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18/06/2013

CONGO/KINSHASA : ENFIN PEUT-ETRE UN DEBUT DE SOLUTION SUR LES PRINCIPALES ARTERES DE LA CAPITALE?

VERBATIM :

"C’est d’ailleurs la boutade d’un colonel de la Police, croisé au camp Kabila (ex Mobutu) à Lemba qui donne un bon aperçu des roulages. «Quand un roulage sort de chez lui, il demande à sa femme d’arrêter déjà l’eau qui servira à préparer le fufu. C’est après les tracasseries qu’il enverra effectivement ce qu’il faut pour la nourriture du jour ». Voilà qui résume à quel point les roulages, qui du reste s’adonnent à la ristourne quotidienne, sont prêts à tout pour atteindre leur taux quotidien."


Les roulages changent de stratégies pour rançonner les automobilistes


« Bonjour monsieur », « bonjour chef », « bonne journée », « bon service »… telles sont des expressions inhabituelles qu’on entend ces derniers temps dans la plupart des trafics. Que les policiers de la circulation routière de la ville de Kinshasa, très connus pour des tracasseries dépassant toutes les bornes, deviennent subitement gentils et très courtois, cela dépasse tout entendement. Mais, à la base de ce comportement, la détermination de l’inspecteur provincial de la Police nationale congolaise (PNC) pour la ville de Kinshasa, le général Jean de Dieu Oleko, de remplacer, au fur et à mesure, les roulages qui se sont spécialisés dans la demande de l’aumône aux automobilistes, allant jusqu’à incarner une véritable corvée pour les usagers de la route dans la capitale.

Se sachant ciblés par leur patron, les roulages ont subitement décidé d’opter pour une courtoise cachant mal l’intention de rançonner les automobilistes. Il est question, cette fois-ci, d’habiller la demande de l’aumône par des propos apparemment courtois. C’est de la sorte que, contrairement à leurs habitudes, ils deviennent très gentils, allant jusqu’à souhaiter une bonne journée aux automobilistes. Ce qui n’était nullement le cas hier. Certains usagers de la route sont même surpris par ce qu’ils considèrent comme la nouvelle image des roulages. Alors qu’en réalité, c’est une attitude dictée par la peur de se faire avoir pour ne pas être retiré de tous les trafics. Le général Jean de Dieu Oleko avait clairement laissé entendre, au cours d’une interview à la presse, qu’il était au courant des faits et gestes de ses hommes et qu’il s’apprêtait à les remplacer un à un.

C’est d’ailleurs la boutade d’un colonel de la Police, croisé au camp Kabila (ex Mobutu) à Lemba qui donne un bon aperçu des roulages. «Quand un roulage sort de chez lui, il demande à sa femme d’arrêter déjà l’eau qui servira à préparer le fufu. C’est après les tracasseries qu’il enverra effectivement ce qu’il faut pour la nourriture du jour ». Voilà qui résume à quel point les roulages, qui du reste s’adonnent à la ristourne quotidienne, sont prêts à tout pour atteindre leur taux quotidien. Si on y ajoute le versement qu’attendent leurs chefs, on comprend que, par moment, les roulages se montrent particulièrement agressifs. Parmi les plus mordants, on cite ceux du quartier 1 à N’Djili, de la place pont Cabu à Kasa-Vubu tant redoutée, à l’arrêt Baramoto à Limete … Un jour, au pont Cabu, un roulage avait arrêté une voiture pour « non-respect de la distance recommandée ». Mais, la meilleure, c’est lorsque le chauffeur lui demanda la distance recommandée : « 50 m », répondit sans rire le roulage avant que son propre collègue le rappelle à l’ordre.

Au quartier 1, à N’Djili, aux tracasseries habituelles semblent succéder désormais des salutations avec une main tendue ou suspendue à la gorge. Pour les minibus « 207 », les roulages s’approchent des chauffeurs comme pour les interpeller, par la suite, cacher dans leur main un billet de 500 Fc servant de taxe journalière pour l’équipe en place. Même son de cloche à Baramoto. A la 7e Rue Limete, l’astuce, c’est de barrer la route pour faire passer les piétons pendant que certains roulages passent en revue les véhicules afin de déceler une infraction à rentabiliser. Dès que c’est fait, la route est rouverte à la circulation.

Mais, on peut utilement retenir que, contrairement à ce qui s’observait il y a peu, il y a une nette amélioration susceptible de rassurer tant soit peu, les automobilistes. Ce qui signifie que même s’il est bien parti, Jean de Dieu Oleko doit intensifier sa surveillance pour arriver à bout des roulages qui déshonorent la Police nationale congolaise. Et la meilleure façon d’y arriver, c’est de les surprendre pour les amener à se douter de sa présence à chaque instant.



M.M.
Kinshasa, 18/06/2013 (Forum des As, via mediacongo.net)

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