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25/09/2013

CONGO-KINSHASA:SI ISRAËL NE COMPREND JAMAIS RIEN NI NE TIRE AUCUNE LECON DE L'HISTOIRE CE N'EST PAS DE SA FAUTE ENFIN...!!!

VERBATIM:

"Israël commémore cette année deux faits historiques qui ont marqué la mémoire collective israélienne de manière mitigée. Alors que la Campagne de Suez de 1956 et la Guerre de Six-Jours de 1967 ont été sacralisées dans toutes les villes israéliennes, Kippour et Oslo sont entrés dans l’inconscient honteux pour être ignorés parce qu’ils sont considérés comme deux demi-échecs militaire et diplomatique. Mais ces deux faits historiques restent totalement imbriqués"

slate.fr Publié le 23/09/2013
Mis à jour le 23/09/2013 à 6h35


Israël n'a toujours pas tiré les leçons de la guerre du Kippour et des accords d'Oslo

Dans l'inconscient israélien, ces deux faits sont considérés comme des demi-échecs et sont donc ignorés.

7 octobre 1973, les forces égyptiennes traversent le canal de Suez via Wikimedia Commons

- 7 octobre 1973, les forces égyptiennes traversent le canal de Suez via Wikimedia Commons -

Israël commémore cette année deux faits historiques qui ont marqué la mémoire collective israélienne de manière mitigée. Alors que la Campagne de Suez de 1956 et la Guerre de Six-Jours de 1967 ont été sacralisées dans toutes les villes israéliennes, Kippour et Oslo sont entrés dans l’inconscient honteux pour être ignorés parce qu’ils sont considérés comme deux demi-échecs militaire et diplomatique. Mais ces deux faits historiques restent totalement imbriqués.

Une guerre coûteuse

La guerre du Kippour du 6 au 24 octobre 1973, qui a surpris le gouvernement israélien hésitant de l’époque, a été la conséquence d’une grande assurance des dirigeants politiques et militaires qui pensaient qu’après la guerre de 1967, l’Egypte avait besoin de dizaines d’années pour se remettre de sa défaite. Malgré cela, les Egyptiens et les Syriens attaquèrent par surprise simultanément dans la péninsule du Sinaï et sur le plateau du Golan, au moment où les effectifs étaient réduits pour cause de fête religieuse suprême. C’est cette même assurance qui règne actuellement au sein de la classe politique israélienne.

Même si les attaquants ont bénéficié d'une large supériorité numérique, Tsahal a pu les arrêter au prix de fortes pertes, inhabituelles pour le petit Etat juif. En une semaine, le temps de la réorganisation des troupes, de la réception d’armement nouveau en provenance des Etats-Unis et de la mobilisation générale, Israël retrouva son potentiel militaire et lança des contre-offensives qui lui permirent de pénétrer profondément en Syrie et de traverser le canal de Suez.

Cette guerre avait consacré au départ l’échec du service israélien le plus illustre, les services secrets du Mossad, en raison de son incapacité à prévenir le gouvernement de l'attaque imminente. Elle fut à l’origine d’un séisme politique majeur puisque la Première ministre Golda Meir démissionna de son poste après avoir été accusée d’imprévoyance et de légèreté. Elle en a donc tiré ses conclusions.

Mais Golda Meir a dû en fait mesurer sa propre erreur puisque l’on sait à présent, sur la base de documents déclassifiés publiés en 2012, que le Mossad avait correctement effectué son travail. L’agent du Mossad par ailleurs gendre du colonel Nasser, Ashraf Marwan, avait prévenu son directeur Zvi Zamir, le 5 octobre 1973, de l'imminence «d’un avertissement au sujet de la déclaration de guerre» par la Syrie et l'Egypte. L'information n’avait pas été correctement traitée au sommet du gouvernement et l’avertissement n’avait pas été pris en compte. Le ministre de la Défense, Moshé Dayan, auréolé par ses précédentes victoires, avait sous-estimé la volonté de revanche de l’armée égyptienne.

Un carnage inhabituel

Les premiers jours de la guerre furent un carnage inhabituel pour Israël puisque la surprise de l’attaque, en plein jour sacré, avait entraîné des débordements dus à l’impréparation de l’armée en effectifs réduits. Les premiers soldats arrivés en catastrophe sur le front ont payé de leur vie l’imprévoyance d’un état-major qui surfait sur ses victoires passées.

Le traumatisme est toujours présent dans les esprits israéliens car l’armée a compté 3.020 morts, la plupart tombés durant les premiers jours. Il a été reproché aux militaires de ne pas avoir adopté la stratégie israélienne consistant à lancer une attaque préventive si la guerre était imminente et si elle était confirmée par les services secrets avec un préavis de 48 heures. Tous les chefs militaires ont d’ailleurs été limogés après la guerre. Mais le traumatisme persiste encore parce que les pertes ont été les plus importantes de toutes les guerres israéliennes. Ce traumatisme a été cependant un élément central dans la décision de Yitzhak Rabin de parvenir à un arrangement avec les Palestiniens dans les accords de Camp David de 1979.

