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20/06/2013

CONGO/KINSHASA : REVISION CONSTITUTIONNELLE EST-ELLE A L'ORDRE DU JOUR : POINT DE VUE D'EVARISTE BOSHAB!

VERBATIM :

"Loin de lui l'intention d'imposer une approche scientifique inattaquable, le géniteur du livre « Entre la révision constitutionnelle et l'inanition de la nation » reste ouvert à tout débat  scientifique public sur cette question. Le premier, a-t-il promis, l'opposera à son collègue Paul-Gaspard Ngondankoy. Dans une conjoncture socio-économique particulière où nombre de professeurs d'université sont en rupture totale avec la science, voilà que c'est Évariste Boshab qui sort du lot."

 


Révision constitutionnelle en RDC : Évariste Boshab relance le débat


Boshab, « Entre la révision constitutionnelle et l'inanition de la Nation », Larcier, Bruxelles 2013, 440 pages.  C'est à travers ce livre porté hier sur les fonts baptismaux que l'auteur relance les discussions sur la révision de la Constitution du 18 février 2006 en vigueur en RDC.

C'est devant une assistance majoritairement scientifique, que le Professeur Labana, recteur de l'Université  de Kinshasa (UNIKIN), a béni hier mercredi 19 juin, l'ouvrage « Entre  la révision constitutionnelle et l'inanition de la Nation », paru aux éditions Larcier de Bruxelles, sous la signature du professeur Evariste Boshab. La cérémonie a eu lieu au Fleuve Congo Hôtel.

Préfacé par Henri Simonart, Professeur émérite à la faculté de Droit de l'Université catholique de Louvain en Belgique, le livre « Entre la révision constitutionnelle et l'inanition de la nation » n'est pas un livre.  Mais le livre qui relance des discussions de fond sur de véritables bases scientifiques. D'où, son intérêt pratique dans une approche interactive.

Ecrit dans un style clair et direct, sans assez  d'intrigues en zigzag, l'œuvre d'Evariste Boshab présente une problématique d'actualité : « la révision constitutionnelle ». Toutefois, l'auteur laisse le champ ouvert  non aux politiques de bas étage mais aux grands esprits qui pourraient approfondir le débat, dans une dialectique contraire. Ce n'est donc pas un Evariste Boshab, Secrétaire général du PPRD qui écrit sur un sujet aussi sensible qu'est « la révision constitutionnelle ». Sinon, il organiserait une matinée politique de son parti  pour cette cause. Bien au contraire.  Il s'agit ici, d'un homme de science, chef de Département de Droit public interne à l'Unikin qui donne le ton des discussions scientifiques devant ses pairs qui se comptent parmi les sommités intellectuelles du pays.

Rédigé en 440 pages, l'ouvrage « Entre la révision constitutionnelle et l'inanition de la nation » suscite de nombreuses réflexions. Le Professeur  Paul Gaspard  Ngondankoy de la Faculté de droit à l'ex-Université de Lovanium, après qu'il a lu le livre de bout en bout. Dans  un lyrisme critique, ce Professeur d'université  a donné le go d'un débat scientifique contradictoire au sujet de la révision constitutionnelle.

Un livre de chevet dans de hautes tribunes scientifiques
Véritable  outil critique des théories sur le pouvoir constituant et le pouvoir de révision, l'ouvrage du constitutionnaliste Evariste Boshab se présente en cinq chapitres. Le premier  apporte des précisions autour d'un concept : " la révision de la constitution. Dans le second chapitre, le lecteur de ce livre enrichirait sans doute sa culture générale avec des explications claires sur les différentes fonctions de la Constitution. Par contre, le troisième chapitre expose les raisons de la révision d'une Constitution. Pour le cas de figure, la Constitution du 18 février 2006 en vigueur en RD Congo. D'une part, le livre évoque des raisons souverainistes et de l'autre, celles que l'auteur qualifie de « contextualiste ».

Par ailleurs, l'avant-dernier chapitre, soit le quatrième, est essentiellement consacré à la procédure de révision constitutionnelle. In fine, qu'adviendraient des dispositions constitutionnelles intangibles ? Evariste Boshab lui-même en parle avec toute la rigueur scientifique dans le cinquième  chapitre de son livre. Dans la conclusion de son ouvrage, l'auteur évoque, entre autres, les difficultés persistantes, l'instabilité de la norme constitutionnelle, l'alternance démocratique en panne…

« Entre la révision constitutionnelle et l'inanition de la Nation », l'intitulé du livre attire à plus d'un titre l'attention de tous. Le Prof Nyabirungu, Doyen de la faculté de droit de l'Unikin l'a avoué lorsqu'il fait la présentation du livre.  C'est donc, un  instrument prospectif. Prévisionnel, compte tenu de la rétivité, l'entêtement des dirigeants africains, difficilement conciliables  avec un impératif de la primauté du droit en démocratie.

Dans cet ouvrage, s'invitent quantité d'interrogations qui, bien que n'ayant pas trouvé de réponses définitives, ont cependant le mérite d'inciter à la réflexion face à ce que l'auteur lui-même qualifie de « fétichisme et d'incantations magiques » qui meublent les constitutions africaines. Particulièrement la RD Congo.

Porte ouverte sur l'avenir afin que la Constitution ne puisse se scléroser, la révision constitutionnelle passe pour un tabou inviolable, surtout en Afrique subsaharienne où sa simple évocation soulève des passions et suscite des réactions inexplicables. « Une lourde suspicion pèse sur toute révision constitutionnelle depuis l'épidémie des Conférences nationales souveraines a redonné voix au chapitre aux peuples autrefois bâillonnés. Cantique d'éveil des populations, la Constitution acquiert le statut d'une citadelle imprenable et pourtant les fortifications ne sont pas éternelles. Elles sont toujours à refaire pour tenir compte de l'effet corrosif du temps sur tous les mouvements. Ceci explique l'inflation des dispositions constitutionnelles intangibles considérées, à la fois comme l'une des caractéristiques pertinentes du nouveau constitutionnalisme africain et un moyen d'assurer  l'alternance(…) ». Tel est donc le résumé partiel de ce livre, désormais disponible dans toutes les grandes bibliothèques de Paris, de Bruxelles et de Kinshasa.

Loin de lui l'intention d'imposer une approche scientifique inattaquable, le géniteur du livre « Entre la révision constitutionnelle et l'inanition de la nation » reste ouvert à tout débat  scientifique public sur cette question. Le premier, a-t-il promis, l'opposera à son collègue Paul-Gaspard Ngondankoy. Dans une conjoncture socio-économique particulière où nombre de professeurs d'université sont en rupture totale avec la science, voilà que c'est Évariste Boshab qui sort du lot.



Laurel Kankole
Kinshasa, 20/06/2013 (Forum des As, via mediacongo.net)

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