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24/09/2013

KENYA : ON N'A PAS BESOIN D'ISLAMISTES ARABES OU NON CHEZ NOUS EN AFRIQUE NOIRE LA VIE EST SACREE OH MY GOD

VERBATIM:

"Shebabs"En tant qu'organe politique de maintien de l'ordre islamique, les shebabs semblent relever d'une force révolue. Mais en réalité, leur faiblesse au sein de la Somalie pourrait les hisser au rang de menace internationale."


L'attaque de Nairobi, le chant du cygne des Shebabs somaliens?

En tant qu'organe politique de maintien de l'ordre islamique, les shebabs semblent relever d'une force révolue. Mais en réalité, leur faiblesse au sein de la Somalie pourrait les hisser au rang de menace internationale.

Dans le centre commercial de Westgate à Nairobi, le 21 septembre 2013. REUTERS/Siegfried Modola

- Dans le centre commercial de Westgate à Nairobi, le 21 septembre 2013. REUTERS/Siegfried Modola -

Difficile à imaginer alors que le siège du centre commercial de Nairobi a déjà coûté la vie d'au moins 68 personnes, mais depuis plusieurs mois, l'idée la plus communément partagée sur les shebabs – le groupe islamiste somalien lié à Al-Qaïda et responsable de l'attaque – veut qu'ils se soient sérieusement affaiblis.

Les shebabs ont été chassés de Mogadiscio en 2011 par les troupes de l'Union Africaine et la ville connaîtrait depuis un calme relatifL'an dernier, en octobre, les Forces de Défense kényanes et l'Armée Nationale somalienne ont repris le contrôle de Kismaayo, un port au sud du pays et dernier bastion urbain des shebabs. Depuis, au sud de la Somalie, la zone encore contrôlée par le groupe n'a eu de cesse de se restreindre.

 
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Si on en croit une analyse publiée à la fin de l'an dernier par le Combating Terrorism Center de l’Académie militaire de West Point, «le groupe extrémiste est passé d'un organe faisant respecter la Charia à une bande d'insurgés très affaiblie (…) Il ne représente plus d'alternative politique crédible au gouvernement somalien et retrouve actuellement ses origines de faction insurrectionnelle locale». Le rapport laisse entendre que des divisions internes quant à la décision prise par le groupe, en 2012, de prêter allégeance à Al-Qaïda seraient en partie responsables de sa perte d'influence, auxquelles s'ajoutent des offensives militaires d'un certain nombre de pays, aux premiers rangs desquels le Kenya et l’Éthiopie. 

L'argument demeure globalement correct, et ce en dépit des événements du week-end. En tant qu'organe politique de maintien de l'ordre islamique, les shebabs semblent relever d'une force révolue. Mais en réalité, leur faiblesse au sein de la Somalie pourrait les hisser au rang de menace internationale.

Les shebabs ont déjà frappé des pays ayant participé à des opérations militaires en Somalie. Leur attentat le plus tristement célèbre est celui exécuté au moment de la Coupe du Monde de 2010, qui avait coûté la vie de 74 spectateurs à Kampala, en Ouganda. Le groupe a aussi été accusé de plusieurs attentats au Kenya, dont l'explosion d'un arrêt de bus à Nairobi et de nombreuses attaques à la grenade lancées contre des églises. Maintenant que la maîtrise territoriale du groupe s’amenuise, on peut s'attendre à ce que les shebabs se lancent dans ce genre d'opérations de plus en plus souvent. Ils pourraient désormais davantage ressembler à un groupe terroriste transnational plutôt qu'à une armée rebelle combattant pour le contrôle de territoires. 

Ces deux dernières années, en Somalie, les offensives menées par le Kenya et ses alliés ont porté un coup très dur aux shebabs en tant que force politique viable, mais tandis que des images terribles ne cessent de nous arriver de Nairobi, on voit bien que le danger que le groupe pose à l'extérieur du pays n'en est pas pour autant réduit.

Joshua Keating

Traduit par Peggy Sastre

slate.fr 23 septembre 2013

 

Attaque de Nairobi: pourquoi le Kenya a fait appel à Israël

Les relations entre les deux pays sont étroites depuis le raid sur l'aéroport d'Entebbe en 1976. Ces dernières années, le Kenya est même devenu la tête de pont d'une alliance contre le terrorisme islamique entre Israël et plusieurs pays de la région.

