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26/09/2013

CONGO-KINSHASA : RIEN NE SERT A COURIR IL FAUT PARTIR EN POINTE !

VERBATIM :

"Joseph Kabila Kabange du nom de son vrai père le grand camarade Laurent-Désiré Kabila vient de traduire en acte devant l’assemblée des Nations unies l’adage selon lequel « les plus grands parleurs ne sont pas toujours les plus grands faiseurs ». On parle pour dire quelque chose de sensé. Longtemps il a été critiqué de grand muet voire de collabo aux crimes commis à l’est de son pays. Parce que lui plus qu’un autre sait que prendre la parole pour dire ce qu’on a à dire dépendait toujours d’un certain climat et d’un certain environnement. Aujourd’hui, la gêne est tellement ostensible chez les marchands de morts occidentaux et leurs valets rwandais, ougandais et compagnies, qu’il sait qu’il peut se permettre d’affronter ne-fût-ce que leurs regards, sans trop craindre ni sur sa vie, ni sur la survie de son pays. Chapeau bas Monsieur le président de la république. Il a mieux compris que son « grand-père » Patrice-Emery Lumumba, que Pierre Mulele, que Che Guevara, que Thomas Sankara …, que son propre père L-D. Kabila, qui ont parlé trop tôt."


RIEN NE SERT A COURIR IL FAUT PARTIR EN POINTE

 

Joseph Kabila Kabange du nom de son vrai père le grand camarade Laurent-Désiré Kabila vient de traduire en acte devant l’assemblée des Nations unies l’adage selon lequel « les plus grands parleurs ne sont pas toujours les plus grands faiseurs ». On parle pour dire quelque chose de sensé. Longtemps il a été critiqué de grand muet voire de collabo aux crimes commis à l’est de son pays. Parce que lui plus qu’un autre sait que prendre la parole pour dire ce qu’on a à dire dépendait toujours d’un certain climat et d’un certain environnement. Aujourd’hui, la gêne est tellement ostensible chez les marchands de morts occidentaux et leurs valets rwandais, ougandais et compagnies, qu’il sait qu’il peut se permettre d’affronter ne-fût-ce que leurs regards, sans trop craindre ni sur sa vie, ni sur la survie de son pays. Chapeau bas Monsieur le président de la république. Il a mieux compris que son « grand-père » Patrice-Emery Lumumba, que Pierre Mulele, que Che Guevara, que Thomas Sankara …, que son propre père L-D. Kabila, qui ont parlé trop tôt.

Reste que la tâche était encore ardue. Le combat, à mon avis, n’est pas politique, mais économique, au contraire. Il est temps de cesser avec les gesticulations politiciennes du genre « dialogues » par-ici, concertations par-là. Bien entendu la politique couvre tout. N’est pas s’occuper de politique est impossible, mais pas tout le temps. Surtout si l’on ne met pas à la place des hommes qui en valent la peine. Chaque homme à sa place, et chaque place à son homme. Aucun miracle, même celui de se voir gratifier du label « émergeant », n’est possible en dehors de cette dialectique bienséante dont les origines remontent aux Grecs antiques. On doit remettre le peuple au travail, éradiquer la corruption, la mendicité, la prostitution de bas et de haut étage, l’indiscipline, la fraude fiscale … Il n’y a pas plus grand ennemi de soi-même que soi-même. Les rwandais, ougandais et consorts ne sont acharnés sur nos frères du Kivu que grâce et à cause de la complicité de leurs frères congolais, qui ont trahi le devoir de solidarité pour satisfaire leurs petits intérêts.

