaires avec les u.s.a,principaux alliés de l entité terroristo-sioniste.l épopée des kibboutzim n aura ete qu une parenthèse de l histoire.

  • permalien RABM :
    26 mars @10h54   « »

    et pour les colons sionistes,ce sera "la valise ou le cercueil" ;désolé,mais c est comme ca,on ne peut plus tolérer le colonialisme,matrice du racisme,il y a de la place aux states pour les "settlers"israéliens".

  • permalien Shanaa :
    26 mars @16h15   « »

    Les arabes et les musulmans ont oublié l’intérêt commun au profit du nationalisme. Ils en payent les conséquences. Espérons des leçons pour l’avenir.

  • permalien Protométèque :
    26 mars @16h31   « »

    Je comprends les motivations « stratégiques » du Hezb’ dans son intervention aux côtés du régime syrien, mais ne suis pas sûr qu’il fasse le bon calcul. Eviter à tout prix la chute de son allié, qui soit dit en passant, n’a pas fait grand-chose contre l’ennemi commun depuis la guerre de 1973 et c’est un euphémisme, revient pour lui à éviter que ne soit asséché la source de son armement, soit. Parce que le Parti fait le pari qu’un pouvoir hostile prendrait nécessairement la place de l’actuel en cas de victoire des opposants. Mais rien n’était moins sûr avant qu’il n’intervienne. Certes, l’opposition s’est considérablement confessionnalisée, faisant d’ailleurs le jeu du pouvoir qui instrumentalise les peurs des minorités. Mais la bourgeoisie syrienne, qui demain sera toujours en place et sera toujours influente, n’est guère confessionnelle. Si les Frères, foncièrement conservateurs d’un point de vue économique, veulent prendre leur place au soleil demain, ils devront s’entendre avec cette bourgeoisie et ils devront faire avec l’élite économique chrétienne, à Alep par exemple. S’ils sont pour la plupart partis à Beyrouth, il est peu probable qu’ils abandonnent demain leurs biens, d’ailleurs s’ils n’habitent plus qui à Alep qui à Damas ils continuent de gérer leurs affaires à distance, tant bien que mal. Mais une Syrie débarrassée des Assad, ce qui n’est pas gagné, se souviendra dans quel camp s’est battu le Hezb’ et alors il est possible que l’excellente popularité dont il jouissait en Syrie ne se transforme en hostilité.

    De plus, il fait aussi le jeu du confessionnalisme. Si on lit la liste des interventions du Parti en Syrie, on constate qu’il se porte surtout au secours des populations chiites (les villages frontaliers) ou des symboles chiites (le tombeau de Sayida Zainab). C’est, de mon point de vue, d’ailleurs le principal défaut de ce parti, il est et reste un parti confessionnel et réactionnaire. De plus, s’il a fait l’apprentissage du parlementarisme à la libanaise, il n’est pas foncièrement libéral (d’un point de vue politique). Le Parti pour les chiites, les Frères pour les sunnites, les Phalanges pour les chrétiens, voilà une perspective peu réjouissante. Ah, j’allais oublier : les Sionistes pour les juifs. Chacun son petit ghetto, chacun son petit pré-carré, chacun ses prébendes et le peuple aux ordres.

  • permalien Shanaa :
    26 mars @17h27   « »

    Ptolemeque : "Le Parti pour les chiites, les Frères pour les sunnites, les Phalanges pour les chrétiens, voilà une perspective peu réjouissante. Ah, j’allais oublier : les Sionistes pour les juifs. Chacun son petit ghetto, chacun son petit pré-carré, chacun ses prébendes et le peuple aux ordres."

    C’est probablement pour cela que le divisionnisme a été réactivé ! On a le précédent irakien, soudanais, libyen. Balkaniser, affaiblir, créer des entités ethniques, religieuses. Affaiblir c’est déjà fait !