Militaires kényans devant le centre commercial de Westgate, le 22 septembre 2013. REUTERS/Thomas Mukoya

- Militaires kényans devant le centre commercial de Westgate, le 22 septembre 2013. REUTERS/Thomas Mukoya -

La révélation, par une source anonyme émanant des services de sécurité israéliens, que des conseillers israéliens aident les forces kenyanes à reprendre le contrôle du centre commercial de Wesgate à Nairobi signifie-t-elle que l’attaque des Shebabs somaliens avait des motivations anti-israéliennes? Est-ce parce que l’attaque a débuté non loin d’un restaurant propriété d’un Israélien?

«Cette fois, ce n’est pas à propos d’Israël», a pourtant affirmé le ministère israélien des Affaires étrangères au New York Times, faisant référence à l’attaque, en 2002, d’un hôtel à Mombasa, sur la côte kenyane, visant des ressortissants israéliens. Si ce n’est pas le cas, pourquoi Israël est-il impliqué dans les opérations de Westgate?

 
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Ce soutien (présence de conseillers selon une source israélienne, de forces combattantes selon une source kenyane) s’explique notamment par le long passé de collaboration militaire, sécuritaire et économique entre les deux pays.

Aide logistique

L’épisode le plus spectaculaire s’est situé à l'été 1976 à l’aéroport international d’Entebbe. Un Airbus d’Air France venant de Tel-Aviv et transportant 244 passagers et douze membres d'équipage à destination de Paris fut détourné, peu après son décollage depuis Athènes, par quatre terroristes qui forcèrent l’avion à se poser dans la ville ougandaise.

Les preneurs d'otages relâchèrent la plupart des passagers en ne gardant dans un hall de transit que les juifs, qui étaient menacés de mort au cas où Israël n'accéderait pas à leur demande. Le gouvernement israélien laissa croire aux preneurs d'otages que, contrairement à son dogme, il acceptait de négocier.

Une centaine de soldats, incluant les membres du commando d'élite du chef d’état-major, le groupe «Sayeret Matkal», commandé par le colonel Yoni Netanyahou, frère du Premier ministre actuel (et tué dans l’opération), organisèrent l’opération, qui était la première du genre puisqu’elle avait lieu à plusieurs milliers de kilomètres d’Israël. La réussite fut totale, notamment grâce au soutien du gouvernement kenyan, qui permit à des avions israéliens de ravitailler à Nairobi avant d’atterrir à Entebbe. L'aéroport kenyan servit également de base logistique pour le retour.

Le Kenya s’était alors trouvé sous le feu des critiques des pays arabes, qui n’avaient pas apprécié le soutien offert par un pays africain à Israël. A cette époque, seuls quatre pays avaient des relations diplomatiques avec l’Etat hébreu et il faudra attendre 1989 pour le Kenya fasse de même.

Front chrétien en Afrique

Mais depuis, la déstabilisation du continent africain par les islamistes a ouvert une brèche dans le mur diplomatique érigé par les pays arabes et a amorcé un changement de cap dans une partie de l’Afrique. Boudé par l’Europe, Avigdor Lieberman, ministre des Affaires étrangères israélien de 2009 à 2012, s’est engouffré dans cette brèche et a décidé de revigorer les relations avec le continent. Certains pays africains ont eux vu, dans ces relations avec Israël, le moyen de s’émanciper de l’aide de leur tuteur colonial, y trouvant une expertise dans les domaines industriels ou des expériences réussies des cultures dans les zones arides.

L’État hébreu présente une image moins arrogante que celle des pays coloniaux, qui ont rechigné à se dégager de leurs intérêts africains. Les entreprises israéliennes, concurrentes des européennes, ont ainsi raflé les appels d’offres pour la construction d’aéroports, de routes, de ponts, de centres commerciaux —c’est le cas du Westgate à Nairobi— et de bâtiments officiels.