Qu’à cela ne tienne, et comme je viens de le montrer il y a un moment, Joseph Kabila Kabange est un chef d’Etat traumatisé. Il a vécu presqu’en direct l’assassinat le 16 janvier 2001 au Palais de Marbre de Kinshasa la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC en sigle) de son père le vieux et camarade révolutionnaire Mzee Laurent-Désiré Kabila. Dans la vie, il n’y a pas que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, mais ceux également qui ne tirent pas les leçons de l’histoire. Hegel notait à ce propos comment « On recommande aux rois, écrivait-il, aux hommes d’Etat, aux peuples de s’instruire principalement par l’expérience de l’histoire. Mais l’expérience et l’histoire nous enseignent que peuples et gouvernements n’ont jamais rien appris de l’histoire, qu’ils n’ont jamais agi suivant les maximes qu’on aurait pu en tirer. Chaque époque, chaque peuple se trouve dans des conditions si particulières, forme une situation si particulière, que c’est seulement en fonction de cette situation unique qu’il doit se décider : les grands caractères sont précisément ceux qui, chaque fois, ont trouvé la solution appropriée. Dans le tumulte des événements du monde, une maxime générale est d’aussi peu de secours que le souvenir des situations analogues qui ont pu se produire dans le passé, car un pâle souvenir est sans force dans la tempête qui souffle sur le présent ; il n’a aucun pouvoir sur le monde libre et vivant de l’actualité. (L’élément qui façonne l’histoire est d’une tout autre nature que les réflexions tirées de l’histoire). Nul cas ne ressemble exactement à un autre. Leur ressemblance fortuite n’autorise pas à croire que ce qui a été bien dans un cas pourrait l’être également dans un autre. Chaque peuple a sa propre situation, et pour savoir ce qui, à chaque fois, est juste, nul besoin de commencer par s’adresser à l’histoire. » (cfr La raison dans l’histoire). C’est pourquoi, non seulement il devait la fermer pour ne pas se faire surprendre comme le fît le trop loquace et sanguin de son vieux révolutionnaire de papa, J. Kabila Kabange a compris que pour gérer ses lourdes responsabilités à la tête de son pays, il doit laisser faire tout quitte même à être accusé d’incompétent, ou de collusion avec les tutsis rwandais du criminel Paul Kagamé qui sévissent depuis seize ans au Kivu. Ce n’est pas de l’irresponsabilité, loin s’en faut, mais au contraire ce que les Grecs appellent dans leur langue phronèsis, c’est-à-dire prudence en français. Joseph Kabila Kabange serait, donc, un phronimos, mieux, un homme prudent. A telle enseigne qu’à l’indifférence des commanditaires des voles interplanétaires des richesses naturelles des autres, ayant proliféré les assassinats dans son pays, le jeune chef de l’Etat congolais, sans moyens militaires adéquats, est tout de même parvenu, grâce à son silence, à faire réunir l’unanimité des condamnations contre le criminel de guerre Paul Kagamé. Pour une fois, celui-ci a été identifié, lors du sommet de l’année dernière de l’ONU à New York, au mutilateur de Floride, ou au dépeceur de Mons !

Comme on l’entend, il y a parfois des silences plus dévastateurs que certaines grandes gesticulations épidermiques. Qui dit que s’il l'avait ouvert grandement comme son défunt prédécesseur de père et vieux révolutionnaire L-D. Kabila, il n’aurait pas connu le même sort ? Personne n’ignore – sauf l’homme noir – que l’Occident n’a pas d’amis, mais que des intérêts économiques, politiques de par le monde à sauvegarder. Aujourd’hui le monde entier connaît le vrai-faux agresseur du pays de Joseph Kabila Kabange. Je dis vrai-faux agresseur, parce que je suis censé savoir que les crimes que commet l’homologue afro-noir du chef de l’Etat congolais, il le fait au nom des intérêts miniers pro-occidentaux. Ce n’est pas, non plus, que Joseph Kabila Kabange ne le savait pas. Il le sait, mais ne peut oser y aller en contre sens, de crainte de quitter cette terre des hommes prématurément.

C’est pourquoi, il me semble hallucinant d’attendre une solution soit politique, soit militaire au Kivu. Parce que même s’il en avait les moyens requis pour régler ce type de conflit aussi éprouvant qu'interminable, Joseph Kabila Kabange ne l’aurait jamais osé tout seul, c’est-à-dire sans y avoir associé et confondu l’Occident qui avait lui-même intérêt à voir le Kivu s’embraser. A moins que les mêmes donneurs de leçons d’humanisme, de démocratie et de bonne gouvernance aient changé de fusil d’épaule, et lui aient confié le rôle actuel de Paul Kagamé, ou de Museveni dans les grands lacs africains, comme le fut le Maréchal Mobutu Sese Seko depuis plus de quatre décennies de dictature et de paupérisation. Même si, après une longue hégémonie de quatre décennies confiées au dictateur le Maréchal Mobutu Sese Seko, je ne vois pas les Occidentaux redonner pareille confiance au jeune président congolais. Aujourd’hui, pour déstabiliser les grands lacs africains, en dépit des « sanctions » militaires, économiques et financières contre l’élu tutsi Paul Kagamé, ce rôle lui revient à lui et à l’autre tutsi Museveni Kanguta. Penser, donc, que Joseph Kabila Kabange avait les moyens dévolus pour mettre fin à l’instabilité politique au Kivu, alors que quand celle-ci avait commencé il n’était pas né, est illusoire et quasiment une façon de prendre ses vessies pour des lanternes. L’instabilité cessera quand l’impérialisme occidental le décidera lui-même comme il l’a fait partout dans le monde où il a ou avait des intérêts économiques, miniers, politiques, technologiques, numériques à sauvegarder qu’il s’agisse du Viet Nam, d’Irak, d’Afghanistan, de Libye … et plus tard d’Iran, ou de la Syrie.

