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21/06/2013

CES COMPAGNIES AERIENNES OCCIDENTALO-ORIENTALES QUI APPAUVRISSENT LES AFRICAINS DU CONTINENT ET DE LA DIASPORA

VERBATIM :

«L'Afrique constitue un grand potentiel, mais pas aussi fort que nous l'avions prévu », a déclaré M. Gustin. «Tout le monde parle des nouveaux concurrents, et en particulier de Turkish Airlines. Nous rencontrons beaucoup de difficultés à cause d'eux. »


Aviation : Brussels Airlines sous pression de la concurrence pour ses destinations africaines


La compagnie aérienne belge « Brussels Airlines », filiale de l’allemande « Deutsche Lufthansa AG »,  a déclaré que ses prix de billets et ses recettes sur les lignes africaines, dans lesquelles elle s’est spécialisée, sont confrontés à un engouement de la concurrence telle que la compagnie turque « Turkish Airlines », qui s’est aussi lancée dans l’exploitation des activités sur le continent africain.
Le transporteur belge avait prévu une croissance de 5% sur les ventes en Afrique cette année ; mais doit désormais faire face à une baisse, tandis que les bénéfices, calculés sur base du prix du siège par rapport aux tarifs, sont également sous pression, a déclaré dans une interview, le PDG de Brussels Airlines, M. Bernard Gustin.
«L'Afrique constitue un grand potentiel, mais pas aussi fort que nous l'avions prévu », a déclaré M. Gustin. «Tout le monde parle des nouveaux concurrents, et en particulier de Turkish Airlines. Nous rencontrons beaucoup de difficultés à cause d'eux. »

Brussels Airlines, dans laquelle Lufthansa possède 45% de parts, dessert 19 villes africaines, après avoir doublé le nombre des villes en une décennie jusqu’en 2012. Le transporteur a également une branche en République Démocratique du Congo, un marché dont la feue compagnie aérienne « Sabena » avait en premier lancé l’exploitation, il y a 90 ans.
Turkish Airlines fait partie des compagnies à forte croissance emmenées par Emirates – la compagnie nationale de l’Etat des Emirats Arabes Unis et qui est basé à Dubaï – qui ont ajouté les destinations africaines pour alimenter leurs hubs. Comme Lufthansa, d'autres grandes compagnies européennes tirent également profit des liens historiques [avec l’Afrique] pour gagner des clients en raison du boom des matières premières qui a stimulé la demande pour ces régions ; qui pourtant sont peu enclin à figurer comme destination de voyage.
Les transporteurs continentaux sont également  en train de chercher à conquérir une part de ce grand trafic. Ainsi, la compagnie Ethiopian Airlines,  le n° 2 des transporteurs sub-sahariens, a déclaré la semaine dernière son intention de créer un centre de transit en RD Congo.

Une Classe Moyenne africaine

Pour le PDG de Brussels Airlines, le nombre de passagers sur les lignes africaines cette année devraient encore dépasser le total de 2012 avec ses 716,000 passagers – ce qui représente une augmentation de 11% – et la compagnie défendra sa position sur ce marché, sans doute en réduisant son prix pour un coût inferieurs aux tarifs moyens.
« Nous maintiendrons notre part de marché de sorte à ce qu'ils aient aussi à se battre», a déclaré M. Gustin par téléphone depuis Bruxelles.
Avec des voyageurs passant parfois par Bruxelles, même entre les grandes villes africaines comme Nairobi et Dakar, il y a une énorme demande latente, a-t-il expliqué. La croissance économique [de l’Afrique] devrait également stimuler l'ouverture des routes secondaires et des connexions vers les zones minières et industrielles.
« L'Afrique est en voie de croissance », a affirmé le patron du transporteur belge. «Il y a une classe moyenne en développement et des gens qui veulent, et doivent, voyager pour affaires. Si nous n'investissons pas, nos concurrents vont nous dévorer! »

