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09/04/2013

VENEZUELA : UN PAUVRE COMPREND MIEUX QUAND ET POURQUOI DECLENCHER UNE REVOLUTION EXCEPTE CHE GUEVARA!

VERBATIM

"Chávez est venu au monde au sein d’une famille très pauvre, au fin fond du Far West vénézuélien, à Sabaneta, un petit village des Llanos, ces grandes plaines infinies qui butent contre la chaîne des Andes. Quand il naît, en 1954, ses parents n’ont pas 20 ans. Instituteurs intérimaires dans un hameau perdu, mal payés, ils doivent confier leurs deux premiers enfants, Hugo et son frère aîné Adan, à leur grand-mère paternelle. Métisse afro-indigène, Rosa Inés les élève jusqu’à ce qu’ils atteignent 15 ans. Intelligente, pédagogue, dotée d’un remarquable bon sens et débordant d’amour, cette grand-mère exercera une influence déterminante sur le petit Hugo."

Ignacio Ramonet

Ancien directeur du Monde diplomatique. Les informations contenues dans cet article sont issues d’un livre d’entretiens de l’auteur avec l’ancien président vénézuélien, intitulé Hugo Chávez. Ma première vie, à paraître en espagnol à la rentrée prochaine.

Chávez et l’exception vénézuélienne Itinéraire d’un révolutionnaire Né de parents modestes, d’origine métisse, sans perspective d’ascension sociale en dehors de l’armée, Hugo Chávez a aussi séduit les Vénézuéliens parce qu’il leur ressemblait. par Ignacio Ramonet, avril 2013 Aperçu« Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change . » Hugo Chávez, décédé le 5 mars dernier en plein essor politique, rejoint dans l’imaginaire des humbles d’Amérique latine la petite cohorte des grands défenseurs de leur cause : Emiliano Zapata, Che Guevara, Salvador Allende... Au départ, pourtant, rien ne le vouait à une si légendaire destinée. Chávez est venu au monde au sein d’une famille très pauvre, au fin fond du Far West vénézuélien, à Sabaneta, un petit village des Llanos, ces grandes plaines infinies qui butent contre la chaîne des Andes. Quand il naît, en 1954, ses parents n’ont pas 20 ans. Instituteurs intérimaires dans un hameau perdu, mal payés, ils doivent confier leurs deux premiers enfants, Hugo et son frère aîné Adan, à leur grand-mère paternelle. Métisse afro-indigène, Rosa Inés les élève jusqu’à ce qu’ils atteignent 15 ans. Intelligente, pédagogue, dotée d’un remarquable bon sens et débordant d’amour, cette grand-mère exercera une influence déterminante sur le petit Hugo. En lisière du village, Rosa Inés habite une maison indienne recouverte de feuilles de palmier, au sol de terre battue, aux murs de pisé. Sans eau courante ni électricité. Dépourvue de ressources pécuniaires, elle vit de la vente de gâteaux qu’elle-même élabore avec les fruits de son petit jardin. Dès sa première enfance, Hugo apprend à travailler la terre, à tailler les plantes, à cultiver le maïs, à récolter les fruits, à s’occuper des animaux. Il s’imprègne du savoir agricole ancestral de Rosa Inés. Participe aux tâches ménagères, aide à faire les gâteaux et, dès l’âge de 6 ou 7 ans, s’en va les vendre dans les rues de Sabaneta, à la sortie du cinéma, aux arènes de combats de coqs, au marché... Ce village — « quatre rues en terre battue, racontera-t-il, qui, à la saison des pluies, se transformaient en bourbiers apocalyptiques » — représente, pour le jeune Hugo, tout un monde. Avec ses hiérarchies sociales : les « riches » habitent le bas de la ville dans des maisons en pierre et à étages ; les pauvres, sur le versant de la colline, (...)

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