Loin de moi l’idée de dédouaner Joseph Kabila Kabange, sinon de souligner l’incapacité de fait pour lui de décider seul, sans l’onction occidentale de la fin du conflit à l’est de son pays. Parce que même s’il le voulait, il n’y serait jamais arrivé. A moins de disposer de l’arme nucléaire. Ce qu’il ne pourra jamais se dompter, en dépit de l’Uranium et d’autres engrais dont dispose le sous sol congolais. L’Iran qui tente de la fabriquer devrait y arriver, mais l’Occident qui a autorisé Israël, le Pakistan, l’Inde (ses amis géo-politico-stratégiques) d’en avoir, s’y oppose fermement. Mais, ses alliers pourront, s’ils le peuvent, disposer de l’arme nucléaire. Mais pas les autres pays peu sûrs idéologiquement, ou qui ne sont pas avec eux dans la même boîte. Si la guerre focalise tant l’intérêt que l’attention des dirigeants politiciens occidentaux, dont Obama en leader fasciste, fou et inconséquent, sur la Syrie, c’est pour y installer un gouvernement fantoche comme en Libye, en Tunisie, et en Egypte pour atteindre facilement le régime des Mollahs en Iran. C’est l’enjeu majeur de l’intérêt occidental trop pressant sur ce qui se passe au pays de Bachar El-Assad, et nullement pour sauver les civils syriens des bombardements de celui-ci, mon œil !

Le silence et rien que celui-ci a été la stratégie de guerre de Joseph Kabila Kabange face à un Occident soi-disant démocrate, mais omnipotent, conquérant, assassin lorsqu’il s’agit de sauvegarder ses intérêts, même au détriment des populations locales africaines, quitte même à en venir à la bombe atomique si les choses n’allaient pas très vites comme il le fit au Japon en 1945. Il s’en va en guerre partout où on lui résiste même en mains nues. Pourtant avant d’enlever la poudre qui est dans l’œil de l’autre, l’Occident devrait se faire enlever celui qui est dans le sien. En d’autres termes avant de se muer en donneur de leçon de démocratie et de bonne gouvernance, l’Occident devrait lui-même, au départ, se regarder dans le miroir, s’il s’appliquait les mêmes exigences que ce soit vis-à-vis de ses propres populations que des populations séjournant dans les contrées qui ne sont pas les siennes. Serge Latouche montre comment « Si la distance critique était la source de la supériorité d’une culture, cela serait auto-contradictoire. L’Occident ne serait supérieur qu’en tant, et pour autant, qu’il douterait de sa supériorité … En outre, cette « qualité » ne suffit pas à définir complètement la spécificité occidentale, car, en y réfléchissant, on peut dire que toute culture contient une métaculture qui lui permet de se mettre en scène. Si les « petites cultures » locales semblent peu ouvertes et n’exercent pas d’effets de séduction sur les autres, il n’en est pas de même des « grandes civilisations » concurrentes de l’Occident : l’Inde, la Chine, l’Islam. Celles-ci participent d’ailleurs aussi de la civilisation définie antérieurement comme anti-culture. Elles ont aussi engendré des villes importantes, et cultivé des mœurs « policées. » (L’occidentalisation du monde, Paris, La Découverte, 1989, 1992, 2005, p. 73).

De quoi le peuple congolais a-t-il besoin ? De se forger un grand destin. A propos du destin, O. Spengler écrit ceci « Le destin, c’est déjà : où, quand, sous quelle forme on vient au monde, en quelle année, dans quel peuple, dans laquelle de ses couches ; mais aussi, avec quel corps et quelle âme : malade, traînant une lourde hérédité, infirme, avec quelles dispositions innées. Les tragédies des individus résultent de la contradiction entre ces destins internes et les destins extérieurs. C’est la manière dont chacun en vient à bout qui marque son rang : fièrement, lâchement, de manière vile, avec grandeur, à soi-même sa propre loi, ou sans loi. » (cfr Ecrits historiques et philosophiques. Pensées, Paris, Copernic, 1979, p. 118) De telle sorte que « C’est la souffrance seule qui révèle le rang d’un être humain : sous les coups du destin, dans la détresse, sur les ruines de ses plans et de ses espoirs ». Car, « Le caractère d’un peuple est la résultante de ses destins. Ce n’est ni le pays, ni le climat, ni le ciel et la mer, ni non plus la race et le sang qui, en dernière analyse, le font naître. Tout cela n’est que la matière que les coups de la réalité historique forgent en forme. Dans l’histoire, ce sont les souffrances, plus que les réussites, qui modèlent le caractère. » (cfr Ecrits historiques et philosophiques. Pensées, Paris, Copernic, 1979, p. 121).

Je me résume. Si la vérité veut qu’après quatre décennies du gâchis mobutiste, on observe que le kabilisme n’en a pas mieux fait, ou seulement peu, la même vérité veut qu’on impute la faute ou la responsabilité des ratés du kabilisme au mobutisme et à la mentalité corruptionniste qui lui a survécue. En effet note O. Spengler, « On n’échappe pas au destin en fermant les yeux, en le niant, en luttant contre lui, en le fuyant. Ce ne sont là que d’autres manières de l’accomplir. Ducunt volentem fata, nolentem trahunt. » (cfr Ecrits historiques et philosophiques. Pensées, Paris, Copernic, 1979, p. 121).

QUE DIEU BENISSE LA RDC !

 

 

Prof./Hdr./Dr.Antoine-Dover OSONGO-LUKADI

Chercheur habilité à diriger des recherches de philosophie

Professeur des universités

Blog : kilimandjero.blogs.dhnet.be (www.dh.be/rubriqueblogs)

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« Ahora Siempre »

 

 

 

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