  • permalien Thomas Trib :
    26 mars @22h14   « »
    Le Liban ce fut aussi chrétiens contre chrétiens et chiites contre chiites

    Le commentaire de protométèque est plein de sagesse, je me permets juste un bémol :

    On aime bien en France réduire le conflit libanais à un choc de religion, mais on oublie tout de même :

    - Les affrontements "intra-communautaires" qui sont purement politiques : Le massacre de la famille Frangié par d’autres chrétiens ou l’opposition sanglante entre Amal et le Hezbollah (aujourd’hui alliés). Les sunnites du Tanzim qui ont tué d’autres sunnites, palestiniens ceux-là.
    - Les changements d’alliance innombrables, avant et après la guerre civile : avec ou contre les Palestiniens, les Syriens ou le changement de coalition des Druzes du PSP.

    Si le caractère identitaire pèse de tout son poids, de nombreux affrontements relèvent de calculs, ce qui traduit une certaine sophistication dans ces oppositions multiples.

  • permalien Protométèque :
    27 mars @11h06   « »

    @ Shanaa :

    Je crois qu’on peux dire que le morcellement remonte maintenant à un siècle et qu’il ne s’est jamais démenti depuis. Sykes et Picot sont toujours d’actualité, si j’ose dire. Force est aussi de reconnaître que le nationalisme arabe n’a pas réussi à supplanter les nationalismes arabes. Or ce programme d’affaiblissement trouve dans les élites locales de très volontaires facilitateurs. L’éphémère république arabe unie entre Syrie et Egypte a échoué sans qu’il fût besoin d’intervenir de l’extérieur. Les élites syriennes n’ont jamais supporté l’ascendant de l’Egypte dans ce projet et s’en sont échappés dès que possible. Et rien dans le comportement du Hezbollah ne permet de penser qu’il aurait un projet alternatif. Outre qu’il est clairement un parti nationaliste libanais, adhérant au "projet maronite" de séparation d’avec la Syrie (en dépit de son alliance avec les Assad, alliance stratégique dans le cadre de sa résistance à Israël), il participe à la division communautaire à l’intérieur du Liban, en dépit de son alliance avec le Courant patriotique libre d’Aoun.

  • permalien Protométèque :
    27 mars @11h10   « »

    @ Thomas Trib :

    Je tiens à préciser que quand je parle de confessionnalisme, je parle d’organisation politique et non de religion. Je rejoins en ce sens Amin Maalouf lorsqu’il reproche à ses concitoyens de concevoir le fait religieux en réflexe clanique.

  • permalien Boun :
    27 mars @12h06   « »

    @RABM :

    Israël serait un état raciste, et le Hezbollah qui combat et assassine les sunnites et une partie des chrétiens, serait quoi ?

  • permalien homère :
    27 mars @12h45   « »

    au moins le hezbollah ne s en prend pas -ou plus-aux interets francais,comme les "signataires par le sang" de mokhtar belmokhtar que personne ne dénonce-cette crapule n est pas morte et est à l abri des frappes de l alliance atlantique qui préfère cautionner une autre formation raciste,l uck,qui s en prend aux lieux de cultes serbes orthodoxes au kosovo.

  • permalien Shanaa :
    27 mars @12h56   « »

    Protométéque : "Sykes et Picot sont toujours d’actualité, si j’ose dire."

    Vous pouvez le dire ! Ce sont ces accords coloniaux, arbitraires, qui sont à l’origines des impasses et du pourrissement actuel. Pourrissement qui permet le retour des mêmes acteurs coloniaux déguisés en démocrates volant au secours des peuples opprimés ! Ces prétextes pour imploser la région ont probablement un lien avec l’idée délirante du grand-moyen-orient des non moins délirants néocons. On peut aussi se demander quel est l’intérêt de la France, de l’Angleterre à vouloir armer des "rebelles" alors que le précédent lybien est un fiasco qui a débouché sur le conflit malien !

  • permalien homère :
    27 mars @12h59   « »

    les armes que les anciennes puissances coloniales du moyen orient fourniront aux djihadistes syriens tomberont elles entre les mains des terroristes nord caucasiens ou de ceux de mokhtar belmokhtar ?

  • permalien homère :
    27 mars @16h19   « »

    en tous les cas,les"signataires par le sang" sont bien partis pour commettre des méfaits pendant une bonne décennie-avant de prendre le pouvoir ?

