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07/12/2013

CONGO-KINSHASA : J'AIMAIS BEAUCOUP LA MUSIQUE DE ROCHEREAU UN dieu DE SCENE OUI UN PRINCE DU CHANT ET DE DANSE MAIS CE N'EST QU'UN AU REVOIR

VERBATIM: "La dépouille mortelle de Tabu Ley, décédé le 30 novembre dernier à Bruxelles à l’âge de 73 ans, arrive à Kinshasa ce samedi 7 décembre 2013 à bord d’un régulier de SN Bruxelles. Le programme officiel des funérailles a été annoncé par le ministre de la Culture et Arts, Banza Mukalayi." Kinshasa, 7/12/2013 (Okapi / MCN, via mediacongo.net)


La dépouille de Tabu Ley arrive à Kinshasa ce samedi La dépouille mortelle de Tabu Ley, décédé le 30 novembre dernier à Bruxelles à l’âge de 73 ans, arrive à Kinshasa ce samedi 7 décembre 2013 à bord d’un régulier de SN Bruxelles. Le programme officiel des funérailles a été annoncé par le ministre de la Culture et Arts, Banza Mukalayi. Le cortège funèbre passera par la place des Artistes, sur Victoire, où le ministre Banza Mukalayi va procéder à l’inauguration d’une stèle érigée en mémoire de Seigneur Tabu-Ley. Des membres de la famille biologique de cette star de renommée internationale, qui vivent en Europe, vont accompagner sa dépouille mortelle à Kinshasa. Selon le programme officiel, la dépouille mortelle de Tabu Ley sera exposée le même samedi au Palais du Peuple. Le dépôt des gerbes des fleurs interviendra le dimanche 8 décembre. Le même dimanche, plusieurs orchestres kinois vont rendre hommage à leur mentor, en interprétant quelques unes de ses chansons au Palais du Peuple. Tabu Ley sera inhumé, selon le même programme, lundi au cimetière Nécropole de la N’Sele, dans la périphérie Est de Kinshasa. Une veillée mortuaire a été organisée dans la nuit du vendredi 6 au samedi 7 décembre à la place du Cinquantenaire, en face du Palais du Peuple pour rendre hommage à cette icône de la musique africaine. «Tout ce que faisait Tabu-Ley, moi, je copiais ça à la lettre.» Les témoignages et les messages de compassion se multiplient depuis la mort de Rochereau Tabu Ley. Les musiciens de la RDC rendent hommage à l’un des pionniers de la rumba congolaise. C’est le cas Shungu Wembandio, dit «Papa Wemba», qui déplore la disparition de son idole mais aussi son mentor: «Tout le monde sait que mon idole, c’est Tabu Ley. J’allais regarder Tabu Ley dans ses séances de répétition […] Tout ce que faisait Tabu Ley, moi, je copiais ça à la lettre. J’ai voulu chanter comme lui, j’ai voulu m’habiller comme lui et aussi un pêché mignon de lui, c’est-à-dire les femmes.» Kinshasa, 7/12/2013 (Okapi / MCN, via mediacongo.net) mis à jour le 02/12/2013 à 11:19 Tabu Ley Rochereau au Womad 1985 by Tomcardiff / Flickr Ce que la musique africaine doit à Tabu Ley Rochereau Le chanteur congolais s'est éteint samedi à Bruxelles, après avoir porté pendant un demi-siècle les angoisses et les espérances du continent. Après le «Docteur Nico», Joseph Kabasélé, l’homme qui a produit Indépendance Chacha et le grand Franco, le dernier baobab de la musique congolaise vient de se coucher avec le décès de Tabu Ley Rochereau, à Bruxelles, le vendredi 29 novembre 2013, des suites d’une longue maladie. En effet, ces quatre monuments de la culture congolaise ont marqué de manière indéniable les Africains et plus particulièrement la génération de ceux qui ont vu déferler sur l’Afrique les indépendances, comme «une nuée de sauterelles», pour reprendre l’image de Ahmadou Kourouma. Mais il faut reconnaître que des quatre noms suscités, celui de Rochereau tranche nettement pour plusieurs raisons. D’abord Rochereau, contrairement aux autres qui ont tiré leur révérence de manière précoce, a occupé la scène musicale africaine pendant pratiquement un demi-siècle. L’enfant de Kinshasa a entamé une longue carrière alors qu’il avait à peine 20 ans et a prolongé son activité musicale jusqu’au soir de sa vie où, rongé par la maladie, il avait été contraint de décrocher pour suivre un long traitement médical en Belgique où il a finalement rendu l’âme. Ensuite, Rochereau est entré dans l’histoire pour avoir été le premier musicien africain à se produire dans la mythique salle de spectacle de l’Olympia à Paris. En effet, ce haut lieu de la culture française, l’on se souvient, avait à cette occasion, refusé du monde. Enfin, Rochereau est unique au Congo et en Afrique, au regard des faits suivants: primo, la discographie de l’homme est immense. Il a à son actif une production riche et variée de plus de 2.000 titres. Secundo, plusieurs de ses titres ont traversé les âges et les frontières et ont de ce fait été marqués du sceau de l’immortalité. On peut à cet effet citer des titres emblématiques comme Bel Abidjan, Pitié toi mon Amour! Bel Abidjan a d’ailleurs arraché en son temps des pas de danse au père fondateur de la nation ivoirienne, Houphouët-Boigny. Il faut le dire, au delà de cette anecdote, Rochereau a fait chanter et danser toute l’Afrique. Nombreux étaient les Africains qui ne comprenaient pas un traitre mot de lingala mais qui savaient fredonner aisément ses chansons et mélodies. Et que dire de la rumba dont il a été le principal promoteur? Beaucoup d’Africains restent nostalgiques de ce rythme et ont dû ranger leurs vestes en queue de pie et autres mocassins, certainement la mort dans l’âme, depuis que d’autres rythmes aux qualités souvent douteuses, se sont emparés des pistes de danse en Afrique. Tertio, Rochereau avait une envergure panafricaine et avait su allier sa carrière musicale avec une carrière politique. Il faut signaler dans ce registre que l’homme a eu maille à partir avec le régime de Mobutu dont il ne manquait pas de stigmatiser les dérives dans ses productions. Cet engagement politique lui avait valu la prison, puis un long exil en Europe. En tous les cas, la RDC, son pays natal et l’Afrique tout entière, doivent beaucoup à l’homme, qui a su porter leurs angoisses et leurs espérances. C’est pourquoi tout le continent doit s’associer à la RDC pour lui rendre un vibrant hommage et œuvrer à perpétuer sa mémoire en le faisant entrer au panthéon de la culture africaine. Les larmes que l’Afrique ne manquera pas de verser à l’occasion de la mort de ce grand homme de la musique africaine, doivent être des larmes sincères de gratitude et d’hommage pour l’ensemble de son œuvre. Pousdem Pickou Cet article a d’abord été publié dans Le Pays

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