A l’occasion de visites au Kenya, au Ghana, au Nigeria puis en Ouganda au cours desquelles il a signé de nouveaux contrats, Lieberman a mis en garde ses interlocuteurs africains sur le danger du terrorisme islamique et d’une nucléarisation de l’Iran, qui risquaient d’avoir des répercussions dans leur propre région. Et proposé une assistance militaire, sans contrepartie politique contraignante, à des armées modestes.

Quand, en novembre 2011, le Premier ministre kenyan Raila Odinga et le président ougandais Yoweri Museveni se sont rendus en Israël, ils ont eux exprimé leur préoccupation au sujet de la montée en puissance des islamistes radicaux sur le continent, en particulier dans l'Est.

«Les ennemis du Kenya sont aussi les ennemis d’Israël»

Avec les encouragements du président Shimon Pérès et du Premier ministre Benjamin Netanyahou («Les ennemis du Kenya sont aussi les ennemis d’Israël», indiquait alors ce dernier), le Premier ministre kenyan accepte alors d’être le maître d’œuvre d’une alliance avec l’Éthiopie, le Kenya, la Tanzanie et le Sud-Soudan pour freiner la propagation de l’islam fondamentaliste dans les nations africaines, peuplées de 138 millions d’habitants, où habitent une majorité de chrétiens. A cette occasion, un pacte secret est signé avec le Kenya selon lequel Israël s’engage à fournir une assistance militaire si le gouvernement est menacé par des troupes étrangères.

Israël a accepté de fournir des drones, des vedettes navales rapides et un équipement de surveillance en vue d’aider le Kenya à se débarrasser des éléments islamistes terroristes, notamment par la formation des forces kenyanes aux opérations antiterroristes et l’envoi de conseillers militaires en cas de danger ou de situation critique. En effet, le Kenya souffre de lacunes dans sa sécurité et subit le chantage des shebabs somaliens, affiliés à al-Qaida, qui ont décidé de s’en prendre au pays tant qu’il ne retirera pas ses troupes de Somalie.

Israël est également suspecté d’avoir participé en 2012 à l’explosion d’une usine d’armes dans la capitale du Soudan, Khartoum, et d’être impliqué dans l’enquête sur un incendie survenu le mois dernier à l’aéroport de Nairobi.

Cela explique ainsi pourquoi des forces spéciales israéliennes ont sans doute rejoint l'armée kenyane pour briser l'assaut du centre commercial Westgate par des terroristes. Le gouvernement israélien, selon son habitude, ne confirme pas l’implication des forces spéciales dans la contre-attaque kenyane, mais elle semble avérée.

Cela représenterait une première puisqu’Israël est amené à combattre, directement, les terroristes d'al-Qaida loin de ses frontières et sur un sol étranger. Mais, fidèle à son principe de sauvegarder la vie de ses citoyens partout où ils se trouvent, il pourrait justifier son intervention, à postériori, par la nécessité de porter secours aux nombreux israéliens encore prisonniers qui occupaient des commerces dans ce centre commercial construit en partie par des entreprises israéliennes.

Le front chrétien en Afrique aurait ainsi trouvé sa première utilité pratique. Reste désormais à freiner l’expansionnisme d’al-Qaida.

Jacques Benillouche

slate.fr Publié le 23/09/2013
Mis à jour le 23/09/2013 à 14h29

Nairobi: des Américains et des Britanniques parmi les terroristes?

Devant le centre commercial de Westgate Nairobi le 21 septembre 2013, REUTERS/Siegfried Modola.

OUTILS
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La chaîne américaine CNN rapporte que selon des «sources au sein des shebaabs», les terroristes islamistes qui ont attaqué un centre commercial huppé de Nairobi étaient de nationalités variées et que trois d’entre eux étaient Américains.

L’attaque terroriste, qui a débuté samedi 21 septembre, a fait pour le moment 68 morts et se poursuit ce lundi matin. La plupart des personnes qui avaient été prises en otage ont été secourues, mais les forces de sécurité sont toujours en train de déloger les hommes armés.

Voici ce qu’on peut lire sur le site Internet de CNN:

«Des sources au sein des shebaabs ont confié à CNN que neuf noms listés sur un site Twitter, qui a depuis été suspendu, faisaient partie des preneurs d’otages.

