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12/04/2013

CONGO/KINSHASA : PLUS RIEN N'EMPÊCHE L'EVICTION DE MATATA PONYO DE LA PRIMATURE

MORCEAUX CHOISIS :

« Nous venons des vacances parlementaires. Nous avons trouvé que plus rien ne va à l’intérieur du pays malgré le discours folklorique du gouvernement. L’insécurité est généralisée à travers le pays. Le social ne marche bien qu’aux yeux du gouvernement. Le gouvernement Matata doit des explications claires et nettes ».

Kinshasa, 12/04/2013 (Okapi / MCN, via mediacongo.net)


"Toute analyse froide démontre que le départ de Matata Ponyo de la primature ne serait pas la solution idéale pour ses pourfendeurs. Bien plus, la défenestration du Premier ministre dépendra, au finish, du mot d’ordre que pourrait donner le président Kabila. Il est vrai que l’épouvantail des élections aux gouvernorats du Bas-Congo et de la Province Orientale peut provoquer des insomnies. Il est tout aussi vrai que Joseph Kabila n’offrira pas sur un plateau en argent, la tête de Matata Ponyo à l’Opposition, particulièrement à l’UNC. Par ailleurs, pour quiconque connaît Joseph Kabila, il ne fait rien sous la pression. Il prend son temps avant d’agir ou de s’engager. Une consigne claire donnée aux députés de la Majorité déterminera l’issue de cette motion de censure.En réalité, le procès de gestion de Matata Ponyo sera celui de la Majorité, donc de Joseph Kabila qui en est l’autorité morale. Mettra-t-il la tête du Premier ministre désigné par lui-même à la guillotine tenue par ses farouches opposants ? Le départ ou pas de Matata ne se jouera pas lors des joutes oratoires de la plénière qui sera convoquée dans 48 heures. En définitive, tout se décidera à Kingakati."

Publié le vendredi 12 avril 2013 03:04 Écrit par Le Potentiel

 

© Copyright Le Potentiel


Le député Jean-Baudouin Mayo dépose une motion de défiance contre le Premier ministre Matata Ponyo


Le député Jean-Baudouin Mayo de l’Union pour la nation congolaise (UNC), un parti de l’Opposition, a déposé le jeudi 11 avril au bureau de l’Assemblée nationale une motion de défiance contre le Premier ministre Matata Ponyo. Selon son auteur, la motion aurait recueilli cent trente-sept signatures des députés de la majorité et de l’Opposition. Jean-Baudouin Mayo affirme que « le pays va mal » et qu’il est nécessaire « de faire partir le gouvernement actuel ».

Certaines sources parlementaires affirment cependant que plusieurs députés envisageraient déjà de retirer leurs signatures.

Mais l’initiateur de la motion parle d’une seule signature retirée.

« J’ai reçu une lettre de retrait de signature. Une seule. Dès lors qu’une personne aussi responsable qu’un député donne librement sa signature, mais elle est engagée ! Vous ne pouvez pas retirer votre signature à la télévision », indique le député de l’UNC, répondant aux allégations qui font état des élus qui auraient annoncé dans les médias le retrait de leur signature de la motion de défiance.

Le 1er avril dernier, Jean-Baudouin Mayo avait annoncé le retrait de la même motion qui n’avait alors recueilli que cent signatures au lieu de cent vingt-cinq comme l’exige la constitution.

L’article 146 de la Constitution indique qu’une motion de défiance contre le gouvernement n’est recevable que si elle est signée par un quart de membres de l’Assemblée nationale (La chambre basse comprenant cinq cents députés, le quart représente cent vingt-cinq).

L’élu de l’UNC affirme que la motion de défiance contre Matata Ponyo ne lui appartient pas seul, expliquant que les députés sont élus « pour suivre la gestion du pays ».

« C’est notre motion à nous tous, ce n’est pas ma motion à moi seul. Nous sommes là pour suivre la gestion du pays pour dire que ça va ou ça ne va pas. C’est ça la motivation [de la motion]», souligne-t-il, sans donner les détails de sa motion.

Dans son édition du 28 mars, le journal Forum des As avait repris les propos du député Mayo expliquant sa motivation :

« Nous venons des vacances parlementaires. Nous avons trouvé que plus rien ne va à l’intérieur du pays malgré le discours folklorique du gouvernement. L’insécurité est généralisée à travers le pays. Le social ne marche bien qu’aux yeux du gouvernement. Le gouvernement Matata doit des explications claires et nettes ».


Kinshasa, 12/04/2013 (Okapi / MCN, via mediacongo.net)

Dépôt de la motion de censure à l’Assemblée nationale / Matata : partira, partira pas ?
(Le Potentiel 12/04/2013)


Au décompte final, la motion de censure contre le chef du gouvernement a réuni 137 signatures des députés tant de la Majorité que de l’Opposition. La cavalerie MLC a fait sauter le dernier verrou qui empêchait de franchir le minima imposé par la loi. La démocratie est en marche et le Premier ministre – auréolé d’un bilan élogieux - ne compte pas se dérober de cet exercice constitutionnel. Partira, partira pas ?, les quarante-huit heures à venir seront décisives pour Matata Ponyo.

