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05/01/2014

CONGO-KINSHASA:A QUAND UN HEROS "VIVANT" ?OU POURQUOI CEUX MORTS LE SONT-ILS? LE VAILLANT COLONEL MUSTAFA NDALA EN EST UN ON NE L'OUBLIERA JAMAIS!

VERBATIM:

"Le colonel Mamadou Ndala, tué dans une embuscade dans l'est de la République démocratique du Congo, était considéré par beaucoup comme un "héros", faisant même des jaloux au sein d'une armée plus souvent critiquée pour son indiscipline que réputée pour ses faits d'armes."

Kinshasa, 4/01/2014 (AFP / AEM / MCN, via mediacongo.net)


Le colonel Mamadou, un "héros" qui faisait des jaloux Le colonel Mamadou Ndala, tué dans une embuscade dans l'est de la République démocratique du Congo, était considéré par beaucoup comme un "héros", faisant même des jaloux au sein d'une armée plus souvent critiquée pour son indiscipline que réputée pour ses faits d'armes. Courageux, patriote, simple: de nombreux responsables militaires et habitants - et même des détracteurs - ne tarissent pas d'éloges sur cet officier à la haute silhouette assassiné jeudi à tout juste 35 ans dans une attaque à la roquette qui a ciblé sa jeep dans la province du Nord-Kivu. Selon des membres de sa famille, Mamadou Moustapha Ndala, originaire de la province Orientale (nord-est), voisine du Nord-Kivu, était entré dans l'armée en juin 1997 et avait été promu colonel quatorze ans plus tard, avec un diplôme d'études secondaires en poche. "Mais il n'était jamais complexé malgré un niveau d'études modeste et il était très cultivé : il lisait et évoquait De Gaulle, Charlemagne... dans les discussions", se souvient un militant des droits de l'homme de Goma, capitale du Nord-Kivu, qui l'a côtoyé. Dans le quotidien, ajoute-il, le colonel "était un officier extraordinairement simple et abordable - rien à voir avec l'extravagance connue aux officiers congolais. Il aimait le sport, les films de combat, et il était assez réservé et discret dans sa vie privée". "Il était courageux, courtois, simple, ouvert", résume un major. "Mamadou", comme beaucoup le surnomment, s'est fait connaitre au plus fort du Mouvement du 23 mars (M23), une rébellion qui avait brièvement occupé fin novembre 2012 Goma. Lorsqu'elle s'en est retirée, l'armée y a déployé de nouvelles unités, notamment pour mettre un terme aux trahisons internes. Des commandos ont aussi été envoyés. Dans leurs rangs, Mamadou Ndala, originaire de la même province que le commandant de la huitième région militaire, le général Jean-Lucien Bauma, dont il était le poulain. Quelques mois après ces changements, l'armée, soutenue par la brigade d'intervention de l'ONU, gagne du terrain. Dans les médias, le visage juvénile et le sourire un peu édenté du colonel Ndala apparait de plus en plus. Il est crédité pour plusieurs victoires sur le M23, soutenu selon l'ONU par le Rwanda et l'Ouganda voisins. Dans la foulée, de nombreux habitants de Goma et ses alentours le qualifient de "héros" ou "libérateur". Si bien qu'en juillet, la population de Goma s'est mobilisée après des informations sur un rappel du colonel Ndala à Kinshasa - rappel rapidement démenti par le gouvernement. Toujours en juillet, il avait réussi à calmer une foule hostile à la Mission de l'ONU (Monusco), accusée de passivité dans la lutte contre le M23. Sur le terrain, il n'hésitait pas à monter en première ligne. Il a "toujours fait preuve d'un sens du devoir élevé et d'un courage exemplaire", a estimé Lambert Mende, porte-parole du gouvernement. Les forces armées ont pour leur part salué un "officier supérieur de grande valeur, grand combattant, intègre et loyal". "Il avait un peu la grosse tête" Pour Christoph Vogel, chercheur spécialisé sur le Kivu, "Mamadou, en accord avec ses exploits sur le champ de bataille, a réussi à créer l'image d'un commandant déterminé". "Et malgré son esprit un peu brut et sa recherche du contact médiatique, il avait réussi à établir de bonnes relations de travail avec ses homologues onusiens." Après la capitulation du M23 en novembre dernier, le prochain défi du colonel Ndala était de déployer dans le territoire de Beni le 42e bataillon commando pour traquer les groupes armés de la zone - en tête desquels la rébellion ougandaise Alliance des forces démocratiques et de l'Armée nationale pour la libération de l'Ouganda (ADF-Nalu). Pour Fidel Bafilemba, chercheur pour l'ONG américaine Enough Project, ce patriote "représentait un espoir que son pays peut aspirer à bâtir une armée républicaine s'il existe une volonté politique". Mais selon des sources militaires, des officiers critiquaient la "légende" qui commençait à entourer le colonel. "Il était aimé et respecté de ses hommes, mais des bataillons qui avaient fait du beau boulot sur le terrain contre le M23 ont eu le sentiment qu'il n'y en avait que pour Ndala... Il était bon dans ce qu'il faisait, pas de doute. Mais dans ces derniers temps, il avait un peu la grosse tête...", confie officier supérieur étranger. Le colonel Ndala se savait controversé, et n'en n'avait cure. "Je sais qu'il y a des jaloux", avait-il déclaré à l'AFP peu avant sa mort attribuée par le gouvernement aux islamistes des ADF-Nalu. Vendredi soir, la dépouille de l'officier a été transférée à Kinshasa et, selon des sources militaires, il pourrait obtenir le grade de général à titre posthume. Kinshasa, 4/01/2014 (AFP / AEM / MCN, via mediacongo.net)