« Le réseau africain proposé par Brussels Airlines est l'un des attraits stratégiques de la société allemande, Lufthansa, deuxième plus grand transporteur de l'Europe, et il est essentiel que ces routes soient «intégrées dans une stratégie générale de l'Afrique », a-t-il dit.
Selon la banque d'investissement Goldman Sachs, l’ensemble des sièges africains de la Lufthansa ne représentent que 5% de l'offre totale de l'entreprise, contre 12% pour le n° 1  européen, le Groupe Air France-KLM (AF),
 
Pertes Colossales

L'Afrique n'a pas réussi à contribuer à la croissance de Lufthansa l'an dernier, avec des ventes en baisse de 7,2% à 605 millions € ($803 millions) – faisant d’elle la moins lucrative des six régions dont la société a révélé des chiffres ; et la seule à présenter une baisse.
Brussels Airlines a enregistré une perte cumulée de ses exploitations de plus de 170 millions d’euros ($225 millions) depuis l’investissement de 65 millions € ($86 millions) en 2009 par la Lufthansa, qui, jusqu'ici, n’est pas parvenu à lever l’option d'achat des 55% restants du capital.
La compagnie belge ambitionne d’augmenter ses ventes de 3% cette année, deux fois moins que ses bénéfices de 2012 qui étaient de 1,11 milliards d’euros ($1,14 milliards) soit un taux de 7,4%. Elle évalue sa perte annuelle d'exploitation à  20 millions d'euros ($26 millions) avant un retour des bénéfices net pour 2014.
Néanmoins, le PDG de Lufthansa, Christoph Franz, déclarait le 15 mars que les progrès réalisés  par Brussels Airlines étaient « franchement encourageants» et que la filiale avait le potentiel de devenir une «nouvelle perle» du Groupe.

 
Destination les États-Unis

Selon M. Gustin, Brussels Airlines envisage d’ajouter au moins un avion long-courrier par an à ses huit Airbus SAS A330. La flotte pourrait ainsi atteindre 12 appareils. Des avions    supplémentaires qui devront soutenir les vols transatlantiques sans escale à partir de la Belgique, ainsi que l’augmentation de ses rotations sur ses prochains réseaux africains, a-t-il expliqué.  Les vols à destination de Washington ont commencé depuis le 18 juin après l’ouverture de la première ligne américaine reliant Bruxelles à New York l'an dernier.
«Être en Afrique avec seulement quatre avions comme nous l'avions fait il y a cinq ans, n'est pas suffisant », a affirmé le PDG de la compagnie. « Pour maintenir notre compétitivité africaine, nous avons besoin d'un meilleur équilibre entre le trafic européen et le long-courrier. »
L’ensemble de la flotte pourrait augmenter de 39 à 50 avions, et notamment par le remplacement des 12 aéronefs régionaux Plc Avro RJ100 de l’anglais BAE Systems, soit par d’autres appareils régionaux, ou par le choix des plus gros porteurs de la famille d’Airbus, l’A320 – dont Brussels Airlines possède déjà 19 appareils  –  ou le modèle CSeries de l’avionneur brésilien Bombardier que Lufthansa a acheté pour Swissair, sa filiale suisse.

Sur les 100 millions d'euros ($132 millions) de crédit octroyé par Lufthansa, la compagnie belge n’a retiré que 45 millions d'euros ($59 millions) de subvention, et ne semble pas avoir besoin du reste avec une restructuration effectuée plus tôt que prévu compte tenu de la baisse des coûts de carburant  et d’un taux de change dollar-euro plus favorable. Le profit au premier trimestre s'est amélioré de 15% grâce à une nouvelle convention collective et la rationalisation de la flotte.  
Les actions de Lufthansa se négociaient, mardi à Francfort, aux alentours de 16,13€, soit un taux en baisse de 2,1%.

Source: Bloomberg
Par Richard Weiss via Bloomberg
http://www.bloomberg.com/news/2013-06-11/lufthansa-s-brus...
Traduit par Steffany O. pour mediacongo.net


Bruxelles, 21/06/2013 (Bloomberg / MCN, via mediacongo.net

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