Le député UNC Jean-Baudouin Mayo a finalement dépassé la barre de 125 signatures dans son chassé-croisé contre le Premier ministre, Matata Ponyo Mapon. La motion de censure a récolté 137 précieuses signatures que l’initiateur présente désormais comme un trophée de guerre. Obtenues après d’âpres négociations. Les hésitants dans les rangs du MLC ont été travaillés au corps par Fidèle Babala, le plus proche collaborateur du chairman Jean-Pierre Bemba. Du coup, Mayo s’est retrouvé avec plus de signatures que celles exigées par le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Une marge que l’Opposition se donne en vue de parer à toute surprise désagréable.

D’ailleurs, un député UNC, présent lors du dépôt a confié avoir détecté une signature non conforme : « Nous avons découvert cette manœuvre lors de l’examen minutieux de la motion, afin d’éviter que nous tombions dans les mêmes travers qu’une motion montée par l’Opposition pendant la législature passée ».

Il n’est pas utile d’aligner ici les griefs retenus contre Matata Ponyo d’autant que l’auteur de la motion de censure dit qu’ils vont de la gouvernance au social de la population. Cela avant de noter : « Nous avons constaté que tout ce qui est dit dans cette motion n’a été démenti par personne ».
Le contrôle parlementaire en marche

Au-delà de la symbolique, la motion de censure lancée à l’encontre du Premier ministre procède du contrôle l’action gouvernementale prévu par la Constitution. Les députés de la Majorité et de l’Opposition qui ont apposé leurs signatures au bas de ce document, devraient l’avoir fait en âme et conscience.

Toutefois, Matata Ponyo n’entend pas se dérober de cet exercice. Il s’y était déjà préparé, l’alarme étant venue de son propre camp, le PPRD. L’Opposition parlementaire, en alliance avec les opposants de Matata au sein de la Majorité, va en appeler à «l’effet Bas-Congo et Province Orientale ». En cherchant à étirer les rangs de la Majorité et obtenir l’éjection du Premier ministre, les fissures seront tellement béantes qu’un tour de passe n’est pas exclu en faveur de l’Opposition. A quasiment mi-parcours de la législature, lézarder l’édifice majoritaire serait une opération salutaire pour l’alternance.

Joseph Kabila et sa famille politique, qui savent se souder lorsqu’il y a péril en la demeure, pourraient rééditer les mots d’ordre et la discipline au sein de la MP.
Les réformes dérangent

« En toute objectivité, que pourrait-on reprocher au Premier ministre Matata ? », s’est interrogé un membre influent de la MP. Il égrène quelques actes palpables posés dans quasiment tous les secteurs. Il s’agit notamment de la bancarisation qui a permis à l’Etat de soulager le Trésor public de l’avidité des réseaux maffieux habitués à gonfler la liste des personnes émargeant du budget de l’Etat. « Les réformes amorcées dans la gestion des finances de l’Etat auraient tellement gêné que la seule solution serait d’y mettre brusquement un terme ? », s’est exclamé un député qui promet de garder la primeur de son argumentaire à la plénière. La notion de « pertinence de la dépense » qui conduit l’ordonnancement des dépenses de l’Etat fait partie de ces attitudes que tous les adeptes des prébendes ne peuvent tolérer longtemps.

La maîtrise du cadre macroéconomique, amorcée par le gouvernement Muzito, puis renforcée par l’équipe Matata, devra-t-elle subir des misères parce que quelque part, des gens estiment que les vannes du Trésor public devraient rester sans brides ? Selon un conseiller à la primature, « l’occasion est offerte de régler quelques comptes au Premier ministre ».

Seulement, l’on devrait retenir que l’on ne gère pas un Etat avec des états d’âme. En toute conscience, la motion de censure devrait marquer un temps d’arrêt afin de rectifier le tir et d’affronter différemment les défis, sans nécessairement brûler tout l’édifice ainsi que des espoirs suscités entre-temps. En réalité, la maturation des réformes devrait aboutir à une plus équitable redistribution du fruit de la croissance, avec comme principal corollaire l’amélioration du vécu quotidien du Congolais ; donc une réelle incidence sociale.

Après autant de sacrifices, c’est cet objectif qui devrait galvaniser toutes les énergies au lieu de chercher à poursuivre la récréation entamée au sein de la classe politique qui compte réussir un jeu de chaises musicales dans la redistribution des rôles sans tenir compte de l’intérêt de la population.
Partira, partira pas ?

Toute analyse froide démontre que le départ de Matata Ponyo de la primature ne serait pas la solution idéale pour ses pourfendeurs. Bien plus, la défenestration du Premier ministre dépendra, au finish, du mot d’ordre que pourrait donner le président Kabila. Il est vrai que l’épouvantail des élections aux gouvernorats du Bas-Congo et de la Province Orientale peut provoquer des insomnies. Il est tout aussi vrai que Joseph Kabila n’offrira pas sur un plateau en argent, la tête de Matata Ponyo à l’Opposition, particulièrement à l’UNC. Par ailleurs, pour quiconque connaît Joseph Kabila, il ne fait rien sous la pression. Il prend son temps avant d’agir ou de s’engager. Une consigne claire donnée aux députés de la Majorité déterminera l’issue de cette motion de censure.

En réalité, le procès de gestion de Matata Ponyo sera celui de la Majorité, donc de Joseph Kabila qui en est l’autorité morale. Mettra-t-il la tête du Premier ministre désigné par lui-même à la guillotine tenue par ses farouches opposants ? Le départ ou pas de Matata ne se jouera pas lors des joutes oratoires de la plénière qui sera convoquée dans 48 heures. En définitive, tout se décidera à Kingakati.
Publié le vendredi 12 avril 2013 03:04 Écrit par Le Potentiel

 

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