  • permalien Shanaa :
    27 mars @20h57   « »

    La guerre en Syrie est contre le peuple syrien otage de nombreuses puissances antagonistes. Le patrimoine culturel syrien a subit aussi des destructions importantes importantes :

    (sites classés patrimoine culturel)
    Ancienne ville d’Alep (1986)
    Ancienne ville de Bosra (1980)
    Ancienne ville de Damas (1979)
    Crac des Chevaliers et Qal’at Salah El-Din (2006)
    Site de Palmyre (1980)
    Villages antiques du Nord de la Syrie (2011)

  • permalien Paul :
    28 mars @00h18   « »

    Quel délire a pris ce mec qui décrit Al Akhbar comme une "officine iranienne" ? C’est un journal de gauche libanais qui a à peu près le même ton critique que le Monde diplomatique. Sans doute l’un des seuls journaux à informer de façon critique et objective sur le conflit.

  • permalien SAKHRA :
    28 mars @00h52   « »

    Le Hezbollah et les enjeux libanais et régionaux de la guerre contre la Syrie

    http://mounadil.wordpress.com/2013/...

  • permalien SAKHRA :
    28 mars @01h13   « »

    Un remake de Suez

    Pourquoi ce rappel de la guerre de Suez ? Parce que l’agression contre la Syrie nous y ramène, presque point par point. Les attitudes de Hague et de Fabius sont en tous points similaires à celles de leurs prédécesseurs. Les similitudes sont telles que l’on croit voir un remake d’un vieux film en noir et blanc. Comment ne pas penser au Shimon Peres de 1956 en voyant celui d’aujourd’hui faire un petit tour en Europe et, dès le lendemain, entendre les loups hurler pour rameuter toute la meute pour la curée ? Comment aussi ne pas être troublé de constater que le pays le plus hargneux d’hier est le même que celui d’aujourd’hui ? Les deux preux chevaliers en première ligne, le troisième larron avançant masqué, Moscou toujours aussi déterminé, et enfin une Amérique n’ayant aucune envie d’en découdre à un niveau apocalyptique. C’était en 1956 à Suez. C’est en 2013 en Syrie. En Egypte la France avait utilisé les Frères Musulmans, en Syrie elle utilise les wahabo-salafistes. Si le couple Hollande-Fabius n’est pas plus tenu en laisse, il risque de nous refaire le coup du Canal, poussé avec « réticence » par la Grande Bretagne et Israël. On peut même s’attendre à voir ces deux pays demander, comme en 1956, des compensations pour leur engagement aux côtés de la France pour son « noble combat ». Si Shimon Peres a gagné une bombe nucléaire avec Guy Mollet, que gagnera-t-il avec François Hollande ? Et les anglais, que demanderont-ils pour prix de leur positionnement à Malte et à Chypre, ou des énormes sacrifices que représente la brouille avec quelques amis ? C’est triste à pleurer, et c’est à pleurer de rage de voir tant de gens mourir par bêtise. Bêtise sur le terrain, bêtise à mi- sommet, mais pas bêtise du tout au sommet où se trouvent justement les « réticents » qui savent ce qu’ils veulent, et savent à quoi faire appel pour actionner leurs marionnettes. Allah pour les uns, honneurs ou grandeur, pour d’autres et beaucoup d’argent pour tous.

    http://avicennesy.wordpress.com/201...

  • permalien nasr :
    28 mars @10h50   « »

    je trouve tout a fait normal que hizb allah s’implique en syrie.mieux moi je voudrais que l’iran s’implique davantage et militairement en envoyant des hommes en grand nombre combattre les islamo sionisto imperialistes qui sont un danger pour toute l’humanité.

  • permalien Yasmina :
    28 mars @11h36   « »

    Pourquoi le Hezbollah participe-t-il aux combats en Syrie ?
    je trouve le titre du fil ambigu.

    En fait, en lisant tout l’article d’Al Akhbar, la réponse est non. Le Hezbollah a un rôle pour le moment purement défensif et de protection ( des sites gouvernementaux, religieux et scientifiques).

  • permalien Yasmina :
    28 mars @11h42   « »

    http://mounadil.blogspot.fr/2013/01...