Les Israéliens tirèrent alors les conséquences de Kippour 1973. Ils étaient définitivement convaincus qu’ils ne pourront jamais gagner une guerre sans l’aide matérielle américaine. Par ailleurs, ils institueront à la lettre la stratégie militaire d’attaque préventive en cas de danger sécuritaire. Le débat est aujourd’hui d’actualité avec le problème du nucléaire iranien qui pèse sur la sécurité d’Israël face au risque d’une deuxième guerre du Kippour ratée.

La situation actuelle comporte certains points de convergence avec celle de 1973, au moins sur l’intransigeance israélienne à refuser de discuter avec les ennemis. Le Première ministre Golda Meir avait ignoré les nombreuses propositions secrètes du président égyptien Anouar Al-Sadate d’échanger le Sinaï occupé contre une véritable paix. Sadate avait donc conclu qu’il ne parviendrait à récupérer le Sinaï que sur le champ de bataille. 3.020 morts ont payé de leur vie ce qui sera finalement appliqué en 1979 avec la signature des accords des Camp David restituant à l’Egypte son autorité sur le Sinaï.

Accords d’Oslo

Il est certain que la guerre du Kippour a été pour quelque chose dans la signature des accords d’Oslo, résultats de discussions menées en secret entre des négociateurs israéliens et palestiniens à Oslo en Norvège, pour poser les premiers jalons d'une résolution du conflit israélo-palestinien. Une Déclaration de principes avait été signée à Washington le 13 septembre 1993 en présence de Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien, de Yasser Arafat, président du comité exécutif de l'OLP et de Bill Clinton, président des Etats-Unis.

Oslo a instauré un mode de négociations pour régler le conflit israélo-palestinien et a posé une base pour une autonomie palestinienne temporaire de cinq ans pour progresser vers la paix. Le processus d'Oslo a été complété le 4 mai 1994 par l'Accord de Jéricho-Gaza qui investit la nouvelle Autorité nationale palestinienne de pouvoirs limités. Enfin, l'accord intérimaire sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza ou «Accord de Taba», qui a été signé à Washington le 28 septembre 1995, prévoyait les premières élections du Conseil législatif palestinien et impliquait un découpage négocié des territoires palestiniens en zones où les contrôles israélien et palestinien s'appliquent de façon différente, dans l'attente de l'aboutissement des négociations toujours en cours.

Ces accords, qui eurent l’avantage de créer une Autorité palestinienne autonome ayant un pouvoir dans plusieurs zones de Cisjordanie, furent cependant un demi-échec car ils ne purent éviter le déclenchement de la seconde Intifada et ne furent pas suivis de conquêtes politiques nouvelles. Pourtant, ils devaient être les prémices pour la création d’un Etat indépendant palestinien, toujours d’actualité vingt ans après. Les négociations sur le statut final des territoires devaient être abordées trois ans après la signature des accords ainsi que les questions des réfugiés palestiniens, de Jérusalem, des implantations israéliennes, des frontières définitives et les problèmes de sécurité d'Israël.

Rien de tout cela n’a évolué, ce qui explique le scepticisme actuel de la classe politique israélienne devant la reprise du processus de paix. En vingt ans, les implantations se sont développées, la surface disponible pour un éventuel Etat palestinien ne représente plus que 40% de la Cisjordanie. La droite nationale israélienne s’est consolidée à la Knesset et elle s’oppose aux principes de deux Etats pour deux peuples. C’est dire si les leçons de Kippour 1973 et Oslo 1993 ont peu été assimilées.

Jacques Benillouche

Le souvenir de la guerre de Kippour au-dessus d'Israël et de la Syrie

L'éventuelle décision russe de livrer des missiles sol-air à Bachar el-Assad est un danger pour Israël qui n’aurait plus la maîtrise des airs et pourrait pousser l'Etat hébreu à renoncer à sa neutralité dans le conflit syrien.

Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahou dans la résidence du Président russe à Sotchi, sur la mer Noire, ce 14 mai. REUTERS/Maxim Shipenkov/Pool

- Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahou dans la résidence du Président russe à Sotchi, sur la mer Noire, ce 14 mai. REUTERS/Maxim Shipenkov/Pool -

2013 sera-t-elle l’année du remake de la situation qui existait au Proche-Orient à la veille de la Guerre de Kippour? Cette année, comme en 1973, les avions de chasse israéliens règnent en maîtres au-dessus des espaces aériens syrien et libanais, que ce soit dans le cadre d’opérations de renseignement militaire ou de frappes préventives contre les convois de missiles à destination du Hezbollah libanais. Mais les Russes, qui veulent garantir leur accès à la mer Méditerranée avec leur base navale du port syrien de Tartous et craignent que la chute du régime d’Assad ne remette en cause cette présence, pourraient bien changer la donne.