Trois des terroristes soupçonnés sont Américains, deux sont Somaliens et il y a un représentant du Canada, de la Finlande, du Kenya et du Royaume-Uni, selon cette liste.

Le FBI enquête sur l’affirmation selon laquelle des citoyens américains ont été impliqués dans l’attaque, mais n’a pas confirmé cette information.

De même, un haut responsable du département d’Etat a dit que les Etats-Unis essayaient de savoir s’il y avait des Américains parmi les terroristes. Mais, selon ce responsable, les autorités sont de plus en plus certaines que des citoyens américains étaient impliqués.»

La liste a rapidement été remise en question. Un journaliste d’al-Jazeera a écrit sur Twitter qu’un porte-parole des shebaabs lui a confié que le compte qui a publié la liste était faux. «Les noms qui circulent n’ont rien à voir avec nous», aurait-il déclaré.  

La BBC cite de son côté un commandant des shebaabs qui affirme que les informations selon lesquelles certains des terroristes seraient britanniques sont fausses. Des tabloïds britanniques affirment que Samantha Lewthwaite, veuve en fuite d’un des kamikazes des attaques du 7 juillet 2005 à Londres, ferait partie des suspects de l’attaque de Nairobi. Le Foreign Office affirme n’avoir «aucune preuve» à ce sujet et ne veut «pas spéculer».

Attaque des shebaabs à Nairobi: le djihad passe par Twitter

Vue du centre commercial. REUTERS/Thomas Mukoya

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Des shebaabs (ou shebabs ou shabaabs), groupe somalien lié à al-Qaida, ont lancé samedi une attaque très violente contre un centre commercial de luxe Nairobi, au Kenya. Selon un bilan provisoire de la Croix Rouge délivré ce dimanche matin, 43 personnes, dont deux Françaises, seraient mortes et 200 personnes seraient blessées. Depuis maintenant plus de 20 heures, les islmanistes retiennent un nombre inconnu d'otages, dont de nombreux étrangers. Ils réclament le départ des forces kényanes de Somalie. Les forces de sécurité kényanes tentent de les déloger du centre Westgate.

Très rapidement, les shebaabs ont revendiqué l'attaque, selon un mode désormais habituel: sur leur compte Twitter. Comme le note Will Oremus sur Slate.com, «les shebaabs font un usage très particulier des réseaux sociaux pour diffuser directement leur point de vue au public».

 
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Le grand public français connaît déjà les shebaabs et leur utilisation de Twitter. En janvier 2013, c'est déjà sur leur compte @HSMPress qu'ils avaient publié des photos du cadavre d’un homme de type occidental, présenté comme l’un des membres du commando qui avait échoué à libérer l’agent de la DGSE, Denis Allex, qui était retenu depuis 2009 en Somalie. La photo était légendée: «François Hollande, was it worth it?», cela en valait-il la peine?

Cette fois-ci, ils ont expliqué que «les moudjahidines ont pénétré aujourd'hui vers midi dans Westgate. Ils ont tué plus de 100 infidèles kényans et la bataille se poursuit». «Ce que les Kényans voient à Westgate, c'est de la justice punitive pour les crimes commis par leurs soldats.»

Dans la soirée, leur compte a été bloqué par Twitter. Comme le souligne toujours Will Oremus, les shebaabs ont l'habitude de voir leurs comptes suspendus, «probablement en raison d'une clause des conditions d'utilisation qui interdit les menaces violentes directes». Dans ces cas-là, il leur suffit de créer un nouveau compte.

«Le 10 septembre, j'ai reçu un mail des relations presse du groupe m'informant que je pouvais maintenant suivre le nouveau compte @HSMPress pour "le point de vue des moudjahidines sur les événements en Somalie et les événements actuels dans le contexte mondial".»

Ce mode de communication s'inscrit dans ce que l'on pourrait appeler le «djihad des digital natives» et dont vous parlait Pierre Alonso sur Slate en août. Désormais, de nombreux groupes utilisent Twitter, mais aussi Facebook et Instagram. Une évolution qui n'est pas sans créer le débat au sein des djihadistes, certains estimant qu'il ne faut pas confier sa communication à des sites «dirigés par [leurs] ennemis».

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