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12/06/2013

CONGO/KINSHASA : FALLY IPUPA "JE NE SUIS PAS ENCORE LE MEILLEUR MAIS LE PROCHAIN SUR LA LISTE"

VERBATIM :

"Le chanteur de charme, qui s’inscrit en cela dans la tradition locale d’une forme de romantisme dégoulinant, devient sobre et sérieux le temps de Stop à la guerre (sur la version 27 titres de Power Kosa Leka), pour dénoncer ce qui se passe dans l’est de la République du Congo. En fin stratège, Fally est conscient que sa notoriété acquise grâce à une forme de légèreté peut aussi lui permettre de s’investir au-delà de la musique, entre autres avec la fondation à son nom qu’il compte lancer prochainement."

 


Fally Ipupa, sur la piste internationale avec son nouvel album "Power Kosa Leka" Considéré comme la valeur montante de la musique congolaise depuis quelques années, Fally Ipupa fait à nouveau sensation avec le double album Power Kosa Leka. Héritier des sapeurs de Papa Wemba et adepte de la “bogossitude”, le chanteur de Kinshasa attiré par le r'n'b pourrait prochainement franchir un pallier supplémentaire sur le plan international. Si ce qui distingue la star de l’artiste est la capacité à attirer la lumière pour briller à la moindre occasion, alors effectivement, le Congolais Fally Ipupa est à ranger dans cette catégorie, tout au moins auprès d’un public au fait de l’actualité musicale africaine. Lui qui se définit comme un “fashion addict” sait le pouvoir de l’image comme de l’argent et l’assume pleinement. Qu’importe que cela sonne creux pour certains et que la musique puisse apparaitre comme un prétexte pour se rendre visible, la démarche ne s’en avère pas moins efficiente. Pour preuves, alors qu’il a tout juste été élu meilleur artiste africain aux Trace Urban Awards, l’ex-membre du groupe Quartier Latin de Koffi Olomide vient de signer un contrat pour trois albums avec AZ, puissant label d’Universal que le chanteur définit même comme “le plus important au monde” sur sa page Facebook ! Consécration en vue, pour le roi du featuring, de Kassav à Francis Lalanne, et qui se fait entendre en ce moment sur le single C’est juste toi et moi de l’ex star-académicienne, Pauline Maserati ? En attendant, il occupe le terrain avec Power Kosa Leka, un généreux double album de 22 ou 27 titres car il existe en deux versions (aux pochettes identiques) avec des contenus qui diffèrent… Le projet n’est pas celui qu’il annonçait dans les medias il y a quelques mois, avec un volet international et des collaborations prestigieuses comme la rappeuse américaine E.V.E, mais bien 100 % congolais. A l’intérieur du boitier, un flyer jaune plié en deux fait la publicité pour une société spécialisée dans les transferts d’argent vers l’Afrique ! Au royaume du libanga, pratique qui consiste à nommer des donateurs-bienfaiteurs sur les chansons, musique et affaires ne sont jamais loin. Fally Ipupa tente parfois de limiter les effets de ce name dropping ravageur, comme sur Sweet Life. Débarrassé de tout ce qui pourrait l’encombrer, le morceau est du coup le plus court de l’album, la moyenne se situant plutôt autour de huit minutes. Il illustre surtout l’envie de l’artiste d’acoquiner la musique congolaise avec le r'n'b, ce qui le rend davantage accessible que le reste du répertoire aux couleurs plus locales, sur fond de claviers et de programmations façonnant un ensemble sirupeux à souhait. Le chanteur de charme, qui s’inscrit en cela dans la tradition locale d’une forme de romantisme dégoulinant, devient sobre et sérieux le temps de Stop à la guerre (sur la version 27 titres de Power Kosa Leka), pour dénoncer ce qui se passe dans l’est de la République du Congo. En fin stratège, Fally est conscient que sa notoriété acquise grâce à une forme de légèreté peut aussi lui permettre de s’investir au-delà de la musique, entre autres avec la fondation à son nom qu’il compte lancer prochainement.

Bertrand Lavaine Kinshasa, 4/06/2013 (RFI / MCN, via mediacongo.net)

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