Des grands navires de débarquement de la Flotte du Pacifique russe feront escale dans le port syrien de Tartous, à la fin mai, où se trouve la base logistique de la marine russe. A priori, précise l’état-major russe, pour des «missions de formation et de combat par le groupement de la marine dans la Méditerranée».

Mais ce port sert à aussi débarquer le matériel utilisé par l’armée syrienne et il représente une pièce importante dans le dispositif de soutien logistique de plus en plus marqué des Russes à l’égard du dictateur syrien. Ce port est d’ailleurs considéré par les Israéliens comme intouchable et Israël se garde bien d’intervenir dans le conflit entre le régime de Bachar el-Assad, soutenu par la Russie, l’Iran et  le Hezbollah, et les rebelles soutenus par les occidentaux, al-Qaïda et ses djihadistes, ou encore l’Arabie saoudite et ses salafistes.

La possible décision des Russes de doter la Syrie de missiles sol-air S-300 dans le cadre de la coopération militaire et technique entre les deux pays inquiète donc logiquement Israël: les dernières versions du S-300, qui ont une portée de 150-200 km, peuvent en effet neutraliser des avions et même des missiles de croisière furtifs.

Guerre psychologique

C’est ce même scénario, à quelques évolutions techniques près, qui a été réalisé dans les années 1970. En effet en 1969, les États-Unis avaient décidé de fournir à l’aviation israélienne des F-4 Phantom qui s’étaient distingués dans les combats au Vietnam et qui devaient tailler en pièces les adversaires égyptien et syrien. Il fera des merveilles dans des missions de guerre psychologique avec comme seule arme employée le bang supersonique provoqué à faible altitude au-dessus des villes. Après plus de 116 victoires dans le ciel pour une quarantaine d’avions perdus au combat, Israël dominait le ciel proche-oriental. Certes l’Etat juif n’avait aucun mérite car l’aviation égyptienne avait été décimée durant la Guerre de Six-Jours.

Mais pour contrer ces avions de combat, les Soviétiques décidèrent de doter l’armée égyptienne de Mig-23 et de missiles sol-air SA-6 qui avaient réduit de manière notable la suprématie israélienne dans les airs. Ils avaient du même coup favorisé l’esprit de revanche des Egyptiens qui n’ont eu de cesse que de planifier une nouvelle guerre contre Israël.

Les plans militaires israéliens prévoyaient cependant une attaque préventive si Israël devait se trouver en incapacité d’agir et de voler dans le ciel égyptien car la sécurité de ses frontières n’était plus assurée. Informé d’une guerre imminente, le gouvernement israélien a préféré temporiser car Henry Kissinger avait prévenu que, si Israël attaquait en premier même de façon préventive, alors aucune aide ne viendrait des États-Unis.

La livraison de S-300, si elle devait être confirmée, serait considérée comme un véritable danger par Israël car il n’aurait plus la maitrise des airs. Il mesure aussi le risque de voir certains de ces missiles atterrir entre les mains du Hezbollah. Dans son discours du 9 mai à l’occasion de l’anniversaire des 25 ans de sa radio, le leader du Hezbollah avait laissé entendre que si Israël avait certes détruit des fusées Fatah-110 qui lui étaient destinées, de nouveaux types d’armement étaient attendus en provenance de Syrie, sans donner de calendrier précis:

«La résistance contre Israël est prête à accepter des armes sophistiquées, même si elles devaient briser l'équilibre dans la région. Nous sommes dignes d'avoir de telles armes et nous aimerions les utiliser pour défendre notre peuple et notre pays et nos lieux saints.»

Est-ce une insinuation au S-300?

Le jeu des Russes

Le ministre russe des affaires étrangères a assuré de son côté qu’il n’existait aucun projet de vendre un système avancé de défense aérienne et que son pays se contentait s’assurer les termes d’un vieux contrat concernant un système techniquement moins évolué. En fait, ces contrats n’ont jamais fait l’objet d’une réalisation complète car la Syrie était dans l’impossibilité d’assurer le paiement du matériel. La Russie serait-elle prête aujourd’hui à faire des efforts financiers pour garantir la survie du régime de Bachar Al-Assad?

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, conscient du dilemme, s'est même rendu en Russie mardi mai pour convaincre Vladimir Poutine de surseoir à sa livraison de S-300 à la Syrie. Il s’était déjà entretenu par téléphone avec le président russe qui l’a invité à en discuter de vive voix. (Il devait en profiter aussi pour aborder avec lui le problème du nucléaire iranien.)

L’introduction de S-300 en Syrie sera considérée par Israël comme un casus belli qui le pousserait à renoncer à sa neutralité dans le conflit syrien avec toutes les conséquences militaires que cela entraine pour la région.

Jacques Benillouche

Commentaires

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Écrit par : maxosize | 06/10/2014

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