Mort du Colonel Mamadou: une manifestation des étudiants dispersée par les forces de l' ordre à Goma


Les forces de l'ordre ont dispersé samedi des manifestants, pour la plupart des étudiants à Goma, au Nord-Kivu, qui protestaient contre l'assassinat jeudi 2 janvier 2014, à Ngadi, à 10 km de Béni (Nord-Kivu), du colonel Mamadou Ndala, commandant du 42ème bataillon commando des forces armées de la RDC (FARDC), a indiqué à la presse, Omar Kavota, pré sident de la société civile du Nord-Kivu.

Selon Omar Kavota, les étudiants de l'Université de Goma (UNIGOM) et de l'Institut supérieur de commerce, auxquels s'é taient joints certains jeunes, barricadaient certaines voies publiques lorsque les forces de l'ordre sont intervenues pour les disperser. Pour Omar Kavota, ces jeunes exigent, comme la société civile du Nord-Kivu, des enquêtes pour élucider les circonstances de l'assassinat du colonel Mamadou.

Vendredi, les activités étaient paralysées dans quelques villes du Nord-Kivu, dont Béni et Butembo, à la suite des manifestations des populations relatives à l'assassinat du colonel Mamadou. Des échauffourées avaient été signalées vendredi à Béni entre la police et les manifestants faisant des blessés de part et d'autre.

« Nous exigeons une enquête juste et neutre avant de citer un quelconque groupe d'assaillants comme auteurs de cet assassinat », a fait savoir le conseil de la jeunesse de Béni.

Une marche de protestation, soutenue par la société civile, avait été organisée vendredi à Butembo avec comme point de chute la base de la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO), où un mémorandum avait été remis au chef d' antenne de la MONUSCO/Butembo.

« Il faut des enquêtes. Nous doutons de l'hypothèse de l' assassinat de Mamadou par des ADF/NALU », selon le comité des é tudiants de Butembo.


Goma, 4/01/2014 (Xinhua / MCN, via mediacongo.net)

Le corps du colonel Mamadou Ndala est arrivé à Kinshasa


Le corps du colonel Mamadou Ndala, assassiné dans l'est de la République démocratique du Congo par des rebelles ougandais présumés, a été rapatrié vendredi soir à Kinshasa, a-t-on appris auprès d'une source de la Mission de l'ONU.

"Le corps de Mamadou a été rapatrié à Kinshasa vers 20h30 (19h30 GMT)", a déclaré à l'AFP vendredi soir une source de la Mission de l'ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco).

Cette information a été confirmée à l'AFP par une source aéroportuaire qui ajoute que le corps du colonel Ndala est arrivé "par jet" à l'aéroport militaire de Ndjili".

Une roquette a visé jeudi le véhicule du colonel Ndala à Matembo, une localité du territoire de Beni, situé dans le nord de la province riche et instable du Nord-Kivu (est), où sévissent plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers.

Le gouvernement a accusé les rebelles ougandais de l'Alliance des forces démocratiques et de l'Armée nationale pour la libération de l'Ouganda (ADF-Nalu).

Un garde du corps du colonel Ndala, le caporal Paul Safari, a mis en doute cette affirmation, déclarant avoir "vu deux des assaillants" . "Ils portaient l'ancienne tenue verte des FARDC (forces armées de la RDC). Je ne crois pas que ce soit les ADF-Nalu", a-t-il dit.

Vendredi matin dans la ville de Beni, à une dizaine de kilomètres du lieu de l'attaque, plusieurs centaines de jeunes et une vingtaine de femmes de militaires ont manifesté pour dénoncer la mort du colonel Ndala.

Mamadou Moustapha Ndala est né le 8 décembre 1978 à Ibambi, en territoire de Wamba, dans la province Orientale (nord-est), voisine du Nord-Kivu.

Musulman, marié et père de trois enfants, il est entré dans les Forces armées de la RDC (FARDC) le 6 juin 1997. Quatre ans plus tard, le 7 janvier 2011, il devenait colonel.

Il a à son actif de nombreuses victoires contre la rébellion Mouvement du 23 mars (M23), que le Rwanda et l'Ouganda voisins sont accusés de soutenir, et qui a capitulé le 5 novembre après une offensive de l'armée et de la brigade d'intervention de l'ONU.


Kinshasa, 4/01/2014 (AFP / MCN, via mediacongo.net)

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