    Le Hezbollah affirme même avoir aidé des immigrés Syriens qui travaillent au Liban dans la construction et dans d’autres secteurs des services à faire venir leurs familles.
    “Nous payons parfois la course de leur taxi pour qu’ils rentrent en Syrie pour ramenet leurs familles ici,’’ affirme al Wahda.
    Le mois dernier, dans une de ses rares déclarations sur la situation en Syrie, le chef du Hezbollah,Hassan Nasrallah a demandé au gouvernement libanais d’avoir une approche politique cohérente de la crise.
    “Nous devrions nous intéresser aux réfugiés Syriens sur la base d’une responsabilité purement humanitaire, sans politiser cette question,” avait déclaré Nasrallah. ‘’Nous devrions accorder notre attention aux familles déplacées, quelles que soient leurs opinions politiques.’’
    Tandis que la majorité des Syriens au Liban se sont réfugiés dans des régions dominées par la même secte que celle à laquelle ils appartiennent, le Hezbollah assiste en fait les déplacés qu’ils soient sunnites ou chiites.
    “Mon mari cherche du travail,’’ explique Umm Ibrahim, une Sunnite de 22 ans, mère de trois enfants, qui se fait appeler de ce surnom qui signifie ‘’Mère d’Ibrahim’’ lorsqu’elle parle avec la presse parce qu’elle craint pour la sécurité de ses proches restés en Syrie. ‘’Il n’y a plus de travail en Syrie.’’
    Umm Ibrahim partage les quatre pièces d’un appartement avec 20 personnes. Elle a récemment emmené son fils se faire vacciner dans un hôpital géré par le Hezbollah.Elle dit que quand sa famille est venue à Nabatiyeh il y a quatre mois de ça, le Hezbolah leur a aussi donné des draps et des poêles de chauffage.
    ‘’Nous pensions que nous n’étions ici que pour un mois,’’ dit-elle.
    C’était avant que son quartile d’Alep, la plus grande ville de Syrie, se transforme en ligne de front.
    ‘’Je ne sais pas ce qui est arrivé à notre maison,’’ dit-elle. ‘’La maison de mes parents a été pillée et détruite. La maison de ma sœur a été détruite par un bombardement.’’
    Umm Ibrahim n’a exprimé de soutien pour aucun des camps qui s’opposent en Syrie, mais elle a utilisé la désignation ‘’Armée Syrienne Libre’’ pour parler des rebelles. Elle n’a pas hésité non plus à le faire en présence d’un officiel du Hezbollah, alors même que les partisans du régime syrien tendent à utiliser l’expression ‘’groupes armés’’ ou ‘’terroristes’’ quand ils parlent des rebelles, reprenant ainsi la terminologie du gouvernement syrien

  • permalien Yasmina :
    28 mars @11h54   «

    Protométèque :

    Mais une Syrie débarrassée des Assad, ce qui n’est pas gagné, se souviendra dans quel camp s’est battu le Hezb’ et alors il est possible que l’excellente popularité dont il jouissait en Syrie ne se transforme en hostilité.

    Dés le début , le Hiz était ciblé. Lors des toutes premières manifestations des slogans hostiles et les portraits de HS brulés. La destabilisation de la Syrie c’est pour faire la peau au Hizd. C’est clair pour moi : au fait depuis leur succès de Mai 2000( l’évacuation du Sud Liban sans condition, ni accord, une première en terre arabe en conflit avec Israel) l’ennemi n’arrête pas de leur tendre des pièges( la résolution 1559, l’assassinat R. Hariri, la guerre de juillet 2006, les évènements de Mai2008, et maintenant la guerre en Syrie et c’est pas fini…..)

    De plus, il fait aussi le jeu du confessionnalisme. Si on lit la liste des interventions du Parti en Syrie, on constate qu’il se porte surtout au secours des populations chiites (les villages frontaliers) ou des symboles chiites (le tombeau de Sayida Zainab). C’est, de mon point de vue, d’ailleurs le principal défaut de ce parti, il est et reste un parti confessio

    Pour les secours il ne fait de distinction. Il aide toux ceux qui font appel à lui.

    Je me souvient qu’à l’issue de la guerre de juillet 2006, il a proposé aux chrétiens de les aider à faire les vendanges....

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